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Revue de presse des hebdos

Guéant : petites affaires en famille, révélations, Sarkozy "inquiet", Hollande "zen" mais prêt à remanier

Publié le 09 mai 2013
"Zen" malgré la tempête, le président a d'ores et déjà inscrit le remaniement à son calendrier - qu'il tient secret. Sarkozy, lui, est inquiet de la tournure que prend "l'affaire Guéant" sur laquelle "Le Point" nous en apprend de belles cette semaine...
Barbara Lambert a goûté à l'édition et enseigné la littérature anglaise et américaine avant de devenir journaliste à "Livres Hebdo". Elle est aujourd'hui responsable des rubriques société/idées d'Atlantico.fr.
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"Zen" malgré la tempête, le président a d'ores et déjà inscrit le remaniement à son calendrier - qu'il tient secret. Sarkozy, lui, est inquiet de la tournure que prend "l'affaire Guéant" sur laquelle "Le Point" nous en apprend de belles cette semaine...

Happy birthday, Mr President ! Un an après l’élection de François Hollande, les sondages-bilans pleuvent, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas riants. “ Désormais, (le chef de l’Etat) compte plus de mécontents à gauche (49 % de défiance) que de soutiens (46 %), indique “ Le Point ” dans son baromètre Ipsos. Parallèlement, il bat à nouveau son record d’impopularité avec 72 % (+ 2 points en un mois) d’opinions défavorables contre seulement 25 % de sondés portant un jugement favorable sur sa première année de mandat. La situation est aggravée par le fait que les opinions “ très défavorables ” atteignent 38 % ! Chez les sympathisants PS, ils sont encore 58 % (en baisse de 5 points) à le soutenir là où Nicolas Sarkozy, au pire de son quinquennat, avait toujours pu compter sur 67 % de bonnes opinions auprès des sympathisants UMP ”. Ah, c’est pas cotillon, ce premier anniversaire…

Le sujet Hollande ne fait pas vendre les hebdos

Bonne nouvelle ? Les misères du chef de l’Etat ne font pas les affaires de la presse hebdomadaire. “ Un an après l’arrivée au pouvoir de François Hollande, les éditeurs de presse font grise mine, constate “ Challenges ”. Le président de la République déserte la une des grands magazines d’actualité, et pour cause : les ventes ne suivent pas. Le leader des “ news ”, “ Le Nouvel Observateur ” (propriétaire de “ Challenges ”), n’a pas mis le chef de l’Etat à sa une au premier quadrimestre. L’hebdomadaire “ Le Point ”, dirigé par Franz-Olivier Giesbert et Cyrille Duval, a fait à peine mieux que sa moyenne de ventes avec sa couverture du 28 février “ Le louvoyeur ” : 75 000 exemplaires au numéro, pour une moyenne de 72 000. “ Ce qui a le mieux marché depuis le début de l’année, c’est notre une “ Pépère est-il à la hauteur ? ” le 11 avril, écoulée à 88 000 exemplaires, note Cyrille Duval, qui ne s’emballe pas. Avant, ce genre de une, c’était 100 000 exemplaires d’office ”. Les ventes en kiosques du “ Point ” reculent de 5, 5 % depuis janvier ”. Pas de quoi se réjouir… En même temps, on ne va pas pleurer la fin des unes accrocheuses-raccoleuses qui cognent pour cogner et n’apportent rien en termes d’information. Ce recul des ventes provoquera-t-il une crise de conscience salutaire dans la presse hebdomadaire ? Un retour aux “ fondamentaux ”, type enquêtes de fond — longues, c’est vrai, à réaliser, mais ô combien plus “ nourrissantes ” et surtout plus saines, à tout point de vue ? Nous verrons bien…

François Hollande seul à la une de “ Match ”

“ Paris-Match ” vendra-t-il bien son numéro du 8 mai ? Les paris sont ouverts… Pour fêter sa première année d’exercice, surprise !, le président a décidé d’accorder un entretien exceptionnel au magazine dont il fait la une — seul, sans Valérie, qu’on retrouve une seule fois en photo dans le reportage de dix pages. “ A l’heure où sa popularité plonge dans les sondages, commence “ Match ”, le président de la République se montre zen… même s’il est un peu moins souriant et enclin à l’humour qu’à l’accoutumée. Simplement, il se dit “ tranquille, apaisé, doté de sang-froid ”, comme il sied à un président normal. Et il insiste “ de combat ”. (…) Il comprend les déçus du hollandisme mais tient à les rassurer : “ Comment s’étonner que, au bout d’un an, les Français doutent, s’interrogent et s’impatientent alors que les résultats ne sont pas encore là et ne pourront pas l’être avant la fin de cette année, lorsque — je le maintiens — la courbe du chômage va s’inverser ? ” ”. Oui, comment ?

