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6 mois de Macron, un an de Trump : le match des premiers bilans des présidents "surprise"

Emmanuel Macron "fête" ses 6 mois à l'Elysée,tandis que Donald Trump a été élu il y a un an. L'occasion de dresser un premier bilan sur leur présidence respective.

Duel à distance

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6 mois de Macron, un an de Trump : le match des premiers bilans des présidents "surprise"

6 mois après l'élection d'Emmanuel Macron, une année après la victoire de Donald Trump aux Etats Unis, les deux présidents peuvent d'ores et déjà dresser un bilan de leurs premières actions. Alors que la presse américaine, malgré son opposition à Donald Trump, souligne le réveil démocratique du pays, par rejet ou par adhésion, comment analyser l'impact croisé de ces deux personnalités que tout semble opposer ? Plus précisément, comment comparer leurs bilans respectifs, notamment sur les questions économiques et diplomatiques, entre autres ? 

Edouard Husson : Les deux hommes ont un tempérament éminemment politique.

Et ils polarisent, positivement ou négativement. On aura tendance à dire que Trump polarise négativement et Macron positivement. En fait, ils ont choisi deux voix opposées pour répondre à la même crise, qui est celle du monde occidental. Donald Trump a choisi la voie du populisme; il s’est voulu le porte-parole de tous les individus précarisés par la mondialisation. Emmanuel Macron, lui, a choisi une stratégie opposée: rassembler tous les optimistes et les gagnants de la mondialisation, de droite et de gauche, en faisant le pari que leur mobilisation pourrait remettre en mouvement la société française et son économie. En fait, ce sont deux stratégies qui ont largement profité des erreurs stratégiques des adversaires. Imaginons que Hillary Clinton ait eu le sens politique d’Emmanuel Macron: elle aurait fait appel à tous les républicains qui ne voulaient pas de Trump et elle aurait gagné, au centre. Trump aurait fini comme Marine Le Pen. Mais il n’a pas commis l’erreur de cette dernière; au lieu de courir en vain après la gauche populiste (Sanders) comme Marine Le Pen a couru après les électeurs de Mélenchon, Trump a tâché de rassembler à droite, en s’emparant d’un des deux grands partis. Macron, lui, aurait eu plus de mal si Marine Le Pen avait plus rassemblé à droite. Il aurait tout de même gagné car Marine Le Pen n’a pas été capable, à la différence de Trump, de trouver des soutiens dans l’appareil d’Etat ni de rassembler l’électorat catholique conservateur (elle en a eu seulement la moitié); mais son avance aurait été moins large. 

Une fois au pouvoir, les deux hommes se heurtent au principe de réalité. Ils ont affaire, chacun, à des sociétés profondément divisées, où les inégalités sont très fortes et croissantes; où il y a une opposition marquée entre des métropoles qui prospèrent dans la mondialisation et des régions qui se sentent laissées pour compte. Leur marge de manoeuvre est étroite car leurs deux pays sont respectivement dépendants du bon vouloir d’une grande puissance industrielle, championne des exportations: la Chine dans le cas des Etats-Unis; l’Allemagne dans le cas de la France. Par tempérament, Trump choisit la confrontation avec la Chine, pour réduire sa dépendance; tandis que Macron essaie, au contraire, d’amadouer la puissante Allemagne. Dans les deux cas, le chemin vers la réussite politique, s’il apparaît viable, sera long. 

 
Commentaires

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  • Par vangog - 04/11/2017 - 10:15 - Signaler un abus Une déferlante d'impôts pour Macron-Rothschild...comme promis!

    alors que Donald vient d'annoncer une forte baisse des impôts, au bout de six mois à peine et comme promis! Une ré-industrialisation des USA, des mesures intelligentes contre les toxicomanies aux dérivés morphiniques, l'abandon de politiques gauchistes néfastes comme la loterie carte verte...Trump fait très fort! Macron fait très nul, comme tout gauchiste qui se respecte...

