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Affaire Hulot : arrêtons le massacre

Le ministre de la Transition écologique soupçonné d’avoir violé une jeune femme. C’était en 1997. L’Ebdo revient sur cette affaire. Pourtant, le parquet de Saint-Malo a estimé, en 2008, que les faits n’apparaissaient pas établis et étaient prescrits. Une non-affaire ?

Prudence ?

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Affaire Hulot : arrêtons le massacre

Dominique Baudis, vous vous souvenez ? C’était il y a près de 15  ans. L’ancien maire de Toulouse, à l’époque président du CSA, se voyait contraindre, en mai 2003, de s’expliquer, un dimanche soir, au journal de TF1 de Claire Chazal sur les actes de tortures qu’il aurait commis sur des prostituées. Cela, dans le cadre de l’affaire Alègre. Quelques journaux s’étaient emballés, sûrs de ce qu’ils avançaient. Tout était faux. Baudis était totalement innocent des accusations portées contre lui. Baudis est sans doute mort de ces soupçons lancés contre lui.

Souvenez-vous de l’affaire d’Outreau. Ils étaient tous coupables, ces treize habitants de la cité du Renard. Tous coupables de viols et d’agressions sexuelles sur des enfants. La presse   décrivait avec force détails les sévices commis par ces habitants qui se seraient déroulés entre 1997 et 2000. Pourtant, tout était faux. Ils seront innocentés. Dans le milieu des journalistes, on fit amende honorable : plus jamais ça. Désormais, la règle sera la prudence et le doute. Et l’on pourrait évoquer l’affaire du petit Grégory de 4 ans retrouvé noyé le 16 octobre 1984 dans la Vologne (Vosges). Là aussi, c’était certain : sa mère, Christine Villemin était la meurtrière. La presse, -pas toute- jouera un très mauvais rôle. Heureusement, un magistrat courageux, lucide, Maurice Simon, président de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dijon, prenant la succession du juge Lambert verra juste : Christine n’a pas tué son petit garçon. Des années à remuer ce drame, voilà le cauchemar auquel ont eu droit les époux Villemin. Aujourd’hui, après plus de trente ans, la vérité commence à émerger sur ce drame.…

Quelques points communs existent entre ces trois histoires et l’affaire Hulot. A savoir l’attaque frontale contre une ou plusieurs personnes, le manque de prudence, une analyse des faits nettement orientée. Et au bout du compte un non-lieu ou un acquittement. Dans l’affaire Hulot, de quoi s’agit-il ? 1-Une jeune femme, ancienne collaboratrice de sa Fondation, aurait été victime selon l’hebdomadaire L’Ebdo, de harcèlement sexuel de la part de Nicolas Hulot. Un témoignage qui aurait été corroborée par d’autres. Or le ministre dément catégoriquement, tout comme la soi-disant plaignante. Question : quel intérêt à en parler ? 2-Une femme âgée aujourd’hui d’une quarantaine d’années, selon l’Ebdo, aurait eu un rapport sexuel non consenti avec Nicolas Hulot, alors qu’elle était âgée de 20 ans. C’était au cours du mois de juin 1997, dans une maison de Nicolas Hulot. En 2008, elle raconte sa version des faits à la gendarmerie sachant parfaitement que les actes dont elle accuse le futur ministre sont prescrits. (A l’époque, en matière de viol, la prescription est de 10 ans, aujourd’hui elle est de 20 ans.) Elle voulait simplement témoigner de ce qu’il lui était arrivé. Le Parquet de Saint-Malo, dans un courrier adressé le 30 octobre 2008 à la jeune femme et à Nicolas Hulot, leur indiquera, selon le Journal du Dimanche, que les soupçons de rapport sexuel non consenti, [ce qui constitue un viol] « en tout état de cause, n’apparaissaient pas établis, et que les faits faisaient l’objet d’un classement sans suite en raison de la prescription intervenue ». Une non-affaire ? Un des auteurs du papier a fait savoir qu’elle avait recueilli d’autres témoignages de femmes laissant entendre qu’elles auraient été victimes de l’ancien animateur d’Ushuaia. Attendons la suite, si suite il y a. En attendant, il serait peut-être temps d’arrêter le massacre. De crainte d’ouvrir la porte d’une société terrifiante : celle de l’inquisition. Comme au temps des démocraties dites populaires ou du régime de Vichy. N’oublions pas que depuis 2000, existe dans notre législation, une loi, dite loi Guigou – du nom de l’ancienne Garde des Sceaux- sur la présomption d’innocence.  

