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Bénévolat contre RSA : assistés ou accidentés de la vie, qui sont les titulaires de minimas sociaux susceptibles d’y gagner une re-socialisation ?

Qui sont véritablement les bénéficiaires du RSA ? Le profil type serait celui d’une femme seule, avec enfant, vivant en ville, où les aides sociales sont plus faciles d’accès. Le point sur ce public d'allocataires, alors que les départements veulent faire payer cette allocation à l’Etat, et que le débat sur le bénévolat en échange du RSA resurgit.

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Bénévolat contre RSA : assistés ou accidentés de la vie, qui sont les titulaires de minimas sociaux susceptibles d’y gagner une re-socialisation ?

Atlantico : Comment définir la population qui bénéficie de l'allocation RSA ? Peut-on dresser un profil type des allocataires ?

Yannick L'Horty : La première condition pour bénéficier du RSA est une condition de revenus, de ressources. L’ensemble des allocataires sont des ménages pauvres, qui sont résidents en France et dont le chef du ménage a plus de 25 ans, sauf s’il y a des enfants. Cela est la définition légale, et au-delà de cette dernière, on constate qu’il y a une surreprésentation des personnes isolées, une surreprésentation des personnes qui vivent dans les villes, dans les centres urbains, et une sous-représentation des personnes qui vivent dans les zones rurales.

Il y a en outre une grande diversité de situations, compte tenu du nombre massif de bénéficiaires de ce revenu minimum. Aux deux extrêmes, il y a d’un côté des personnes qui cumulent plusieurs difficultés sociales, et de l’autre des personnes qui ont un emploi, qui bénéficient de revenus faibles, et qui bénéficient de la prime d’activité aujourd’hui, depuis le 1er janvier. Le RSA activité et la prime pour l’emploi ont fusionné depuis cette date pour former cette prime d’activité.

Quelles sont les évolutions récentes du public bénéficiaire du RSA ?

Depuis 2009, au moment où le RSA a remplacé le RMI, il n’y a pas eu beaucoup d’évolutions pour les bénéficiaires du RSA socle, qui étaient les anciens bénéficiaires du RMI. Par contre, une nouvelle population est concernée par l’allocation, ce sont des personnes qui ont un revenu, ou un équivalent de revenu proche d’un demi-Smic à temps complet pour une personne isolée. Depuis un peu plus de six ans maintenant, on assiste à une montée progressive du nombre d’allocataires, mais la composition de ce groupe reste sensiblement la même.

Les bénéficiaires du RSA socle sont beaucoup plus nombreux que ceux qui perçoivent le RSA activité (1,7 million de personnes, contre 557 000 personnes respectivement) …

Cela a toujours été le cas, c’était déjà le cas en 2009. Il est logique que les bénéficiaires du RSA socle soient plus nombreux, puisque c’est une population de ménages très défavorisés, où ceux qui n’ont aucun revenu d’activité sont majoritaires.

Sur le plan géographique, les bénéficiaires du RSA sont plutôt urbains…

L’offre sociale est plus développée dans les villes que dans les zones rurales, les allocataires sont donc plus représentés en ville. Cela vient de cette localisation des allocataires, plutôt que d’une différence de traitements selon les territoires. Dans les zones rurales par exemple, il n’y a pas de Centre communal d’action sociale par exemple, ni d’antenne de la Caf à proximité. A contrario, les zones urbaines offrent davantage de tissu social.

La population concernée par les allocations est seule généralement, en particulier des femmes seules avec enfant, très majoritaires (plus de 700 000 en décembre 2014 d’après les derniers chiffres disponibles)

Effectivement, dans ce cas, il y a des difficultés sociales, de type accueil de jour ou accès aux soins. Les personnes cumulent difficultés sociales et difficultés de garde d’enfants, qui compliquent beaucoup plus leur accès à l’emploi.

 
Commentaires

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  • Par Jean-Benoist - 09/02/2016 - 10:35 - Signaler un abus Ce n'est pas du bénévolat

    c'est une contre partie contre de l'argent versé chaque mois à un sans activité. Belle initiative Expérience à suivre!

  • Par Pourquoi-pas31 - 09/02/2016 - 13:14 - Signaler un abus interessant

    dans la mesure ou les frais réels pour ce rendre à leurs activités seraient remboursés. Il faudrait également une fréquence de travail qui dissuade de regrouper ses heures de bénévolat-contrepartie sur une période afin de partir à l'étranger (au bled) pour se la couler douce au lieu de se former et de chercher un emploi. Dans certains pays étrangers, le RSA représente un super salaire.

  • Par Ganesha - 09/02/2016 - 16:51 - Signaler un abus Mères célibataires

    D'après ce que dit l'article, de nombreux bénéficiaires du RSA sont des mères célibataires. Offrir une place en crèche pour leur enfant en bas-âge, coûtera plus cher que ce qu'elles peuvent gagner en travaillant. Quand l’enfant va à l'école, la garderie après la classe, c'est déjà nettement moins cher. Le tout, c'est d'évaluer l'importance d'offrir à cette femme la chance de se sentir ''valorisée'', ''insérée'' par le travail !

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Yannick L’Horty

Yannick L’Horty est Professeur à l’Université Paris-Est, directeur de la fédération de recherche « Travail, Emploi et Politiques Publiques » du CNRS.

Il est spécialiste du marché du travail et de l’évaluation des politiques publiques dans le domaine de l’insertion et de l’emploi.

Dernier ouvrage paru : Les nouvelles politiques de l’emploi, Collection Repères, la découverte.

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