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500 mètres de hauteur, le MIT enregistre les vagues les plus hautes jamais mesurées

Une étude de chercheurs du MIT a utilisé des sous-marins pour mesurer les plus grandes vagues connues sur notre planète, qui se promènent sous la surface des océans.

Eau, c'est haut !

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500 mètres de hauteur, le MIT enregistre les vagues les plus hautes jamais mesurées

Des vagues internes observées près de Trinidad. Crédit NASA

Vous pensiez vous y connaître en matière de vagues ? Détrompez-vous. Comme beaucoup de plaisanciers et de surfeurs, vous vous limitez sûrement aux phénomènes de surface, ce qu’on pourrait familièrement appeler « l’houlologie ». Or, les océanographes s’intéressent depuis peu à d’autres vagues qui ne sont pas générées par la friction air-eau des dépressions, les vagues internes, aussi appelées « ondes internes ».

« C’est l’explorateur norvégien Fridtjof Nansen qui mit en évidence cette manifestation au début du XXè siècle alors qu’il remarquait la difficulté de son bateau à aller de l’avant sur une mer pourtant des plus calmes », rappelle le site Surfsession.

Si la vague la plus haute enregistrée par un instrument a atteint 32,3 mètres, et la plus haute vague observée visuellement 34 mètres, les ondes internes peuvent atteindre plus de dix fois cette taille.

Une équipe de chercheurs du MIT a construit et déployé des instruments dans la turbulente mer de Chine, afin de mesurer ces monstres marins « du berceau à la tombe », rapporte le Boston Magazine.

Pour ce faire, ils ont attachés des instruments le long de câbles de trois kilomètres, plongés dans les profondeurs océaniques. Ces instruments fixes ont été doublés de sous-marins miniatures.

Qu’ont mesuré les instruments ? Rien de moins que « les plus grandes vagues jamais enregistrées », indiquent les scientifiques dans le magazine Nature, où leur étude a été publiée jeudi. Certaines de ces vagues ont atteint 500 mètres de hauteur.

« Les vagues internes sont les patauds géants des océans », explique Thomas Peacock, l’un des chercheurs du MIT. « Elles bougent plutôt lentement, mais ont une amplitude très grande et produisent beaucoup d’énergie ».

Ces vagues se forment grâce aux différentes densités d’eau qui composent l’océan : en effet, plus l’on descend en profondeur, plus la pression et donc la densité de l’eau augmente. Les différentes « couches d’eau » ne se déplacent pas forcément dans la même direction, d’où ces ondes internes.

Tout comme les vagues que l’on connait finissent par se briser en surface ou sur le littoral, ces vagues internes finissent par s’écraser contre les fonds océaniques ou les plateaux continentaux, après avoir parfois parcouru des milliers de kilomètres pendant des semaines.

Leur étude n’est pas simplement un passe-temps de surfeurs frustrés de ne pouvoir les dompter. Ce phénomène naturel affecte beaucoup de processus océaniques, comme la dispersion de nutriments pour la photosynthèse  ou de sédiments. Ces vagues « posent aussi un danger pour les structures humaines présentes dans l’océan », comme les plateformes pétrolières ou les pipelines.

La taille de ces vagues, qui déplacent des quantités colossales d’eau, pourrait aussi avoir un impact sur le climat, en mélangeant des eaux aux températures différentes.

Depuis l'espace, les vagues internes peuvent être efficacement détectées à l'aide de radars à synthèse d'ouverture (SAR) qui sont sensibles aux changements de faible amplitude à la surface de la mer, explique le site Notre-planète. «  Les vagues internes sur cette image apparaissent sous la forme d'ondes semi-circulaires à l'Est du Détroit, en Méditerranée. D'autres séries de vagues internes sont générées dans l'Océan Atlantique et apparaissent en rose fuchsia à l'Ouest du Détroit », écrivait-il en octobre 2010.

Plus récemment, c’est un astronaute de la Station spatiale internationale (ISS) qui avait observé cette formation à proximité de Trinidad dans les Caraïbes. Sur la photo en tête de cet article, on aperçoit clairement des “houles” croisées.

 
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