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Bal tragique au Conseil national des Républicains : à quand le premier mort ?

Le thème de ce conseil national était le projet du parti. Aucun des candidats déjà déclarés à la Primaire ne veut se laisser corseter par un texte programmatique.

Conseil national tendu

Publié le - Mis à jour le 19 Février 2016
Bal tragique au Conseil national des Républicains : à quand le premier mort ?

On a tort de promettre des surprises quand on n'a rien dans sa besace. Nicolas Sarkozy en a fait l'expérience ce week-end à l'occasion du conseil national du parti LR (Les Républicains) qu'il préside jusqu'à nouvel ordre, car sa présidence va être contestée par les candidats à la primaire... Des surprises , il y en a eu quelques unes au cours de ces deux journées mais  elles n'étaient pas à son avantage. Dans l'ordre chronologique, la première  est le score étriqué obtenu par "son" candidat à la présidence du Conseil National du Parti.

Luc Chatel a totalisé 55% des voix face à l'ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, candidate inattendue de dernière minute. Rien de grave, mais c'était la  première alerte quant à  l'homogénéité du Parti où les Gaullistes, tout comme les libéraux ont relevé la tête, chaque campa à sa façon. Du côté des Gaullistes  le député  Henri Guaino, proche de Nicolas Sarkozy s'il en fut avant 2007 et pendant toute la durée de son mandat présidentiel, est venu littéralement "vider son sac" à la tribune. Il avait choisi comme angle d'attaque le refus de servir des repas de substitution à la cantine :" Ma famille politique, c’est celle qui trouve honteux qu’on ne propose pas un repas de substitution aux enfants dans les cantines", a-t-il déclaré, tandis qu'à l'opposé Nadine Morano a reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir supprimé le ministère de l'Immigration. Mais ce n'étaient que des hors d'oeuvre.

Le thème de ce conseil national était le projet du parti. Aucun des candidats déjà déclarés à la Primaire ne veut se laisser corseter par un texte programmatique. François Fillon a rappelé sous les applaudissements "qu'une ligne politique est le résultat d'un projet pour la France, pas le fruit d'une synthèse hollandaise", tandis que Bruno Le Maire qui déclarera officiellement sa candidature le 23 février, expliquait  à l'envi dans les couloirs que "les choses sont très claires : le projet du prochain quinquennat sera celui de vainqueur de la primaire. Le candidat élu imposera sa ligne politique, sa méthode de travail. Sinon, ce n'est pas la peine de faire des primaires". Quant à Alain Juppé, au centre de tous les commentaires et de toutes les attaques  en creux  de la part des tenants de la ligne droitière, il n'a pas pris la parole, se contentant de participer au déjeuner et  de parfaire sa pratique du serrage  de mains intensif dans les allées. Le maire de Bordeaux  ne s'est pas attardé au Conseil National, pas plus que François Fillon. L'ancien Premier ministre construit sa candidature hors du Parti, avec la multiplication de Comités locaux implantés dans tout le pays. Il s'oppose à Nicolas Sarkozy sur les questions identitaires et engrange les soutiens. Le ralliement de Jean-Pierre Raffarin à sa candidature ne constitue peut-être pas une surprise en soi mais l'ancien Premier Ministre vient grossir les rangs de ceux qui ne supportent plus les discours droitiers de la direction de LR. A cet égard l'échange  entre Laurent Wauquiez  et Jean-Pierre Raffarin  qui se sont succédés à a tribune était révélateur. Le nouveau président de la région Rhône-Alpes-Auvergne , nouveau numéro deux de "Les Républicains" a été ovationné lorsque il a déclaré "La droite ne doit pas être une pâle copie de la gauche, les déficits en moins", il faut "des politiques qui ont une colonne vertébrale,...nous sommes de droite, nous n'avons pas à nous en excuser", avant d'ajouter : " Il y a un danger de délitement culturel et politique....Ce n'est pas à la France de s'adapter aux étrangers, c'est aux étrangers de s'adapter à la France". Tenant des "Humanistes" de LR, Jean-Pierre Raffarin qui lui succédait à la tribune a suggéré la création d'un Ministère de la Fraternité" pour Laurent Wauquiez, avant de rappeler plus gravement, et également sous les applaudissements,  que" la France , ce n'est pas seulement la haine de l'étranger", propos qu'il développera plus tard à BFM : , "je ne crois pas que c'est en copiant le Front National qu'on va faire diminuer le Front National", puisque tel est l'enjeu.

Le dimanche de Nicolas Sarkozy a encore été gâché par l'annonce de la candidature de Jean-François Copé à la primaire. L'ancien président de l'UMP, qui n'a pas été mis en examen dans l'affaire Bygmalion, veut s'appuyer sur les "soixante parlementaires" qui sont venus au lancement de son livre "le Sursaut Français". Il ne devrait pas avoir de problèmes pour réunir tous les parrainages nécessaires pour concourir à la primaire du mois de novembre.  En sera-t-il de même pour Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Mariton, Frédéric Lefèbvre et Nadine Morano ? Certains prétendants vont-ils, comme aux Etats-Unis jeter l'éponge avant l'ouverture officielle de la campagne des primaires ? Quand Nicolas Sarkozy va-t-il se déclarer, s'il se déclare ? Certaines personnalités estiment que le président du Parti n'ira pas jusqu'au bout si les sondages en sa faveur ne remontent pas , car pour l'heure le succès de la vente de son livre ne se traduit pas par une remontée de sa popularité .Et puis pourra-t-il attendre le dernier moment pour déclarer officiellement sa candidature à la primaire et faire campagne en qualité de Président du parti avec les moyens du parti , alors que les autres prétendants font campagne avec l'argent recueilli des donateurs ? La question a été posée clairement par Jean-Pierre Raffarin qui joue les Saint-Jean Bouche d'or. La pression va s'amplifier au cours des semaines et elle risque de prendre le pas sur le débat sur le projet du parti. Hier Nicolas Sarkozy a martelé  qu'il "faut tout dire avant afin de tout faire après", devant une salle non seulement sceptique sur ce point,  mais clairsemée. C'était la dernière mauvaise surprise pour le patron de LR qui attendait beaucoup de monde pour son discours de clôture.    

