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Après quarante années de "toujours plus" de dépenses, la France est entrée dans une période de "toujours moins" de pouvoir d'achat

La nouvelle cascade d’impôts et de prélèvements déjà annoncés pour l’an prochain ne peut qu’accélérer le processus du déclin français.

Editorial

Publié le
Après quarante années de "toujours plus" de dépenses, la France est entrée dans une période de "toujours moins" de pouvoir d'achat

Le revenu français a diminué de 5% depuis 2007.

La France est entrée à son corps défendant dans une période de mutation profonde sans en avoir encore véritablement pris conscience. Pendant une quarantaine d’années, elle a vécu au rythme du "toujours plus" dénoncé par François de Closets avec une envolée des prestations et assistance en tous genres, une multiplication des gaspillages qui trouvaient un alibi grâce à la croissance. Lorsque celle-ci a commencé à s’atténuer et même à s’éclipser sous l’effet de la crise, les dépenses publiques ont continué de s’envoler sur la vitesse acquise. Alors qu’elles avaient été longtemps inférieures à la moyenne européenne, elles la dépassent aujourd’hui de neuf points.

Pour éviter la banqueroute, les gouvernements se sont lancés dans une politique sans précédent d’augmentation des impôts, de sorte que le revenu français a diminué de 5% depuis 2007 en tenant compte de l’augmentation de la population. Tout se passe comme si insidieusement, le pays était entré dans une période de "toujours moins" pour le pouvoir d’achat, la pire solution pour remettre le pays à flot puisqu’elle engendre la démotivation, la démobilisation, avec la nouvelle cascade d’impôts et de prélèvements déjà annoncés pour l’an prochain, qui ne peuvent qu’accélérer le processus du déclin.

Dans ce contexte, il y a quelque chose de pathétique à voir François Hollande s’arcbouter sur l’affirmation de l’inversion de la courbe du chômage avant la fin de l’année et annoncer le retour de la croissance, malgré les démentis cinglants que lui apportent aussi bien le FMI que l’OCDE, voire l’INSEE. Le chef de l’Etat estime qu’il suffit de gagner du temps pour que les choses se rétablissent grâce à l’aide que nous apportera le retour en forme de nos partenaires. Il balaie d’un revers de mains les réformes lancées dans toute l’Europe pour miser sur la restauration d’un monde qui existait avant la crise, alors qu’il faudrait remettre en cause le modèle français construit sur un système politico-réglementaire devenu archaïque.

Les entreprises ne cessent de se restructurer pour s’adapter. Le pouvoir multiplie les palabres et les colloques mais ne décide rien, car il s’enorgueillit de l’exception française pour continuer de donner des leçons à l’univers, avec une vision administrative de l’économie pour l’asservir à une politique dogmatique.

Pourtant, à l’heure de la mondialisation, il est impossible de rester seul contre tous. La France ne peut continuer à laisser le secteur social absorber le tiers du produit intérieur brut et les deux tiers des dépenses publiques alors que l’investissement est en berne. L’Etat au sens étroit du terme ne peut se contenter d’opérer des économies de bouts de chandelle. Il faudra tôt ou tard trancher dans le vif des dépenses des collectivités locales et de la sécurité sociale, sans attendre qu’un élément extérieur tel qu’une nouvelle crise financière internationale, toujours latente, ne vienne mettre le pays au pied du mur. Car la sanction serait infiniment plus douloureuse.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 19/07/2013 - 14:01 - Signaler un abus Oui, Garibal a raison, sauf sur un point!

    Ce système qui consiste a faire payer les générations futures et les con-tribuables français le système social Français bâti sur plus de quarante années de démagogie irresponsable, n'est pas une erreur de nos dirigeants successifs, mais une pyramide de Ponzi des dettes délibérément choisie par chacun des dirigeants qui nous ont gouvernés depuis 1974! Et ce qui est génial, dans une pyramide de Ponzi, c'est que les responsabilités se diluent au point qu'on ne pourra jamais incriminer les dirigeants successifs, qui rejettent la faute sur un système créé "avant eux", mais on ne peut revenir sur l'initiateur du système! On peut simplement pointer du doigt ceux qui profitent le plus hypocritement et sans vergogne de cette pyramide de Ponzi pour "s'enrichir" en électeurs et en strates nouvelles du mille-feuille administratif et social. Et là, Flamby et les socialo-ecolo-cocos sont des champions, se disputant seulement le domaine dans lequel ils pourront gaspiller le plus: L'Ecologie ou le social?...

