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Quand les requins s’inquiètent, quand le King retrouve son micro et quand la flasque de malt écossais se travaille en Suisse: c’est l’actualité des montres

Publié le 10 mars 2017
Mais aussi le temps cousu d’intelligence d’un maillon d’ancre, les heures pop d’une petite Française impertinente et le rêve d’une haute horlogerie tricolore…
Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de...
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Mais aussi le temps cousu d’intelligence d’un maillon d’ancre, les heures pop d’une petite Française impertinente et le rêve d’une haute horlogerie tricolore…

HERMÈS: L’air du temps dans une ancre qui prend des couleurs…

La montre Cap Cod d’Hermès, c’est, depuis plus d’un quart de siècle, l’histoire d’un carré dans un rectangle, avec ce qu’il faut de courbes pour fluidifier les formes et ce qu’il faut de cuir pour s’inscrire dans la tradition sellière de la marque. Le tout fonctionne aussi bien au masculin qu’au féminin, ce qui n’est pas si fréquent. Les puristes vont diront que le dessin du boîtier est inspiré par ce maillon d’une chaîne d’ancre dont Hermès a fait un de ses repères identitaires. À partir de ces principes fondateurs, dont la force est capable de résister non seulement aux outrages du temps, mais aussi aux délires des créatifs, il suffit d’avoir un peu d’imagination. Entre le bleu de Malte, le veau étoupe et le rouge Hermès, les modèles féminins de cette année jouent sur deux tableaux (boîtier de 33 mm et mouvement à quartz) pour proposer une des montres les plus élégantes du printemps. On peut aussi opter pour quelques « bracelets de force » – des « manchettes » très Hermès forcément – ou pour des modèles masculins plus « horlogers », avec des mouvements mécaniques de grande classe et des finitions de cadran très soignées. On l’aura compris : sans être une marque horlogère pure et dure (donc légèrement ennuyeuse), Hermès sait nous livrer un temps cousu d’intelligence, d’élégance et d’esprit très français, toujours original et primesautier. 

MICHEL HERBELIN: Changer son bracelet plutôt que son montre…

Pour accompagner le retour des beaux jours, une nouvelle giboulée de couleurs pour des marques les plus sympathiques de la scène horlogère française. Michel Herbelin a rhabillé dans un style pop et décalé son Antarès, avec le privilège de varier les plaisirs grâce à une trentaine de bracelets assortis ou désassortis (il suffit de monter deux couleurs différentes sur la même montre au cadran argenté, qui peut elle-même prendre des rondeurs ou garder ses angles). C’est mignon, efficace et sans prétention, avec un mouvement à quartz suisse qui permet de contenir la facture autour des 500 euros – comptez une centaine d’euros de plus par bracelet interchangeable, ce qui est un peu moins câlin…

HAMILTON: Le rupturisme soixantenaire était dans la pile…

Lancée en 1957, voici exactement soixante ans, par la maison américaine Hamilton, la Ventura était, historiquement, la première montre électrique de série. Elle était disruptive à plusieurs titres : d’une part, il suffisait d’une pile pour qu’elle fonctionne avec la plus grande précision – c’était révolutionnaire pour l’époque (même si la maison française Lip avait expérimenté cette technique en 1952, mais sans lui donner de suite commerciale). D’autre part, la montre avait une forme plus ou moins triangulaire très moderniste : il n’en fallait pas plus pour en faire une icône de la génération du Baby Boom. Enfin, une star comme Elvis Presley – « The King of Rock’n’roll » allait lui donner ses lettres de noblesse dans un film comme Blue Hawaii (1961). Six décennies plus tard, la maison Hamilton est passée sous le pavillon suisse du Swatch Group, mais la Ventura procure toujours les mêmes émotions rupturistes au poignet : elle nous revient cette année dans différentes versions anniversaires, dont un modèle féminin gentiment habillé de jeans (quartz, 875 euros), mais on lui préférera une version automatique plus expressive, dont le cadran « squeletté » rappelle les micros d’Elvis Presley sur scène (1 600 euros). Nostalgie, quand tu nous tiens…

