Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 18 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

"Bécassine" : n'écoutez pas les autonomistes bretons!

Dans l'imaginaire breton, Bécassine occupe une place privilégiée, sauf pour les autonomistes qui y voient une image insultante de la bêtise et de la soumission. Aux antipodes du film de Bruno Podalydès, petit joyau de sensibilité, de tact et d'intelligence.

Atlanti-Culture

Publié le - Mis à jour le 24 Juin 2018
"Bécassine" : n'écoutez pas les autonomistes bretons!

CINEMA

"Bécassine"
de Bruno Podalydès 
Avec  Emeline Bayart, Karin Viard, Josiane Balasko, Denis Podalydès…

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME

Parce qu’elle nait dans une modeste famille bretonne un jour où des bécasses survolent son village, une petite fille est surnommée Bécassine par son oncle, un chasseur doté d’un cœur gros comme ça (Michel Vuillermoz). Les années vont passer…

Devenue adulte, Bécassine (Emeline Bayart) est restée, dans l’âme, la petite fille naïve et tendre qu’elle était. Rêvant de voir la Tour Eiffel, elle s’embarque sur les chemins qui mènent à Paris. Mais voilà qu’au détour d’une route, elle rencontre la Marquise de Grand-Air (Karin Viard) qui a besoin d’une nounou pour sa petite Loulotte. Ni une ni deux ! Tombée en amour pour cet adorable bébé, Bécassine accepte cette nouvelle fonction, qui la conduit dans le château de la Marquise, où l’on mène grand train malgré l’impécuniosité de la maitresse de maison… Les nuages s’amoncellent, d’autant qu’un marionnettiste un peu filou sur les bords  (Bruno Podalydès) va achever de ruiner la Marquise.

Heureusement, Bécassine est là…  

POINTS FORTS

- Aujourd’hui, exceptés les plus de soixante ans et les fans de Chantal Goya qui lui  rendit hommage par la grâce d’une chanson composée en 1979 par le très talentueux Jean-Jacques Debout, peu sont ceux qui connaissent encore Bécassine, ce petit personnage breton né en 1905 sous le crayon d’Emile-Joseph-Porphyre Breton et la plume de Jacqueline Rivière, et dont les aventures de petite bonne gentille et naïve enchantèrent plusieurs générations d’enfants. On imagine donc la réaction des producteurs quand Bruno Podalydes  leur annonça vouloir la  faire revenir, en chair et en os sur les écrans, en ces années 2010, soit plus de cent ans après sa naissance.

Mais ce réalisateur, très à part dans le monde si concret des cinéastes, et qui est également têtu, poète et fantaisiste sut, heureusement, convaincre les financiers.  Voici donc Bécassine au cinéma, qui fait souffler un grand vent d’air frais sur les écrans des cinés.

- Désuète, notre héroïne dans sa robe verte rehaussée d’un grand tablier blanc et rouge ? Pas du tout. Sans rien lui enlever de sa nature rêveuse, tendre et naïve, Bruno Podalydès en a fait, ici, une nounou ingénieuse, pragmatique, très débrouillarde avec sa petite Loulotte. Dans ce film, et contrairement à ce que clament, ici et là quelques détracteurs (qui n’ont pas dû le voir), Bécassine n’a donc rien, ni d’une innocente, ni d’une niaise. Elle est juste charmante, et gentille. A peine est-elle un peu trop crédule, ce qui  d’ailleurs ajoute encore à son charme !

- Et puis, elle est très bien entourée par des personnages formidables et touchants, comme celui de la Marquise de Grand Air, inénarrable de gracieuse immaturité.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par guy bernard - 21/06/2018 - 08:58 - Signaler un abus les Bretons, avec d'autres, ont construit la France

    il faut avoir vécu l’époque où les bretons étaient humiliés (Papa a épousé la bonne, une bretonne, il n'y a plus personne à la maison). un de mes oncles (ingenieur) était breton et lorsqu'il nous recevait à Rennes, les contacts avec sa mère étaient limités. on peut trouver de l’intérêt à lire Maupassant (l'adelaide des contes de la bécasse) ou Mirbeau (le journal), mais on est très loin du film Brooklyn où une Irlandaise, petite vendeuse va à New-York, aura un petit métier de comptable, se mariera avec un jeune italien et construira, avec d'autres, les Etats-Unis. les Bretons, avec d'autres, ont construit la France et ce n'est pas fini.

  • Par assougoudrel - 21/06/2018 - 10:22 - Signaler un abus Je me souviens, jeune soldat

    qui arrivait des Antilles, avoir été choqué par les propos d'un camarade qui disait: "les bretons sont cons", paroles répétées par ces grands-parents et parents et qu'il a certainement répétées plus tard à ces enfants. Comme les parent des immigrés qui apprennent à leurs enfants à haïr la France et les français.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€