Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 26 Août 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Accro au porno : comment arrêter

L'addiction à la pornographie, qui passe notamment par l'ultra accessibilité des contenus sur Internet, fait partie des nouveaux maux du XXIème siècle. Alors après avoir mis un mot sur la maladie, Atlantico se penche aujourd'hui les différents moyens de se sevrer. Deuxième épisode de notre diptyque sur l'addiction à la pornographie.

Nouvelles addictions

Publié le - Mis à jour le 4 Juillet 2013
Accro au porno : comment arrêter

L'addiction à la pornographie, qui passe notamment par l'ultra accessibilité des contenus sur Internet, fait partie des nouveaux maux du XXIème siècle. Crédit Reuters

Atlantico : Une fois l'addiction pornographique et sexuelle révélée, quels sont les traitements qui existent pour les patients ?

Pour en savoir plus, retrouvez le premier épisode de notre série de la semaine sur les nouvelles addictions : Comment devient-on accro au porno ? 

Michelle Boiron : L’addiction pornographique est souvent découverte par un tiers, un conjoint, des amis, la famille. L’accumulation des conduites à risques fait que l’addict donne à voir et se fait prendre. Il laisse toujours des traces. C’est une forme d’appel au secours, une demande d’aide inconsciente.

Le sexe peut entraîner très loin et la justice peut être au bout de certaines conduites extrêmes. L’addiction sexuelle et sa médiatisation a bel et bien été activée par une affaire politique récente. La demande de soin et surtout la reconnaissance de l’addiction sexuelle est déjà un pas vers la guérison. Il reste le bon thérapeute à trouver, les sexologues sont pour certains très bien formés aux pathologies addictives. Mais soyons conscient, il est difficile d’effectuer une démarche pour réguler voire se sevrer de sexe ! Ce qui est à l’œuvre dans le sexe c’est d’abord des pulsions de vie même si les pulsions de mort ne sont jamais très loin. 

Il n’y a pas encore de pilules magiques mais des médicaments qui baissent le seuil de l’angoisse et du stress sont parfois à prescrire pour accompagner le patient qui veut s’en sortir. Les laboratoires s’activent et il y a déjà de nouvelles molécules pour l’addiction à l’alcool.

Quelles sont les différentes étapes à franchir jusqu'à la guérison ?

L’étape majeure est la reconnaissance de la pathologie addictive par le sujet lui-même, et pas seulement par son entourage. L’abandon du déni et l’acceptation de la frustration sont la base du traitement.

Le sexe est  le "lit" de toutes les pulsions de vie et de mort qui habite l'humain tout au long de l'existence alors tentons de le garder «possible», car il est nécessaire à l'équilibre de vie. L'apaisement doit venir de l'intérieur pour se conjuguer avec un objet extérieur, pas l'inverse ! Or l'acte sexuel, quand il prend la forme d'un objet drogue, va  nier le sujet qui sera «consommé». Nous devons soigner nos patients pour qu'ils puissent acquérir une santé sexuelle et pourquoi pas les accompagner par une réflexion analytique vers un équivalent spirituel. C'est notre ambition que de proposer selon chaque patient une thérapie singulière afin qu'il puisse trouver la voie qui le mènera à mieux se connaitre dans un premier temps; puis dans un second temps à trouver un équilibre sans lequel on est toujours sur le fil du rasoir ! En langage DSM (langage psychiatrique) : le borderline!

On constate que les patients addicts sexuels ne franchissent pas souvent le seuil des cabinets de psy car ils sont dans le déni et ont du mal à admettre la dépendance et l'aliénation. En revanche, ils entendent la souffrance physique. C'est souvent à la faveur d'un incident réel sur le corps qu'ils peuvent prendre conscience de leur conduite addictive et des conséquences nocives qui en résultent. 

Le critère qui doit alarmer, le sujet ou ses proches, est l'amenuisement de la jouissance et que celle-ci cède la place à la souffrance. Cela oblige le sujet à un accroissement des prises et une perte d'effet, ce qui entraîne une désocialisation progressive pouvant aller jusqu'à l'isolement. La demande de soins peut aussi émerger au sein de la famille, dans le groupe d'amis ou encore au travail, même si l'addict sexuel répugne souvent à s'ouvrir à des tiers de son affection. La reconnaissance de la souffrance est cruciale; il restera ensuite le choix du thérapeute : celui qui exerce en libéral et est spécialisé dans les addictions, ou bien certains centres de traitement des addictions comme l’hôpital Marmottan. Quel que soit le choix du patient, il faut lui faire confiance. Il n'y a pas de hasard dans la rencontre du patient avec son psy. Une fois la décision prise, il appartiendra au patient de mesurer l'enjeu dans le contexte de sa vie. Il trouvera une thérapie adaptée à ses besoins.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Jean-Pierre - 02/07/2013 - 07:00 - Signaler un abus Et pour DSK, qu'est ce que vouis préconisez ?

