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Alerte sur les marchés : les Français face aux injonctions contradictoires du gouvernement en matière de placements

En raison de la baisse actuelle des cours boursiers, les investisseurs pourraient être amenés à voguer vers des terres plus sereines, notamment l’immobilier, une valeur refuge depuis des années.

Prudence requise

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Alerte sur les marchés : les Français face aux injonctions contradictoires du gouvernement en matière de placements

Atlantico : Alors qu'un vent de froid frappe les places boursières mondiales, conduisant à la chute des marchés actions, une poursuite du phénomène pourrait pousser les investisseurs à choisir des actifs d'une nature plus "sécurisante" comme l'immobilier. Paradoxalement, alors que le gouvernement a mis en France l'IFI (Impôts sur la fortune immobilière), les investisseurs pourraient être ainsi contraints pas des injonctions paradoxales. Dans quelle mesure ce schéma pourrait conduire à ne faire que des perdants, entre les investisseurs d'une part mais également les projets de soutenir l'investissement "productif" par le gouvernement ?

Philippe Crevel : La correction du marché « actions » était attendue et est salutaire. La progression de ces derniers mois était trop rapide et était déconnectée des fondamentaux économiques. Elle a été provoquée par la réforme fiscale de Donald Trump et par un engouement pour les firmes du secteur NTIC. Le plein emploi aux Etats-Unis et la progression des salaires incitent la Banque centrale américaine à mettre en œuvre son plan d’augmentation des taux d’intérêt. La sortie des taux historiquement bas est un moment un peu délicat, surtout sur des marchés gorgés de liquidités, car ils amènent à des arbitrages assez importants.

En matière de placements, il ne faut pas céder au diktat du moment. La baisse actuelle des cours boursiers n’a rien à voir avec celle de 2008 ou de 2011. A l’époque, le système financier était menacé d’implosion en raison du blocage des échanges interbancaires. En ce début d’année, le contexte économique est bien orienté. La croissance s’affirme dans un grand nombre de pays et les entreprises dégagent des bénéfices croissants. Certes, la politique économique américaine n’est pas des plus adroites qu’il soit. En effet, en décidant une importante réduction des impôts en faveur des entreprises, Donald Trump entend accélérer la croissance d’une économie en situation de plein emploi. Il risque de la placer en surchauffe avec à la clef un accroissement du déficit commercial et du déficit budgétaire. La conséquence sera une augmentation plus rapide que prévu des taux et donc des tensions sur les marchés.

L’Europe sera placée sous tension du fait de l’écart entre les taux directeurs de la FED et ceux de la BCE. Le danger sera encore plus important pour les pays émergents qui pourraient être touchés par des fuites de capitaux, ces derniers étant attirés par le marché obligataire américain.

Pour le Gouvernement français, ce changement de cap ne devrait pas remettre pas en cause sa volonté de réorienter l’épargne des Français vers les entreprises. A priori, l’ajustement ne devrait pas être trop long. Il pourra donner lieu à des à-coups mais il s’agit avant tout d’anticipation par rapport aux décisions à venir de la banque centrale. Certes, si la situation devait perdurer, cela compliquera sa communication.

 
Commentaires

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  • Par wwmat - 07/02/2018 - 10:40 - Signaler un abus Valeur refuge.....

    laissez-moi rire. En ce qui me concerne je me sépare de tout ce que je possède en France avant qu'une association payée avec mes impôts me foutent dehors de mes biens pour plus de "justice sociale". De toute façon la rentabilité n'est plus là, par contre les emmerdes je vous dis pas..... Et en parlant de vente, une petite pensée pour Sarko le traitre (la droite classique n'aura plus jamais mon vote) et sa plus-value sur les résidences secondaire.

  • Par WhiteWalker - 07/02/2018 - 11:21 - Signaler un abus L'immo est le pire des placements

    L'immo valeur refuge ? C'est oublier les locataires mauvais payeurs, la justice laxiste envers eux, les squatters maintenant protégés par la trève hivernale, les normes démentielles. Pour revendre un appartement, un dossier monstrueux est à constituer. C'est un véritable scanning, non seulement de l'appart, mais aussi de la copropriété (on a intérêt à avoir un syndic qui envoie rapidement les docauments) et plein de diagnostics très chers à la charge du vendeur. Outre les diagnostics prévus par l'Etat, il y a aussi des villes qui se mettent à inventer les leurs. La possibilités pour les villes d'exercer un droit de préemption sous les prétextes les plus divers n'est pas rare, et ce droit de préemption peut s'accompagner d'une offre moindre que celle du candidat-acquéreur privé.

  • Par DANIEL74000 - 08/02/2018 - 09:05 - Signaler un abus Etat omnipotent et incompétent

    Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent ! J'ai même été lésé par une information de Poujadas d'Antenne 2 sur les diamants de diamépargne valeur sure pour échapper au racket du livret A. En nous payons un impôt pour se faire détruire !!!

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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