 
Commentaires

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  • Par Gilly - 15/02/2016 - 09:54 - Signaler un abus C'est très clair !

    "le projet du prochain quinquennat sera celui de vainqueur de la primaire" dit Le Maire. C'est bien pour cela que Sarkozy élabore un programme AVEC les adhérents.... Une légitimité qu'il pourra mettre en avant pendant les primaires.... Juppé, Fillon et consorts feraient bien d'y réfléchir.... Eux fuient le parti - et tiennent donc les 240 000 adhérents pour quantité négligeable - mais sans le parti, ils ne sont rien. La preuve, ils s'y accrochent malgré tout.

  • Par cloette - 15/02/2016 - 10:24 - Signaler un abus La tactique de Juppé

    C'est de se taire : Pas très courageux ni franc !

  • Par Lafayette 68 - 15/02/2016 - 10:36 - Signaler un abus @cloette

    Tactique typiquement "française" pour Juppé (islam , religion de paix et d'amour mais n'a pas lu le coran) , pays bien peu" franc" ...ça marche , voyez Sarko en 2007 et sa rupture , puis Hollande en 2012 , son ennemi la finance...

  • Par l'enclume - 15/02/2016 - 11:17 - Signaler un abus Tout n'est pas perdu?

    Putain, si j'étais responsable à L.R. J'interdirais aux journalistes de rentrer dans la salle. Quel titre à la con "A quand le premier mort". La politique, c'est un combat et, je trouve que certain(e)s manquent cruellement de niake en ce moment.

  • Par raslacoiffe - 15/02/2016 - 11:18 - Signaler un abus La presse antisarko à l'oeuvre

    Assemblée clairsemée dit-elle ce n'est pas ce qu'on a vu des rares images passées sur les chaines télé. Me Hauser ne débite que des propos largement ressassés par ses collègues de la presse bobo et des propos en off : aucun intérêt. Était-elle présente d'ailleurs on aimerait qu'elle nous réponde ? ou bien ses informateurs officiels sont-ils toujours les soutiens de Juppé ?

  • Par Gilly - 15/02/2016 - 12:52 - Signaler un abus @raslacoiffe

    Les infos viennent aussi des soutiens de Fillon le félon, toujours prêt à sacrifier le parti pour ses ambitions, ce qu'il a déjà largement démontré pendant l'épisode lamentable avec Copé...

  • Par langue de pivert - 15/02/2016 - 13:07 - Signaler un abus Laissons faire la nature ! ☺

    Pourquoi discuter dans le vide alors qu'il suffit d'attendre les résultats ?

  • Par Yves3531 - 15/02/2016 - 13:32 - Signaler un abus @Gilly

    est il nécessaire de s'entre déchirer et de se tirer une balle dans le pied en répétant ce que vous avez lu dans presse officielle. On peut considérer comme moi que M. Sarkozy est probablement définitivement cramé, victime de curée médiatique, mais aussi le respecter sincèrement. Un minimum de pragmatisme amène à l'évidence de reporter sur Fillon ses espoirs de voir gagner un candidat de vraie droite et enfin menée une politique de redressement. Car si effectivement M Sarkozy est cramé et ne se présente finalement pas, qui croyez vous sortira entre Juppé et Fillon ((Lemaire encore trop corne verte)?

  • Par Lafayette 68 - 15/02/2016 - 13:55 - Signaler un abus @Yves3531

    Fillon vraie droite sur le plan économique, oui, mais pas sur le terrain culturel...

  • Par Jean-Benoist - 15/02/2016 - 15:03 - Signaler un abus Pourquoi tant de haine envers Sarko?

    J'aimerais bien que les vrais journalistes s'intéressent enfin aux bilans de Sarko et Hollande et comparent les résultats (en y intégrant la crise de 2008) Il serait très noble de la part de la presse d'initier "objectivement" ce retour sur expérience et d'admettre que Sarko, homme d'expérience peut relever le France bateau en train de couler

  • Par clint - 15/02/2016 - 15:21 - Signaler un abus Fillon la ramène, Copé se blanchit !

    Et aucun des deux ne veut se rappeler qu'ils ont ridiculisé par leurs attitudes l'UMP. Et pendant ce temps là Hollande continuait à conduire la France au désastre tout heureux de ne plus avoir d'opposition. Quant à Juppé le chiraquien "je ne fais rien pour ne pas stigmatiser", tout le monde est gentil sauf ... Sarkozy !

  • Par Yves3531 - 15/02/2016 - 19:06 - Signaler un abus Ne nous trompons pas de combat...

    il s'agit de choisir celui qui à les meilleures chances de sortir cette gauche de parasites nuisibles et de mettre en œuvre le meilleur programme de redressement. Dezinguer les uns ou les autres ne sert à rien d'autre que de réjouir la Pravda-sphère, voire les Anita Hausser ou Christelle Bertrand !

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires "Femme députée, un homme comme les autres ?" (2014) et "Bruno Le Maire, l'Affranchi" (2015). 

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