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Barack Obama contre Donald Trump : le Parti démocrate fait-il vraiment une bonne affaire avec le retour de l’ancien président ?

A deux mois des midterms (élections de mi-mandat) Barack Obama est de retour en campagne afin de soutenir les candidats du Parti démocrate.

Midterms

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Barack Obama contre Donald Trump : le Parti démocrate fait-il vraiment une bonne affaire avec le retour de l’ancien président ?

 Crédit Angelo Merendino / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Atlantico : A deux mois des midterms, Barack Obama est de retour en campagne. Dans un contexte choisi, marqué tout à la fois par la publication de la tribune anonyme du New York Times, et de l'ouvrage Fear de Bob Woodward, il a tenu plusieurs discours remarqués où il s'en prend à son successeur. Barack Obama doit-il à son charisme d'être le seul à pouvoir tenir un discours audible face à Donald Trump ?

Gérald Olivier : Je dirais que beaucoup de personnes sont audibles, mais peu sont crédibles.

Prenons le cas de la tribune anonyme : le geste est sans précédent, et il a obtenu bien sûr une audience et une couverture médiatique très importante. Mais il est aussi totalement injustifié, dans la mesure où, si quelqu'un au sein de l'administration n'est pas d'accord avec la politique du président, il peut très bien le dire tout haut, il peut quitter l'administration, il peut signifier ses différends. Cela s'est déjà produit par le passé, Rex Tillerson par exemple. Les gens qui critiquent Donald Trump aux États-Unis sont donc très nombreux.

Mais ils n'ont pas de crédibilité.

On peut critiquer Donald Trump sur sa méthode, on peut critiquer Donald Trump sur sa personne, on peut critiquer Donald Trump sur ses manières, son vocabulaire ou son côté provocateur. Par contre on ne peut pas le critiquer sur les résultats. Et on ne peut pas le critiquer non plus sur l'essentiel, à savoir qu'il a tenu ses promesses de candidat – sauf pour le mur. Il avait promis une réforme fiscale : il l'a faite. Il avait promis de favoriser le secteur des énergies, et de remettre en avant les énergies fossiles : il l'a fait. Il avait promis de retravailler un certain nombre d'accords commerciaux : il est en train de le faire. Il avait promis de déréglementer l'économie : il est en train de le faire. Il avait promis de relancer l'emploi industriel : il est en train de le faire, et en train d'y réussir. Il avait promis de relancer la croissance : les Etats-Unis sont à 4,5% de croissance, ce qui n'a pas été vu depuis vingt-cinq ans. Donc sur le fond et sur la santé de l'économie américaine, personne n'est véritablement crédible, et on ne peut pas attaquer Trump là-dessus.

Par contre, on peut l'attaquer sur sa personne, et c'est ce que font un certain nombre de gens. Que le chaos règne à la Maison Blanche, je dirais presque que c'est sans intérêt à partir du moment où les Américains vivent mieux aujourd'hui qu'ils ne vivaient hier.

Par contraste avec l'Obamania qui caractérise les Français, bon nombre d'électeurs américains ont été très déçus du bilan d'Obama à l'issue de ses deux mandats, au point de nourrir à rebours le phénomène Trump. Est-il aujourd'hui enclin à faire son autocritique et à prendre sa part de responsabilité des échecs passés pour convaincre à nouveau ?

On verra cela avec le résultat des élections de mi-mandat. M. Obama est certes un personnage avec beaucoup de charisme, extrêmement chaleureux, sympathique. C'est vrai que sa présidence a été une énorme déception, aussi bien pour les Démocrates que pour d'autres. Il a un ego qui est relativement imposant. Ce n'est pas du tout le genre de personnage à reconnaître ses erreurs. La partie du discours qu'il a prononcé samedi dernier qui a été la plus critiquée, c'est précisément celle où il cherche à s'accaparer les bons résultats économiques. Pendant la campagne, il s'était ouvertement moqué de Donald Trump, affirmant que les chiffres qu'il avançait relevaient du charlatanisme. Et toute l'année dernière, Obama n'a cessé de se plaindre du fait que Trump détricotait ce que lui-même avait mis en place. Il a donc reconnu que le programme prôné par son successeur allait à l'inverse de ce qu'il avait fait, et à l'évidence les résultats sont beaucoup plus probants quant à ce que fait son successeur.

 
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  • Par gerint - 15/09/2018 - 13:04 - Signaler un abus Pour moi Obama est incompétent

    Et il a été une plaie pour l’envergure internationale des USA et pour l’économie. Le personnage a un abord bien plus élégant et bien plus policé que Trump mais sous sa direction les USA se sont affaiblis, la politique étrangère a été désastreuse et je pense que Guy Millière avait raison sur la véritable nature d’Obama. Trump n’a pas le charme apparent d’Obama très loin s’en faut et il n’est pas sympathique à voir ni souvent à entendre mais je crois qu’il vaut cent fois mieux pour les intérêts de son pays

  • Par adroitetoutemaintenant - 15/09/2018 - 16:26 - Signaler un abus Obama en campagne c'est très bien !

    Grace à lui, Clinton a perdu. Et il va faire perdre son parti ! Il n'attire que les illégaux, les merdias, les cacadémiciens et les LGBTQQ.

  • Par Liberte5 - 16/09/2018 - 16:52 - Signaler un abus Toujours équilibré G. Olivier nous donne une bonne analyse ....

    de la situation politique aux USA. En faisant ses sorties B. Obama enfonce davantage les démocrates, qui n'ont pas besoin de cela, et renforce D. Trump pour les prochains midterms. Qu'il continue!!! Tous les échos qui nous reviennent des USA, et contrairement à la propagande hystérique anti Trump des médias Français, la côte de popularité de D. Trump est bonne. Les Américains hors New York, San Francisco, Washington, voient de leurs yeux les bienfaits de la politique de D. Trump. Les médias démocrates, à force de n'être que critiques de façon hystérique, envers le Président, ont perdu toute crédibilité.

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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