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Bercy contre le ministère des armées : pourquoi le gouvernement et le Président doivent faire cesser la guérilla du ministère des finances contre La Défense

Avec un plan annoncé de réduction des dépenses de 2,6 milliards pour le ministère de la Défense, Emmanuel Macron s'inscrit surtout dans la tradition qu'ont instauré ses prédécesseurs.

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Publié le - Mis à jour le 16 Juin 2017
Bercy contre le ministère des armées : pourquoi le gouvernement et le Président doivent faire cesser la guérilla du ministère des finances contre La Défense

Atlantico : Candidat aux élections présidentielles, Emmanuel Macron promettait de revenir à une tradition plus gaullo-mitterrandienne de l’intervention armée, qui n'aurait de sens qu'en s'inscrivant dans une diplomatie. Aujourd'hui président de la République, quelle est la contradiction entre les propos d'Emmanuel Macron et l'annonce de Bercy d'économiser 2,6 milliards d'euros sur le budget 2017 du ministère de la Défense? 

Michel Goya : Il n’y a pas vraiment de contradiction. La mission première du ministère des finances n’est pas de gagner la guerre contre les organisations djihadistes mais de réduire l’endettement public. Derrière les grandes décisions stratégiques, les lois de programmation et même les budgets annuels, Bercy mène toujours une guérilla pour que l’argent prévu ne soit pas finalement dépensé et le ministère de la défense (ou désormais des armées) est une cible traditionnelle. Contrairement aux autres ministères, la part des achats d’équipements est très importante et surtout son personnel militaire, non syndiqué, est très discipliné.

Pas de mouvements sociaux et les risques politiques afférents donc à craindre. Les deux-tiers des militaires sont également en contrats déterminés. Réduction ou étalement de commandes, suppression de postes, que d’économies faciles et rapides à réaliser. 

Ce ministère doit donc combattre les ennemis extérieurs de la France mais aussi Bercy qui revient systématiquement à la charge, usant de subterfuges comme le gel d’une partie des financements ou la sous-estimation des dépenses des opérations extérieures, car, autre caractéristique du ministère des armées, une part non négligeable de ses dépenses réside dans son emploi opérationnel dans un contexte qui interdit toute planification précise. On en profite donc par exemple pour prévoir un budget de 450 millions d’euros tout en sachant que le coût final de ces opérations a toujours été supérieur, et souvent nettement, à cette somme depuis…1990. Il y a donc clairement mensonge (ou « budget insincère ») afin de présenter des comptes initiaux plus flatteurs. A final, la différence sera quand même financée par un collectif budgétaire interministériel où en réalité ce sont les armées qui sont les plus mises à contribution. Rappelons que quelques semaines seulement après le vote de la loi de programmation militaire de 2014-2019, les trois chefs d’état-major d’armées et le ministre de la défense avaient dû menacer de démissionner pour obtenir que Bercy la respecte simplement. Rappelons également que quelques mois plus tard, après les attentats de janvier 2015, le chef de l’Etat avait annoncé comme mesure forte l’ « engagement que le budget de la défense de l’année en cours serait intégralement dépensé », ce qui montre que ce n’était pas forcément le cas. Le budget de la défense est toujours attaqué et cette nouvelle attaque constitue un test pour la nouvelle ministre des armées, qui pour l’instant ne s’est battue que mollement et surtout pour le Président de la République. Rendre visite aux soldats blessés et à ceux en opérations, c’est très bien mais on reste dans le symbole. 

 
Commentaires

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  • Par Pharamond - 14/06/2017 - 10:28 - Signaler un abus Qui commande?

    Que l'on sache,un Ministre a autorité sur son administration. Pourquoi doit-il se battre avec elle pour utiliser ses crédits? Des fonctionnaires, subalternes au Ministre,peuvent-ils lui faire obstacle? Puisque nous traversons une ère de "dégagisme",il faudrait donc les dégager et les réaffecter aux archives.

  • Par Deudeuche - 14/06/2017 - 19:28 - Signaler un abus @lou coume

    Nous n'avons pas lu le même article. Le Pb c'est Bercy et l'absence de réaction du ministre des armées.

  • Par Pharamond - 14/06/2017 - 20:03 - Signaler un abus @Dedeuche. Le Ministre auquel

    @Dedeuche. Le Ministre auquel je me réfère est le Ministre des Finances,membre du Gouvernement. Si la politique du gouvernement est d'augmenter les crédits de la défense,peut-on imaginer que ce Ministre y fasse obstacle ou que son administration l'en empêche?

  • Par vangog - 14/06/2017 - 21:05 - Signaler un abus Encore une erreur majeure de Macron!

    Par idéologie "Munichoise", les socialos ont abaissé le budget de la Défense à 1,6% du PIB et Macron veut amplifier cette dégradation...très mauvais choix politique! Car un budget de défense ambitieux et cohérent (le FN le voudrait à 2%, dans un premier temps, évoluant vers 3%...) est indispensable afin de maintenir notre indépendance stratégique, faire face aux menaces qui se précisent (la prochaine viendra d'Asie...), et faire partie du peloton de recherche en matière d'informatique, de communications, de recherche spatiale, dont beaucoup dépendent des budgets d'armement...Nous, patriotes, nous annulerions l'aide médicale d'état et la retraite pour les étrangers n'ayant jamais cotisé, afin de nous concentrer sur ces budgets régaliens. Mais Macron veut faire l'inverse: relancer l'immigration de remplacement afin de relancer une mini-croissance artificielle...

  • Par Deudeuche - 15/06/2017 - 07:17 - Signaler un abus @Lou Coume

    Merci pour la précision. En l'occurrence le 1er ministre à son mot à dire.

  • Par tananarive - 15/06/2017 - 08:09 - Signaler un abus En un mot, socialisme.

    On va vite s’apercevoir que Macron est un président de façade et qu’il a été élu sur sa belle gueule et sur son boniment de camelot. C’est un socialiste, formé à l’école socialiste, l’ENA. Nous aurons un gouvernement à la Hollande, promesses non tenues, dépenses inconsidérées, augmentation des impôts et justice sociale équivalent de magouilles électorales.

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Michel Goya

Michel Goya est colonel dans l'armée de terre, aujourd'hui retiré du service actif. Il est désormais consultant en stratégie et organisation.

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