Vendredi 25 avril 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Bien pire que les nuées de sauterelles : les sept vraies plaies d'Egypte

Alors qu'un essaim de sauterelles du désert a envahi l’Egypte cette semaine, insectes décrits dans la bible comme la huitième plaie d'Egypte, bien d'autres défis attendent le pays...

prophéties

Publié le 10 mars 2013 - Mis à jour le 28 mars 2013
 

 Crédit Reuters

L’accroissement des inégalités sociales

Le programme d’Intifâh (ouverture) lancé par Sadate et accéléré par Moubarak a ouvert la voie à une libéralisation de l’économie égyptienne. Toutefois, le passage du modèle socialiste nassériste, qui a permis l’émergence d’une classe moyenne solide, à l’Infitâh, n’a pas permis de consolider cette progression et de freiner l’appauvrissement croissant d’une partie de plus en plus importante de sa population. Les inégalités sociales ne cessent de s’accentuer et la pauvreté explose  sous le poids de l’accroissement démographique. Près de 40% d’Égyptiens vivent avec moins de deux dollars par jour.

La dépendance de l’économie nationale

L’économie égyptienne repose sur trois piliers sensibles aux aléas mondiaux : les rentes du canal de Suez, les transferts d’argent des émigrés, le tourisme et la rente stratégique, (les Etats-Unis assurant un "soutien civil et militaire" de près de 2 milliards par an), l’économie égyptienne est fragile et dépendante.

La dépendance alimentaire

Grand pays agricole de la région (grâce aux terres fertiles de la vallée du Nil), l’Egypte est incapable de nourrir sa propre population, la plus nombreuse du monde arabe. Avec la libéralisation économique accélérée sous la présidence Moubarak, le retrait de l’Etat, la privatisation de l’agriculture au bénéfice d’entreprises tournées vers la seule exportation ont entraîné de graves crises alimentaires se traduisant par des pénuries de pain et de produits de base. Le pays n’a pas été épargné par les "émeutes de la faim" de 2008, entraînées par la flambée des prix alimentaires. 

Un système d’éducation défaillant

Si son modèle d’éducation a permis l’exportation de cadres et de travailleurs qualifiés dans toute la région, elle peine aujourd’hui à absorber sur le marché du travail une jeunesse diplômée en proie aux frustrations et aux rancœurs face à une bourgeoisie "parasite" (Henry Laurens). Son système éducatif lui aussi privatisé est en inadéquation avec la réalité du pays et n’a pas permis d’endiguer l’analphabétisme qui touche encore  la moitié de la population.

 


Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Magnum346 - 11/03/2013 - 02:25 - Signaler un abus Similitude

    Cette analyse pas très réjouissante est tout à fait adaptable à la majorité des pays arabes. A qui la faute?

  • Par Salvatore Migondis - 10/03/2013 - 19:57 - Signaler un abus Héhé..

    On a le droit de s'en réjouir..?

Béligh Nabli

Béligh Nabli est directeur de recherches à l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).

Il dirige également l’Observatoire des mutations politiques dans le monde arabe qui analyse la première Révolution du XXIe siècle et son impact géopolitique sur le monde arabe.
 
 

Voir la bio en entier

Fermer