Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 24 Novembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

1981, le remake : faudra-t-il à nouveau 2 ans aux socialistes pour passer du dirigisme au réalisme en matière de politique industrielle ?

Dossier consacré aux ravages causés par la désindustrialisation en France. Réalisé par le site Débat & Co, il est intitulé "Industrie : la France a-t-elle besoin d'un plan ?". Épisode 1/3 : retour historique sur les années 1980 et la politique économique du gouvernement Mauroy.

Désindustrialisation française

Publié le - Mis à jour le 19 Juillet 2012

Cet article est publié en partenariat avec le site Débat&co qui consacre
un dossier au redressement productif

Lire aussi : Dans le vif : entre redressement de l'industrie française et préservation des rentiers de la fonction publique, le gouvernement devra trancher

L

orsque les socialistes arrivent au pouvoir en 1981, l’industrie nationale est en mauvais état. Depuis 1974, elle enregistre un « décrochage », notamment par rapport à sa rivale allemande, raconte l’économiste Elie Cohen dans son livre « l’Etat brancardier », paru en 1989.

Victime, explique l’auteur, des limites d’un modèle reposant sur deux grandes caractéristiques : un rôle central de l’Etat, avec la culture des « grands projets » qui tendent à focaliser les efforts commerciaux des industriels vers l’Etat au détriment du marché ; et, en contrepartie, un « compromis social inflationniste » qui « manifeste le refus consensuel de l’Etat, des syndicats et des patrons de maîtriser les évolutions nominales des revenus et des prix ». La sidérurgie, par exemple, est sous perfusion totale de l’Etat et des banques qui ont englouti plusieurs dizaines de milliards de francs dans des plans de sauvetage. Une crise que le chercheur du CNRS Michel Freyssenet, dans son livre « La sidérurgie française 1945-1979 : l’histoire d’une faillite », attribue au fait que les groupes français se cantonnent alors aux « produits longs » (poutrelles, barres etc.), pour lesquels une modernisation immédiate des aciéries ne s’impose pas, alors que des industries clientes en plein essor, l’automobile notamment, sont contraintes d’importer des aciers plats de qualité. 

Une industrie sous perfusion

Dans ce contexte difficile, les socialistes commencent par appliquer le Programme commun sur lequel François Mitterrand a été élu. Le Premier ministre Pierre Mauroy décide un vaste plan de relance : embauche de 55 000 fonctionnaires, hausse de 10 % du Smic, relèvement des prestations familiales et sociales… près de 10 milliards de francs sont injectés dans l’économie. Puis, en 1982, suit la nationalisation promise de grands groupes industriels : CGE, Pechiney Ugine Kuhlmann, Rhône-Poulenc, Saint-Gobain, Thomson-Brandt. A la fin 1982, 29 % du chiffre d’affaires de l’industrie nationale et 23 % de ses effectifs sont dans le giron de l’Etat. Au même moment, Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux États-Unis font eux, le mouvement exactement inverse… Ces grands groupes nationalisés sont notamment appelés à venir au secours des PME.

En parallèle, le gouvernement Mauroy multiplie les plans sectoriels pour soutenir des industries traditionnelles (textile, machine-outil, jouet), pour restructurer (chimie) ou pour développer des domaines nouveaux comme l’électronique. Il décide aussi une relance de l’exploitation charbonnière alors que tous les experts soulignent la trop faible rentabilité des mines françaises. Il se démène enfin pour tenter de sauver les entreprises en difficultés, à travers notamment le fameux CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle). Un organisme où règne, selon Elie Cohen, « l’absence de frontières entre le politique et l’administratif, le public et le privé, la norme et le choix discrétionnaire, le flou dans les finalités assignées... ».

Sortir de l'impasse

Mais cette tentative de relance échoue. Et dès 1984, s’opère un revirement spectaculaire. L’Etat décide une vaste restructuration des secteurs les plus en difficultés : constructions navales, charbonnage, sidérurgie et automobile. L’objectif est de pousser à la concentration pour éliminer les entreprises les moins performantes et de mettre un terme aux surproductions. Il est ainsi prévu de conserver quatre grands sites de construction navale (Dunkerque, La Ciotat, La Seyne et Saint-Nazaire), mais en réduisant leur capacité de 30 % en trois ans, au prix de 5 000 suppressions d’emplois sur un total de 18 000. Dans les Charbonnages, qui emploient encore 57 000 personnes, l’objectif est de réduire la production de 18 millions de tonnes à 11 millions de tonnes par an, ce qui nécessite de faire partir 6 000 salariés par an.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Ravidelacreche - 18/07/2012 - 09:18 - Signaler un abus 1981, le remake

    Loi Éternelle des Leçons de l’Histoire La principale leçon de l’Histoire, c’est que les hommes ne retiennent pas les leçons de l’Histoire.

  • Par ropib - 18/07/2012 - 09:31 - Signaler un abus depuis plus longtemps

    Ca fait bien longtemps que l'économie française est anti-libérale, pas besoin de se restreindre à 81. Si Sarkozy a eu quelques déconvenues c'est surtout qu'il a été pris de vitesse par le marché, par des entrepreneurs, des institutions concurrentes ou qu'il n'a pas eu les moyens de mettre en œuvre sa volonté farouche de fausser le marché. C'est un peu ce qui nous a sauvé dans son quinquennat: son incapacité à faire ce qu'il voulait.

  • Par Charles25 - 18/07/2012 - 11:42 - Signaler un abus Ca fait 30 ans que la France

    Ca fait 30 ans que la France a une économie libérale à marche forcée, tant par la droite que par les "socialistes". Avec le brillant résultat qu'on peut constater... Il n'est que temps de tourner la page de ces moutons suiveurs qui ne savent pas faire autre chose que ce qui se fait ailleurs (nous sommes les seuls qui, il n'y a qu'en France qu'on voit ça, où avez-vous déjà vu faire cela,...)

