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Gilles Kepel : "Après les attentats de novembre, les musulmans se sont identifiés aux "apostats" que Daech voulait attaquer"

Pour l'auteur de Terreur dans l'hexagone, l'Etat islamique n'a pas réussi à atteindre son objectif de créer une guerre civile avec les attentats perpétrés en 2015 contre la France. La réaction politique en revanche n'est pas à la hauteur du défi culturel représenté par le salafisme.

100 jours après

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Gilles Kepel : "Après les attentats de novembre, les musulmans se sont identifiés aux "apostats" que Daech voulait attaquer"

Atlantico : Cela fait 100 jours que les djihadistes ont frappé Paris. Vous écrivez que les attentats ont été commis par des enfants des quartiers populaires, issus de l'immigration. Comment ces populations au sens large ont-elles réagi aux attentats ?

Gilles Kepel : Les réactions qui ont été observées après les attentats du mois de janvier ont été très différentes de celles du mois de novembre.

En janvier, les attentats répondaient du mode opératoire imaginé par le Syrien Abu Musab al-Suri. Ce dernier avait publié sur Internet un appel à la résistance islamique globale en 2005, où il recommandait de faire de l’Europe, ventre mou de l’Occident, la cible principale du djihadisme, et de cibler particulièrement les "islamophobes", les "apostats" et les "juifs" pour créer une situation de guerre civile. La réaction de la population française a été très digne, avec une manifestation d’ampleur. Nous n’avons pas eu à déplorer de pogroms ou autre ratonnade.

Pour autant, les réactions ont été clivées, et en face du slogan "Je suis Charlie", il y a aussi eu des "Je suis Charlie Coulibaly" (Dieudonné) et des "Je suis Charlie Martel" (Jean-Marie Le Pen).

Suite aux attentats du mois de novembre en revanche, les terroristes n’ont bénéficié d’aucun soutien au sein de la population française car le communiqué de revendication, qui appelait à lutter contre Paris, "capitale de la dépravation", prouvait que c’était la société française dans toutes ses composantes, y compris les musulmans dont pourtant Daech voudrait recruter des sympathisants, qui avait été attaquée. Ces derniers, qui ont compté des victimes dans ces attentats, se sont identifiés aux "apostats" que Daech voulait attaquer. Je crois que c’est une faute politique de la part de l’organisation terroriste car le djihadisme a sa propre économie : s’il faut à la fois terroriser l’adversaire, le sidérer, il faut aussi mobiliser les sympathisants pour faire basculer cette "avant-garde djihadiste". Je doute que cela puisse se produire.

Cela fait longtemps que vous avez lancé l'alerte quant à la troisième vague du jihad. De quoi s'agit-il concrètement ?

Il y a eu trois grandes phases du djihadisme. La première s’étend de 1979, de l’invasion soviétique en Afghanistan, à 1997. Lorsque l’armée rouge s’en va en 1989, les djihadistes étrangers retournent chez eux également et essayent de dupliquer le djihad. C’est notamment le cas en Algérie entre 1992 et 1997. Et si au départ il y a une grande sympathie de la part de la population, ce sentiment s’estompe à mesure que ces groupes se radicalisent et qualifient "d’apostats" tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Finalement, la société algérienne rejette le GIA après les massacres de 1997. Et c’est très important car je pense qu’il y a là une anticipation de ce que nous allons avoir aujourd’hui de la part des populations musulmanes.

La deuxième phase se caractérise par Ben Laden qui se demande pourquoi la première n’a pas fonctionné. Ce dernier considère que cela est dû à la peur qu’ont les musulmans des Etats-Unis, soutien puissant des régimes "apostats" des pays musulmans. Ben Laden décide donc de lutter contre cet "ennemi lointain", avec les attaques des tours jumelles à New York et de Washington de 2001. Mais la mobilisation ne marche pas non plus.

