En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© PETER PARKS / AFP
Minute Tech

SXSW : le hackback au cœur du festival (si vous ne comprenez rien à ce titre, cliquez quand même, il y a des choses à apprendre...)

Publié le 12 mars 2018
Le Festival SXSW d’Austin, a de quoi satisfaire tous les publics : il y a autant de groupes et de chanteurs de R&B, de Rock de Folk, de Funk et de Pop, que de Hip-Hop ou de heavy métal. Mais le SXSW, c’est aussi un lieu unique de rencontres autour de discussions sur des thématiques tendances, servi par un panel d’intervenants exceptionnels, à commencer par Elon Musk en personne cette année. Cependant qu’en coulisses, tout le monde parle de la pratique du « hack back » : la cyber-riposte aux agressions digitales !
Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Franck DeCloquement
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le Festival SXSW d’Austin, a de quoi satisfaire tous les publics : il y a autant de groupes et de chanteurs de R&B, de Rock de Folk, de Funk et de Pop, que de Hip-Hop ou de heavy métal. Mais le SXSW, c’est aussi un lieu unique de rencontres autour de discussions sur des thématiques tendances, servi par un panel d’intervenants exceptionnels, à commencer par Elon Musk en personne cette année. Cependant qu’en coulisses, tout le monde parle de la pratique du « hack back » : la cyber-riposte aux agressions digitales !

Les SXSW Festivals, de quoi s’agit-il au juste ? Quels sont les grands thèmes abordés dans cette nouvelle édition SXSW 2018 d’Austin ?

Franck DeCloquement : Les SXSW d’Austin, pour « South by Southwest Music Conference and Festival », sont avant toute chose une manifestation mythique qui rime avec créativité, innovation et passion. Tous les participants en ressortent vidés, tellement ce qui s’y passe est intense, impliquant et fort. Aujourd’hui, Austin est une ville universitaire qui aussi devenu une capitale de la musique, mais également un incubateur de nouvelles technologies ou sont implantées les sièges sociaux d’entreprises à la renommée internationale. En somme, l’endroit rêvé où tenir un évènement d’envergure tel que celui-ci prend tout son sens. Ce qui le classe immédiatement parmi les festivals les plus importants des Etats-Unis d’Amérique. À n’en pas douter, un moment de très haute intensité pour tous ceux qui y célèbrent autant la musique que les films, et les nouvelles technologies. Et cela se passe tous les ans au mois de mars, depuis 1987. Un record de longévité en soi. 
 
Comme toujours, le panel des thèmes abordés cette année aux SXSW interactive 2018 est assez large et tourne autour d’idées forces : « des idées d’aujourd’hui pour les technologies de demain ». Médias interactifs, réseaux sociaux, nouvelles pratiques, nouvelles tendances et nouvelles technologies sont au centre de ce bouillonnement de réflexions. « Des petits génies aux idées toujours pétillantes y présentent leurs nouveaux jeux vidéo innovants, leurs dernières idées et trouvailles connectées, et leurs sites Internet de compet’. En soi, le paradis de tous les Geek de la planète qui se respectent, tout en restant cependant accessible à tous », comme l’indique avec malice le site French District.
 
Cette année, Elon Musk, cofondateur de Tesla et fondateur de SpaceX, a fait une apparition surprise et très remarquée sur le panel Westworld à SXSW. Après avoir été repéré par Jonathan Nolan, le cocréateur de la série HBO Westworld, Musk est monté sur scène pour encourager les gens. Pendant sa prestation, il a en outre parlé de l'excitation qu’avait été pour lui le fait d’avoir envoyé dans l'espace une Tesla rouge, avec un mannequin en costume d’astronaute à l’intérieur. Sans aucun doute, une référence visuelle patente très « rock » à l’iconographie de du célèbre magazine Français de bande dessinée de science-fiction « Metal Hurlant » (et de sa version américaine « Heavy Metal »), édité par « Les Humanoïdes Associés » de janvier 1975 à juillet 1987, et popularisée à travers le film d'animation canadien de Gerald Potterton, produit par Ivan Reitman et sorti en 1981 sur les écrans du monde entier. Mais cette année, il a aussi été fortement question de « hack back ». 
 

Mais qu'est-ce que le « hack back » et pourquoi cela suscite tant d'inquiétudes ?

