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Après la finance, le libre-échange : et François Hollande tenta de nous faire croire qu'il était devenu un opposant farouche au traité transatlantique

La posture de François Hollande contre la signature du TTIP se heurtera à la détermination d'Angela Merkel. Et comme pour bon nombre de sujets, la France finira par s'aligner sur l'Allemagne.

Paroles, paroles, paroles

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Après la finance, le libre-échange : et François Hollande tenta de nous faire croire qu'il était devenu un opposant farouche au traité transatlantique

Atlantico : François Hollande a refusé que le Traité transatlantique fasse partie des sujets abordés à l'occasion du G5 qui a eu lieu à Hanovre. Plusieurs de ses proches, dont Jean-Christophe Cambadélis, ont laissé entendre à cette occasion que la France pourrait refuser de signer un tel traité. Quelle crédibilité accorder à cette hypothèse ?

Eric Verhaeghe : La menace vaut son pesant de cacahuètes. Tout le monde sait en effet que Merkel et Obama jouent une partition à deux pour pousser l'Union européenne à signer rapidement le traité transatlantique.

Cet empressement est accru par la possibilité d'une victoire de Trump aux élections. Trump a d'ores et déjà annoncé qu'il remettrait en cause le libre-échange et les grands accords transcontinentaux. Les défenseurs du TAFTA peuvent donc se faire du souci sur l'avenir du traité dans l'hypothèse où il ne serait pas signé avant la fin de l'année, c'est-à-dire avant la fin du mandat d'Obama. Les grands coups de moulinet de François Hollande contre la signature se heurteront donc à la détermination allemande à signer. Quand on se souvient des innombrables ralliements de François Hollande aux positions de Merkel, après les mêmes coups de moulinet dans l'air, sur tous les sujets, on peut donc être rassurés : après quelques déclarations "don quichottesques", le gouvernement français se ralliera à la signature du traité. Bien entendu, on aura droit à quelques communiqués victorieux parce qu'une ou deux virgules auront changé de place, mais, sur le fond, rien ne changera et la France fera comme l'Allemagne lui dira de faire. 

Pendant sa campagne de 2012, François Hollande avait déclaré : "Mon ennemi, c'est la finance." Depuis, force est de constater que cette posture avait surtout pour objectif de lui assurer les suffrages d'une gauche antilibérale. François Hollande miserait-il sur une stratégie similaire en s'appuyant sur un très improbable refus de signer le TTIP ?

Probablement, à cette différence près que le traité devrait être adopté d'ici à la fin de l'année, c'est-à-dire avant la présidentielle. L'exercice sera donc assez difficile à gérer pour François Hollande, dans la mesure où il devra expliquer pourquoi il finit par signer ce traité après en avoir dit pis-que-pendre. Il devra donc apporter de sérieux arguments pour expliquer son refus de signer dans un premier temps, alors que la France ne s'est pas illustrée jusqu'ici par son farouche engagement contre ce traité. Dans l'hypothèse où il voudrait ensuite se rallier à la signature, le même travail d'explication devra être fourni, mais cette fois dans un sens inverse. Il n'est pas du tout assuré qu'une simple logique de posture dans ce dossier soit politiquement payante. Toute la difficulté est là. Penser que le jeu en vaille la chandelle relève probablement de l'erreur d'analyse. 

 
Commentaires

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  • Par Jean-Benoist - 26/04/2016 - 11:35 - Signaler un abus Se soumettre

    au bon vouloir de Merkel et de Obama?? C'est ce qu'il fait le mieux car il s'en fiche de l'avenir du pays et des citoyens, Il veut juste garder son poste de monarque

  • Par jurgio - 26/04/2016 - 15:29 - Signaler un abus Hollande, la feuille de platane au vent de l'Histoire

    celui qui embrasse ce qu'il a feint de haïr et hait ce qu'il a fait semblant d'adorer.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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