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4000 milliards : comment la dette hors-bilan sert de discret placard financier aux engagements de l'Etat

Bien des Français sont préoccupés par la dette nationale qui atteint 98,5% du PIB annuel. Et pourtant, il est essentiel de se pencher sur ce que l'on nomme " la dette hors-bilan " à l'occasion des grandes manœuvres qui semblent s'amorcer à la SNCF.

Bonne gestion

Publié le
4000 milliards : comment la dette hors-bilan sert de discret placard financier aux engagements de l'Etat

La dette hors-bilan : quelle définition ?

Lorsque des parents acceptent de se porter caution pour les loyers à venir d'un de leurs enfants, ils ne déboursent rien mais souscrivent une obligation de faire. En cas de défaillance, ils seront appelés en garantie.

Pour une entreprise ou pour l'Etat, le même principe existe et se nomme engagements hors-bilan.

Ce terme comptable qui figure obligatoirement dans un tableau récapitulatif dans les comptes annuels concerne les garanties de passif accordées, les opérations de crédit-bail, etc.

La dette hors-bilan de l'Etat : quel contenu ?

quel montant ?

Les engagements hors-bilan de l'Etat représente un montant de 4.070 milliards d'euros. Autrement dit, près du double des 2.250 milliards de dette explicite dite de Maastricht.

Sur ces 4.070 mds d'euros, on doit d'abord relever une convention comptable. Contrairement au secteur privé, l'Etat employeur ne provisionne pas au fur et à mesure les droits à la retraite de ses agents. Ainsi, les engagements pris par l'Etat pour honorer le futur paiement des pensions des fonctionnaires s'élève à 2.150 mds soit un peu plus de la moitié du total du hors-bilan.

Une gestion abracadabrantesque

Si la convention comptable française sur les engagements de retraite est admissible (quoique contestée par l'OCDE), le reste des quelques 1.920 autres milliards recèle quelques pépites attestant d'une gestion hasardeuse.

Prenons le cas de l'Unedic qui serait en positif si l'Etat ne lui imposait pas d'assumer 10% du montant des frais de gestion de Pôle emploi. Cette structure gérée par le paritarisme porte une dette de près de 40 milliards et bien évidemment aucune banque n'assurerait le relais s'il n'y avait une garantie de l'Etat.

A priori, le consensus social fait que l'Unedic ne devrait pas faire faillite, donc le contribuable peut être rassuré et n'y voir qu'un jeu d'écritures comptables.

C'est nettement moins le cas quand l'Etat a été confronté au dossier Dexia (la banque essentiellement dédiée aux collectivités locales). Cet établissement financier, pourvoyeur d'emprunts dits toxiques, a frôlé la cessation des paiements et il a alors fallu que l'Etat cautionne les emprunts de refinancement de Dexia. Et l'avenir est loin d'être ensoleillé.

Par ces temps de réformes de la SNCF voulu par un président de la République qui a estimé utile de dire qu'il avait croisé, dans les gares, " des gens qui ne sont rien " (sic!) il convient de noter une ligne des engagements hors-bilan nommée : " Subventions aux régimes de retraites et subventions d'équilibre aux régimes spéciaux " dont le montant s'élève à 346 milliards dont 139 pour la seule SNCF. La variation annuelle (2016 sur 2015) traduisant un accroissement de 75 milliards.

En d'autres termes, si l'on vous parle de voir repris les 44 milliards de dettes de la SNCF, il faut – en toute rigueur – avoir une pensée pour les 139 mds déjà " engagés ".

 
Commentaires

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  • Par Olivier62 - 14/09/2017 - 13:08 - Signaler un abus Gabegie, incompétence, corruption...

    Allons, encore un petit effort et le régime républicain arrivera bien à ruiner définitivement ce pays. Pourquoi les élites de gêneraient-elles d'ailleurs puisque les français, lobotomisés par les médias du système, approuvent absolument tout et n'importe quoi.

  • Par Philippe du Penhoat - 14/09/2017 - 13:16 - Signaler un abus C'est vraiment tout ?