Quand on lui parle de manque d’autorité, tout d’un coup, il se cabre

Le news le fait observer cependant : “ La sévérité du jugement de l’opinion à l’égard de l’exécutif n’a pas qu’une cause économique ou sociale. Certes, les Français sont une majorité à trouver leur président humain, honnête et sympathique, mais ils lui reprochent un manque de charisme et, surtout, une absence d’autorité. A cet instant-là, il se cabre. Se souvenant des critiques adressées à Nicolas Sarkozy, il attaque : “ Pour moi, l’autorité consiste à prendre les bonnes décisions. Ce n’est pas de parler fort, dur, parfois même cru sans changer l’état du pays ”. Puis, il se défend : “ Qu’ai-je fait depuis un an ? J’ai convaincu nos partenaires européens de donner plus d’importance à la croissance, j’ai engagé le pacte de compétitivité, j’ai réformé le marché du travail grâce à l’accord entre les partenaires sociaux, j’ai imposé la transparence avec la publication des patrimoines par les ministres eux-mêmes, j’ai retiré, comme je l’avais promis, les forces d’Afghanistan avant le terme fixé, j’ai décidé d’intervenir au Mali, non seulement pour sauver un pays ami mais aussi toute l’Afrique de l’Ouest ” ”.

Pour aller plus vite, le gouvernement va davantage légiférer par ordonnance

“ Nul doute qu’il a agi. Alors pourquoi n’en récolte-t-il pas les fruits ?, se demande “ Match ”. Il avance une raison : “ Dans un quinquennat, ce qui n’est pas mis en route la première année risque de ne pas l’être après. D’où ma volonté d’engager beaucoup de réformes, ce qui peut donner parfois une difficulté de lecture à l’opinion publique ”. Et, à l’entendre, les réformes vont continuer, pour certaines même au pas de charge. Pourquoi ? François Hollande fait cette confession fondamentale : “ C’est une grande leçon de la première année de mon quinquennat. Le temps des processus législatifs et règlementaires n’est plus adapté au temps de la vie des Français et aux exigences des entreprises. Il faut aller plus vite ”. Il annonce donc que le gouvernement, habilité par le Parlement, va légiférer davantage par ordonnance. Cécile Duflot vient de l’annoncer pour la mise en œuvre en urgence de la construction de logements. Une partie de la loi sur le mariage pour tous sera aussi accélérée par ordonnance. Et François Hollande fait savoir qu’il souhaite recourir à la même méthode des ordonnances pour un grand plan de simplifications administratives qui permettra notamment d’assouplir les règles et les contraintes ralentissant les opérations d’investissement si cruciales pour la croissance ”. Ah, bé, ça mérite d’être noté, ça.

Le remaniement acté

“ Avec quel gouvernement compte-t-il ainsi accélérer l’allure ?, lui demande, fine guêpe, “ Paris-Match ”. Il répond : “ Un jour, des choix et des aménagements auront à être faits. Mais j’ai besoin de tous ”. Le flamboyant Arnaud Montebourg, qui n’hésite pas à insulter le Premier ministre et à émettre des doutes sur la politique économique est-il protégé par ses 17 % à la primaire socialiste ? Le patron avertit : “ Personne n’est protégé dans le gouvernement. Personne n’a d’immunité ”. (…) Il confirme indirectement que Jean-Marc Ayrault restera à Matignon. Le seul qu’il félicite nommément est son ministre de l’Intérieur pour sa politique de sécurité. (…) Inutile de chercher à lui demander son calendrier. Il le garde secret, comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus des 37 ministres : “ Le remaniement viendra en son temps. Aujourd’hui, ce sont des résultats que les Français attendent. Cette équipe doit en produire sur le chômage, le logement, la consommation, l’éducation, la place de la France dans le monde. Chacun sera jugé sur ses résultats, et moi le premier".