  • Par JO94 - 18/07/2012 - 12:20 - Signaler un abus Le Président Hollande

    Le Président Hollande contrairement à SARKOZY veut transférer l'Epargne de 4000 milliards d'euros (les Allemands en ont 4800 pour 82 millions d'habitants soit 58536 par habitant) soit en obligations d'Etat dont les Français détiennent 32 % soit 1800 * 0.32 = 594 milliards d'euro de dettes pour monter à 1594 mds . soit le transférer à l'investissement privé via la banque publique de l'investissement et un second marché! SARKO n'a rien fait pendant 5 ans à part 600 mds de dettes, 125 mds de déficit et un milion de déficit. Il savait pour les subprimes à la SG mais n'a rien fait, il savait pour MADOFF mais n'a rien fait! HOLLANDE, lui s'occupera des PME! Il faut enfermer tous les gens de droite, les traduire au tribunal!

  • Par JO94 - 18/07/2012 - 12:20 - Signaler un abus Le Président Hollande

    Le Président Hollande contrairement à SARKOZY veut transférer l'Epargne de 4000 milliards d'euros (les Allemands en ont 4800 pour 82 millions d'habitants soit 58536 par habitant) soit en obligations d'Etat dont les Français détiennent 32 % soit 1800 * 0.32 = 594 milliards d'euro de dettes pour monter à 1594 mds . soit le transférer à l'investissement privé via la banque publique de l'investissement et un second marché! SARKO n'a rien fait pendant 5 ans à part 600 mds de dettes, 125 mds de déficit et un milion de déficit. Il savait pour les subprimes à la SG mais n'a rien fait, il savait pour MADOFF mais n'a rien fait! HOLLANDE, lui s'occupera des PME! Il faut enfermer tous les gens de droite, les traduire au tribunal!

  • Par JO94 - 18/07/2012 - 12:21 - Signaler un abus Le Président Hollande

    Le Président Hollande contrairement à SARKOZY veut transférer l'Epargne de 4000 milliards d'euros (les Allemands en ont 4800 pour 82 millions d'habitants soit 58536 par habitant) soit en obligations d'Etat dont les Français détiennent 32 % soit 1800 * 0.32 = 594 milliards d'euro de dettes pour monter à 1594 mds . soit le transférer à l'investissement privé via la banque publique de l'investissement et un second marché! SARKO n'a rien fait pendant 5 ans à part 600 mds de dettes, 125 mds de déficit et un milion de déficit. Il savait pour les subprimes à la SG mais n'a rien fait, il savait pour MADOFF mais n'a rien fait! HOLLANDE, lui s'occupera des PME! Il faut enfermer tous les gens de droite, les traduire au tribunal!

  • Par GFPGF - 18/07/2012 - 16:38 - Signaler un abus Moi président

    Moi président, je regrette les millions d'emplois perdus depuis 1945 dans l'agriculture, les houillères, la sidérurgie. Moi président j'aurai maintenu ces emplois au détriment du niveau de vie et du pouvoir d'achat des travailleurs français. augmentons le nombre des fonctionnaires. Arrière toute et tan pis pour les manants qui travaillent - faut-il qu'ils soient bêtes !

  • Par Ludo1963 - 18/07/2012 - 20:59 - Signaler un abus Non il n y aura pas de remake de 1981

    Hollande et son équipe d incapable exploseront en plein vol, en 2013 Il y aura dissolution de l assemblée Votre article est très riche, on voit en deux pages la liste d inepties totales de Mitterrand au pouvoir, le pire c est qu il a été réélu. Et qu aujourd hui on le considère comme un grand président , ce cynique fossoyeur de la France. Puis s'ensuivit Chirac, ce radsoc fainéant et inutile. Enfin Jospin êtes 35 heures Ils ont miné le pays, on est au bout de la route. Comment Sarko aurait il ou réparer en 5 ans 30 ans de conneries, avec la plus grave crise, la gauche, les syndicats et les medias contre lui ? Il a réussi à maintenir la tête de la France hors de l'eau, contrairement à beaucoup d'autres pays. L Allemagne est a part car elle a fait ses réformes Hollande, rien qu avec ses premières mesures , va nous précipiter dans la récession ça prendra juste un an, peut être moins. Il capitulera devant la tache et dissoudra l assemblée La droite repassera avec un mandat fort Dans la foulée la gauche perdra tous ses mandats locaux Merci Flamby

  • Par boblecler - 18/07/2012 - 23:13 - Signaler un abus Il n'ya pas eu 30 de

    Il n'ya pas eu 30 de conneries mais 7 ans de conneries de 75 à 81 avec les chocs pétroliers et GISCARD et BABARD n'ont rien fait! SARKO a laissé 600 mds de dettes, 125 de déficit et un million de chômeurs. Hollande a la stratégie de rediriger l'Epargne des français de 4000 mds d'euro vers les PME qui créent des emplois, d'accompagner les PME vers les ETI de plus de 500 salariés à l'export car il faut se débarrasser des militants de droite, qui ne connaissent rien, privilégient l'évasion fiscale et sont des mauvais français!!!! Autant faire le laval de gauche!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Odile Esposito

Odile Esposito est ingénieur de formation et passée par l'enseignement. Elle débute sa carrière de journaliste à l'Usine Nouvelle, dont elle finira par prendre la rédaction en chef, avant d'intégrer les Echos, où elle dirigera notamment la rédaction du site internet, puis la Tribune, au poste de rédactrice en chef Industrie et Services, puis Editos/Opinions. Désormais freelance, elle collabore à la rédaction de Débat&co.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€