Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 22 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Allo Angela, ici Paris : la zone euro ne pourra pas se passer plus longtemps d'un pilote aux commandes de sa gouvernance économique

Après le Brexit, les dirigeants européens sont confrontés à « l’ardente obligation » de crédibiliser l’Europe, tout particulièrement en consolidant le pilier faible de l’euro : la gouvernance économique.

SOS Europe en danger

Publié le
Allo Angela, ici Paris :  la zone euro ne pourra pas se passer plus longtemps d'un pilote aux commandes de sa gouvernance économique

Le Président Macron a raison de fixer l’objectif d’un budget contrôlé par un Parlement de la zone euro. Cet achèvement de l’euro ne sera cependant réalisable qu’à moyen terme, avec un changement des traités. Pour l’heure, il s’agit de préparer la voie en assurant la convergence des économies nationales sous l’impulsion d’une gouvernance économique renforcée. Celle-ci doit être, dès maintenant, pilotée par un Ministre des finances. Nécessaire pour la survie de l’euro, ce pas doit être franchi au plus vite par le Conseil européen.  

Depuis la faillite grecque de 2010, les responsables de la zone euro ont réalisé un intense travail de réforme de l'Union économique et monétaire.

Si l'Union bancaire est une réussite, la gouvernance économique réformée ne parvient ni à stimuler la croissance ni à conduire la nécessaire convergence des économies nationales. Depuis le rapport des cinq Présidents, en juin 2015, pour l’achèvement de l’euro, le Conseil européen renvoie le sujet d’une réunion à l’autre. Le récent Livre blanc de la Commission, en mars 2017, sur le futur de l’Europe se lit comme un report de fait du calendrier de la réforme. Pourtant, la viabilité de l’euro implique aujourd’hui qu’un responsable soit placé à la tête de la gouvernance économique pour atteindre les objectifs mentionnés.  

La modeste reprise de 2015 et de 2016 n’efface pas la décennie perdue pour la zone euro. Tandis que l'économie des États-Unis dépassait de 10 points en 2015 son niveau

d'avant la crise, la production de la zone euro venait tout juste de le rejoindre, avec un taux de chômage de 11% (contre 5,3 % outre-Atlantique), tout en montrant de fortes disparités : l’Allemagne et ses satellites ont un bon rattrapage de production, un chômage faible et des comptes publics en ordre, avec des excédents extérieurs considérables. À l’opposé, les pays du Sud combinent un fort recul de leur production avec des taux de chômage très élevés et des finances publiques dégradées. Dans la moyenne, tant pour la production que pour le chômage, la France connaît un lourd déficit budgétaire, avec un décrochage patent de sa compétitivité.  Trois causes sont à l’origine de la stagnation économique de la zone euro : l’attentisme dans la purge des bilans bancaires (menée en 2014, soit cinq ans après celle des États-Unis) ; - le recul de l'investissement, qui pèse sur la croissance potentielle ; - les défauts de la gouvernance économique, conduisant à des politiques pro-cycliques et à une situation de forte disparité entre pays.  Réorganisée de 2011 à 2013, cette gouvernance s’inscrit dans le Semestre européen, qui inclut la discipline budgétaire, dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) rénové, et la surveillance économique, selon la nouvelle Procédure de déséquilibres macro-économiques (PDM). Le "Rapport des cinq Présidents" veut poursuivre la réforme globale de l'UEM à l’horizon de 2025,  mais ne répond assez pas aux failles actuelles de la gouvernance.  

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Deneziere - 02/06/2017 - 22:23 - Signaler un abus Et le lien entre l'économie et la finance, on fait comment ?

    Faisons simpliste. Dans un pays normal, le ministre de l'économie a un programme et le ministre des finances lui donne les moyens de le réaliser, au besoin en s'appuyant sur la monnaie. L'impression laissée par l'article est que l'on pond une gestion budgétaire dions... hmmmm.... "alambiquée" pour faire oublier une gestion monétaire opaque et inefficiente. Comme dit H16, forcément, ça va bien se passer...

  • Par vangog - 02/06/2017 - 23:29 - Signaler un abus On pourrait résumer la pensée mal éclairée de ce docteur par...

    "De l'Euro à la croissance, en passant par la convergence (fortement divergente entre sudistes et nordistes, il ose l'avouer...), nous avons tout raté, alors...remettons-en une couche et allons encore plus loin! Et ce plus loin signifie la dictature europeiste, car, sans contrôle démocratique du peuple (Ooooooh, populiste!), cette fameuse "gouvernance économique" ressemble à s'y méprendre au gosplan socialo-soviétique de planification de l'économie...avec les mêmes effets desastreux à la clef! Quand ces faux docteurs de Molière comprendront-ils que l'économie ne se "gouverne" pas, mais que le rôle des gouvernements doit se borner à fournir un cadre favorable à leur épanouissement équilibré, soit tout l'inverse de ce que pratique l'UE depuis vingt ans! ce fameux docteur réclame plus d'interventionnisme de l'europriupe, a la vieille mode gauchiste, alors qu'il faudrait moins d'interventionnisme, moins de normes et de directives débiles, moins de mauvaise politique faite par des tocards comme Mosco-le-vicieux, papa Schultz, ou la bécasse Moguerrini...

  • Par Gordion - 03/06/2017 - 03:23 - Signaler un abus Les causes de la stagnation économique de la zone euro...

    ...sont également la politique erratique de la BCE qui par deux fois a augmenté ses taux d'intérêt suite à des erreurs de diagnostic sur la "hausse de l'inflation présumée". Mais surtout, les statuts de la BCE qui ont joyeusement oublié de mentionner la croissance et le plein emploi... Les raisons sont parfaitement identifiées, demandez à l'Allemagne.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Dominique Perrut

Dominique Perrut est docteur en sciences économiques (Paris-1), chercheur et consultant dans le secteur financier à Paris. Egalement l’auteur de communications, articles et ouvrages portant sur les intermédiaires financiers, la régulation et l’Europe financière (L’Europe financière et monétaire, Nathan ; Le système monétaire et financier français, Seuil, coll. Points).

Professeur associé des universités, il enseigne l’économie européenne en France et en Europe (1992-2012). Il participe aux travaux de plusieurs Think Tanks et ONG européens.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€