La “ nouvelle bande des quatre ” de Hollande

Signe que le remaniement n’est peut-être pas qu’“ acté ”, mais déjà bel et bien en chantier ? “ Le Nouvel Obs ” nous informe que le président a constitué une “ nouvelle bande des quatre ”. “ Ils ont dîné ensemble dimanche 28 avril au ministère du Travail, raconte le mag. Trois jours plus tard, le 1er mai, à l’heure du déjeuner, ils se sont retrouvés autour d’une table, à l’Elysée, avec François Hollande. Au sein du gouvernement Ayrault, dont le bail a été confirmé, les ministres qui étaient les plus proches de l’ex-candidat socialiste sont en train de constituer le nouvel état-major politique de la majorité. Au cœur de ce dispositif, Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, Vincent Peillon, le ministre de l’Education nationale, Pierre Moscovici, le vrai maître de Bercy, et Michel Sapin, le ministre du Travail ”. Et on en sait plus ?

L’action du gouvernement resserrée autour de quatre pôles

Oui, da. “ Mercredi, explique le journal, ils ont présenté au président l’état de leurs réflexions autour de quatre pôles qui doivent structurer l’action du gouvernement au cours de l’année à venir. Le calendrier parlementaire, jugé par tous “ complètement dément ”, a été revu du fond en comble. C’est Le Foll qui, dans ces échanges, a été le plus direct et le plus dur avec celui dont il fut le principal collaborateur à Solférino. “ François était très cool et en même temps très lucide. Il a totalement conscience de ses propres erreurs et il accepte d’en parler sans détour ”, explique un des participants, qui a désormais le sentiment que Hollande remaniera son propre cabinet, à l’Elysée, avant de retoucher le gouvernement. Et Ayrault dans tout ça ? Réponse du même : “ Qu’il reste à Matignon ! ” ”. Voilà qui confirme ce que disait “ Match ”.

Le “ Manifeste des économistes ”

Histoire de mettre de l’huile dans les rouages et d’aider le président accablé de toutes parts à y voir plus clair, “ Challenges ” publie cette semaine un “ Manifeste des économistes ” qui préconisent dix mesures pour “ accélérer la modernisation de la France, mobiliser les énergies et permettre un retour à la croissance en s’attaquant prioritairement aux freins à l’emploi ”. “ Le sondage BVA-“ Challenges ”-Axys confirme la déception des Français, indique l’hebdo. Le candidat les a fait rêver avec “ le changement, c’est maintenant ”, or ils trouvent, à 54 %, que les réformes ne vont pas assez loin. Plus de courage ! C’est le sens de notre manifeste ”, explique le journal.

Les “ deux mesures chocs ” de Hollande ne sont pas celles dont la France a besoin

“ Certes, cette première année n’a pas été inutile, reconnaît “ Challenges ”. François Hollande a porté deux mesures chocs, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et la réforme du marché du travail, qui ont marqué une orientation vers une “ politique de l’offre, une rupture culturelle pour la gauche ”, résume Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank. Deux initiatives proentreprises qui n’étaient pas au programme du candidat à la présidentielle. Mais, pour les experts de l’Observatoire des politiques publiques (groupe d’économistes créé en septembre 2011 pour faire le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy, ndlr), le compte n’y est pas. “ Ce ne sont pas les réformes structurelles dont la France a besoin, assène Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique. Comme Nicolas Sarkozy, qui avait lancé son “ paquet fiscal ”, François Hollande a d’abord distribué des ressources, les 20 milliards du CICE et les contrats aidés pour les jeunes ”. Quant à l’accord “ historique ” signé le 11 janvier par le patronat et les syndicats, “ il n’aura aucun impact sur le chômage, car il concerne uniquement les grandes entreprises ”, regrette André Zylberberg, directeur de recherche au CNRS ”.

Les grands chantiers sont ouverts, mais il manque “ le souffle ”

“ Toutefois, les gros chantiers des retraites, de la réforme de l’Etat ou de la formation professionnelle sont officiellement ouverts par le gouvernement, note l’hebdo. “ Mais on ne sent pas de souffle réformateur, déplore Zylberberg. A son arrivée, Nicolas Sarkozy affichait plus fermement sa volonté réformatrice, même si beaucoup de ses réformes ont été ratées ”. La “ grande réforme fiscale ” de Hollande s’est ainsi résumée à une rafale de hausses d’impôts et à un alignement, très controversé, de la taxation des revenus du capital sur ceux du travail. Quant aux collectivités locales, le “ nouvel acte de la décentralisation ” est loin de s’attaquer au millefeuille territorial — ce que préconise Romain Pasquier, expert du sujet ”.

Hollande aura-t-il le courage de lancer des réformes “ défendues aux trois-quarts par les Français ” ?