    Un traitement ? . La prison ? . Un mix des deux ? .

  • Par Ganesha - 02/07/2013 - 10:06 - Signaler un abus Bromure

    Cette dame a manifestemment tendance à prendre la partie pour le tout : quelques peoples et autres "anges de la téléréalité" vont aller à Marmottan ou chez des psychanalystes chics se faire traiter pour leur "addiction sexuelle" : c'est la dernière maladie à la mode venue de Hollywood... Mais que va t'on faire pour les 65 millions de français : établir la censure sur internet ? Mettre en place le "contrôle parental généralisé" ? Voilà des rêves et des projets bien totalitaires ! Trouver des nouveaux médicaments ? En attendant, il paraît qu'autrefois, dans les casernes, on mettait du bromure dans l'alimentation des jeunes recrues... C'est donc cela le projet de cette brave dame ? Peut-être même qu'en mettre dans l'eau du robinet pourrait dissuader le bon peuple de se révolter et continuer à voter fidèlement UMPS à toutes les élections...

  • Par fabien775 - 02/07/2013 - 12:25 - Signaler un abus Juste pour le fric

    Elle a un diplôme en chocolat, à voir les titres de ses livres, c'est juste racoleur.

  • Par fentreti - 02/07/2013 - 13:18 - Signaler un abus Soigner l'addiction aux articles bidon

    Deuxieme article sur ce sujet manifestement cette dame à un problème avec le sexe , je pense qu'elle devrait se faire soigner . On ressent bien l'échec sexuel personnel dans ses propos.

  • Par saintu - 02/07/2013 - 14:10 - Signaler un abus Et la connerie ?

    Qui mettra en place un suivi médicalisé pour les cons ? Parce que là franchement il y en a de plus en plus. Ils doivent se reproduire entre eux c'est pas possible autrement !

  • Par Joliminois - 02/07/2013 - 14:59 - Signaler un abus La notion de souffrance est

    La notion de souffrance est au centre de la demande de consultation pour addiction sexuelle comme pour tout type d'addiction d'ailleurs. La contrainte "interne" et ses conséquences sur la vie quotidienne de l'individu et/ou du couple justifie le plus souvent une prise en charge et une aide pour aller justement vers une plus grande liberté sexuelle, une liberté de choix sexuel, de pratique et d'orientation. Alors loin de moraliser, loin de normaliser ou de normer, le rôle du professionnel (ici injustement insulté !) est d'abord d'écouter, d'évaluer le demande, d'accompagner le sujet entravé par des répétitions stériles et rigides et de permettre à celui qui le demande de se libérer d'une contrainte psychique et comportementale dont il ne peut se dégager seul, qui le coupe de lui-même et de l'autre, parfois depuis longtemps. C'est tout. Alors SVP, ne mélangeons pas ce qui est de l'ordre de la liberté de créativité sexuelle de chacun y compris grâce au porno, et emprisonnement qui empêche de vivre.

  • Par Benvoyons - 02/07/2013 - 15:14 - Signaler un abus saintu 02/07/2013 - 14:10 Tu as vu juste il faut toujours un con

    pour se reproduire.

  • Par Teo1492 - 02/07/2013 - 15:36 - Signaler un abus Atlantico ou Pornotico ????

    Cela fait quelques temps qu' Atlantico nous balance des sujets pour adolescent attardé... Pitié, M. le directeur de la rédaction, faites de l' Information, pas du Playboy...

  • Par Karamba - 02/07/2013 - 16:20 - Signaler un abus L'addict au porno laisse toujours des traces...

    Moi je ne l'aurais pas osée.

  • Par jon cole - 02/07/2013 - 17:52 - Signaler un abus metro

    atlantico c'est devenu le metro, le 20 minutes d'internet, du coup la je m'arrete pas je suis pressé j'ai un metro a prendre.

  • Par einstein42 - 02/07/2013 - 19:28 - Signaler un abus il faut faire comme moi

    etre fier de regarder du porno on est dans une société de consomation il faut vivre avec

  • Par patrick25 - 03/07/2013 - 00:00 - Signaler un abus Impossible...

