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Affaire Fillon : ultra rapide avant l’élection, lente depuis... mais que signifie ce rythme de la justice ?

BFMTV diffuse, ce lundi soir, un documentaire sur la chute de François Fillon. L'occasion de revenir sur la procédure actuelle qui vise l'ancien Premier ministre.

Deux vitesses

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Affaire Fillon : ultra rapide avant l’élection, lente depuis... mais que signifie ce rythme de la justice ?

D'un point de vue purement juridique comment pourrait s'expliquer la différence observable entre la célérité de la justice sur l'"affaire" Fillon pendant la campagne présidentielle le temps d'arrêt que semble prendre la procédure en ce moment ?

Guillaume Jeanson : Puisque vous évoquez la question de la célérité de la justice, il me paraît intéressant d’évoquer, en guise de propos liminaire, un sondage CSA - IPJ qui avait été réalisé en février 2013. Il en ressortait que la lenteur des délais de traitement et de jugement des affaires était le problème de la justice le plus souvent cité par les sondés (63% d'entre eux). Des évènements survenus ces derniers mois, tels que le fameux « appel de Bobigny » par lequel des avocats ont cherché à engager la responsabilité de l’Etat notamment pour l’extrême lenteur de la justice tendent à démontrer que ce problème n’a fait qu’empirer.

L’affaire Fillon a pourtant été un exemple étonnant de grande célérité. Mais, souvenons-nous, il l’a surtout été concernant la saisine du Parquet National Financier. Pour mémoire, celle-ci est en effet intervenue le jour même des révélations du Canard Enchaîné, c’est à dire le 25 janvier 2017. S’il est vrai que François Fillon a ensuite rapidement été convoqué puis, comme chacun sait, mis en examen, l'honnêteté commande de rappeler que le principal intéressé en avait lui-même émis le souhait et que le parquet financier avait certainement tenu à jouer la sécurité devant la promulgation imminente d'une loi réformant les règles de la prescription pénale.

Vous évoquez la différence de célérité actuelle en comparaison de celle ayant été remarquée lors des débuts de cette affaire et, à en croire l’avocat de François Fillon qui s’est récemment exprimé sur le sujet, vous avez raison. Depuis sa mise en examen le 24 mars 2017 pour "détournement de fonds publics", "complicité" de ce délit, "recel et complicité d'abus de biens sociaux", François Fillon aurait été entendu à deux reprises par les juges d’instructions qui s’intéresseraient aujourd’hui à l'ancienne société de conseil, 2F, crée par l'ancien Premier ministre lors de son départ de Matignon, juste avant de redevenir député et qui a été liquidée au mois de décembre dernier. La presse s’est en outre faite l’écho du fait que cette affaire n’occuperait plus aujourd'hui, qu’entre 4 et 5 enquêteurs alors qu’elle en mobilisait 14 au début des investigations.

L’urgence tenait évidemment au calendrier des présidentielles avec, il faut le dire, pour les magistrats, aucune solution véritablement idéale. Une fois le premier tour des élections passé et l’échec du candidat Fillon pleinement consommé, l’instruction a semblé sombrer aux oubliettes. Mais les oubliettes médiatiques ne sont pas nécessairement celles de la justice. Aujourd’hui, le secret de l’instruction voudrait que seuls ceux qui travaillent sur ce dossier sachent véritablement ce qu’il en est. Reste que certains volets (tels que tout ce qui concerne les enfants ou les costumes…) ne semblent pas avoir particulièrement retenus l’attention des enquêteurs. Est-ce que cela signifie que ces points seront approfondis par les magistrats instructeurs ou au contraire qu’ils ne le seront pas ? Dans la dernière hypothèse, compte tenu du choix de la défense de ne pas avoir finalement déposé les recours qu’elle avait envisagés à l’époque, il n’est pas exclu qu’une clôture de l’instruction intervienne assez rapidement. A cet égard, le documentaire de 52 minutes intitulé « Qui a tué François Fillon » annoncé par BFMTV livrera peut-être des informations utiles.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 29/01/2018 - 08:41 - Signaler un abus La justice gauchiste est rythmée par la politique...

    attendons les prochaines élections pour qu’elle retrouve de la célérité (je n’ai pas écrit « efficacité »...souvenons-nous qu’elle est gauchiste, donc médiocre...)

  • Par tubixray - 29/01/2018 - 08:51 - Signaler un abus CQFD

    Il était clair depuis longtemps que la "justice" française utilisait le filtre de l'idéologie gauchiste dans son action .... Avec l'aide des médias qui a permis que le mur des cons soit contenu à une anecdote de bureau syndical .... Les braves gens peuvent se faire voler, tabasser il n'y a ni justice ni peine de détention pour neutraliser les criminels qui ont désormais toutes leurs aises.

  • Par vangog - 29/01/2018 - 11:37 - Signaler un abus Imaginez les cadres du Front National...

    ou leurs élus, affichés médiatiquement, jugés par une justice gauchiste de parti-pris...dans n’importe quelle mise en cause, ils sont perdants, par avance!