“ Alors, le président osera-t-il engager ce mouvement réformiste ?, s’interroge “ Challenges ”. Imposer le contrat unique aux syndicats, fusionner régions et départements ou lancer une réorganisation profonde de l’Etat exigeraient un sacré courage politique. “ La stratégie choisie est celle de la prudence, en espérant que le chômage diminue dans les deux ans grâce à l’amélioration de la conjoncture ”, relève Pierre Cahuc. “ Pour l’heure, le coût politique est jugé trop élevé ”. Peut-être François Hollande changera-t-il d’opinion au vu de la suite de notre sondage : les trois quarts des réformes de notre manifeste sont défendues par les Français ; ils pensent majoritairement qu’elles auraient “ un impact important pour aider le pays à sortir de la crise ”. Même des choix difficiles — porter la durée des cotisations retraite à 44 ans — sont avalisés ”. C’est pas encourageant, ça, François ?

Hollande courra-t-il le risque d’être un Gerhard Schröder bis ?

D’autant que “ Ce coup d’accélérateur sur les réformes présenterait de sérieux avantages collatéraux, observe le mag. D’abord, dans les négociations avec l’Allemagne. “ Cela rendrait Angela Merkel plus bienveillante pour nous accorder un ballon d’oxygène supplémentaire en 2013 et 2014 ”, promet Philippe Aghion. (…) Ensuite, c’est par ces réformes que François Hollande peut aller chercher la croissance qui lui fait défaut. Déverrouiller les secteurs protégés, supprimer les charges sur les bas salaires ou instaurer une fiscalité incitative sortiraient la France de la stagnation. Certes, le chef de l’Etat n’est pas sûr d’en recueillir les fruits, ces réformes mettant de longues années avant de produire leurs effets. Et il n’a pas oublié que Gerhard Schröder avait perdu les élections après avoir lancé son agenda réformateur. Mais le chancelier allemand avait fait l’erreur de lancer son big bang tardivement, lors de son second mandat. Pour réformer et moderniser la France, François Hollande a encore quatre ans devant lui ”. Ca laisse une petite marge… ah, cruel dilemme !

Claude Guéant en voyage d’affaires

Et sur le front des “ affaires ”, quelles nouvelles ? “ Le Point ” se penche cette semaine sur “ les drôles d’amis de Claude Guéant ”, mais aussi, incidemment, sur sa famille, et en particulier sur son gendre. “ Claude Guéant n’a pas a priori le profil de l’affairiste, note l’hebdo. Même si certains épisodes de sa vie révèlent un tout autre personnage. A l’automne dernier, alors qu’il n’avait pas encore posé sa plaque d’avocat, Claude Guéant était déjà en voyage d’affaires en Guinée équatoriale. Une étrange virée en compagnie d’un improbable équipage. Ce 20 octobre, dans les salons rococo de la présidence, Teodoro Obiang reçoit Claude Guéant, qui joue les ouvreurs de portes pour Serge Bitboul, patron de Sky Aircraft, une société en redressement judiciaire. Le PDG compte sur la générosité du petit Etat pétrolier pour sauver son Skylander, un petit avion de surveillance qui depuis dix ans n’arrive pas à décoller malgré les 20 millions d’euros de subventions injectés par le conseil régional de Lorraine. Assis en retrait, un homme à petites lunettes boit les paroles du président Obiang. Ce convive studieux n’est autre que le gendre de Claude Guéant, Jean-Charles Charki ”. Oh, mais que fait-il donc là ?

Le 34, avenue George V, centre d’affaires de la famille Guéant

“ Depuis qu’il a épousé Marie-Sophie Guéant, explique le journal, le jeune banquier d’affaires formé chez Merrill Lynch fait fructifier l’épais carnet d’adresses de son beau-père au Moyen Orient et en Afrique centrale. En 2010, au moment où le secrétaire général de l’Elysée est à l’apogée de sa puissance, Jean-Charles Charki crée avec son épouse LPA Holding. Une structure discrète enregistrée au domicile du couple, qui détient en poupées russes la société de consulting Iota. Officiellement, cette microbanque d’affaires joue les intermédiaires entre les entreprises désireuses de s’implanter en Afrique et les autorités locales. Difficile d’en savoir plus sur les activités de MM. Charki et Guéant, qui, sollicités à de multiples reprises, n’ont pas voulu répondre au “ Point ”. Seule certitude, le 34, avenue George V est le centre d’affaires de la famille Guéant. L’immeuble, situé à deux pas des Champs-Elysées, abrite non seulement la société Iota mais aussi le cabinet d’avocats créé par Claude Guéant avec son fils François ”. Au moins, l’ancien secrétaire général de l’Elysée a le sens de la famille…

Le gendre de Guéant en affaires avec Alexandre Djouhri ?