    Impossible d'arrêter dans ces conditions... À chaque fois que vous allumez la télé, c'est pour entendre une fois de plus que l'on vient de se faire sodomiser par l'État... Cet été, pourquoi pas le livre interdit "Têtes à Flaques" en ligne sur : http://www.amazon.fr/Têtes-à-flaques-ebook/dp/B00A5ZVJIC/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1364388957&sr=8-1 ou sur : http://www.thebookedition.com/thiellee--patrick-tetes-a-flaques-p-98534.html

  • Par Alsacien - 03/07/2013 - 02:33 - Signaler un abus article très mal fichu.

    Et l'Amour, et les sentiments, et le respect de l'autre ? Non, ça intéresse pas madame la "spécialiste" ? Je site "si tu sodomise pas, t'es naze" ben navré suis très content d'être naze alors, car sincèrement je doute que les femmes acceptent cela de bon coeur quand elles ont un sexe parfaitement prévu pour leur donner du plaisir. J'ai connu UNE femme, je l'ai épousé, nous en sommes à trois enfants et s'il en viens d'autres ils seront bien accueillis. On S'AIME malgré notre âge (40ans) on a juste envie l'un de l'autre, pas envie de BAISE, résultat, zéro porno pour nous tout va bien merci. les pseudos spécialistes devraient comprendre UNE chose, c'est l'absence de sentiments forts qui crée des frustrés et/où des violeurs, mais comme ces mêmes "spécialistes" disent dans leur torchon qu'en dessous de dix aventures on est pas normal forcément ça incite pas les gens à chercher autre chose qu'une normalité fictive.

  • Par Kim2047 - 03/07/2013 - 12:48 - Signaler un abus discretion a la francaise

    Cette dame est tres pudique. Dans le monde anglo saxon on est beaucoup plus directe, c'est peut etre pour cela que les reactions sur cet article sont si decalees. La dependance a la pornographie entraine l'impuissance a long terme, d'ou la proliferation des publicites pour les viagras autour des sites de cul. Cette addiction est effrayante, le cerveau n'est plus neurologiquement connecte sur la realite mais sur un univers ou les partenaires "idealises" sont immediatement accessibles. Les jeunes gens qui en sont affectes deviennent ainsi dependants psychologiquement et physiquement, par la masturbation a un derive de plus en plus perverse aux effets devastateurs.

  • Par texarkana - 03/07/2013 - 14:40 - Signaler un abus "regarder du porno entraine l'impuissance"(mdr!)

    Quelle idiotie! étant amateur de X depuis l'adolescence, il y a longtemps que je devrais être impuissant! ce retour du puritanisme sous les oripeaux d'une pseudo "science" ne trompe personne! en revanche le fait de m'y connaitre un peu (j'ai fait mes "débuts" avec les vidéos de Marc Dorcel) fait que je suis trés sélectif, et queje trouve 99% des vidéos X proposées aujourd'hui pas à la hauteur, je préfére le "vintage"...

  • Par libertad - 03/07/2013 - 16:16 - Signaler un abus et que pense cette bien

    et que pense cette bien mauvaise journaliste de 2 hommes ( ou plus ) qui se fistent mutuellement en prenant du poppers ?

  • Par Noyer - 03/07/2013 - 20:10 - Signaler un abus Ravage chez les jeunes

    Bravo pour cet article qui a l'intérêt de mettre en avant la souffrance qui accompagne l'addiction. L'apprentissage de la sexualité par le porno sur Internet fait des ravages chez les jeunes, et, apparemment, ça n'intéresse personne.

  • Par Godwin - 04/07/2013 - 05:14 - Signaler un abus Le commentaire affligeant de

    Le commentaire affligeant de texarkana (et d’autres) montre le niveau de dégénérescence où le pays est tombé, niveau proprement inimaginable il y a de cela seulement quelques dizaines d’années. Il est incroyable que des Français n’arrivent même plus à voir ce qu’il y a de mal et de pervers à regarder des actes de prostitution (car c’est bien de cela qu’il s’agit : du voyeurisme s’exerçant sur des prostitués filmés). Des statistiques effrayantes ont été publiées concernant le nombre d’enfants (oui, pas adolescents : ENFANTS) ayant vu un film pornographique ; visionner des films pornographiques, c’est participer à la demande, et donc encourager ce marché à continuer voire amplifier son offre. Il faut se comporter en ayant en tête sa propre responsabilité vis-à-vis de la société et tout particulièrement des plus jeunes.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michelle Boiron

Michelle Boiron est psychologue Clinicienne, thérapeute de couples et  sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris. Membre de L’AIUS association inter universitaire de sexologie. Auteur de différents articles notamment sur le Vaginisme, Gourmandise et  Sexualité, le XXIème Sexe, l’Addiction Sexuelle, la Fragilité Masculine. Rédactrice invitée  du magazine : Sexualités Humaines. 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€