  • Par Grwfsywash - 19/07/2013 - 14:51 - Signaler un abus Echec du bluff

    On ne soulignera jamais assez combien l'attitude du Président et les réformettes de ce gouvernement socialiste montrent l'absolu conservatisme de la Gauche française, la seule qui n'a toujours pas fait son aggiornamento. Vangog a aussi raison de pointer à la diffusion de l'irresponsabilité entre les successifs gouvernements car la Droite française a elle aussi de lourdes responsabilité dans la situation du pays, notamment pour avoir consenti à se fait "Syndicter" une collectivisation rampante d'inspiration marxiste de la société. Assez prévisible est le fait que les Français fassent reproche du résultat aux personnels politiques qui ont mené le pays vers ces impasses, peut-être pour mieux s'absoudre d'avoir porté ces gens là au pouvoir, pendant qu'ils menaient à crédit un train de vie certes agréable, mais dispendieux pour les générations suivantes.

  • Par lsga - 19/07/2013 - 15:19 - Signaler un abus Tout ça pour couvrir le fait que Hollande

    Tout ça pour couvrir le fait que Hollande est le premier président de l'Histoire française à diminuer les dépenses d'Etat, et que Sarkozy/fillon ont été ceux qui les ont le plus augmenté de toute l'Histoire de la Vème République.   Heureusement que ces deux là n'ont pas pu augmenter la TVA comme ils le souhaitaient, car sinon, en plus d'augmenter les dépenses de l'Etat, ils auraient baisser le pouvoir d'achat.

  • Par sanglier intrépide - 19/07/2013 - 15:28 - Signaler un abus Tarte à la crème

    La dette n'est pas à l'origine de la baisse du pouvoir d'achat. Les grandes surfaces font des marges de plus en plus choquantes sur les produits de première nécessité. La déréglementation du marché du travail a fait fondre les salaires. La constitution de monopoles privés a permis une pratique de prix abusive usuelle. La "vision administrative de l'économie" elle ne délocalise pas en Roumanie ou en Chine. On s'est prosternés devant l'UE et devant l'OMC et aujourd'hui on se plaint de ne pas pouvoir faire face à la concurrence des travailleurs, de la fiscalité et des produits étrangers. Les plus forcenés disent qu'il faut plus de mesures libérales. Et maintenant on va raboter les quelques soussous qu'on donne à Madame Michu pour lui permettre de vivre décemment son veuvage, on va augmenter les impôts de Tartempion qui s'use à gagner tant soit peu sa vie? Et tout ça pour "augmenter le pouvoir d'achat"? J'y crois!

  • Par la saucisse intello - 19/07/2013 - 16:23 - Signaler un abus à sanglier intrépide.....

    Vous n'êtes pas des Cévennes ? Ah bon, tant mieux pour vous ! Parce qu'ici, ça y est, on est prêts ! Le 15 août au lever du jour, on y va ! Bon, ceci dit, si les impôts servaient à préparer l'avenir, à investir, à innover, d'accord. Mais là ils servent à DEUX choses : Payer les interêts de la dette et SURTOUT maintenir et accroître les privilèges des élu(e)s. Ca veut dire qu'on est morts......et heureusement eux/elles avec nous !

  • Par lexxis - 19/07/2013 - 17:24 - Signaler un abus DEVINEZ DONC?

    A votre avis, quel est le seul pays européen qui risque prochainement de crever de son secteur public boulimique et de son assistanat social vorace, en instituant prioritaires d'une part tous ceux qui vivent d'une politique de dépense publique quasiment "no limit", d'autre part tous ceux qui ne contribuent pas ou presque aux charges du pays et qui pour cette raison en réclament toujours plus?