Revenant sur les liens de Claude Guéant avec l’homme d’affaires Alexandre Djouhri, “ Le Point ” retombe étrangement sur Jean-Charles Charki… “ C’est surtout l’incroyable talent d’entremetteur d’Alexandre Djouhri qui fascine aujourd’hui encore l’ancien préfet, commence le mag. Ne dit-on pas que l’intermédiaire a apporté sur un plateau le contrat de vente à la Russie de deux porte-hélicoptères Mistral pour plus d’un milliard d’euros ? Depuis que son fils Germain a épousé la fille d’un proche de Poutine, Serguei Chemezov, Djouhri a élargi à l’Est son cercle d’affaires, indique le mag. Homme clé du complexe militaro-industriel russe, Chemezov s’est dépensé sans compter pour convaincre le Kremlin d’acheter les bateaux français. Un an avant la signature du juteux contrat, le Russe était à l’honneur lors d’un dîner de gala dans la salle des Fêtes de l’Elysée. Autour de la table, Djouhri père et fils, qui assistèrent le lendemain à la remise de la Légion d’honneur à leur ami, fait chevalier par Nicolas Sarkozy. Le gendre de Guéant a-t-il au passage profité des contacts de la famille Djouhri à Moscou ? Jean-Charles Charki soutient mordicus qu’il n’a jamais été associé avec Alexandre ou Germain ”. Mais “ Le Point ” ne semble pas tout à fait convaincu…

Charki à la tête d’une filiale du géant russe Gazprom

“ C’est donc un pur hasard, ironise-t-il, si l’on retrouve Charki en affaires avec le géant russe Gazprom au Congo. Depuis 2010, sa société, Iota, est à la tête d’un étonnant consortium dans lequel apparaît Gazprombank Liban. Joint par “ Le Point ”, Samy Maroun, qui jusqu’à l’année dernière dirigeait à Beyrouth cette filiale du géant de l’énergie, explique : “ Jean-Charles Charki nous a approchés pour réaliser avec sa société, Iota, et d’autres une étude de faisabilité sur la création de zones économiques spéciales au Congo. Le gouvernement de Brazzaville nous a confié le projet, pour lequel nous rendons le rapport final la semaine prochaine ”. Forcément, ça laisse pas mal de questions en suspens… Il y en a d’autres, remarquez…

Charki en affaires avec Bachir Saleh ?

Si les liens de Jean-Charles Charki avec la famille Djouhri ne sont pas forcément clairs, ceux qu’il pourrait avoir eus avec Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, que Guéant a fait “ discrètement exfiltrer alors qu’il (était) sous le coup d’une notice rouge d’Interpol ” (voir les revues de presse des 24 mai et 20 septembre 2012), ne le sont pas forcément non plus… “ Saleh a-t-il aidé la famille Guéant en affaires ?, se demande l’hebdo. “ Le Point ” a découvert qu’en 2009, alors que son beau-père était secrétaire général de l’Elysée, Charki s’était occupé pour le compte du gouvernement tchadien de la privatisation de la société nationale des télécoms. L’entreprise sera rachetée l’année d’après par le Libyan African Portfolio, une filiale du fonds souverain libyen dirigée par… Bachir Saleh. Réfugié en Afrique du Sud, l’ex-homme de confiance du colonel garde pour l’instant ses secrets ”. Pas sûr qu’on en voie un jour la couleur, mais bon… ça en fait, mine de rien, des liens troubles et troublants, insoupçonnés, tout d’un coup mis à jour… Merci, en tout cas, “ Le Point ”, d’avoir creusé, pris le temps d’ “ enquêter ” : ça fait du bien. Tu continues, hein ?