URWERK: Une mécanique millésimée pour passer le temps…

L’horlogerie mène à tout à condition d’en sortir ! La fameuse distillerie écossaise Macallan a demandé à la manufacture genevoise Urwerk (un des ateliers horlogers les plus créatifs de la nouvelle génération) de lui concevoir une flasque de haute mécanique capable de protéger deux containers de précieux malts. C’est ainsi que Felix Baumgartner et Martin Frei sont sortis de leur zone de confort pour imaginer la première flasque mécanico-horlogère de l’histoire : 156 composants pour cet « accessoire » de titane, d’acier et d’aluminium dont la forme rappelle (vaguement) celle des montres Urwerk. Le bouchon de cette flasque est un chef-d’œuvre de micro-mécanique puisqu’il permet de choisir un des deux malts qu’on va extraire de son container de titane. Un dispositif astucieux permet de maintenir la flasque en position verticale, le fond étant porteur de « cartouches » qui indiquent les cuvées ainsi embarquées et leur millésime. Il n’y aura que 500 pièces de cet extraordinaire « objet du temps » capable de relier en une gorgée les montagnes suisses et les lochs écossais (comptez tout de même 2 300 euros pour ce « jouet de garçon » à consommer sans modération, même si vous préférez d’autres malts aux raffinements du Macallan)…

 

ALSTA: On a retrouvé la montre des « Dents de la mer »…

Le requin de « Jaws » (Les dents de la mer, 1975) a déjà fait frémir deux générations de spectateurs. On s’est longtemps demandé quelle était la montre portée dans le film par Richard Dreyfuss (dans le rôle de Matt Hooper). La communauté des amateurs penchait pour une Seiko, mais la vérité était ailleurs : il s’agissait d’une Alsta Nautoscaph, marque parfaitement oubliée depuis son naufrage pendant la « crise du quartz », à la fin des années 1970. Quarante ans plus tard, magie du vintage et nouvelle vigueur d’une horlogerie en pleine renaissance au Royaume-Uni : une équipe de jeune Écossais vient de relancer Alsta, avec une montre Nautoscaph II modernisée dans quelques détails, mais parfaitement fidèle au modèle des Dents de la mer. La séduction opère toujours pour ce boîtier « tonneau », ce bracelet en maille milanaise, ces index à l’ancienne et ce verre saphir en dôme, lui aussi à l’ancienne. Si le mouvement automatique est japonais, le reste de la montre est européen (Suisse et Allemagne), alors que le prix s’est trouvé modéré par le Brexit (665 livres, soit 775 euros). Les requins n’ont plus qu’à se tenir !

PÉQUIGNET: Le rêve d’une haute horlogerie tricolore…

En perdition depuis quelques mois après deux défaillances successives, la manufacture Péquignet de Morteau, dans le haut-Doubs horloger français, vient d’être reprise par une équipe issue de son personnel. Libérée d’un lourd passif (dettes et embrouilles judiciaires) qui avaient plombé les comptes, cette équipe entend redonner vie à une entreprise qui sacrifie pour survivre la moitié de ses emplois. Le rêve d’un pôle français de haute horlogerie se trouve relancé : Péquignet en était un des piliers, avec des marques comme BRM (manufacture parisienne en pleine forme) ou comme Leroy (aujourd’hui en hibernation) – voir nos analyses Business Montres du 19 février. La France est forte de plusieurs siècles de traditions dans la réalisation des plus beaux objets du temps : elle a été longtemps été la première puissance horlogère du monde, devant la Suisse. Elle est forte de ses écoles d’horlogerie – qui assurent avec les fonds publics de la République la formation des jeunes horlogers indispensables à l’industrie… suisse ! Elle est forte de ses concepteurs de belles montres, reconnus dans le monde entier (ne citons ici que Richard Mille, François-Paul Journe, Vianney Halter, Denis Flageollet, ou Robert Greubel) : privée de son personnel français, l’industrie horlogère suisse mettrait la clé sous la porte en quelques heures. Elle est forte de ses grandes marques de luxe (Hermès, Chanel, Louis Vuitton, mais aussi Cartier ou Breguet). Elle est forte de ses ateliers de micro-mécanique, qui comptent parmi les pôles créatifs les plus réputés dans ce domaine dans les domaines de pointe. Les remous autour de l’affaire Péquignet, marque sauvée des eaux mais à l’avenir encore incertain, devraient nous inciter à réfléchir à la renaissance d’une haute horlogerie tricolore qui serait authentiquement « Made in France ». Est-ce trop demander avec autant d’atouts dans la main ?

Lien Business Montres : https://businessmontres.com/article/pourquoi-la-renaissance-dune-haute-h...

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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Sangha26
- 04/03/2017 - 14:14
L'horlogerie française !!!
Elle renaîtrait ???? Le ciel vous entende ! Elle fut magnifique, et tel le diable le quartz est arrivé... et a semé un vent de destruction... C'est long 1974 à aujourd'hui, une terrible eclipse, et ceux que le chagrin a miné ne renaîtront pas !
S'il y a une renaissance, que le ciel la soutienne !!!