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Bal (tragique ?) des opposants : un an après la présidentielle, qui a quoi à prouver dans le match de l’Emission politique ?

Jeudi soir, les chefs de l'opposition et de LREM se retrouvent lors de l'Emission politique sur France 2.

L'Emission politique

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Bal (tragique ?) des opposants : un an après la présidentielle, qui a quoi à prouver dans le match de l’Emission politique ?

 Crédit Capture Dailymotion

Atlantico : Christophe Castaner (La République en marche), Olivier Faure (Parti socialiste), Marine Le Pen (Front national), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Laurent Wauquiez (Les Républicains) seront les invités de France 2 en cette soirée du 17 mai, pour analyser le bilan de la 1ere année du quinquennat d'Emmanuel Macron. Pour chacune des personnalités présentes, quels seront les enjeux d'une telle émission, aussi bien en ce qui concerne leur cœur de cible que pour le grand public ? 

Christophe Boutin : Vous avez raison de le signaler, l’exercice est difficile pour les cinq intervenants, qui ont tous, à des degrés divers, un double message à envoyer.

Le premier s’adresse bien sûr à tous les Français, et portera sur leur analyse de la politique menée sous la direction - très effective - du Président de la République depuis le début de son mandat. Mais le second message qu’ils auront à envoyer d’adressera lui aux électeurs, voire aux militants ou aux élus des partis qu’ils dirigent. Or les deux publics peuvent parfois avoir des attentes contradictoires : en durcissant par exemple son discours on peut, si le parti que l’on mène affiche une cohésion certaine, plaire à son électorat, mais l’on écartera sans doute d’autres électeurs potentiels qui auraient pu être séduits par un discours plus modéré ; si l’on adopte au contraire ce discours plus modéré, on lassera certains militants et l’on créera, ou renforcera, des divisions internes.

L’exercice de jeudi soir est rendu plus difficile encore à cause du format de l’émission. Si l’on en croit ce qui est paru dans la presse, on a en effet retenu, à la suite des pressions de LaREM, un jeu de questions-réponses aux cinq personnalités politiques présentes. Il est vrai qu’avec cinq intervenants – mais TF1 n’en avait initialement retenu que quatre, écartant Olivier Faure -, les choses étaient délicates à organiser, mais ce format, très proche de celui utilisé entre candidats à des élections, et qui empêche ou au moins limite les accrochages directs entre politiques en éliminant les dialogues, favorise aussi celui des participants qui dispose des dossiers les plus complets, des « derniers chiffres » – et donc plutôt le représentant de l’équipe au pouvoir, il est vrai seul contre quatre.

Laurent Wauquiez (Les Républicains).

Samuel Pruvot : Si on comparait cette émission de France 2 à une pièce de théâtre, on pourrait se replonger avec profit dans « En attendant Godot » de Samuel Beckett. Pourquoi ? Chacun convoite le rôle principal – celui de premier opposant au Président – mais personne ne s’en empare vraiment. Durant toute la pièce tous les spectateurs attendent « Godot ». Un sauveur, une illusion ou un dénouement… mais personne n’arrive jamais. Un an après la victoire d’Emmanuel Macron, Godot n’est toujours pas arrivé aussi absurde que cela puisse paraître. 

 

Dans ce casting à la Beckett, Laurent Wauquiez désire de toutes ses forces incarner le premier rôle. Le patron des Républicains estime avoir la légitimité pour endosser le costume de ce personnage mythique capable de tenir tête au Président. Mais n’est pas Godot qui veut. Un récent sondage Ifop pour les européennes crédite LR de 15% des voix. Chiffre cruel qui prouve que Laurent Wauquiez est pour l’heure incapable de fédérer tous les opposants de droite à la politique libérale (et peut-être libertaire) de Macron. Pour filer l’image de la pièce de Beckett, Laurent Wauquiez ressemble à Vladimir, l’un des deux vagabonds de la pièce, coincé sur une route campagne à la tombée de la nuit. Vladimir est SDF depuis que sa formation a été chassée du Château – au temps d’un certain Sarkozy.

Christophe Boutin : Pour Laurent Wauquiez l’enjeu reste finalement le même que celui qui était le sien lors de L’émission politique dont il avait été l’invité unique : devenir enfin un leader politique majeur en apparaissant comme le chef de file incontesté et incontestable de l’opposition de droite à Emmanuel Macron. Cela, Wauquiez, très fragilisé par de récents sondages qui ne lui accordent par exemple que 8% des voix en cas de présidentielle, en a aujourd’hui absolument besoin, autant en en externe, pour attirer vers lui de nouveaux électeurs, qu’en interne, pour s’imposer au sein même de son parti. Il est en effet sans nul doute, des cinq intervenants, le chef de parti le plus fragilisé en cette mi-mai 2018, car il fait face à l’opposition interne de Valérie Pécresse et à la fronde de toute une partie des anciens caciques de l’UMP – de ceux du moins qui sont encore chez LR – et qui tous lui reprochent d’être trop à droite.

 
Commentaires

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  • Par Lazydoc - 17/05/2018 - 08:17 - Signaler un abus Je ne regarderais pas!

    Que peuvent m’apporter ces personnes avant 4 ans? Du bla-bla? Aucun intérêt! (Dupont-Aignan n’est pas affaibli, pas mal de LR de base l’ont rejoint).

