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55.000 entrepreneurs au chômage en 2016… le chiffre tabou

Les entrepreneurs au chômage constituent l’un des tabous les mieux gardés dans l’économie française. On doit à la GSC (historiquement la Garantie Sociale du Chef d’Entreprise), une association proche du MEDEF, d’avoir documenté le sujet cette année avec une étude qui fait le point sur le métier d’entrepreneur et sur les risques qui pèsent sur son activité.

Tabou

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55.000 entrepreneurs au chômage en 2016… le chiffre tabou

Les entrepreneurs au chômage, la face cachée de la protection sociale française

Le chômage des entrepreneurs ne colle pas avec le fantasme véhiculé par la bien-pensance ordinaire. Pour celle-ci, d’un côté il y a les salariés qui sont forcément exploités et de l’autre des patrons qui sont forcément exploiteurs. Qu’un exploiteur soit en difficulté devient alors un légitime retour de bâton: à force d’avoir voulu nuire aux classes populaires, le méchant patron est puni par les dieux de l’économie.

Les entrepreneurs au chômage tombent “dans le pli” de cette idéologie: comme le montrent les chiffres de la GSC, ils sont à 80% des patrons d’entreprises de moins de 5 salariés, déclarant à près de 90% moins de 500.000 euros de chiffre d’affaires. Dans la moitié des cas, ce sont des commerçants ou des entrepreneurs du bâtiment. Bref, ces gens-là sont tout sauf des bourgeois exploiteurs. Ils sont les victimes silencieuses d’une économie qui dysfonctionne, sinistrée par une politique fiscale et sociale intenable dans la durée, qui les précarise chaque année un peu plus.

Que retenir du chômage des entrepreneurs? sinon qu’il faut toujours se souvenir qu’avant d’être un exploiteur, le patron est un preneur de risques, qu’il se jette dans le vide sans filet. En l’espèce, il n’existe pour les entrepreneurs aucun régime obligatoire d’assurance chômage. Libre à lui, donc, de s’assurer. Mais même avec une couverture assurance, il n’en reste pas moins un “risk taker”… et le risque se réalise régulièrement.

La protection des salariés, première cause du chômage des entrepreneurs

Cette dimension-là de la “micro-économie” est farouchement occultée par tous ceux qui voudraient voir dans la “protection” des salariés un univers en expansion permanente. La protection du travailleur est en effet la première cause du chômage des entrepreneurs. Pour qu’un entrepreneur développe son entreprise, il a en effet besoin de recruter. Et quoiqu’on en dise, recruter en France est un acte de courage qui peut s’apparenter au suicide assisté.

D’abord, il faut affronter l’absurde réglementation qui encadre l’acte de recrutement lui-même: avec 3,5 millions de chômeurs, les élites françaises ont quand même trouvé le moyen de pénaliser l’embauche. Il faut donc prouver à tout instant qu’on ne discrimine pas sur le sexe, l’orientation sexuelle, la religion, l’origine, etc. L’entrepreneur qui cherche un collaborateur reçoit couramment 200 réponses à une offre simple, dont les trois quarts proviennent de jeunes issus de l’immigration à qui il faut répondre individuellement qu’on les aime bien et que la mort dans l’âme on ne les recrute pas, sous peine d’être dénoncé dans un reportage sur France Inter au rang de ces horribles patrons qui n’ont pas le moindre égard pour les candidatures quand elles sont signées Mohammed.

 
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  • Par adroitetoutemaintenant - 07/04/2017 - 17:22 - Signaler un abus La vraie solution : foutre le camp

    Mes entreprises sont dans un pays où quand un employé me les gonfle, je le photographie à recharger son portable privé sur mon électricité et je le vire pour vol d’électricité ! Simple et efficace. Faute grave d’emblée.

  • Par Anouman - 07/04/2017 - 18:00 - Signaler un abus Pathétique

    On lit dans cet article un passage bien débile :"le voilà sommé de payer ses cotisations au RSI, calculées sur ses revenus des années précédentes. Et là, si tu as eu le malheur de faire une mauvaise année, de réduire la voilure..." Sauf que si cet entrepreneur était moins con (et respectait les principes comptables) il aurait provisionné ses régularisation de charges qui ne sont jamais une surprise sauf pour ceux qui ne veulent rien savoir.

  • Par OLYTTEUS - 07/04/2017 - 22:51 - Signaler un abus A anouman

    Vous n'êtes pas entrepreneur car si vous l'étiez, vous redouteriez le RSI qui envoit des notes salées(plusieurs milliers d'euros) à payer sans aucune explication, mais avec un délai court. Fillon veut le transformer ou le supprimer et il a bien raison.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 08/04/2017 - 08:54 - Signaler un abus Tout le monde connaît le

    Tout le monde connaît le problème....Dans le bâtiment, dès que les charges tombent l'entreprise vacille, alors deux solutions, payer ces charges insupportables, ou ne pas les payer et mettre la clef sur la porte...Certains voyous s'en sortent bien en limitant volontairement la durée de vie de leur entreprise et en déposant le bilan pour ne pas payer ce qu'ils doivent..............D'autres, la majorité, sont piégés par le système et perdent tout...........C'est ceux là qui restent sans emploi. Les voyous recommencent......et gagnent beaucoup d'argent sur le dos de leurs créanciers.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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