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Bordel: ne faites pas semblant de découvrir que Macron est le président des riches !

La polémique sur Macron, président des riches, et méprisant ceux qui "foutent le bordel" est si hypocrite qu'elle en devient surréaliste. Le fait que le président cherche à faire oublier cette étiquette montre que lui-même a perdu sa boussole.

Surpris ?

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Bordel: ne faites pas semblant de découvrir que Macron est le président des riches !

Emmanuel Macron, fils de la bonne bourgeoisie amiénoise, qui a courbé l'échine devant tous les puissants de ce monde pour obtenir leur soutien dans sa carrière, banquier chez Rothschild, enrichi à 30 ans par une opération de fusion-acquisition, mais qui prétend avoir tout dépensé en trois ans (soit la bagatelle de 75 SMIC dépensés chaque mois pendant trois ans), sorti de l'anonymat par Jacques Attali, soutenu par les médias les plus puissants pendant sa campagne électorale, serait, paraît-il, le président des riches.

Comment y croire? C'est totalement invraisemblable.

Les cadeaux fiscaux aux hyper-riches gros comme des palaces

Certains passeraient, paraît-il, des heures à éplucher les lois de finances et de financement pour vérifier si oui ou non Emmanuel Macron est le président des riches.

Entre la suppression de la taxe sur les franges les plus élevées de salaires dans l'assurance et la banque, la réduction de l'ISF à un impôt sur le patrimoine immobilier (que le Président n'a pas à titre personnel), la détaxation des yachts, on devrait pourtant trouver un peu de grain à moudre pour montrer que le sort des hyper-riches préoccupe notre Président bien plus que celui des gens qui peinent à acquitter leur taxe d'habitation galopante.

L'étonnement du débat, c'est quand même que certains puissent s'obstiner à nier des évidences connues par avance.

Dès la campagne électorale, on savait

Il faut être sacrément hypocrite pour faire croire qu'on ne savait pas, qu'on n'avait pas vu. Il suffisait de savoir combien Emmanuel Macron avait gagné d'argent chez Rothschild pour n'avoir aucun doute sur son enracinement. Il suffisait de regarder ses manières et d'entendre ses mots sur les "illettrés" pour comprendre qui il servirait en premier. Jouer les mijaurées aujourd'hui est évidemment une imposture qui pose question.

Comment ceux qui, pendant les mois de campagne, ont appelé à voter Macron au nom du progrès et des lumières, peuvent-ils aujourd'hui faire semblant de découvrir ce qui sautait alors aux yeux? Cette interminable trahison des clercs parisiens, qui mentent sans vergogne avec un sourire d'enfant candide aux lèvres, nous asphyxie.

Président des riches, et alors?

La vraie question n'est pas de savoir si Macron est ou non le président des riches, puisqu'on le sait depuis toujours. La vraie question est de savoir en quoi c'est gênant.

Pour y répondre, il faut évidemment prendre trois minutes pour reconnaître qu'aucun Président de la Vè République, depuis Pompidou, n'a été autre chose qu'un Président des riches. Certains, comme Chirac, ou Mitterrand ont cherché à le faire oublier, avec plus ou moins de succès. Reste que l'exercice du pouvoir est intimement lié à la proximité avec les plus riches, et Macron n'a certainement pas le monopole de celle-ci.

Nuit-elle à l'intérêt général? Chacun peut se forger une idée sur ce point. Mais penser que l'équation Macron diffère des équations précédentes est une imposture. Aucun riche ne s'en vante, mais l'histoire de la Vè République est aussi l'histoire d'aménagements discrets pour permettre à des Bergé, des Bettencourt, des Arnault, des Lagardère, des Mulliez, de rester en France.

 
Commentaires

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  • Par Carl Van Eduine - 05/10/2017 - 13:54 - Signaler un abus Riches ? pauvres ?

    Si pour président des pauvres, il faut aller chercher Adolf, Joseph, ou Nicolas _ pas lui, l'autre _ je préfère Emmanuel. Pour le reste, pour que les pauvres gagnent des sous, il faudrait leur en laisser. Pas en les aidant, pas en les exemptant, mais en leur en piquant pas : alors baissez les charges, baissez les déficits, au lieu de les augmenter pour aider les pauvres en leur piquant leur pognon, à travers charges sociales et impôts divers. Alors, Macron possible président des pauvres ? Non, car il laisse filer les déficits de l'Etat en limitant les déficits des collectivités locales, et il appauvrit les pauvres. Il laisse les riches devenir riches, et tant mieux, car sans riches, que des pauvres ! Il permet aux classes moyennes qui investissent à la Bourse plutôt qu'en immobilier de devenir riches, si elles ne sont pas plombées par le marché. Mais il interdit aux pauvres d'accéder aux classes moyennes parce qu'à cause des prélèvements censés les aider, leur pouvoir d'achat libre est nul. Pourquoi ne pas investir les charges sociales qu'ils supportent dans des trackers de moyen long terme, à leur profit ? Parce que sans pauvres, pas de riches ?

  • Par J'accuse - 05/10/2017 - 14:23 - Signaler un abus Et la richesse ? Bordel !

    Oui, mais faut pas le dire pour être élu.

  • Par cloette - 05/10/2017 - 14:25 - Signaler un abus @carl Van Eduine

    s'il n'y a plus d'industrialisation , c'est bien parce que les investissement sont à court terme et non source d'emploi, de plus comme trop d'impôt tue d'impôt, trop de riches tue la richesse, richesse à laquelle chaque pauvre pourvoie, y compris le balayeur de rue ,l'instit qui apprend à lire, l'aide soignante , le manutentionnaire et le chauffeur de maitre ( celui ci n'est d'ailleurs pas pauvre ) .

  • Par kelenborn - 05/10/2017 - 18:07 - Signaler un abus oui oui

    A noter, pour ceux qui ne le sauraient pas que les milliards de redressements fiscaux affichés par Bercy, c'est du pipo!!!Entre ce qui est notifié, (dans le but de faire trembler le vendeur de saucisses frites) et ce qui est encaissé, la différence est colossale: cette différence fait partie des petits arrangements entre gens du même club qu'evoque Verhaeghe D'ailleurs...le pouvoir n'est pas idiot: la décision de faire payer revient au plus haut niveau politique!!!

  • Par pale rider - 06/10/2017 - 08:07 - Signaler un abus il ferait mieux de travailler son image de président des

    parvenus, qui est à sa portée. :-D!!

  • Par Gré - 07/10/2017 - 00:26 - Signaler un abus Un président ?

    Macron, un président ? Il apparaît plus comme le PDG de l'entreprise "France", placé à sa tête par les gros actionnaires qui ont financé son élection.

  • Par cloette - 07/10/2017 - 10:23 - Signaler un abus Finira-t-il son mandat ?

    Car un PDG d'entreprise peut être débarqué , et Macron en effet en a plus le profil que celui de président .

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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