  • Par Gilles - 19/07/2013 - 17:59 - Signaler un abus Logique

    On récolte ce que l'on sème.

  • Par pithylion - 19/07/2013 - 19:36 - Signaler un abus Heu perso...

    .. quand je vais faire mes courses, je constate que les derniers qui claquent de la tune sont ceux qui ne bossent pas pour la gagner. On a décidément passé la ligne rouge. Les chômeurs ont besoin de jobs, alors laissons les créateurs faire le leur...

  • Par Anemone - 19/07/2013 - 19:58 - Signaler un abus Dans ce contexte, il y a quelque chose de pathétique à voir FH

    ..."s’arcbouter sur l’affirmation de l’inversion de la courbe du chômage avant la fin de l’année" . Il suffit de lire l'article du Figaro pour comprendre : il va y arriver...en manipulant les chiffrs. . Futé le type! . le problème est qu'en lisant le forum, on peut se rendre compte que nombre de lecteurs le croient et le défendent! . http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/07/19/09005-20130719ARTFIG00344-chomage-le-tour-de-passe-passe-de-francois-hollande.php . - Le chef de l'État, se base sur le nbre de chômeurs recensés à Pôle emploi en catégorie A . - les organisations internationales parlent, du seul taux de chômage qui prend en cpte la définition du Bureau international du travail (BIT) plus restrictive (Personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions: ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, durant une semaine de référence; être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours et avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.) Grâce aux emplois aidés, contrats d'avenir et de génération : il est bon : le chômage va baisser! Le filou!

  • Par lolot - 19/07/2013 - 19:59 - Signaler un abus c'est un refuge ici!!

    pithylion - vous avez un don, vous arrivez a reconnaitre une personne qui travaille d'une personne qui travaille pas...... je vous tire mon chapeau!!!! Ce qui est étonnant quand on lit certain commentaires qu'est que l'on a l'impression qu'en France, il y a 90% de la population active qui touchent l'argent des autre et 10 de personnes qui travaillent , et donc qui payent des impôts.. C''est bizarre, j'ai pas l'impression d'être le même pays.....

  • Par vangog - 19/07/2013 - 20:59 - Signaler un abus Y'a un peu de ça, lolot, y'a un peu de ça!

    En tout cas, vers les 10% qui travaillent, on s'en approche tous les jours avec Flamby, directeur du grand "camp les loisirs forcés"que va devenir la France, si cet incompétent n'est pas viré...

  • Par spqrxxi - 19/07/2013 - 21:18 - Signaler un abus 100% d'accord

    C'est malheureux mais les francais n'ont pas fini de souffrir.

  • Par pithylion - 19/07/2013 - 21:47 - Signaler un abus @lolot

    Allons lolot, votre remarque presque ironique participe à cette posture que plus personne ne supporte, celle des bien-pensants, "qui n'y touchent pas", et défendent le "vivre ensemble" ou la "justice sociale", autant de concepts creux qui résonnent dans l'indifférence de 90% des français qui vivent un quotidien bien plus terre à terre. J'en ai assez de voir mon pouvoir d'achat fondre comme un iceberg sous un trou d'ozone pour engraisser des "amortisseurs sociaux" tenus à bout de bras et d'impôts par une certaines classe politiques qui ne pense qu'a acheter ses voix. Bonne soirée.

  • Par Monsieur Durand - 19/07/2013 - 23:15 - Signaler un abus La fin d'un cycle...

    En ces périodes de disette budgétaire, l'Etat rôde, traque et rançonne le contribuable. On se croirait revenu à l'époque des bandits de grands chemins. Cette situation génère instabilité et inquiétude. Chaque matin, en allumant leur radio, les français appréhendent la taxe du jour ou autre contrainte. L'histoire nous a appris que les peuples qui ont peur de l'avenir prennent parfois de mauvaises décisions...

