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La lettre d'adieu d'un poilu trouvée par la police de Marseille : une mobilisation sur Twitter permet de retrouver sa famille

Cette lettre, datée de 1915, avait été découverte lors d'une perquisition. La police marseillaise avait demandé l'aide des internautes pour mener l'enquête.

Petite et grande Histoire

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La lettre d'adieu d'un poilu trouvée par la police de Marseille : une mobilisation sur Twitter permet de retrouver sa famille

L'histoire commence de manière classique : après plusieurs mois d'enquêtes sur un vol commis en septembre dernier, les gendarmes d'Aix ont perquisitionné fin janvier le domicile du suspect à Marseille, en compagnie des policiers de la division centre de Marseille. Le voleur s'était fait la malle, mais les enquêteurs ont pu remettre la main sur des dizaines de bijoux, parfois très anciens, mais aussi sur une émouvante lettre datée du 27 mai 1915. Deux heures avant de partir pour le front, un poilu y fait ses adieux à son meilleur ami.

Le 15 février, la police marseillaise a publié sur Twitter une copie de cette lettre, avec ce message : "Dernière lettre d'un poilu Mort pour la France en 1915 retrouvée lors d'une perquisition à #Marseille suite à un cambriolage. Et si, avec votre aide, @PoliceNat13 réussissait à retrouver la famille du Sergent Soulagnes du 75°RI et à identifier l'actuel propriétaire de la lettre ?".

Des centaines d'internautes ont décidé de mener l'enquête et, finalement, "on doit encore faire des vérifications mais la partie familiale de l'affaire a été découverte", a affirmé ce dimanche matin Arnaud Louis, chargé de communication à la Direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône. "Maintenant, on aimerait bien retrouver le propriétaire de la lettre, et si c'était la famille de Jean Audiffen, le destinataire, ce serait formidable", a ajouté le policier.

La lettre a été écrite par Jean Soulagnes, sergent-fourrier au 73e régiment d'infanterie. Elle est destinée à Jean Audiffen et a été redigée deux heures avant le départ "pour une destination incertaine où doivent se passer de grandes choses".

"Je m'adresse à vous comme au meilleur, au seul de mes amis (...) Et c'est à vous que je m'adresse pour éviter à ma famille la douloureuse nouvelle", écrit Jean Soulagnes. "Je connais votre cœur et je n'hésite pas à lui faire un appel suprême: vous ne refuserez pas le pénible service, en cas d'événement grave, d'avertir ma famille et ma fiancée qu'avant de mourir, après avoir donné ma vie au pays, mon âme ne pense qu'à eux et leur envoie mon adieu suprême".

"Je sais ce qu'est la guerre, mais je sais que de vous peut-être dépend la fin. De cette bataille viendra peut-être ma fin, mais aussi la victoire, et l'affreux cauchemar aura vécu. Dites leur que c'est pour eux que j'ai la force de vaincre, et de tout cœur je le presse sur mon cœur", écrit le poilu, qui sera tué deux semaines plus tard à Hebuterne (Pas-de-Calais), à l'âge de 24 ans.

 
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