  • Par vangog - 17/05/2018 - 08:40 - Signaler un abus Débat calamiteux de l’entre-deux-tours présidentiel????

    C’est surtout à un entre-deux Medias-Macron qu’assistent les Français médusés par tant de propagande digne d’une dictature socialiste d’avant-mur! Ce qui est calamiteux, pour les journaleux biberonnés à la pensée unique Agence Fake Press, c’est que tout ce qu’avait annoncé Marine Le Pen s’est réalisé, malheureusement...augmentation de dépenses publiques (plus 45 milliards...), augmentation d'impôts (4,5 milliards en 2017, et la même chose en 2018, malgré les promesses de faux-cul...), augmentation du chômage non bidonné (+12700 chômeurs ABCDE..), faveurs fiscales aux banquiers et copains de Macron, baisse du pouvoir d’achat des Français (moins 1% chaque année...), soumission aux USA et à Bruxelles, immigration d’allocations galopante(on est passé de 200000 par an à 265000 étrangers par an avec Macrouille le mondialiste...), flambée de l’ islamisation et du terrorism, impuissance du gouvernement...Marine Le Pen avait tout prévu...alors, qui est calamiteux?...

  • Par assougoudrel - 17/05/2018 - 08:54 - Signaler un abus Je ne regarde plus France Télé

    depuis bien longtemps. Rien que de voir cette souris qui louche comme si elle avait un gland sur le nez, je sens que ce sera un "ouélélé" (cacophonie ou tapage aux Antilles) sur le plateau.

  • Par Citoyen-libre - 17/05/2018 - 10:10 - Signaler un abus La saison des festivals

    Le festival de Cannes, c'est une fois par an. Le festival de la politique, c'est toute l'année, les paillettes et le string de Nabilla en moins. L'opération marketing européenne est lancée. Chacun va venir nous vendre son scénario, sa mise en scène, et les 'extraordinaires qualités du réalisateur. Opération promo effectuée, comme toujours par l'acteur principal, qui rêve déjà de venir, lors de la remise des prix, remercier son père , sa mère, le producteur ( le contribuable) sans qui rien n'aurait été possible. Et tout ça, sous le regard mielleux, lèche botte ou complètement agressif et faux cul de la maitresse de cérémonie : La salle aimée. Bon, il fait jour tard, on ira arroser les salades !

  • Par gerard JOURDAIN - 17/05/2018 - 11:56 - Signaler un abus émission néfaste

    ça n'aide pas à la reconquête de l'image du politique... pauvre France

  • Par Ganesha - 17/05/2018 - 12:08 - Signaler un abus Débat raté du deuxième tour

    Il est effectivement trop tôt pour présenter les plans de bataille pour les Européennes : ce sera pour Septembre. Ce qui est consternant, ce sont les hordes de perroquets et de macaques sur ce site et dans tous les médias, qui ne trouvent pas d'autre argument à présenter que l'éternel ''débat raté du deuxième tour'' ! J'espère que ce soir, Marine Le Pen leur fera remarquer qu'Emmanuel Macron, en un an, a parfaitement confirmé l'analyse qu'elle avait fait ce soir là du mari de Brigitte, ce gigolo aux mœurs incertaines, mais fervent serviteur du CAC 40 et des milliardaires !

  • Par MIMINE 95 - 17/05/2018 - 14:27 - Signaler un abus Nicolas Dupont Aignan et gna gna gna gna

    "Nicolas Dupont-Aignan (DLF) a estimé dimanche que Marine Le Pen avait "une réelle volonté de changement" et souhaité la constitution d'une coalition à droite pour bâtir une alternative à Emmanuel Macron."(source: europe 1- 11 mars 2018) - et il semble que l'idée fait doucement son petit bonhomme de chemin http://www.europe1.fr/politique/dupont-aignan-marine-le-pen-a-une-volonte-reelle-de-changement-3596558

  • Par pierre de robion - 17/05/2018 - 22:24 - Signaler un abus La paille et la poutre!

    Quand je pense que la macronie n'hésite pas à taxer Poutine de tsarisme! Vraiment "la Charité" se fout de l'hôpital! J'ai regardé Wauquiez qui ma foi ne fut pas si mal, en particulier face ux questions perfides de La Salamé! Il a réussi à placer quelques banderilles sur les différences qu'il voit avec "sa" doite et la macronie, et j'ai bien aimé sa péroraison sur l'avenir du pays s'il en a encore un! Et puis j'ai zappé! J'espère que l'audimat enregistrera ces défections!

  • Par gerint - 17/05/2018 - 23:03 - Signaler un abus Léa Salamé me dégoûte

    C’est suffisant pour ne pas regarder

  • Par vangog - 17/05/2018 - 23:23 - Signaler un abus Les questions de Léa Salame sont très niaises...

    a sa place, ils ont choisi un melenchoniste de Force ouvrière pour mener le débat...ils ont tellement peur de Marine Le Pen...

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Samuel Pruvot

Diplômé de l’IEP Paris, rédacteur en chef au magazine Famille Chrétienne, Samuel Pruvot a publié "2017, Les candidats à confesse", aux éditions du Rocher. 

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).

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Jean-Philippe Moinet

Jean-Philippe Moinet, ancien Président de l’Observatoire de l’extrémisme, est chroniqueur, directeur de la Revue Civique Son compte Twitter : @JP_Moinet.

 

 

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