Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 11 Décembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Arabie saoudite : mais qui soutient l'irrésistible et de plus en plus brutale ascension du jeune prince héritier ?

Mohammed Bin Salman, jeune prince héritier et nouvel homme fort de l'Arabie, poursuit son ascension, sur fond de répression de ses opposants.

Dessous des cartes

Publié le - Mis à jour le 29 Septembre 2017
Arabie saoudite : mais qui soutient l'irrésistible et de plus en plus brutale ascension du jeune prince héritier ?

Atlantico : Alors que les rumeurs d'abdication du roi Salman continuent d'être diffusées au sein du Royaume, l’ascension qui semble irrésistible de son jeune fils, Mohammed ben Salman se réalise sur fond de répression de ses potentiels opposants. Dans le cadre de cette succession « hors de convention », que sait-on des soutiens à Mohammed ben Salman? Le prince héritier dispose-t-il de soutiens étrangers dans cette phase de préparation à la prise de pouvoir?

David Rigoulet-Roze : Son premier soutien, et non des moindres, c'est d’abord et avant tout celui de son père, le roi Salman bin Salman bin[1]Abdulaziz Al Saoud, un des sept fils appartenant au surnommé « clan des sept » Chakik ou « frères germains » - soit à la fois de même père et de même mère.

De ce « clan des Sept » faisaient également partie « feu » le roi Fahd décédé en août 2005, ainsi que ceux qui ne furent que « princes héritiers » faute d’avoir pu accéder au trône, à savoir « feu » le prince Sultan décédé le 21 octobre 2011 et « feu » le prince Nayef décédé le 16 juin 2012 - enfantés par la princesse Hassa bint Ahmad Al Soudayri,6ème épouse et longtemps la favorite​ du roi fondateur Abdulaziz bin Abdul Rahman passé à la postérité sous le nom d’Ibn Saoud​[2]. Avec Salman bin Salman bin Abdulaziz Al Saoud, c’est donc encore un membre de ce « clan des sept », un temps lui-même « prince héritier » et qui accède au trône le 23 janvier 2015, à la fin de l’intermède royal non-Soudayri constitué par le règne de « feu » le roi Abdallah entre le 1er août 2005 et le 23 janvier 2015. Et c’est ce même Salman bin Abdulaziz Al Saoud, aujourd’hui âgé de 82 ans et que l’on dit très malade, et qui, dès son accession au trône a propulsé son fils préféré, le prince Salman bin Salman bin Abdulaziz Al Saoud - enfanté par l’une de ses cinq épouses Fahda bint Falah al Hitlayn al Ajmi -, sur le devant la scène dynastique[3]. Le soutien indéfectiblede son père lui a permis de concentrer un nombre important de pouvoir extrêmement variés, à la fois sécuritaires et économiques et de placer des « hommes-liges » pour assurer toujours davantage sa position.

Le jeune et très ambitieux prince Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al Saoud, trentenaire impatient, passe de manière parfois contradictoire pour suractif ou impatient, voire impulsif, selon ses laudateurs ou ses détracteurs. Nombre de critiques formulées à son encontre sont alimentées par le fait qu’il est parvenu à cumuler en un temps record plusieurs casquettes aux attributions parfois très éloignées, d’où son surnom ambigu de Mister everything. Dès l’avènement de son père le 23 janvier 2015, il était nommé ministre de la Défense, donc en charge des défis sécuritaires extérieurs, notamment vis-à-vis de l’Iran chiite - débouchant sur le lancement quelque peu aventureux de la guerre au Yémen -, en même temps que Président d’un Conseil des Affaires économiques et du Développement (CAED), tout en étant déjà chef du cabinet royal. Le 29 avril 2015, un décret royal propulsaitledit « MBS» à la fois « vice-Prince héritier » (VPH), devenant alors second en ligne dans la succession après la nomination simultanée du prince quinquagénaire Mohammed bin Nayef bin Abdulaziz Al Saoud, - le Mister Security du royaume très apprécié de la CIA, déjà ministre de l’Intérieur et président d’un Conseil des Affaires politiques et sécuritaires (CAPS) et par ailleurs cousin germain du premier - comme Prince héritier (PH)[4], en même temps que second vice-Premier ministre derrière le même « MBN »,de facto vice-Premier ministre en titre. Quelques jours plus tard, le 2 mai 2015, « MBS» devenait en outre, toujours par la grâce royale de son père, Président d’un tout nouveau « Conseil suprême » chargé de superviser les activités de la compagnie pétrolière publique Aramco SDABO.UL[5], la première compagnie pétrolière mondiale (dont les « réserves prouvées » sont estimées à quelque 270 milliards de barils, soit entre un quart et un cinquième du total mondial, représentant environ une décennie de production et un septennat d’exportation, mais aussi une capitalisation boursière potentielle à quelque 3.400 milliards de dollars, soit dix fois plus que celle d’Exxon-Mobil, deux fois plus que la capitalisation boursière d’Apple et d’Alphabet (maison-mère de Google et du fonds d’investissement Berkshire Hathaway de Warren Buffet réunis)[6].

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Marie-E - 27/09/2017 - 12:21 - Signaler un abus vivement

    le départ des ayatollahs qu'on retourne vers le peuple iranien .... car franchement la péninsule arabique n'est pas très bien peuplée depuis le départ des Hachémites et surtout depuis le Pacte de Quincy renouvelé à chaque fois ... Aucune confiance.

  • Par Liberte5 - 27/09/2017 - 23:03 - Signaler un abus Long à lire, mais instructif.

    A la fin je me dit: "quel sac de nœud". Un régime qui a propagé , grâce à l'argent du pétrole, le wahhabisme. Un cancer inoculé dans les démocraties occidentales. Il faudra bien s'en débarrasser sauf à en mourir.

  • Par kelenborn - 06/11/2017 - 13:25 - Signaler un abus Bon

    On arrête avant la fin car Mr Rigoulet pourrait distinguer l'essentiel de l'inessentiel mais enfin il aime se perdre dans les sables du désert. J'ai déjà écrit ici qu'un hypothèse optimiste mais pas irréaliste était que le terrorisme, Daesh, AlQaida étaient le chant du signe qui préfigurait la mort de l'islam en tant que religion rétrograde et violente. Le fait que tout cela puisse venir d'Arabie Saoudite, rentière du pétrole mais dont la richesse devient incompatible avec un ordre sociétal moyenâgeux n'étonnera pas! Ce n'est pas de Gaza et de ses pouilleux que viendra l'explosion! Enfin...si Allah prête longue vie au prince!

  • Par ISABLEUE - 06/11/2017 - 13:51 - Signaler un abus POSITIF

    il veut moderniser son pays et stopper la corruption. Il a du travail

  • Par FAY JM - 07/11/2017 - 08:29 - Signaler un abus ???....!!!

    Comment, dès les premières lignes indigestes, rendre quasi-incompréhensible la situation complexe d’un Orient compliqué. Comme disait le Général, aller vers cet Orient.. avec des idées simples. Visiblement il faudra repasser....

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

David Rigoulet-Roze

David Rigoulet-Roze est chercheur rattaché à l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques (L'Harmattan).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€