                                                    

 
 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 13/02/2018 - 11:17 - Signaler un abus Oui sans doute

    L'auteur a tout a fait raison de dénoncer cette ambiance infecte qui rappelle les pires moments de l'histoire!Mais ....pourquoi attendre l'affaire Hulot! Quand ce fut DSK, l'inénarrable autre Kahn estima que ce n'était qu'un "troussage de domestiques"... Ce qui est viol quand s'est fait par un sans-dents devient droit de cuissage quand c'est le fait d'un puissant! Voila qui résume la morale de nos chers gouvernants! Baupin n'allait il pas à l'AN les lèvres barbouillées de rouge à lèvres pour montrer sa solidarité avec les femmes bafouées! En 2003 , Loic Sécher a été condamné pour viol à 16 ans de réclusion. La prétendue victime admet quelques années après qu'elle a tout inventé! Il recevra 750 000 euros de dédommagement pour sept ans passés en prison. Edouard Philippe, pour gagner deux heures, craque aux frais du contribuable, 350 000 euros! D'après mes calculs une heure d'Edouard Philippe vaut 17 000 heures de Sécher!!! passées en avion, pas en prison!

  • Par Citoyen-libre - 13/02/2018 - 11:54 - Signaler un abus Pas de fumée sans feu

    Il y a peut-être dans l'opinion publique, une certaine délectation, sans doute malsaine, à assister à ce jeu de massacre. Mais il y a certainement une raison. A une époque ou le niveau intellectuel a fortement augmenter, ou les dorures insupportent, l'opinion peut avoir un certain mépris pour ces élites auto-proclamées. Des gens, souvent incompétents qui se la "pète" tout en cumulant les échecs. Il faudrait que ces politiques admettent qu'ils sont des citoyens comme les autres, qu'ils sont payés par le contribuable et qu'ils ont surtout des devoirs, avant d'avoir des droits. Etre élu ou être un politique, c'est un choix personnel de carrière, mais en aucun cas la démonstration d'une intelligence supérieure. Le pouvoir leur confère seulement une autorité par la loi, qu'ils ont transformée en privilèges de caste. Et ça, c'est devenu insupportable.

  • Par vangog - 13/02/2018 - 13:28 - Signaler un abus La presse gauchiste a un caractère moutonnier...

    il suffit qu’un des médias aux ordres émette un jugement péremptoire, pour que tous les autres lui emboîtent le pas, de peur de perdre lecteurs et subventions...

  • Par moneo - 13/02/2018 - 18:25 - Signaler un abus pas d'accord

    sauf à considérer que la fille Mitterand est barjot ;il y a un problème certes non juridique mais moral.... désolé oui ou non mr Hulot a t il commis ce viol ... on ne peut le mettre en prison mais si la supposée victime a dit la vérité, comment peut-il rester en poste ? j'espère qu'il va déposer plainte ce qui permettra d'éclaircir tout ceci. l'écologie ne permet pas tout

  • Par Anouman - 13/02/2018 - 20:14 - Signaler un abus Viol

    S'il n'y a pas de témoin, ni constatation médicale de violence, et qu'en plus la plainte est déposée dix ans après, la justice n'a aucun élément probant permettant de statuer. Quant à croire la présumée victime sur parole... Personne n'a aujourd'hui de méthode infaillible pour affirmer que quelqu'un dit la vérité.

  • Par cloberval - 14/02/2018 - 03:04 - Signaler un abus Ce n'est pas une affaire pénale

    C'est pire au fond. Il n'y aura jamais d'enquête et on restera aux impressions. Le fait que la plainte ait été déposée sciemment hors-délai devient terrible des années après avec Hulot ministre car il donne une réalité à l'affaire et est impressionnant .

  • Par Raymond75 - 14/02/2018 - 08:50 - Signaler un abus Parole des enfants, paroles des femmes

    Il y a dix ans, on nous affirmais lors du procès Outreau qu'un enfant ne ment jamais, et qu'il faut toujours faire confiance à sa parole. On a vu la suite. Aujourd'hui, ce sont les femmes qui ne mentent jamais, et il faut toujours faire confiance à leur parole ... Mais ce qui est clair, c'est qu'il ne faut jamais faire confiance à la parole d'un homme : la justice, c'est simple !

  • Par Vincennes - 14/02/2018 - 22:23 - Signaler un abus Il n'y a pas de RUMEUR comme se plaisait à le dire HULOT

    chez Bourdin mais bel et bien UN FAIT suivi d'une PLAINTE/DEPOSITION afin que soit dressé un PROCES VERBAL qui obligera HULOT à s'expliquer.....puisque convoqué à la Gendarmerie pour s'expliquer!! et pas du tout à sa demande comme il l'affirmait chez Bourdin!! . DEUX MENSONGES de la part d'HULOT qui avait voulu que la gamine de 20 ans (alors qu'il en avait, LUI, 42) fasse son stage dans sa villa en Corse !!! On peut aussi se poser des question sur son ex/jeune salariée devenue "Chargée de MISSION à l'ASSEMBLE NATIONALE" et que lui nie une 3 "quelconque transaction" !!!! Alors que de mon point de vue, les journalistes ne sont pas très curieux, MACRON ne veut pas que les "CONTRE POUVOIRS" c'est à dire les Médias "instaurent une politique du soupçons" !!!!!! Et pourquoi ne devrions nous RIEN savoir ? comme de vouloir une loi sur les fac news ?

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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à L'Express, chargé de l'investigation.

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée - La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut),  La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014) et Les journalistes ne devraient pas dire ça (L'Artileur, 2017).

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