  • Par la saucisse intello - 20/07/2013 - 02:35 - Signaler un abus Et pendant qu'on s'amuse......

    A Trappes et à Compiègne il ne se passe RIEN.

  • Par Juanito - 20/07/2013 - 06:14 - Signaler un abus Toujours plus d'impots pour

    Toujours plus d'impots pour toujours plus d'assistannat afin de financer les parasites et les immigrés illégaux qui viennent squatter en Europe et vivre avec notre argent. tout en important la lèpre islamiste. N'oublions pas qu'une des raisons de la chute de l'Empire romain fut le matraquage fiscal des élites patriciennes qui fuirent Rome pour se réfugier dans les campagnes. Le fin du monde urbain, le début du Moyen-Age. L'histoire se répète...

  • Par legaulois - 20/07/2013 - 07:14 - Signaler un abus juanito tu as raison

    il nous restera que la rue pour nous exprimer le parlement ne représente que au mieux 50% des français vu que nous sommes le seul pays d'europe sans proportionnel dans les élections le grand gagnant c'est l'umps et voyant le résultat de trente ans d'alternance il n'y a pas de quoi pavoiser bientôt le croissant sur le bleu blanc rouge

  • Par mediaplayer - 20/07/2013 - 07:18 - Signaler un abus Resto du coeur pour beaucoup, "la grande bouffe" pour un autre..

    "Faites vous inviter à dîner par les journaleux", la crise y connaît pas !

  • Par Glop Glop - 20/07/2013 - 07:37 - Signaler un abus @ sanglier intrépide - 19/07/2013 - 15:28 (1/2)

    Je vais vous en livrer une parce qu'il semble que vous ne connaissez pas la grande distribution et la distribution en général, mois j'en viens, chacun sa partie n'est-ce pas. Les "bas de page" étaient négatifs d'un voire deux points, trois pour les plus audacieux ou plus mauvais gestionnaires selon le point de vue. Une entreprise endettée est une entreprise qui peut investir, c'est le paradoxe du sustème économique sur lequel repose nos économies occidentales, et par extension, pratiquement toutes les économies du monde. Les groupes ont des emprunts lourds quasi renouvelés année après année, ce qui permet de boucler les "colonnes", le tout sous une stratégie d'investissement. C'est en quelque sorte le principe du crédit permanent auxquel se soumettent les consommateurs, et soit dit en passant, de leur plein gré, personne ne va les chercher chez eux avec un fusil sur la tempe. Avant de parler des marges "choquantes" (selon vos termes). La grande distribution a bon dos mais elle s'est implantée là où la demande est survenue et non le contraire. Fermez les bouclars en tous genres et vous pourrez constater le désert d'approvisionnement autour de vous.

  • Par Glop Glop - 20/07/2013 - 07:49 - Signaler un abus @ @ sanglier intrépide - 19/07/2013 - 15:28 (2/2)

    Des exemples de surenchère? Les locations estivales, le prix du Vittel-menthe à Paris ou sur la côte, les boutiques de marque (cibles préférentielles: les ados et les mômes de à partir de cinq ans), les reventes immobilières (la sempiternelle complainte entendue quand on tend l'oreille "j'ai fait la culbute", en vérité ils revendent le bien en tenant compte des intérêts de l'emprunt et des impôts et autres frais de notaire, entretien et maintenance, pour établir un prix mais le bien n'a pas progressé pour la valeur annoncée, et puis parlons de la notion de propriété elle-même, l'arnaque absolue, mais le mieux est de faire les comptes de A à Z pour le comprendre - à moins de payer son bien cash ou en très très peu de temps, moins de dix ans pour une valeur de 300.000 Euros, il n'y a aucun gain réel pour l'ensemble des autres situations. La vérité de la catastrophe économique d'aujourd'hui, c'est le développement de l'emprunt pour tout et rien, et le plus souvent, pour rien au bout. L'Espagne a croulé par l'endettement comme tout le monde et c'est ainsi que tout et tous sont devenus otages des prêteurs: les banques. Aujourd'ui elles mènent les décisions de l'UE, pas les états.

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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