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Police Scientifique :
les limites de l'ADN

La Police Scientifique est au coeur de l'actualité. Alors que des traces d'ADN sont en cours d'analyse dans l'affaire DSK, celui-ci peut-il tout expliquer ? Selon Christian Jalby, contrôleur honoraire de la Police Nationale, il ne prouve pas l'entière culpabilité d'un suspect et se doit d’être expliqué par une enquête

Affaire DSK

Publié le

Atlantico : L’ADN peut-il tout expliquer et est-il fiable à 100% ?

Christian Jalby : L’ADN est une preuve parmi d’autres, il est d’un grand intérêt, mais il ne peut pas tout. L’empreinte génétique n’établit pas la culpabilité de quelqu’un ou sa participation à un crime, elle atteste simplement que la personne a été à un moment donné dans tel lieu, ou en contact avec telle personne ou tel objet.

 

Comment fait-on parler l’ADN ?

Il y a plusieurs phases. La première est celle du prélèvement sur la scène de crime. Elle est essentielle car elle doit se rapprocher le plus possible de l’endroit où a été commis le délit, et doit être récupérée par des spécialistes. La deuxième phase consiste à analyser ce qui a été trouvé, dans un laboratoire. On peut la faire analyser par plusieurs laboratoires afin que les résultats ne soient pas remis en cause. Ensuite il y a la comparaison, en PTS, Police Technique et Scientifique, c’est la base de la preuve scientifique.

Tout les ADN trouvés sur place doivent être expliqués. Lorsqu'on récupère les empreintes génétiques d'une scène de crime, il y a celles des médecins, des policiers, de la victime.

Donc il faut comparer toutes les empreintes et isoler celle qui n'appartient pas à une personne qui aurait eu la légitimité de se trouver sur le lieu du crime. La dernière étape est celle des demandes d’explications. Si un ADN est trouvé sur place alors qu’il ne doit pas y être, il faut chercher et donner des explications pour justifier cette présence. Les gens doivent donc expliquer pourquoi leur ADN se trouve sur la scène du crime.

C’est pourquoi l’ADN peut être rejeté comme preuve, puisque il faut vérifier la légitimité de la présence d’une empreinte digitale sur une scène de crime. De plus dans certaines affaires il peut y avoir un mélange d’ADN, tout simplement parce-que plusieurs personnes ont touché le même objet. Il est très difficile par la suite de les démêler les uns des autres. C’est la faiblesse de la preuve par empreinte génétique. Il arrive même que dans certaines affaires, des criminels amènent un autre ADN pour égarer les soupçons, comme un mégot de cigarette. Il faut donc se méfier de l’ADN, il faut faire un travail derrière l’obtention de la preuve. L’enquête classique conserve tout ses droits. C’est-à-dire que l’enquêteur doit poser des questions, vérifier les emplois du temps et les témoignages.

 

L’ADN est-il présent partout ?

C’est la force de l’ADN par rapport à l’empreinte digitale, qui était pendant de nombreuses années la seule preuve qui permettait d’identifier partiellement une personne. L’empreinte génétique est venue compléter ce processus. On peut désormais identifier formellement une personne. L’empreinte digitale ne procède que de la position des mains ou des pieds où les prélèvements ont été effectués. L’empreinte génétique quant à elle est renfermée dans chaque noyau de chaque cellule. C’est là toute sa richesse. Il faut un milliardième de matière biologique pour établir un profil génétique. Chaque partie du corps, et même ce qui est en contact avec notre organisme, comme une montre ou une cravate, peuvent apporter son lot d’ADN et permettre une identification. L’ADN permet de ne faire aucune confusion avec quelqu’un d’autre. 

 
Commentaires

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  • Par Anthony - 25/05/2011 - 11:25 - Signaler un abus un peu léger

    un peu léger comme itw. j'aurai aimé en savoir plus, par exemple : peut on identifier facilement la source d'un adn... en gros savoir si il vient d'un simple contact (peau) ou d'un acte sexuel (sperme)... on reste sur notre faim.

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Christian Jalby

Christian Jalby était entre 2001 et 2007 Sous-directeur à la Direction centrale de la police judiciaire, chargé de la police technique et scientifique. Il est actuellement contrôleur général honoraire de la Police Nationale.

Il est l'auteur de Que sais-je, La Police technique et scientifique (PUF)

 

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