    Il n'y a que les engagements de l'Etat... Pas ceux des collectivités locales, mais pas non plus les engagements explicites de collectivités ou d'entreprises publiques qui seront néanmoins payées par des taxes (pardon des redevances). Les engagements pris, par exemple, au titre des éoliennes et autres énergies renouvelables se chiffre aussi en dizaines de milliards. Je prends cet exemple parce que je le connais. Il n'est probablement pas le seul.

  • Par ajm - 14/09/2017 - 15:45 - Signaler un abus Tarte à la crème.

    Ces histoires d'engagements hors bilan c'est une tarte à la crème de l'analyse financière qui permet à de nombreux commentateurs d'ecrire n'importe quoi. L'Etat peut très bien, s'il le voulait, par exemple, remettre en cause les conditions d'indexation des pensions de la fonction publique ou réduire les avantages de retraite des futures retraités de la fonction publique. Il n'y a pas d'obligation éternelle pour un état souverain , surtout pour ses nationaux et en plus s'il ne s'agit pas de dette financière émise ou garantie par lui mais d'engagements indirects de nature sociale dont les conditions de mise en oeuvre peuvent être modifiées à tout moment par la loi. De nombreux exemples du passé le démontrent.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 14/09/2017 - 17:03 - Signaler un abus @ajm

    ....quels exemples ? Juste pour me rassurer, j'en ai besoin !

  • Par Liberte5 - 14/09/2017 - 19:48 - Signaler un abus @ Philippe du Penhoat élargit le champ des dettes sous le tapis

    et je pense que d'autres dettes sont encore à découvrir, tant la gabegie, l'incompétence et la démagogie imprègnent ce pays depuis des décennies.Mais viendra forcément le jour où la cabane tombera sur le chien.

  • Par Anguerrand - 15/09/2017 - 07:24 - Signaler un abus Les mensonges du pouvoir " TOP SECRETS "

    La dette réelle a 4.000 milliards d'impôts comme indiquée ci dessus, quand l'état annonce environ 2.000 milliards. Le chômage dont on "oublie " les DOM TOM , et les chômeurs cachés en contrats aidés, formation, etc. Le nombre de musulmans qui serait " stable" depuis des années, alors que 3 sources différentes annoncent 13,5 millions de musulmans soit environ 20% de la population. L'armée a qui l'on fait prendre des risques insensés en Afrique avec du matériel blindés hors d'âge qui s'ouvrent comme des boîtes de sardines en cas de mine, quand il existe du matériel qui sont prévus pour ça. 50% des hélicos, blindés, avions restent au garage pour cause de vétusté et de crédit, des camions " Berliet" vieux de 50 ans, idem pour les Canadair vieux de 50 ans et dont les pièces de rechange ne sont plus fabriqués. Et j'en oublie certainement !

  • Par lexxis - 15/09/2017 - 11:22 - Signaler un abus UNE IMAGE TROP SOUVENT TRONQUÉE ET DOUTEUSE

    Les conventions comptables sur le hors bilan sont tout simplement une honte. D'une part parce que dans la réalité de l'information courante, les comptes annuels voyagent volontiers sans le hors bilan qui corrige souvent radicalement la vison que l'on peut avoir de l'entreprise ou de la collectivité. Ensuite parce que les inscriptions en hors bilan sont loin d'avoir la rigueur des écritures de bilan et que les contrôles opérés sur ces montants sont loin d'être aussi fins et aussi exigeants que pour ce qui concerne les comptes annuels eux-mêmes. En fait, les élites internationales de la profession et de la réglementation comptable ont vendu leur âme en acceptant de loger hors bilan des informations qui auraient dû figurer dans une rubrique spéciale dans les comptes annuels et bénéficier ainsi en toute lumière des standards qui garantissent la qualité de l'information financière.

  • Par vangog - 15/09/2017 - 22:55 - Signaler un abus Hidalgomygode et son sourire de hyène...

    viennent de rajouter quarante milliards au hors-bilan socialiste...comme ça, le temps d'une crise d'égo et essentiellement pour se faire plaisir avec les jeux olypiques à la gloire d'un pays ruiné par le gauchisme...

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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