  • Par Tatras69 - 04/11/2017 - 10:27 - Signaler un abus Media

    Il faudrait peut être ajouter que Trump était élu malgré le média, Macron -par le media.

  • Par assougoudrel - 04/11/2017 - 10:37 - Signaler un abus Quand D. Trump fait une

    tournée (Moyen-Orient), il revient avec des marchés (400 milliards de dollars). A présent il est en Asie pour une autre. Macron ramène des bâches qui pourraient couvrir tous les camions de l'Armée française. Parlons de ce qui est comparable; c'est un petit joueur; petite quéquette qui veut faire du porno avec Rocco S.

  • Par gerint - 04/11/2017 - 10:55 - Signaler un abus Ils n’ont pas la même base électorale

    Trump s’appuie sur la partie de la population que Macron méprise profondément. Ils n’ont pas le même intérêt pour leur pays: Trump veut garder la suprématie américaine et la Nation, Macron veut la dissolution de la France fait allégeance à l’UE à travers l’Allemagne

  • Par Liberte5 - 04/11/2017 - 15:30 - Signaler un abus Tout oppose D. Trump et E. macron..

    E. macron a tout le soutien des médias, alors que Trump les a tous contre lui. Tout l’establishment US est contre D.Trump, tout l'establishment français soutient E. Macron. D. Trump vient du monde de l'entreprise, E. Macron est un haut fonctionnaire qui est passé par la banque d'affaires. D. Trump aime les USA, il aime le peuple américain, E. Macron déteste le peuple et la France. D. Trump ne veut pas d'immigration musulmane, E. Macron veut l'invasion et l'islamisation de la France. Le chômage est à son plus bas niveau depuis 17 ans aux USA (4,5%), il reste à 9,5% en France. Soutenu à fond par les médias et la haute fonction publique Macron n'a pas plus de soutien dans l'opinion que D. Trump alors que celui ci a tout l'état profond et les médias contre lui. Conclusion D. Trump est un bien meilleur Président que Macron qui n'est qu'une bulle, qui avec le temps et les difficultés va exploser.

  • Par J'accuse - 05/11/2017 - 09:15 - Signaler un abus Trop tard ou trop tôt

    Le bilan d'un élu se fait à l'issue de son mandat, pas 6 mois ou 1 an après le début. Ce qui a manqué dans la presse, c'est le bilan de Macron en tant que conseiller d'Hollande puis son ministre, quand il était candidat à la Présidentielle. Voilà qui aurait été utile au peuple pour objectiver son choix et gagner en lucidité. Mais l'objectif d'un "bilan" journalistique est-il d'aider le peuple à comprendre et juger ses "élites" ? Bien sûr que non; il est même le contraire: celui de l'orienter et de le manipuler.

  • Par clint - 05/11/2017 - 15:15 - Signaler un abus Trump vs Macron c'est Trump vs Clinton !

    Mêmes types d'électorat, mêmes types de soutiens financiers, avec néanmoins uns grande différence : Clinton pensait à la place des US alors que macron n'a qu' une idée : prendre la tête de l'Europe après avoir évincé l'état nation français !

  • Par vangog - 07/11/2017 - 00:52 - Signaler un abus L'identité contre la dilution mondialiste...

    Voilà ce qu’incarne l’opposition des deux présidents. L’un gagne, l’autre perd, inéluctablement...

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Edouard Husson

Edouard Husson est historien. Ancien vice-chancelier des universités de Paris, ancien directeur général d'Escp Europe, il a fait ses études à l'Ecole normale supérieure et à Paris Sorbonne, dont il est docteur en Histoire. Edouard Husson a été chercheur à l'Institut für Zeitgeschichte de Munich (1999-2001) et chercheur invité au Center For Advanced Holocaust Studies de Washington (en 2005 et 2006). Il a également été fait docteur honoris causa de l'Académie de Philosophie du Brésil (Rio de Janeiro) pour l'ensemble de ses travaux sur l'histoire de la Shoah.

Il est aussi vice-président de l'université Paris Sciences et Lettres (www.univ-psl.fr)

 

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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