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Accès aux soins : le système de santé français sous pression

Le système français de santé, confronté à plusieurs évolutions d’ordre structure, est sous pression depuis plus de trente ans. Plus une population s’enrichit et vieillit, plus la demande santé s’accroit. Le recours à des technologies de plus en plus coûteuses contribue à augmenter les dépenses de santé.

A bout de souffle ?

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Accès aux soins : le système de santé français sous pression

 Crédit MARTIN BUREAU / AFP

La France se caractérise par le niveau record de ses dépenses publiques qui ont atteint 57,1 % du PIB en 2017. De manière implicite, notre pays a fait le choix d’une socialisation de la richesse créée par le pays. Si l’idée du « ras-le-bol fiscal » revient régulièrement sur le devant de la scène médiatique, la question d’une réduction des dépenses publiques est sujette à polémique. Durant la campagne présidentielle, plusieurs candidats dont Emmanuel Macron avait pris l’engagement d’entamer une décrue avec à la clef une réduction des effectifs de la fonction publique.

Un an après son élection, cet engagement est toujours à l’ordre du jour mais son application concrète semble être différée compte tenu de l’ampleur des résistances.

Le système de redistribution français qui représente à lui seul 34 % du PIB, a à son actif de nombreux succès. Parmi ceux-ci figurent la lutte contre les inégalités qui sont plus faibles en France que dans de très nombreux autres pays. À la différence de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou des États-Unis, la crise de 2008 n’a pas provoqué la montée des inégalités en France. Le taux de pauvreté qui s’élevait, en 2015, à 14,2 % figure parmi les plus faibles de l’OCDE et est stable depuis une dizaine d’années. Le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20 % les plus modestes est stable à 4,4. Le rapport entre le neuvième décile, niveau de vie « plancher » des 10 % les plus aisés, et le premier décile, plafond des 10 % les plus modestes, demeure fixé à 3,5. En France, la pauvreté est concentrée chez les demandeurs d’emploi et les jeunes de moins de 18 ans dont les familles sont sans revenu. Le taux de pauvreté des demandeurs d’emploi atteint 37,6 % quand celui des actifs noccupés est de 8 % et celui des retraités de 7,3 %.

Même si les dépenses publiques n’ont pas cessé d’augmenter ces cinquante dernières années passant de 40 à 57 % du PIB de 1970 à 2017, le ressenti est tout autre. L’idée d’une asphyxie de l’État providence par manque de moyens est largement partagée. Le dimanche 29 avril dernier, Patrick Bouet, Président du conseil national de l'Ordre des médecins, a déclaré au Journal du Dimanche, « le système de santé est à bout de souffle ! Nous sommes vraiment arrivés à la fin d'un cycle » et « il y a urgence à tout repenser de fond en comble ». Éducation nationale, justice, intérieur, défense, collectivités territoriales, les demandes de desserrement de la contrainte budgétaire s’accumulent.

La santé constitue évidemment un domaine sensible au regard des conséquences directes pour la population. Au sein des pays européens, les dépenses de soins et de biens médicaux représentent entre 7 et 9 % du PIB (8 % en Suède, 7,7 % en Allemagne, 6,5 % en Italie). En France, elles atteignent 8,9 % du PIB. En soixante-cinq ans, la part de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) dans la richesse nationale a été multipliée par 3,5 (2,5 % du PIB en 1950). Au cours de cette période, ces dépenses de santé ont crû en valeur de 10,0 % par an en moyenne, tandis que le PIB progressait de 7,9 % par an. Sur un an, en moyenne, chaque Français consacre 3 000 euros à sa santé dont 85 % sont financés à travers des systèmes mutualisés ou publics. Près de la moitié de ces dépenses concernent l’hospitalisation (47 %). Les soins extrahospitaliers médicaux, dentaires et paramédicaux représentent 16 % des dépenses. Les médicaments hors hôpital sont responsables de 18 % des dépenses et les autres prestations de soins de 9 %.

 
Commentaires

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  • Par MIMINE 95 - 09/05/2018 - 15:00 - Signaler un abus Si au lieu de toujours accuser le péquin d'être le responsable,

    on s'interrogeait aussi sur les tarifs de plus en plus délirants de certains médicaments réclamés par les laboratoires et autres, prix d'ailleurs fixé ... en fonction des pays ?? . En 2016 médecins du monde dénonçait ces dérives : " "Chaque année en France, le cancer rapporte 2,4 milliards d'euros", "Bien placé, un cancer peut rapporter jusqu'à 120.000 euros", "Une leucémie, c'est en moyenne 20.000% de marge brute". [... "Pour Olivier Maguet, responsable de cette campagne, ces prix élevés "mettent en danger le système de santé" et notamment la Sécurité sociale, qui "peut de moins en moins payer" les traitements. Les tarifs s'envolent au point qu'on "a déjà assisté au rationnement du traitement efficace de l'hépatite C pour la première fois de notre histoire", ajoute-t-il. L'organisation ne manque d'ailleurs pas de remarquer que le Solvadi, contre l'hépatite C, coûte 41.000 euros pour un traitement de trois mois, alors qu'il ne coûterait que 100 euros à produire, selon les travaux d'un chercheur de l'université de Liverpool"] Vous avez dit choquant, comme c'est bizarre !!!!

  • Par MIMINE 95 - 09/05/2018 - 15:14 - Signaler un abus Une mine d'or en perpective

    Maladies tropicales persistantes chez les migrantsRev Med Suisse 2014; volume 10. Laurent Gétaz, Juan Carlos Lozano Becerra, Hans Wolff, François Chappuis, Pedro Albajar-Viñas, P. Bodenmann, H. Wolff, Y.-L. Jackson lien à entrer dans votre mateur de recherche : https://www.revmed.ch/RMS/2014/RMS-N-425/Maladies-tropicales-persistantes-chez-les-migrants

  • Par gerint - 09/05/2018 - 20:39 - Signaler un abus Contrairement aux affirmations de Macron

    à Rouen selon lequel il maintiendrait les budgets hospitaliers, un article APM relatant la réaction de la Fédération Hospitalière de France parlait quelques jours après d’un plan d’écô plie de 1 milliard et un autre article APM de 6,2 milliards au global dont 1,2 milliard sur la masse salariale hospitalière (30 000 postes) entre 2018 et 2022. Pas de quoi se réjouir ! Pas le moment de faire plaisir aux labos avec la malheureuse décision des 11 vaccins obligatoires avant 2 ans....

  • Par DANIEL74000 - 10/05/2018 - 08:34 - Signaler un abus C'est l'état qui tue la France !

    La solidarité imposée est source d'inégalités et de régression. La santé n'a pas de prix mais elle a un cout ! Pourquoi les cliniques privées avec moins d'argent s'en sortent et que dans le public règne le désordre des actes privés et publics et tout cela sous la puissance du trésor public. Et si tous les hommes étaient égaux en droit y compris de rendre les prisons payantes comme le sont les Ephad ? Justice dites-vous quelle Justice. Tout le monde doit payer pour consulter à l'Hôpital ou en argent ou avec un bon de prise en charge avant l'acte. L'Ordre et le respect de soi et de l'autre s'organisent en bonne conscience et non par misérabilisme ou victimisation

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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