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Brexit : après les vacances pourries, Theresa May déprimée et saisie par la tentation de Venise

Theresa May est rentrée du lac de Côme, où elle passait ses vacances, complètement déprimée. Elle a perdu beaucoup de ses collaborateurs et les dossiers qu’elle doit traiter avant la fin du mois sont en plan.

Atlantico Business

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Brexit : après les vacances pourries, Theresa May déprimée et saisie par la tentation de Venise

Jamais la situation n’avait jamais été aussi incertaine et aussi inquiétante pour la Grande-Bretagne. A tel point que Michel Barnier, qui doit ouvrir un deuxième round de négociations sur les conditions du divorce le 28 août prochain, s’interroge pour savoir si la réunion aura un sens et même si elle pourra se tenir.

Theresa May était partie en vacances très dépitée par l’intransigeance européenne qui, fin juillet, ne lui laissait aucune marge de manœuvre sinon d’accepter les conditions du Brexit présentées par les européens et correspondant aux conditions des traités.

Il faut dire qu‘elle n’était pas venue avec des propositions qui puissent permettre de lancer une discussion responsable.

Fin juillet, la position des négociateurs britanniques était très simple. Ils voulaient déclarer unilatéralement le Brexit, sans pourtant hypothéquer les avantages que l'Union européenne leur apportait. Donc, liberté des échanges, maintien du passeport européen, de la libre circulation des capitaux et de l'activité des banques, maintien des particularités fiscales et sociales et suppression de la liberté de circuler pour les hommes et les femmes.

Pour les européens, de telles conditions étaient irrecevables et Michel Barnier a tenu bon sur le fond et sur les délais. Bref, on pourra négocier une période transitoire de deux ans éventuellement pour permettre aux uns comme aux autres de s’adapter, à condition que la Grande-Bretagne s’engage à aboutir dans les délais. A condition qu’elle paie le montant des charges impayées. Comme dans n’importe quelle copropriété.

Theresa May a donc quitté la table de cette négociation, en espérant que les vacances calment le jeu et les esprits.

Les vacances qu‘elle a passées comme chaque année, dans un village suisse au dessus du lac de Côme, ont été désastreuses.

1e point : Elle a appris la démission d’un certain nombre de ses collaborateurs qui ont considéré ne plus avoir les moyens d’avancer, sauf à trahir les engagements électoraux.La perte la plus lourde a été celle de Chris Wilkins,qui était le directeur de la stratégie et surtout celui qui a écrit tous ses discours. C’était le boss, le patron de toute l’équipe qui entourait Theresa May. Il n’avait pas pu retenir Nick Timothy et Fiona Hill, les deux chefs de cabinet, il n’avait pas pu garder John Godfrey.Cette équipe la drivait sur tout le travail. Sur le fond, ils avaient donc écrit la stratégie et les discours. Sur la forme, il avait défini la méthodefondée sur la recherche de gagner du temps.

Ces départsen pleine négociation mettent la délégation britannique en difficulté.D’autant que Theresa May n’a pas réussià les remplacer. Elle a bien embauché en catastrophe le conservateur Steward Jackson mais àBruxelles, on considère qu’il a assez peu de crédibilité.

N’ayant plus personne de sérieux avec qui négocier, Michel Barnier n’exclut pas qu‘elle demande un nouveau délai. Délai que les européens ne sont guère disposés à accepter. Lesnégociations d’octobre, qui doivent acter les conditions, sont donc assez compromises.

 
Commentaires

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  • Par tananarive - 22/08/2017 - 10:52 - Signaler un abus La réputation.

    L'Europe a la réputation de céder sur tout, Exemple Erdogan, et les Anglais pensent qu'elle cédera aussi aux demandes des brexiteurs. Il serait tant si nous voulons que l'Europe ne soit pas rejetée par les Européens que nos fonctionnaires Européens et nationaux fassent preuve de fermeté envers tous les maître chanteurs.

  • Par gerint - 22/08/2017 - 13:58 - Signaler un abus Sortir de l'UE vaut bien de manger un peu de vache enragée

    A titre personnel, si je tiens à quelque chose, j'accepte la douleur de l'effort. Et la confrontation. La Grande-Bretagne n'est pas sans moyen: une Histoire, un peuple, une Armée, une Monnaie. Certes elle a perdu de l'Industrie, mais quand on peut décider de son sort, de ses lois, on a plus de leviers pour redresser la barre.

  • Par cloette - 22/08/2017 - 17:04 - Signaler un abus Il faudrait un article

    Avec un autre son de cloche .

  • Par cloette - 22/08/2017 - 17:08 - Signaler un abus Il y a un autre article

    J'avais pas vu !

  • Par Anouman - 22/08/2017 - 20:13 - Signaler un abus Commerce

    La balance commerciale de la GB est largement négative. Aussi je ne vois pas pourquoi on s'entêterait à trop les embêter. Surtout en France puisque la GB est un des rares pays où l'on exporte plus que l'on importe et de loin. Mais quoiqu'il advienne on n'aura pas le choix il faudra suivre, même si ça ne nous arrange pas. C'est beau l'UE.

