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Allons-nous tout droit vers une nouvelle crise financière ?

Le risque d'une nouveau chaos financier inquiète une communauté de plus en plus grande d'économistes. De façon très inquiétante, de nombreux paramètres visibles font penser à la précédente crise financière.

Jeu (angoissant) des ressemblances

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Allons-nous tout droit vers une nouvelle crise financière ?

C’est une question qui émerge de plus en plus dans la communauté internationale des économistes, des patrons d’entreprise et des cabinets de conseil. Malheureusement je ne serais pas très optimiste, mais je reste convaincu qu’il faut d’abord faire confiance en l’individu. Bref, pour cela je vais rappeler les trois temps de la crise financière de 2008-2010, puis identifier ce qu’il y a de commun avec celle qui pourrait émerger maintenant. 

La crise financière de 2008-2010

Les trois temps de la crise financière de 2008-2010 sont maintenant bien connus. 

Une première phase où la genèse de la crise se forme : 

(1) Il s’agit de la période 2001-2006 dans laquelle, l’explosion de la bulle internet associée aux attentats du 11 septembre 2001, la guerre en Irak et la stagnation des salaires ont entrainé une première amorce de crise économique de 2001 à 2003.

La FED décide alors de baisser considérablement ses taux directeurs (de 7% en 20à 1%) ce qui crée une abondance de liquidité et un très faible coût de l’argent, donc des conditions de crédit très souples. C’est aussi la situation que nous connaissons aujourd’hui. Les ménages s’endettent à la consommation et à l’immobilier. La consommation est stimulée, les résultats des entreprises aussi. Il y a création d’emploi et augmentation de la valeur des biens immobiliers. En parallèle à cela, tout un arsenal de produits dérivés se développe pour prévenir le risque de défaut des ménages et des entreprises, le plus connu étant la titrisation… 

(2) La machine a commencé à se gripper dans les années 2006-2007 : les ménages sont très endettés et le déficit commercial américains est colossale. Comme l’économie s’emballe, la FED décide une hausse des taux directeurs (de 1% en 2005 à 3,75% en 2007). Les crédits étant octroyés principalement à taux variable, les ménages du subprime commencent à faire défaut. On assiste à la fois à une hausse des saisies immobilières ainsi qu’à une raréfaction du crédit. La valeur de l’immobilier chute, il y a crise de liquidité avec effondrement de la valeur des produits dérivés. 

(3) La contagion ou l’extension de la crise, en 2008-2010 provient d’un gel du financement lié à la raréfaction du refinancement puisque peu à peu les banques entre elles ne se prêtent plus car elles ne se font plus confiance. Associés à la dépréciation des actifs et du patrimoine, les banques américaines commencent à faire défaut, c’est la période des faillites bancaires, et la crise d’abord de l’immobilier s’étend à la sphère financière, avec la chute des valeurs de bourse. Les Etats tentent d’éteindre l’incendie, mais la crise de confiance des marchés interbancaires provoque la crise de confiance des ménages surendettés. Il y a panique et chute de la consommation, destruction d’emplois puisque les entreprises vont se retrouver en difficulté, ce qui va accroître les faillites d’entreprises, la récession et la dépression. Ainsi la crise financière s’est transmise à la sphère réelle. C’est la période 2018-2019. 

 
Commentaires

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  • Par tubixray - 23/02/2016 - 13:48 - Signaler un abus Sacrés banquiers US

    B. Obama n'a rien pu faire contre eux, il a été phagocyté par tous les ex du monde de la finance qui l'entourent, l'Europe ne vaut guère mieux .... espérons que nos comptes bancaires seront préservés cette fois encore .... qui a entendu parler du fond de garantie des dépôts, voyez ce qui s''est produit à Chypre en 2013....

  • Par Anguerrand - 23/02/2016 - 21:57 - Signaler un abus A tubixray

    Les USA ont effectivement declanché la crise de 2008/2009. Mais cette crise aurait de toute façon explosé et souvenez vous de la situation des banques françaises, elles etaient aussi en situation de dépôt de bilan. Sans les prêts dû gouvernements nous aurions tous été ruinés, particuliers comme entreprises. Une nouvelle crise n'est pas exclue, si cette crise sera plus difficile à gérer car la note de la France a baissée et que nous avons emprunter pres de 1.000 milliard de plus depuis 2009.

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Pascal de Lima

Pascal de Lima est un économiste de l'innovation et enseignant à Sciences-po.  Après 16 années dans les milieux du conseil en management et systèmes d'information (Ernst & Young, Cap Gemini...), il fonde Economic Cell, laboratoire d'observation des innovations et des marchés. Son travail consiste à réfléchir sur les modèles économiques et principalement des Start-ups.  
 
Conseiller de nombreuses entreprises, associations d'entrepreneurs, et collectivités locales. Il a écrit de très nombreux livres pour compte d'auteurs. Diplomé en Sciences-économiques de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (PhD), il y dispense actuellement des cours d'économie en première année, en seconde année, en Master 2 et dans la formation continue. Il a enseigné l'Economie dans la plupart des Grandes Ecoles françaises (HEC, ESSEC, Sup de Co, Ecoles d'ingénieur et PREPA...).

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