  • Par l'enclume - 29/01/2018 - 11:46 - Signaler un abus Tout n'est pas perdu, quoique ????

    vangog - 29/01/2018 - 11:37 * Pourquoi seulement les cadres du FN ? Vous avez un exemple flagrant avec l'affaire Fillon.

  • Par vangog - 29/01/2018 - 18:22 - Signaler un abus @l’enclume êtes-vous certain que Fillon

    était blanc comme neige?...Ce qu’on peut reprocher à la justice gauchiste, c’est son timing pre-électoral, mais F.Fillon a bien touché des rémunérations indues via sa femme et ses fils, sans en ressentir le scrupule...

  • Par Nap4 - 29/01/2018 - 18:41 - Signaler un abus Tout est politique.

    Certes la page est tournée et nous sommes désormais sous la dépendance de Macron et de ses petits copains. Même s'il est inutile de chercher à refaire l'histoire, on peut en tirer quelques leçons. Et en l'espèce, on note que l'affaire Fillon est éloquente. Bien que semblant appartenir au sérail, il a été éliminé par ce même sérail. Il devait donc gêner pas mal de monde. Lesquels se méfiaient du scrutin populaire. Comme quoi, médias, justice et politiques n'ont pas besoin de l'avis du peuple, ou au moins savent le détourner, pour décider de son destin.

  • Par JG - 29/01/2018 - 20:55 - Signaler un abus @Nap4

    Entièrement d'accord, Fillon génait pour plusieurs raisons tenant à son programme : rapprochement avec la Russie (au grand dam de l'Allemagne et des USA), remise en cause du mariage pour tous ou tout du moins inscription dans la loi de l'interdiction de la PMA pour homosexuels et de la GPA (au grand dam du lobby LGBT, extrêmement présent dans les médias et dans le milieu artistique), une vraie lutte contre l'immigration illégale et de peuplement (au grand dam des immigrationistes de tout bord...-gauche caviar, patrons, etc...-) Il devait donc être éliminé "proprement" en utilisant une affaire vieille de 20 ans mais opportunément montée en épingle 3 Mois avant le premier tour et passée en boucle avec rebondissements incessants savamment orchestrés. Maintenant, un candidat aussi maladroit et naïf (il faut vraiment être trop con pour dire qu'on ne se maintiendra pas si on est mis en examen.....Ah bon ? Ben on va le mettre en examen alors....!!) et un parti aussi plein de bobos juppéistes et de sans couilles ne méritaient pas cette élection. Dont acte. Les français se sont laissés berner par la presse et ont élu le mondialiste Macron, ils l'auront avec tout ce que cela signifie...

  • Par alam - 29/01/2018 - 21:36 - Signaler un abus C'est tellement évident

    Fillon a été éliminé parce qu 'il était le seul à vouloir mettre fin à l'idéologie néo-marxiste qui inspire toutes les politiques menées en France depuis des décennies.

  • Par zombikiller - 29/01/2018 - 23:12 - Signaler un abus Je ne suis ni pour ni contre bien au contraire

    Aura t'on a l'occasion l'avis de cet avocat sur la question ?

  • Par KOUTOUBIA56 - 30/01/2018 - 00:38 - Signaler un abus LE SEUL QUI AVAIT UN

    LE SEUL QUI AVAIT UN PROGRAMME ECONOMIQUE QUI TENAIT DEBOUT ON LE VOIT AVEC LA HAUSSE DE LA CSG AU LIEU DE LA TVA

  • Par kelenborn - 30/01/2018 - 07:43 - Signaler un abus ouais

    Cela ne fait pas de mal d'avoir un texte à peu près équilibré qui change des élucubrations complotistes de ceux qui sont prêts à réclamer à Papifou une canonisation du révérend pere martyr de la Sarthe... qui s dissous sa société...tiens.. pourquoi marchait-elle se bien quand il était au pouvoir ou sur le point de l'être et pourquoi est elle caramélisée quand ses actions rejoignent le prochain cours du bitcoin? Bizarre, vs avez dit bizarre?

  • Par Ganesha - 30/01/2018 - 08:47 - Signaler un abus La quasi-totalité des abonnés

    La quasi-totalité des abonnés de ce site sont des ''fervents'' fillonistes ! Vous vous répartissez en deux groupes : les débiles profonds, qui seraient prêts à voter pour n'importe quel gangster, pour autant qu'il affiche l'étiquette ''catholique''. Al Capone, d'origine italienne, vous aurait parfaitement convenu. Ensuite, il y a les riches vieillards, aigris et hargneux. François Fillon vous fait fantasmer : avec son programme absurde, il est effectivement probable qu'il aurait créé un million de chômeurs, il aurait affamé les pauvres et réduit leur accès aux soins médicaux. Quelle joie ! L'élimination de cette ordure était une priorité d'hygiène publique ! Quant à dire que Macron sera très différent ? Lui, au moins semble capable de changer d'avis lorsqu'il est confronté à la réalité...

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Guillaume Jeanson

Maître Guillaume Jeanson est avocat au Barreau de Paris. Il est également porte-parole de l’Institut pour la Justice.

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