En 2005, un ingénieur syrien du nom d’Abu Musab al-Suri lance la troisième phase. Formé en France, époux d’une Espagnole et résident britannique, il connaît bien l’Europe, analyse l’échec de Ben Laden et lance un djihadisme par réseau, qui fait de l’Europe son objectif principal et pousse des jeunes musulmans européens non-intégrés à tuer des "islamophobes", des "apostats" et des "juifs" pour créer une situation de guerre civile, en misant sur les réactions attendues de la part des sociétés européennes. Cette phase-là est celle dans laquelle nous nous trouvons en France depuis Mohammed Merah en 2012 avec l’assassinat des enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, et bien sûr les attentats de 2015.

>>> Lire aussi : Pourquoi l'Etat islamique n'est pas dans une fuite en avant désordonnée mais dans une stratégie extrêmement pensée de déclenchement d'une guerre civile en Europe

 

Selon Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam, certains de ces individus inspirés par cette troisième vague du terrorisme djihadiste, seraient en recherche de radicalité. Qu’en pensez-vous ? Si l’Etat islamique venait à s’effondrer, vers quoi ces jeunes pourraient-ils se retourner ?

Selon moi, cette thèse méconnait la force de la propagande salafiste qui fournit aujourd’hui un logiciel complètement différent de celui des Brigade rouges, et méconnait aussi l’histoire de l’islam en France, du passage des Darons aux Frères musulmans et enfin au salafisme. Bien sûr, il existe des conduites en marge de la société, mais il ne s’agit pas de la même sociologie ni de la même idéologie.

La radicalité, c’est le nom que l’on donne à l’incapacité à analyser le phénomène. Aujourd’hui, ce n’est pas la radicalisation mais une rupture culturelle avec les valeurs des sociétés européennes au nom d’une conception ultra rigoriste du religieux, elle-même objet de conflit entre musulmans, que l’on observe.

Selon vous la réaction politique qui a suivi les attentats de 2015 correspond-elle au diagnostic que vous avez établi ? Est-elle à la hauteur ?

Elle n’est pas à la hauteur car elle gobe ces théories bidons de radicalité et ne comprend pas l’ampleur du défi culturel représenté par le salafisme. Quand on nous annonce que nous sommes en guerre contre Daech, c’est faux. Daech est en guerre contre nous, avec des capacités très limitées.

Il faut repenser notre police et nos services de renseignement qui ont raté la révolution culturelle du djihadisme de troisième génération. Leur vision hiérarchique et pyramidale du monde était très bien adaptée à Ben Laden. Mais ce qui n’a pas été compris en 2005, c’est que quelques semaines après l’appel à la résistance islamique mondiale, les réseaux sociaux vont offrir un mode de diffusion extraordinaire de ces concepts, de cette idéologie par le bas et donc sans passer par un chef qui planifierait, payerait les billets d’avion et les cours de pilotage.

Il faut aussi s’interroger sur la raison pour laquelle nous avons un terreau particulièrement favorable au djihadisme, que ce soit pour des raisons d’inclusion sociale comme le soulignait Emmanuel Macron, ou parce que le ressac rétro colonial n’a pas été mis à plat. Enfin, il faut penser au défi culturel posé par le salafisme, et par le djihadisme lorsqu’il y a passage à l’acte.

Malheureusement, nos élites n’y comprennent pas grand-chose, on le voit du reste avec le projet de loi sur la déchéance de nationalité pour les binationaux qui place les populations concernées entre l’enclume de Daech qui les qualifie d’ "apostats" et le Gouvernement qui considère qu’il y a deux catégories de Français.

 
Commentaires

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  • Par RODIER - 21/02/2016 - 10:32 - Signaler un abus A/S DAECH ET AL-QAIDA