  • Par vangog - 22/08/2017 - 20:58 - Signaler un abus Je lui conseille d'accepter les 100 milliards...

    de charges de copropriété (c'est vrai que c'est du racket!) , en échange d'un statut à la Suisse: pas de barrières douanières, souveraineté territoriale, législative et monétaire, barrières à l'immigration de masse, aucune dépendance à la très bête CEDH, aucun terrorisme importé, la Suisse... Et si Thérèse May avait les reins solides (mais il faudrait un homme ou une dame de fer pour pousser une telle négociation), elle mettrait en avant les atouts d'un maintien de l'Angleterre dans l'embryon de Défense européenne que les immigrationnistes beats type Moguerrini n'ont jamais eu le courage de penser...et aussi: les immenses débouchés nord-américains que la GB est seule à maîtriser. Les UMPSECOLOFrondegauchistes ont déjà coûté aux générations futures de la France, 2200 milliards (sans compter le hors-bilan). Alors, qu'est-ce-que c'est, cent milliards, en regard de la Liberté? ils feront quatre chèques...

  • Par Deneziere - 22/08/2017 - 23:24 - Signaler un abus @ vangog

    Payer la note est du bon sens, effectivement, mais n'est pas acceptable par l'opinion. Tout le noeud du brexit pour l'Angleterre et ses dirigeants est là : l'opinion a voté pour la sortie, mais pas pour ses inconvénients. C'est une situation paralysante, et c'est ce que montre l'actualité.

  • Par vangog - 22/08/2017 - 23:38 - Signaler un abus @Deneziere Non, l'Anglais est un fin négociateur...

    qui essaiera de faire baisser le prix (qu'il savait devoir payer) jusqu'au dernier moment. Mais je conseillerais plutôt à Theresa de réclamer d'avantage en terme de liberté douanière (le seul et unique avantage de l'UE. qui préexistait à l'Euro (la CEE était une bien meilleure solution). L'argent importe peu, au regard des immenses avantages escomptés: fin de l'immigration de masse et de l'islamisation rampante, restauration de l'identité et de la créativité britannique, fin des normes débiles et des diktats europeistes...Comme l'explique intelligemment Anouman, la balance commerciale anglaise est déficitaire, et il est moins de l'intérêt de l'UE de rétablir des barrières douanières...

  • Par vangog - 23/08/2017 - 09:23 - Signaler un abus Londres rejette la cour de justice de l'UE!

    Et ben voilà! Ils se mettent en marche (eux), sans bla-blas ni flon-flons, et ils se débarrassent de leurs chaînes europeistes. Bravo les Englishs!

  • Par Olivier K. - 23/08/2017 - 09:36 - Signaler un abus Europe est faible

    Car les fonctionnaires sont bcp plus facile à corrompre que les hommes politiques (qui ne sont pas des références en matière de probité, mais parfois ils ont la peur de la sanction democratique). Je fais le pari ouvert que plus de 50% des fonctionnaires européen engagés dans le brexit optiendront des situtations avantageuse en Angleterre ou aux US une fois la fin des negotiations quu seront largement à l'avantage des R.U.: passeport européen pour la finance, pas de droits de douanes, controle de l'immigration, possibilité de taxer de facon détourné les importatiins européenne, fermeture des marché public aux entrepruse européenne mais les entreprise anglaise pourront participer au marché européen, etc... Tout ceka pour la dimple raison que l'admnistration européenne est très perméable à la corruption pour des raisons systémiques.

  • Par Piwai - 23/08/2017 - 11:51 - Signaler un abus Encore un ou deux attentats...

    Et une majorité d'Europeens souhaiteront addopter eux-même le statut qu'envisage les anglais. Le royaume-uni n'est pas la Suisse, son histoire coloniale et sa domination linguistique ont fait oublier aux dirigeants anglais l'importance du soft power et ils vont y revenir tres vite: pour re-equilibrer la négociation ils n'auront d'autre choix que d'affaiblir l'Europe. Pour cela ils n'auront pas d'autre possibilité que d'essayer de convaincre les peuples europeens que ce qu'essaye de faire les dirigeants de l'europe ne represente pas l'avis des peuples et qu'ils ne peuvent negocier un brexit avec des institutions europeens qui ne refletent plus l'esprit de cette construction ni la volonté des peuples... Et comme ils seront sur la défensive, les britaniques seront bons... Et comme nos dirigeants s'imagine nous représenter réellement et etre en position de force, ils seront mauvais... Plus l'Europe va faire souffir l'angletterre maintenant que le divorce est acte, plus la violence des coups politiques que les anglais ferront payer aux institutions europeens sera élevé, voir létale pour les institutions actuels. Serait-ce un mal? Les anglais disposent de tout l'espace de la reponse...

  • Par lepaysan - 24/08/2017 - 09:41 - Signaler un abus l'Europe se trompe de cible et risque de le payer très cher.

    l'Europe cède a Erdogan, à l'immigration, aux lobbies, etc et montre les muscle avec le UK,

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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