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2017 : quitte ou double pour la droite et le centre

Le temps manque à la droite et au centre, mais elle doit agir vite si elle veut continuer à jouer un rôle de premier plan sur la scène politique.

Liberté chérie

Publié le
2017 : quitte ou double pour la droite et le centre

Dimanche, la France élira sans doute le plus jeune Président de la République de son histoire. Celui-ci aura réussi la performance de menacer le PS de disparition et les Républicains, eux aussi absents du 2nd tour, d’implosion. Emmanuel Macron a raison de se réjouir du nouveau logement de 365 pièces au 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré qui l’attend pour un bail d’au moins  5 ans. Mais sait-il où il va et avec qui ? Pas plus que nous sans doute. Il s’adapte en avançant. Offrant au centre et à la droite une occasion unique, la dernière peut-être, de se réinventer.

Dans un bon mois auront lieu les deux derniers tours de ce scrutin dorénavant à 4 temps depuis l’instauration du  quinquennat : les législatives. Emmanuel Macron nous promet du neuf. Il sait néanmoins que des candidats issus de la société civile, ceux qui ont un vrai emploi et une famille à nourrir, manquent le plus souvent d’un ancrage territorial. Le propre du mode de scrutin uninominal à deux tours, c’est de favoriser les implantations locales et de rendre les barons indéboulonnables. Le label Macron ne permettra pas la victoire d’inconnus même s’il leur facilitera la tâche. Il devra par conséquent investir un grand nombre de figures connues, des élus, tout ce que les Français disent rejeter. Ils ont fait une exception dans leur schizophrénie avec Macron qui avait suffisamment reçu de soutiens du « système » pour les rassurer.

La faiblesse du dispositif Macron est de n’avoir pas fait rêver les électeurs autour d’un projet concret de réformes fédérant les citoyens avides de changement. Le succès de son holdup repose sur un alignement miraculeux des planètes et un marketing remarquable. Certes idéal pour lancer un blockbuster, mais trop creux pour mobiliser durablement à ce stade. Faire applaudir Ségolène Royal au premier rang – à côté de Bertrand Delanoë et Jean-Yves Le Drian -  de son dernier congrès relève du - mauvais - buzz, pas d’une ambition de renouvellement et d’émancipation. S’il fait élire des éléphants du PS relabellisés « En Marche » pour s’assurer une majorité, accepteront-ils ce contre quoi ils se sont arcboutés de tout leur poids médiatique jusqu’à ce jour ? N’est-il pas en train de recruter les futurs frondeurs de son camp ?

Reconnaissons-lui l’audace d’avoir lancé un mouvement neuf, d’avoir violé tous les protocoles – et le gouvernement qui l’avait accueilli - en annonçant très tôt sa candidature dés lors que François Hollande ne pouvait pas se représenter. Encore lui fallait-il saisir sa chance. Félicitons-le d’avoir enfin eu la peau d’un PS moribond en proposant une ligne réformatrice social-démocrate toujours rejetée jusqu’ici par une majorité de cadres socialistes accrochés à une forme un peu désuète d’anticapitalisme. Dans les grandes lignes, Emmanuel Macron est bien plus moderne et ouvert au monde que ses partenaires issus du PS. D’ailleurs, lui est à l’aise avec les langues étrangères contrairement à la plupart d’entre eux.

 
Commentaires

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  • Par clint - 05/05/2017 - 15:54 - Signaler un abus Obama ne s'y est pas trompé : Macron est le "parti démocrate" !

    S'il ne se plante pas, ou du moins pas plus que les nombreux d'avant, un parti progressiste démocrate verra le jour dans sa forme française et reviendra vers les idées des français cités qui ont fait l'Amérique . Alors la droite va éclater en deux pour d'une part rejoindre et consolider un vrai parti démocrate, la seconde partie ayant des relents de GOP, ce que représentaient d'ailleurs Fillon, Retailleau and co : bien libéraux pour l'économie avec une âme de tea party catholique teintée de St Nicolas du Chardonnet !

  • Par euphorbevenus - 05/05/2017 - 16:58 - Signaler un abus @clint

    Pour une fois, je suis d'accord avec vous: que les " démocrates " comme vous les appelez, je préfère le terme de "fausse droite " , atlantiste, prête à se soumettre à l'islamisme, rejoigne le modèle ultra-libéral EM , qui voit les Français comme des consommateurs sans principe , en déréglementant tout ce qui est possible ( on l'a vu avec les taxis, les notaires, les facteurs), en mettant tout à l'encan, y compris le ventre des femmes. C'est un signe que l'on apprenne le passé sans repères d'Obama le jour même où il nous dicte ( de quel droit ?) de voter Macron.

  • Par euphorbevenus - 05/05/2017 - 17:07 - Signaler un abus Il faudra reconstruire

    Une fois parti les "démocrates ", il faudra reconstruire la Droite sur des valeurs. Non pas sur la nostalgie d'un passé révolu , mais sur des principes fermes et en se tournant vers l'avenir . Le débat lamentable de l'autre soir a montré deux visions passéistes et limitées de la France. Rien sur l'avenir ! Il faudra se tourner vers la société civile ( pas celle des banquiers de fusions-acquisitions comme Macron) mais celle des entrepreneurs. Comme Rafik Smati, qui s'oppose au voile islamique et reconnaît les racines chrétiennes de la France mais envisage l'impact du numérique et de l'écologie sur notre futur... Espérons !

  • Par lemillanh - 05/05/2017 - 17:36 - Signaler un abus tea party les LR ?

    Il ne faut pas dire n'importe quoi, FFillon disciple de Mg Lefebvre! il a le droit d'être croyant et que dire alors des Présidents qui jure sur La Bible lors de la cérémonie d'investiture ne font il pas un parjure si ils ne sont pas croyants ! c'est bien de se référer à notre à ce grand pays mais il faufrait avoir lu le programme du tea party avant d' accuser FFillon encore de çà il n'est plus dans la partie on peut le laisser tranquille que je saches c'est F Baroin qui reprend le flambeau cela me convient et la droite va rentrer dans le rang car l'étoffe de chef n'est pas si répandu que çà et les les anciens savent bien que le temps est passé F Fillon en se battant jusqu'au bout malgré les vents contraires donnent à F Baroin un socle électoral qui ne demande qu'à grandir en résistant aux élans de séduction parfaitement mal venus des Lepénistes et des Macronistes qui on l'a bien compris sont les ennemis et/ou les adversaires de cette droite humaniste qui va des catho aux européistes

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Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

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