« Pirater les pirates ? La vengeance ou la justice dans le cyberespace » en somme… Tel était l’objet de la conférence SXSW 2018 consacré ce sujet tendance : « avec les cyberattaques constantes sur Internet, les gouvernements exercent une pression croissante pour autoriser le « hack back », ce qui permet aux organisations du secteur privé de riposter contre leurs agresseurs. Mais en cas de mauvaise manipulation, les implications potentielles pourraient être désastreuses et conduire à un conflit international à grande échelle ». Dans cette conférence SXSW 2018, il a aussi été question du paysage juridique et du volet législatif aux États-Unis. Les arguments « pour ou contre » ont été pesés à travers de nombreux retours d’expériences sur le sujet. En outre, à quoi pourrait ressembler un cadre légal viable pour autoriser la pratique du hack back, et comment cela pourrait fonctionner ? Etait d’ailleurs présent aux côtés de Jen Ellis pour débattre sur cette thématique, Leonard Bailey : le conseiller spécial pour la Sécurité Nationale en charge à la section sur la criminalité informatique et la propriété intellectuelle, au ministère de la Justice. Rappelons aussi que les États-Unis vont peut-être changer la donne internationale, puisque le pays réfléchit d’ores et déjà à un projet de loi permettant d'octroyer aux sociétés privées un droit de riposte. Autrement-dit, à « l'autodéfense cyber ». L'idée serait d'offrir aux entreprises attaquées le droit d'accéder à l’ordinateur de l’attaquant sans son autorisation, afin d’y récolter les informations nécessaires concernant la commission possible d’activités criminelles, afin d’en remettre les preuves aux forces de l’ordre. Ou encore de perturber cette activité non autorisée. Une évolution légale qui pose de nombreuses questions, notamment à l'heure où l'attribution des attaques est de plus en plus difficile à déterminer.
 

Quelles sont les chances de voir la pratique s'exporter en France ? Et est-ce que certains ne le pratiquent déjà pas ?

Dans le contexte français, on imagine mal que puisse être autorisé une telle pratique. Le « hack back » serait en quelque l’octroi d’un droit légitime à la « cyber-riposte » pour tous ? Inenvisageable en l’état… Il n’en reste pas moins un phénomène potentiellement contagieux, et qui ne manque pas d’ores et déjà d’inquiéter très sérieusement les spécialistes de l'ANSSI (L’agence nationale pour la sécurité des systèmes d’informations). D’autant plus s’il devait soudainement verser dans un phénomène de mode mimétique… Alors que la menace des attaques informatiques se fait toujours plus présente, la question d’une forme de « cyber-riposte » conçue pour dissuader l'ennemi pourrait sembler tentante et finalement assez « rationnelle » aux yeux de certains va-t-en guerre. Mais elle ouvrirait immanquablement la voie à de très nombreuses dérives potentielles. Comment pourrait-on dès lors avoir le droit de réagir éthiquement ? Mais surtout, comment prouver aussi que notre geste de riposte serait justifié et proportionné par rapport à l'agression subie ? Alors, faut-il autoriser la pratique du « hack back », entre légitime défense et escalade violente... ? Rien n’est moins sûr. Car l’autoriser reviendrait ni plus ni moins à permettre à n'importe qui d'accéder aux systèmes informatiques des autres, en toute impunité. La France est fermement opposée à cette pratique comme le rappelle l'ANSSI, puisque seuls les États possèdent le monopole de la « légitime défense » compte tenu du risque toujours possible d’escalades violentes incontrôlables. Le hack back, qui consiste à hacker en retour, n'est inscrit dans aucun texte de loi. Ce qui revient aussi à dire qu'il est interdit aux citoyennes lambadas de se faire justice soi-même, même dans l’écosystème digital. 
 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Laeticia Hallyday boit dans la mer (mais pas la tasse) ; Voici trouve Macron très beau en maillot, Point de Vue trouve Brigitte mirifique ; Tout sur le mariage de Jenifer sauf des photos ; Crise de libido royale pour William et Kate

02.

Seniors : cette méthode qui vous permet de profiter pleinement de votre retraite

03.

Une suggestion pour Greta Thunberg : et si pour sauver la planète, on guillotinait les riches ?

04.

Arrêt de l’enquête dans les maternités de Fukushima : un non-lieu sanitaire pour le nucléaire ?

05.

Tempête dans les bénitiers : qui de Salvini ou du pape est le plus catholique ?

06.

Carlos Ghosn : enfin un ami, Francis Ford Coppola !

07.

Les épargnants français, bipolaires ?

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

Crise de foie, 5 fruits et légumes : petit inventaire de ces fausses idées reçues en nutrition

03.

Pourquoi vous devriez éviter le régime keto

04.

Laeticia Hallyday boit dans la mer (mais pas la tasse) ; Voici trouve Macron très beau en maillot, Point de Vue trouve Brigitte mirifique ; Tout sur le mariage de Jenifer sauf des photos ; Crise de libido royale pour William et Kate

05.

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

06.

Services secrets turcs : les hommes des basses œuvres du président Erdogan

01.

La guerre de France aura-t-elle lieu ?

02.

G7 à Biarritz : ces inégalités croissantes dans les pays occidentaux dont les progressistes ne veulent pas entendre parler

03.

Ces quatre pièges qui pourraient bien perturber la rentrée d'Emmanuel Macron (et la botte secrète du Président)

04.

Record de distribution des dividendes : ces grossières erreurs d'interprétation qui expliquent la levée de bouclier

05.

Rencontres diplomatiques : Boris Johnson pourrait-il profiter du désaccord entre Paris et Berlin sur le Brexit ?

06.

Un été tranquille ? Pourquoi Emmanuel Macron ne devrait pas se fier à ce (relatif) calme apparent

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires