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François Hollande saura-t-il tenir à Paris le même discours qu'à Leipzig?
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Revue d'analyses financières

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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En France, François Hollande semble avoir lu notre chronique de la semaine dernière intitulée « Ce que François Hollande aurait du dire si sa conférence de presse avait été l’assemblée générale de ses actionnaires » dans laquelle nous lui recommandions de s’intéresser de près aux mesures prises entre 2003 et 2005 par le chancelier socialiste Schröder, pour relancer le marché du travail.

Pas longtemps après, François Hollande était en Allemagne à Leipzig pour rendre hommage aux socialistes  du SPD allemand à l’occasion de l’anniversaire de leur parti.

Dans son discours de Leipzig il a fait l’éloge du social libéralisme et des réformes décidées par l’ancien chancelier il y a dix ans. Cela pourrait donner à penser qu'il a maintenant bien assimilé qu’au moment où la France s’engageait sous l’impulsion de Dominique Strauss-Kahn et de Martine Aubry dans la mauvaise direction des 35 heures, l’Allemagne au même moment, adoptait un ensemble de mesures notamment sur le travail (Lois Hartz) qui expliquent en grande partie le succès de l’économie allemande et le déclin de l’économie française. Il faut espérer que de retour à Paris il saura convaincre ses amis du Parti Socialiste, comme Gerhard Schröder avait su le faire avec le SPD allemand…

Curieusement, ce n’est pas le seul signe positif de la semaine,  puisque dans la foulée, Jean Marc Ayrault a choisi l’emploi contre le pouvoir d’achat pour défendre l’industrie agroalimentaire qui a beaucoup de mal à répercuter la hausse des coûts dans ses prix de vente. Il s’agit d’un virage spectaculaire à 180° nouveau pour les socialistes. Pierre Moscovici enfin, a décidé de remplacer la « loi sur le salaire des patrons » par « une autorégulation exigeante ».

Si on ne peut que se féliciter de ces évolutions, il reste cependant beaucoup à faire, notamment en matière de fiscalité puisque Bercy a finalement publié le nombre de foyers fiscaux imposés à plus de 100%. Il s’élève à 8000 en raison de la surtaxe ISF et de l’absence de plafonnement !

Dans la rubrique des mauvais signes on a le sentiment que chaque fois que les media vont avoir à traiter de sujets pas sympathiques pour le Parti Socialiste (Jean Pierre Kucheida ancien député PS et maire socialiste de Liévin condamné pour abus de biens sociaux, Sylvie Andrieux élue PS de Marseille reconnue coupable de détournement de fonds, Gérard Dalongeville ancien élu du PS maire d’Hénin Beaumont, jugé pour faux et usage de faux, détournement de fonds et favoritisme), on voit réapparaitre curieusement des dossiers concernant l’opposition comme s’il s’agissait de  faire contre-feu.  Dans l’affaire  Christine Lagarde /Tapie/ Crédit Lyonnais, la mise en examen de Christine Lagarde avait été largement annoncée.  Elle n’a pas eu lieu. Cette coïncidence pourrait donner à penser que le calendrier judiciaire n’est pas imperméable aux vicissitudes de la vie politique…

En Allemagne, la consommation rebondit avec une hausse des achats des ménages de 0,8% au premier trimestre. Face à une baisse des investissements des entreprises, c’est une bonne nouvelle que les allemands gardent le moral dans un environnement économique européen sinistré. Le secteur de l’immobilier est en plein boom, car les ménages allemands sont débarrassés de la crainte de perdre leurs emplois. Pour le moment Guido Westerwelle, le chef de la diplomatie allemande est plutôt réservé sur les dernières propositions de François Hollande en matière de mise en commun des dettes européennes. Rien ne pourra avancer tant que l’économie française et en particulier le problème du chômage des jeunes n’aura pas trouvé un début de solution.

En Europe, on est éberlué par les propos tenus par Jean Claude Trichet ancien Président de la BCE sur l’Euro. Selon lui il n’y a pas eu de crise de la monnaie Euro mais une crise de la zone Euro. Charles Gave Président de l’Institut des Libertés n’est pas du tout de son avis et tous les papiers postés sur le sujet se trouvent sur : http://institutdeslibertes.org/category/economie/

Encore de l’optimisme pour les gérants de M&G

M&G société de gestion britannique qui fait partie du groupe Prudential a organisé la semaine dernière à Londres une réunion investisseurs où les gérants de la maison se sont prononcés sur les perspectives de leurs fonds.

Matthew Vaight  gérant en charge des investissements sur la Chine, a fait remarquer qu’en 2007 le niveau de valorisation du marché actions chinois impliquait un taux de croissance implicite des bénéfices des sociétés de 28% par an.  On est tombé à 4%. Il estime que les actions chinoises sont maintenant valorisées de façon attractives mais que les affaires liées à la consommation domestique sont désormais bien payées.

Graham French gérant sur  les pays émergents pense qu’il faut se positionner sur la prochaine phase de croissance notamment dans l’alimentation (Danone, Kirin, Unilever) ; les biens de consommation (Colgate Palmolive, Elizabeth Arden, Villeroy et Boch) ; les composants alimentaires (Kerry Group, Süd Zucker, Symrise) ;l’agriculture (K+S, Monsanto, Uralkali) ; la logistique et les infrastructure (DP World, G4S, UPS)

Almed Smith gérant sur les Etats Unis estime que les thèmes porteurs de la prochaine décennie sont : la révolution des gaz de schistes, l’innovation technologique, la réindustrialisation de l’Amérique et la sortie de la bulle immobilière. Charles Aniss, en Europe, arrive à trouver  des opportunités dans le domaine des petites sociétés. Les cinq premières lignes de son portefeuille de sont : Glanbia, United Drug, Amer Sports, et DCC.

Au Japon, la chute de la bourse de Tokyo intervenue la semaine dernière a ressemblé à un mini krach avec -7,3% de baisse dans la séance de jeudi dernier. Cet événement reflète la fébrilité des marchés, alors que la reprise mondiale est loin d’être stabilisée. Pour Julian Jessop de Capital economics, Il est probable que le catalyste de la baisse du Yen est désormais épuisé. Pour que le marché continue de monter il faudrait des perspectives économiques un peu plus enthousiasmantes.

En Amérique Latine, Charles Biderman et Juliette Alves les gérants du fonds Comgest Growth Latin America ont expliqué pourquoi selon eux, le marché brésilien est de nouveau attractif avec des sociétés comme Odontoprev (assurance dentaire) , Natura (la marque de cosmétiques préférée des brésiliennes) , Embraer (troisième constructeur mondial d’avions) qui a gagné beaucoup de part de marché contre le canadien Bombardier.

Inquiétudes sur les obligations

La moitié de l’encours obligataire mondial rapporte désormais moins de 1%, ce qui oblige tous les gérants institutionnels du monde à prendre des risques exotiques pour obtenir du rendement. C’est pourquoi les obligations des pays émergentsfont l’objet à chaque émission d’une forte demande. Une émission de 400M$ lancée par le Ruanda pour financer son centre de conférences internationales de Kigali a été couverte plusieurs fois. Dans l’histoire des marchés ce genre de situation se termine souvent avec l’éclatement d’une bulle.

Une crise du marché obligataire japonais semble aussi inévitable. Les obligations sont valorisées à partir d’un taux sans risque qui est proche de zéro, ce qui ne peut durer éternellement.  Pour Kyle Bass gérant de hedge fund, il faut être particulièrement vigilant .

La hausse du dollar déstabilise les monnaies asiatiques

Les devises asiatiques ont nettement baissé contre le dollar juste après l’annonce des mesures de la Banque du Japon. La hausse de la devise américaine a été encore plus forte contre le Rand Sud Africain et la Lire Turque.

En Europe, les pays du Nord qui ne font pas partie de l’Euro commencent à souffrir de la hausse de leur devise. En Suède, les sociétés exportatrices commencent en raison de la hausse de la Couronne Suédoise à enregistrer une baisse de leurs résultats.

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