    Monsieur le professeur, je lis toujours avec beaucoup d'attention vos interventions que je trouve très justes. Mais je me pose quelques questions. 1/ Abu Musab al Suri (Setmariam Nazar) que je suis dans mes études (cf2r.org) depuis des années a été reçu "5/5" également par Al-Qaida. De forts soupçons pèsent sur lui pour les attentats de Madrid de 2004. Al-Qaida est derrière l'attentat dirigé contre CHARLIE HEBDO via sa branche yéménite (AQPA) et reste très puissant au Sahel et en Syrie via ses filiales (AQMI & le Front al-Nosra). Ne pensez-vous pas que l'on a tendance à sous-estimer la "nébuleuse". Point de détail, je n'ai jamais trouvé l'origine de la rumeur disant qu'Al-Suri avait étudié en France. 23/ Al-Qaida sait se faire discret en infiltrant des mouvements qui n'ont pas fait officiellement allégeance. L'exemple d'Ahrar al-Sham est parlant. 2/ Si les volontaires étrangers, particulièrement européens, n'ont qu'une connaissance très limitée de l'Islam, ce n'est pas le cas de la choura de DAECH qui connaît parfaitement les textes sacrés. Preuve en est les nombreuses références citées dans sa propagande. Je ne relève qu'une erreur : l'emploi des enfants dans le djihad. A.Rodier

  • Par Outre-Vosges - 21/02/2016 - 12:07 - Signaler un abus Du politiquement correct le plus pur

    Résumons en six mots ce que nous dit monsieur Keppel : « Pas d’amalgame ! pas d’amalgame ! »

  • Par Frangipanier123Paris - 21/02/2016 - 13:10 - Signaler un abus Pauvre M. Kepel !

    Compte tenu des milliers d'heures que vous avez investies dans l'étude de l'islam et des musulmans, je vous trouve bien naïf (... ou bien fort en taqqyah ?). Les Français ont en effet un mal énorme à imaginer que les musulmans de France se placent majoritairement du côté des victimes. La preuve ? Les appels répétés de la population française "de souche" (souvent relayée par des imams "de bonne foi" - si, si, ça existe, il doit bien y en avoir une dizaine en France !!!) n'ont jamais été entendus ni suivis d'effet. Comme l'immense majorité de mes concitoyens patriotes, je suis convaincu que la grosse majorité des "musulmans dits modérés" sont soit des admirateurs des islamistes fondamentalistes, soit de futurs islamistes fondamentalistes (quand la proportion muzz/non muzz aura basculé = sera devenue supérieure à 0,9), soit des poltrons ...

  • Par clint - 21/02/2016 - 15:41 - Signaler un abus L'augmentation de musulmans en France est inexorable !

    Même si l'on devait (surtout pouvait) stopper l'immigration les taux de natalité sont tels que la France aura sur son sol de plus en plus de français musulmans. Or notre pays qui est celui d'Europe où les musulmans sont les plus nombreux génère forcément un appel d'air. Nous, nous ne sommes pas du tout prêts à imposer notre culture religieuse d'autant plus qu'elle n'existe pratiquement plus. Espérons qu'il n'y aura pas de guerres civiles ! Je comprends que des jeunes veuillent quitter le pays : si j'avais 20 ans j'essaierais moi-même de partir.

  • Par Lafayette 68 - 21/02/2016 - 17:46 - Signaler un abus Fausse naiveté ?

    Gilles Kepel connait sûrement très bien la situation mais le courage de dire la vérité en France ,c'est très dur : voir Kamel Daoud... Comme Clint , je partirai si j'avais 20 ans .

  • Par Marie-E - 21/02/2016 - 19:32 - Signaler un abus et bien j' ai 61 ans

    et cette année j'espère m'en aller car la situation devient incontrôlable dans tous les domaines

  • Par cloette - 21/02/2016 - 19:47 - Signaler un abus ce n'est pas que la France

    c'est toute l'Europe qui changera de visage . dans quelques décennies .

  • Par Mike Desmots - 21/02/2016 - 21:15 - Signaler un abus Voilà ce qui arrive 50 ans après ...

    lorsque l'on décolonise des peuples ...trop vite et trop tôt...!

