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Pourquoi les Roms pourraient bien être LE sujet politique de 2014
Publié le 18 septembre 2013
Tout indique que la question des Roms constituera un sujet incontournable dans cette double année électorale.
Matthieu Chaigne est co-fondateur du site Délits d'Opinion, site de référence de l'opinion publique et des sondages. Il a commencé sa carrière au  pôle politique de TNS SOFRES avant de travailler au sein du groupe Ogilvy à partir de 2008  en...
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Tout indique que la question des Roms constituera un sujet incontournable dans cette double année électorale.

Ils seront les "guest stars" de l’année électorale. Issus de Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Serbie ou Kosovo et recoupant donc des nationalités et des statuts administratifs différents, les Roms agitent déjà le landerneau politique. Cette semaine, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate de l’UMP à Paris, s’emparait de la question de la sécurité. Dans sa ligne de mire notamment, les bandes de Roms, très visibles par les Parisiens et qui cristallisent les griefs des commerçants, touristes et habitants. Plus tôt dans l’été, c’était au tour du maire de Nice de dénoncer l’inertie du gouvernement face à l’accroissement du nombre de camps illégaux. Les Roms, un sujet brulant depuis la sortie du président Sarkozy et son discours de Grenoble. C’était il y a trois ans. Une tornade médiatique, européenne, ecclésiastique même - l’Eglise catholique avait dénoncé la politique menée alors - s’était abattue sur l’exécutif.

Tout indique que la question des Roms constituera un sujet incontournable dans cette double année électorale. Poison des municipalités rurales comme urbaines, et symbole - ou bouc émissaire - d’une Europe qui ne parvient plus à maitriser ses flux, la question des Roms est une aubaine électorale. Décryptage avec 4 chiffres clés.

  1. 1. Un sujet de préoccupation qui transcende les clivages partisans

Pour les Français, la présence des Roms est un vrai sujet. Selon une étude Harris Interactive, 70 % d’entre eux se disent préoccupés par la question. 73% jugent également que ce thème devrait être important pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Parce qu’elle inquiète nos compatriotes, la question des Roms doit logiquement être inscrite, selon eux, à l’agenda politique. Et si la focalisation est massive chez les sympathisants du FN et de l’UMP, où le chiffre monte respectivement à 95% et 90%, presque un sympathisant PS sur deux  témoigne également de sa préoccupation.

  1. 2. L’illégalité au cœur de l’exaspération

Selon Harris Interactive, 86% des Français se déclarent opposés à l’installation à coté de leur domicile,de campements Roms dans un espace non prévu à cette fin. Le caractère sauvage de certains campements est ainsi clairement dénoncé par nos compatriotes, qui réclament des réponses musclées. Selon l’IFOP, pour faire respecter la loi contre les camps illégaux, les sondés sont partisans de la méthode forte. Ainsi, 80 % d’entre eux souhaitent un démantèlement des camps illégaux. Au cœur de la polémique déclenchée par le gouvernement Sarkozy durant l’été 2010, ce chiffre était tombé à 66%. Soucieux de marquer leur désapprobation à l’endroit du pouvoir, les sympathisants socialistes avaient à l’époque dénoncé à une large majorité le discours répressif du président. Ils sont aujourd’hui 70% à souhaiter la suppression des camps illégaux.

Le respect de la loi constitue donc une demande transpartisane, qui n’est pas sans nourrir quelques ambiguïtés. Car une partie de nos compatriotes considère à tort que les Roms n’ont pas le droit de se trouver sur le territoire français. Or, les ressortissants de Roumanie et Bulgarie ont l’autorisation, en tant que membres de l’Union Européenne, de circuler librement dans tous les Etats membres pour une durée de 3 mois avant de subir certaines restrictions. Une décision qu’il n’est pas interdit de contester mais qui ne recoupe pas le champ de la légalité, ce dernier contribuant pourtant fortement à nourrir l’exacerbation.

3. Au delà des chiffres, le sentiment d’impuissance

Mais au delà du débat sur la légalité, les chiffres font également état d’une crispation sur l’acceptation même des Roms sur le sol français.

Il y a d’abord le sentiment d’impuissance, évalué il y a un an par l’IFOP. Selon l’étude, une écrasante majorité de Français (73%) juge que le démantèlement des camps par les forces de l’ordre n’est pas une mesure efficace, qui ne fait que déplacer le problème. Une perception d’un Etat dépassé par une population défiant les lois, qui a sans conteste nourri le rejet massif de cette population. Aujourd’hui, 44% des Français se déclarent opposés à la présence de camps de Roms, même dans un espace prévu pour leur accueil. Plus que la légalité de la présence, c’est l’assimilation qui est largement remise en cause.

  1. 4. Le dilemme français

Comme expliqué dans un article de Délits d’Opinion, c’est bien la société française dans ses profondeurs qui est tiraillée entre sa culture d’accueil, son refus de la stigmatisation et la demande croissante d’autorité. Interrogés par LH2 au lendemain de la polémique de 2010, deux France se faisaient face, une courte majorité estimant que la politique de l’exécutif n’était pas conforme aux principes de la République Française. Aujourd’hui, le débat ne peut plus être réduit à une lecture binaire du peuple de droite contre le peuple de gauche.

Les candidats locaux et les listes européennes qui ne manqueront pas de se saisir de la question des Roms devront donc naviguer entre ces deux injonctions contradictoires qui perdurent dans la société française et probablement aussi dans l’esprit de chacun. Il leur faudra répondre avec efficacité à un sentiment d’exaspération qui menace l’existence même du pacte social sans sombrer dans l’obsession qui cristalliserait bien facilement sur la question des Roms une impuissance politique plus large.

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la saucisse intello
- 19/09/2013 - 04:17
De source diplomatique.............
Ils seraient (du moins pour la PREMIERE vague !) entre 400.000 et 1 million prêts à déferler sur la France. Et à bon droit ! Et ça dés le 1er janvier 2014. Ensuite, en mars : Les municipales (pour commencer !). Selon l'expression désormais consacrée, "je sens qu'on va rire !".
la saucisse intello
- 19/09/2013 - 04:04
@ jean fume........
Non, excellent jean, pas "grossier", grossier, c'est autre chose. Pas "vulgaire" non plus, la vulgarité, c'est inné. Alors gras, paillard, truculent, coloré, là, oui, je souscris. Mais "grossier", non, je suis gravement vexé. Ceci dit, j'accepte vos regrets. Et puis tiens, une devinette : Savez-vous qui prît la suite dans la paillasse du monarque ?
vangog
- 19/09/2013 - 00:13
Les ROMS ne sont qu'une vaguelette au regard
de l'immense déferlante du crime organisé qui nous est envoyée par les ex-dictatures socialistes, de manière tres souvent préméditée!
Après avoir fait de l'inversion des valeurs et du copinage entre mafia et état socialiste, les constantes de ces démocraties populaires, ces braves ex-socialos tombés du mur se sont très vite reconvertis dans la chasse aux subventions Européennes et l'export de leurs populations criminelles.
Les ROMS ne sont qu'un maillon de la chaîne gigantesque du crime organisé qui prend naissance dans ces pays-là (Russie comprise) et qui génère tous types de trafics, armes, drogue, femmes, enfants, médicaments, cigarettes, métaux, contrefaçons...
Méfions nous, car la partie rom trop visible, car bobo-émouvante, de l'iceberg criminel est souvent mise en avant pour nous faire oublier le reste...