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Agenda gouvernemental des réformes : celles qui pourraient entraîner une profonde transformation... et les autres

Distant, arrogant, hautain, l'image du président de la République s'est dangereusement effritée ces derniers mois, en témoigne sa chute dans les sondages d'opinion. Si l'Elysée a lancé une opération reconquête qui a démarré aux Antilles, Emmanuel Macron est clair : "En aucun cas je ne changerai de politique (…) Il faut poursuivre la transformation en profondeur".

Perturbations

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Agenda gouvernemental des réformes : celles qui pourraient entraîner une profonde transformation... et les autres

 Crédit Thomas SAMSON / POOL / AFP

"La réforme de l’assurance chômage, la refondation de notre système de santé et de nos politiques de lutte contre la pauvreté, la réforme de la fonction publique, du secteur énergétique et de la mobilité", quelles sont, dans le calendrier du gouvernement les mesures qui ont réellement le potentiel de changer les choses ? De "transformer en profondeur" ? 

Assurance chômage, pauvreté, système de santé, fonction publique, transition énergétique, beaucoup de projets, beaucoup de mots, beaucoup d’incantations mais dans les actes se font attendre. Nous pourrions évidemment ajouter la réforme des retraites qui doit aboutir à un véritable big bang avec la suppression de tous les régimes spéciaux. La fusion des 42 régimes de retraite représente un véritable défi technique et social qui devrait occuper une grande partie de l’année 2019. En cette fin d’année 2018, nous avons le sentiment que le pouvoir retient ou reprend son souffle.

Les projets de loi de finances pour l’année prochaine sont assez fades. Pas de grandes annonces mais de la revente de mesures annoncées en 2017. Emmanuel Macron est passé de Bonaparte à Napoléon, le Consulat a été consumé en un an. Du 9 novembre 1799 au 18 mai 1804, Bonaparte a réalisé ses plus grandes réformes qui ont structuré jusqu’à maintenant le pays. Il a mené toute une série de réformes constitutionnelle, fiscale, monétaire avec la création de la Banque de France et territoriale avec la création des départements et des préfets. En 1804, le code civil imaginé dès 1789 est achevé. Pour le moment, Emmanuel Macron est loin du compte mais il lui reste encore trois ans pour transformer la société en profondeur. 

A contrario, quelles sont celles sur lesquelles Emmanuel Macron risque de reproduire les erreurs de ce début de quinquennat ? (des mesures qui font pschit) 

Fonction publique, économies budgétaires, pour le moment, le passage à l’acte reste à réaliser. Le jeu de bonneteau est l’alpha et l’oméga de la politique du gouvernement dans de nombreux domaines, que ce soit pour l’allègement du coût du travail que pour la gestion de la sécurité sociale. En marche est en mouvement mais circulaire. Sur la fonction publique et même sur la retraite, il n’est pas impossible que l’ensablement soit au rendez-vous. La réforme des finances locales est encore dans les limbes. Les contingences électorales freinent les ardeurs réformatrices. Le calendrier des élections, européennes, municipales, régionales et départementales sont déjà dans les têtes. La preuve en a été fournie par le Ministre de l’Intérieur qui annonce près de deux ans avant l’élection qu’il renoncera à son poste au sein du Gouvernement. 

Quels seront les principaux opposants et quels sont les rapports de force à prévoir ? 

La réforme des retraites devrait amener un bras de fer avec les syndicats des régimes spéciaux, SNCF, RATP, énergie et également fonction publique. Le gouvernement devra empêcher la constitution d’un front syndical. Il pourra espérer sur le soutien du moins implicite de la CFDT qui a été toujours favorable au régime unique de retraite. Il pourra recevoir peut être l’appui de la fonction publique en promettant l’intégration des primes dans le calcul des pensions. Néanmoins, le personnel de l’Education nationale qui reçoit peu de primes risque de ne pas apprécier la plaisanterie. Jean-Luc Mélenchon a décidé de focaliser le futur débat des élections européennes sur la question des retraites. Il parie sur la cristallisation des oppositions sur le sujet. Le patronat sera également très circonspect face à une réforme qui pourrait conduire à un transfert de charges du public vers le privé. Il regardera de près si le nouveau système n’aboutit pas à ce que les entreprises financent la retraite du secteur public en lieu et place de l’Etat. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 02/10/2018 - 08:49 - Signaler un abus Quel cinéma , la politique française!

    Incapables de juger des réformes effectuées, ni de dresser un bilan, après déjà deux ans de politique macroniste, les commentateurs en sont réduits à gloser sur ce qui pourrait arriver, si...c’est-à-direct a gloser sur du vide! Éternelle incompétence des politiciens français et de leurs serviteurs de soupe journalistique! Hé ho, les commentateurs! Si vous ne savez pas quoi dire, ni écrire, allez voir ce qui se réalise ailleurs, en Europe, dans le monde, et comparez les pays modernes à la France gauchiste! Et vous constaterez que la politique macroniste est en train de faire régresser la France de plusieurs dizaines d'années en arrière . C’est imparable! Engluée dans les vieux dogmes inapplicables de l'idéologie gauchiste réactionnaire, répressive et régressive, le retard pris par la France dans de nombreux domaines est considérable. Je suis actuellement à Vienne: quelle propreté , quelle sérénité dans la communauté autrichienne, quel modernité de la ville et des infrastructures, quelle sécurité! Tout l’inverse de Paris livré à une rétrograde socialiste et des sectaires écolos... Et Macrouille qui ne fait que marcher en arrière...pauvre France gauchiste!

  • Par Citoyen-libre - 02/10/2018 - 12:20 - Signaler un abus Elu sur une ambiguité

    Ce type avait tout pour réussir. Son âge, qui a été salué par le monde entier, comme une chance pour la France, le "dégagisme" qui a mis tous les vieux partis à la porte. Rarement dans l'histoire de ce pays autant de conditions étaient réunies pour faire enfin avancer ce pays. Malheureusement, le type en question s'est fourvoyé dans une pièce de théâtre, avec la posture ad hoc pendant un an. Aujourd'hui le masque tombe et le costume semble être trop grand. C'est de la personnalité du type dont il est question. La tricherie à ce niveau ne passe pas. A vouloir jouer, partout, le petit couple parfait, main dans la main, alors qu'en réalité, il ne peut plus cacher ses véritables attirances, au point d'en oublier son rôle de chef de l'Etat, pose un vrai problème de cohérence et de légitimité. Un leader, quel qu'il soit, c'est à sa personnalité qu'il doit son autorité. Une fois le subterfuge découvert, sa parole, son crédibilité ne valent plus rien. Le pays n'avait pas besoin de ça. On imagine, encore une fois, l'image de la France à l'étranger. C'est tout de même un peu lamentable.

  • Par ajm - 02/10/2018 - 15:23 - Signaler un abus Grande arnaque à prévoir.

    Article très lucide. La réforme des retraites va consister à essayer de faire payer les engagements financiers d'un Etat aux abois par les entreprises , les salariés et les retraités du secteur concurrentiel privé. Ceux qui cotisent ou cotisaient beaucoup pour pas grand chose, vont être invités à cracher au bassinet afin de ne pas désespérer le peuple des régimes spéciaux tout en permettant, au passage, à l'Etat de noyer ses responsabilités dans un pot commun dont il se degagera progressivement en échange d'une garantie illusoire.

  • Par gerint - 02/10/2018 - 20:59 - Signaler un abus Réforme de la santé

    Si c’est pour revenir aux dispensaires d’après-guerre c’est un sacré retour en arrière !

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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