  • Par vangog - 21/02/2016 - 22:20 - Signaler un abus "Un terreau particulièrement favorable au jihadisme...

    parceque le ressac rétro-colonial n'a pas été mis à plat". On croit rêver quand on lit ces inepties post-soixante-huitardes, qui décridibilisent un article, par ailleurs, intéressant, quoiqu'il ne casse pas trois pattes à un canard...Kepel semble imbibé de pensée unique gauchiste, repentante et privilégiant toujours l'étranger, si possible coloré, sur le Français blanc-de-peau...Plusieurs "oublis", par angélisme gauchiste! Il méconnait totalement la taqqyia, fort utilement rappelée par les intervenants précédents, et il oublie que la décolonisation est finie depuis longtemps, et que son "ressac" n'a jamais servi à justifier aucun attentat, depuis...autre oubli: les UMPS ont importé six millions de musulmans, avec les 2ème et 3ème générations, les moins musulmanes, mais les plus nihilistes. Ce nihilisme, rapporté par les témoins revenus du jihad, qui touche plus les musulmans français partis jihader que les autres, devrait faire l'objet d'une analyse...

  • Par Monteynard - 22/02/2016 - 09:14 - Signaler un abus Ressac "retro-colonial" ou "occidentalisme"

    Bonjour M Kepel, Votre connaissance fine du monde arabe et de l'islamisme est précieuse et utile. Mais alors que vous souligniez avec justesse ,l'enflure et la démesure de la mise en scène par les gouvernements d'Alger,du ressentiment algérien contre la France ,sur France Culture lors d'une matinale par exemple,citant entre autre exemple le musée de la guerre d'indépendance à Alger ,au mémorial de cette guerre,dans lequel les violences de l'armée française apparaissent comme gigantesques par rapport à celles des waffen SS. Mais tout cela ne participe-t-il pas de ce qu'il faut bien davantage nommer "Occidentalisme" ,terme utilisé par les auteurs :Ian Buruma et Avishai Margalit,cad ce courant idéologique inventé par des européens contre leurs propres cultures et société,cultures et sociétés accusées des pires maux,à l'exclusion des cultures et sociétés non-européennes parées elles, de toutes les vertus en une figuration nouvelle du mythe du bon sauvage ?Ces appréciations étant depuis recyclée par les forces hostiles du reste du monde. http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=26595&levelCode=home

  • Par zouk - 22/02/2016 - 09:30 - Signaler un abus Gilles Kepel

    Encore une chronique très claire de G.K. Saurons nous décrypter les motivations de ce que nous croyons définir par "radicalisation"? Et il serait plus que temps de faire comprendre la réalité de la guerre d'Algérie, complaisament déformée par Bouteflika et les résidus du FLN. C'est tellement facile de nous accuser de tous les crimes. Souvenons nous: qui a exterminé toute la population de Melouza? Hommes, femmes, vieillards, enfants compris? Qui a fait exploser une bombe à un arrêt de bus proche de la Casbah d'Alger tuant une douzaine de musulmanes qui devaient se rendre à leur travail? Certes, il y eut des abus de la part de notre armée, rien qui puisse se comparer même de très loin aux exactions de la SS ou du Front Islamique du Salut (FIS) qui a ravagé l'Algérie dans les années 1990.

  • Par zouk - 22/02/2016 - 09:30 - Signaler un abus Gilles Kepel

    Encore une chronique très claire de G.K. Saurons nous décrypter les motivations de ce que nous croyons définir par "radicalisation"? Et il serait plus que temps de faire comprendre la réalité de la guerre d'Algérie, complaisament déformée par Bouteflika et les résidus du FLN. C'est tellement facile de nous accuser de tous les crimes. Souvenons nous: qui a exterminé toute la population de Melouza? Hommes, femmes, vieillards, enfants compris? Qui a fait exploser une bombe à un arrêt de bus proche de la Casbah d'Alger tuant une douzaine de musulmanes qui devaient se rendre à leur travail? Certes, il y eut des abus de la part de notre armée, rien qui puisse se comparer même de très loin aux exactions de la SS ou du Front Islamique du Salut (FIS) qui a ravagé l'Algérie dans les années 1990.

  • Par jurgio - 22/02/2016 - 12:31 - Signaler un abus Soiumission mais dissimulation

    Comment peut-on autrement appeler un Mahométan ?