Affaire Guéant : Sarkozy inquiet

Mais on n’a pas fini de parler de “ l’affaire Guéant ”. D’après “ Le Point ”, toujours, elle “ inquièterait ” beaucoup l’ancien président de la République… “ Fallait-il que sa défense soit à ce point “ nulle ” pour que Nicolas Sarkozy prenne son téléphone, le rabroue comme il y a dix ans et lui prodigue, à lui le récent avocat spécialisé dans le “ conseil stratégique ” (sic), une leçon de riposte médiatique ?, s’interroge l’hebdo. En ce 1er Mai, l’ancien président de la République n’a pas de mots assez durs pour qualifier la stratégie de Claude Guéant, qui a multiplié les interviews jusqu’à s’enferrer dans des explications pour le moins embrouillées. (…) L’ex-président prend très au sérieux cette “ affaire Guéant ”, du nom de celui qui fut son principal collaborateur durant dix ans, perquisitionné dans le cadre d’un financement occulte de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Animé par l’idée que François Hollande tentera tout pour empêcher son retour en politique, Sarkozy s’imagine que la justice pourrait céder à des déductions hâtives. En ciblant Claude Guéant, c’est sa personne, se convainc-t-il, qui, par un vulgaire ricochet, serait visée ”. Chplaf-chplaf-chplaf !

Guéant, le Bernardo de Sarko

“ L’ancien secrétaire général de l’Elysée, explique le journal, a été, en effet, plus qu’un conseiller pour lui, un confident, l’homme des affaires de l’ombre et des fréquentations sensibles, un porte-parole, porte-flingue, protecteur, souffre-douleur, aussi muet que le Bernardo de Zorro, toujours dévoué et joignable à toute heure. “ Guéant est quelqu’un qui n’a pas de pulsions, pas de passions. Il n’exprime rien. La fatigue, les sautes d’humeur, il ne connaît pas. Si vous ne lui indiquez pas qu’il est l’heure de manger, il ne vous réclame rien, rapporte un ancien conseiller de l’Elysée. Si Sarkozy lui demandait de faire fusiller un innocent, il le ferait. Sa personne n’est rien, son principe est tout ”. On en tremble ”. Comme tu dis !

“ Moi, je creuse le trou, et Claude creuse le tunnel ”

“ En entretien avec un chef d’Etat étranger ou avec un conseiller général, Sarkozy l’avait toujours à ses côtés, poursuit “ Le Point ”. “ Lui, c’est moi ”, affirmait-il par moments au sujet de celui qui fut l’exécuteur de moult missions, de l’entretien des réseaux Françafrique jusqu’à la réorganisation de la filière nucléaire. Dès lors que “ Claude ” parlait, à la télé ou en réunion, on entendait le président. (…) Un jour, pour définir son rôle à l’Elysée, on se permit, en sa présence, de le comparer à un pluvian, ce petit échassier du Nil qui nettoie de son bec la mâchoire du crocodile. L’intéressé avait souri. Rougi de satisfaction, aussi. Nicolas Sarkozy — le crocodile — avait, lui, trouvé une autre image, sans doute plus significative : “ Moi, je perce le trou, et Claude creuse le tunnel ”. C’est bien ce que les juges, aujourd’hui, s’emploient à savoir ”.

A lire, encore

D’après “ L’Express ”, Jean-Marie Le Pen aurait décidé de faire le grand saut et… d’écrire ses Mémoires. Big news, qui donne lieu à un article de quatre pages… à la lecture desquelles on apprend qu’il n’a pas d’éditeur et, plus embêtant encore, qu’il ne peut se résoudre à prendre la plume de peur de mourir tout à fait. Heu, quatre pages pour ça ? On n’a pas tout compris, là… A la semaine prochaine, les dévoreurs d’info ! A samedi, les gourmands de pipoleries ! Et bon pont à tous, si vous le faites — ce qu’on vous souhaite...

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otello
- 11/05/2013 - 15:28
Faites môme moi
Faites comme moi lisez les articles de madame
Lambert et hop,à la poubelle,ils sont inintéressants ,du déjà vue et du déjà lu.moi ça fait belle lurette que je ne les lis plus.je ne lis que les commentaires des internautes bien plus interessant
castrofidel
- 11/05/2013 - 14:44
@Vincennes
Attention à la surchauffe et à la crise cardiaque. Vous ne tiendrez jamais un quinquennat à ce rythme-là …
Détendez-vous, allez voir les cyclistes le dimanche au bois de Vincennes, ils virent toujours à droite, jamais à gauche.
myc11
- 11/05/2013 - 14:17
Tant de casseroles mises au placard sous Hollande,
La presse est-elle à ce point vendue achetée? On n'imagine pas une seconde cet état de grâce fût-on sous la présidence Sarkozy. Il y a anguille sous roche, pour que la presse s'y mette à endormir le public en rangeant les casseroles sous Hollande alors qu'elle essaie de réveiller "celles" imputées à Sarkozy, dont on attend la preuve. Deux poids deux mesures.