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Un an après le changement d'émir surprise, le Qatar a-t-il renoncé à jouer avec le feu (des djihadistes) ?

François Hollande reçoit à l’Élisée ce lundi 23 juin le jeune émir du Qatar, qui a succédé il y a un an à son père. Une année pendant laquelle l'actualité internationale a placé le pays sous le feu des projecteurs.

Double jeu

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Un an après le changement d'émir surprise, le Qatar a-t-il renoncé à jouer avec le feu (des djihadistes) ?

Le nouvel émir du Qatar, le sheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani. Crédit Reuters

Atlantico : François Hollande reçoit l'Emir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, qui a succédé à son père il y a un de cela, le 25 juin 2013. L'accession au pouvoir du jeune émir laissait présager une rupture relativement à la politique menée par son père. Quels ont été les grands changements impulsés par le nouvel émir ? La Qatar a-t-il rompu par exemple avec ses vieux démons notamment sur la question du soutien financier et militaire qu'il apportait à certains groupes salafistes ?

Nicolas Beau : Je pense que sur le plan intérieur et de l'évolution des libertés publiques et politiques, rien n'a changé par rapport au père.

De ce côté-là, le Qatar n'a pas connu son "Printemps". En revanche il y a eu des changements très sensibles en termes de politique étrangère notamment par rapport au dossier syrien où quelques passerelles ont été jetées avec le régime de Bachar el-Assad. Incontestablement les échecs subis par les Frères musulmans égyptiens et libyens, ou le Mujao au Mali, ont amené le Qatar a réduire considérablement la voilure en se faisant moins présent en matière de politique internationale. Ils sont revenus à leur pré carré traditionnel, et doivent affronter l'hiostilité de leurs frères ennemis du Gofle : l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis. Pour cela, ils doivent renforcer les alliances qu'ils ont pu tisser les années antérieures, notamment avec la France.

Sur le dossier syrien, le Qatar a notamment été accusé de jouer un double jeu. Qu'en est-il réellement ? Qu'est-ce que cette attitude révèle de la stratégie de l'émirat ?

Je crois que le Qatar a pris la mesure de la situation. El-Assad a résisté au soulèvement populaire. De plus, ils doivent se mettre en retrait du fait de la pression américaine. Le Qatar en dépend encore beaucoup ; son assurance-vie, c'est la base américaine présente dans le pays. Le Qatar ne peut donc pas se permettre de continuer à soutenir de façon voyante des mouvements djihadistes que son allié américain combat. Et quand le Qatar voit les échanges croissants entre les Etats-Unis et l'Iran – un autre adversaire du Qatar – l'émirat est obligé de changer son positionnement sur le dossier syrien. De manière général le Qatar a donc tendance à se faire plus modeste.

Par ailleurs, le nouvel émir a-t-il su faire preuve de plus d'indépendance que son père vis-à-vis des autres monarchies du Golfe ?

Je crois que malgré les apparences, le père de l'actuel cheikh Tamim était en guerre larvée avec les autres puissances du Golfe. Simplement, la situation internationale ayant changé, les frères ennemis du Golfe se sont ouvertement prononcés contre les intérêts du Qatar, profitant d'ailleurs de la faiblesse de l'émirat. On constate d'ailleurs que le grand prêcheur Al-Qardawi, très proche des Frères musulmans, a dû modérer ses prêches. Cela dénote bien d'une volonté du Qatar de la volonté de se faire plus modeste sur la scène internationale qu'il ne l'était jusque-là.

 
Commentaires

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  • Par assougoudrel - 23/06/2014 - 16:25 - Signaler un abus Et c'est pour cette raison qu'on

    ne parle pas de choses qui fâchent, comme les dizaines, voir les centaines de morts (de soif et par accidents) pendant les constructions de stades pour le mondial de foot de 2022. Droits de L'homme et autres bien-pensant, aux abonnés absents. Le gros méchant loup c'est Poutine.

  • Par ISABLEUE - 24/06/2014 - 17:01 - Signaler un abus Exact

    les travailleurs étrangers, attirés juste pour les constructions des stades car on ne travaille pas en robe blanche, on va se salir, - où en est-on ?? On ne parle plus des accidents, des gens obligés de travailler sans boire ni manger pendant des heures en plein soleil ?? Barbaritude

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Nicolas Beau

Nicolas Beau est le fondateur du site Bakchich.info. Ancien journaliste au Canard Enchaîné, il est notamment l'auteur, avec Catherine Graciet, de La régente de Carthage : main basse sur la Tunisie (La Découverte, 2009). Il est actuellement à la tête du site d'informations mondafrique.com

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