  • Par Fondation pour l'innovation politique - 22/02/2016 - 16:19 - Signaler un abus Valeurs d'islam, une série éclairante

    La Fondation pour l'innovation politique vous recommande la lecture de la série "Valeurs d'islam" (http://www.fondapol.org/debats/valeurs-dislam-la-nouvelle-serie-detudes-de-la-fondation-pour-linnovation-politique/)

  • Par Lafayette 68 - 22/02/2016 - 16:40 - Signaler un abus @Fondation pour l'innovation politique

    Merci mais même si je ne doute pas que c'est une série éclairante pour certains, j'ai pour ma part mené une réflexion suffisamment profonde sur ce sujet pour ne pas tomber dans la naïveté ou la béatitude qui peuvent conduire dans le déni de réalité.

  • Par Texas - 22/02/2016 - 19:14 - Signaler un abus Pour moi..

    ....Mr Kepel a perdu toute crédibilité , en annonçant un peu avant les attentats du 11 Septembre sur le World Trade Center , que nous entrions dans une ère Post-Islamiste . Mr le Directeur de Recherches , cela fait déjà 15 ans que les faits vous donnent tort . Merci de ne pas reîtérer la même erreur , en minimisant ( de nouveau ) ce qui se profile .

  • Par jurgio - 22/02/2016 - 19:16 - Signaler un abus On croit encore que l'Islam va se soumettre à la laïcité !

    Cette laïcité est un concept typiquement"république française" qui ne tient déjà plus debout. On commence de batailler pour la maintenir et elle apparaît de plus en plus comme un combat perdu d'avance. À moins d'en faire une religion ? À l'instar du mahométisme... En quelque sorte, une soumission à la laïcité...Car comment définir aujourd'hui une religion ? Qu'est-ce que la laïcité, si elle n'est pas l'interdiction de toute (autre) religion ? En France, il y avait une culture dominante, c'est tout.

  • Par Monteynard - 23/02/2016 - 08:23 - Signaler un abus Gilles Kepel et la rumeur

    @Texas, Bonjour, Vous êtes influencé par une rumeur qui s'est installée depuis une douzaine d'années,rumeur qui attribue à G Kepel une analyse et un jugement qui n'était pas le sien.Il n'a PAS affirmé que l'on en avait fini avec l'islamisme.Voici les dernières lignes de "Jihad"(expansion et déclin de l'islamisme):"Si ces élites se contentent de tirer un profit immédiat et égoïste de la décrue actuelle de l'islamisme,sans s'engager dans la réforme,le monde musulman sera confronté,à court terme,à de nouvelles explosions,que leur langage soit islamiste,ethnique,racial,confessionnel ou populiste.Les dirigeants de cet univers se trouvent,plus que jamais,face à leurs responsabilités,dans une conjoncture politique qui ne leur est pas défavorable.Il leur faut agir avec célérité.Des choix qu'ils feront dépendra que flotte à nouveau,sous quelque forme,l'étendard du jihad qui s'est déployé pendant ce dernier quart de siècle,ou que les peuples musulmans frayent eux-mêmes leur voie propre vers la démocratie." Texte imprimé le 20 septembre 2001 ,donc avec un bon à tirer d'avant le 11 septembre 2001,.. Contrairement à d'autres spécialistes G Kepel n'a pas produit des jugements à l'emporte pièce.

  • Par Monteynard - 23/02/2016 - 08:25 - Signaler un abus Gilles Kepel et la rumeur (2)

    C'est une appréciation médiatique hâtive,ayant pris le sous titre du texte de manière approximative qui a donné naissance à cette légende.

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Gilles Kepel

Gilles Kepel est politologue, spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain. Il est professeur à l'Institut d'études politiques de Paris et membre de l'Institut universitaire de France.

Il est l'auteur de Passion arabe : Journal 2011-2013, qui a reçu le Prix Pétrarque du meilleur essai de l'année, décerné par France Culture et le journal Le Monde. Plus récemment, Gilles Kepel a publié Terreur dans l'hexagone : Genèse du djihad français aux éditions Gallimard.

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