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Brexit : messieurs les Anglais, tirez-vous les premiers

Publié le 09 juin 2016
Ce qui chagrine les Britanniques tient plutôt au spectacle du désordre continental en matière migratoire. La contribution nette qu’ils versent au budget de ce Moloch bureaucratique n’est pas non plus pour leur plaire.
Serge Federbusch
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Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.
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Ce qui chagrine les Britanniques tient plutôt au spectacle du désordre continental en matière migratoire. La contribution nette qu’ils versent au budget de ce Moloch bureaucratique n’est pas non plus pour leur plaire.

1 – Le Brexit, c’est maintenant

Certes, les Anglais, notamment grâce à Margaret Thatcher, ont réussi à limiter la casse depuis trente ans. N’ayant pas adopté l’euro, cette purge allemande administrée à l’Europe du Sud, ils ont préservé leur croissance. Ils ont en particulier évité les enchaînements délétères de la monnaie unique. Un taux de change surévalué plombe les entreprises et conduit les Etats à augmenter interventions et déficits. Ces derniers sont financés par la planche à billets qui permet le maintien d’un taux de change inadapté, etc. Les étoiles du drapeau européen forment un cercle vicieux.

Ce qui chagrine les Britanniques tient plutôt au spectacle du désordre continental en matière migratoire. La contribution nette qu’ils versent au budget de ce Moloch bureaucratique n’est pas non plus pour leur plaire. Familiers des œuvres d’Orwell et Huxley, cette sorte de dictature technocratique molle prétendant faire notre bien leur apparaît pour ce qu’elle est : un système qui à Bruxelles et à Francfort échappe peu à peu au contrôle des citoyens.

C’est donc à raison qu’un nombre croissant de Britanniques veulent en sortir. Perspicace Albion. Espérons que la Grande-Bretagne soit, comme maintes fois par le passé, le poisson-pilote des libertés en Europe ; réponse le 23 juin prochain.

Bien sûr, comme au mauvais vieux temps des traités de Maastricht et Rome 2, le bourrage de crâne s’intensifie à mesure que le scrutin approche. People, banquiers et petites pépés nous écrivent une nouvelle version de l’Apocalypse. Mais les Britanniques seraient bien avisés, au contraire, de faire preuve d’anticipation. La construction européenne finira par s’effondrer dans un grand fracas. Plus tard ce sera, plus douloureuse sera sa chute. S’ils s’en vont maintenant, les Anglais limiteront leurs déboires futurs et nous permettront peut-être de renégocier les traités qui nous mènent aujourd’hui dans le mur. En bref, ce serait comme en juin 1940 ou en juin 1944 : une singulière preuve d’amitié avec le peuple français que de nous ouvrir à nouveau le chemin de la liberté. Il sera toujours temps de reprendre les outils du bilatéralisme qui sont suffisants pour régler la plupart des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Car sinon, que se tramera-t-il à Bruxelles ? Même si la victoire des partisans de l’adhésion est étriquée, ces derniers la diront triomphale et poursuivront leurs visées annexionnistes. Le futur ministre des finances européen qu’ils nous fabriquent en ce moment-même n’aura d’autre feuille de route que de continuer à priver insidieusement les peuples des instruments de leur souveraineté. Depuis trois ans maintenant, le pouvoir économique et financier effectif a été transféré chez Mario Draghi à Francfort. Au mieux, les gouvernants locaux font la danse du ventre pour bénéficier de financements à taux zéro afin d’assurer leur réélection ; nous en avons un pitoyable exemple en France ces derniers mois.

Au pire pour les eurocrates, ils font comme de plus en plus d’Allemands : ils pestent contre ceux qui spolient leur épargne. Mais rien ne change et, comme tout système dogmatique, la folle machine bruxelloise est désormais incapable de s’amender.

Aussi, paraphrasant le comte d’Anterroches à la bataille de Fontenoy devons-nous dire haut et fort : « Messieurs les anglais, tirez-vous les premiers ! » Et, pour l’occasion, nous leur accorderons également l’inflexion d'une autre formule célèbre de ce personnage : « Impossible n’est pas anglais ! »

2 – Du Mou et des jeux

Ne reculant devant aucune démagogie, Mou-Président revêt désormais le maillot de l’équipe de France en espérant que les humeurs peccantes du peuple se dissipent dans la chaleur des stades. Il sera présent à chaque rencontre de l’équipe nationale !   En France, plus rien d’autre n’a d’importance. Réussira-t-il à dribbler Martinez, capitaine de l’équipe cégétiste ? En tout cas, rien n’est trop beau pour focaliser l’attention populaire sur la ba-balle : la SNCF a dû renoncer à des réformes du temps de travail qu’elle était presque parvenue à obtenir après des années de négociation avec des personnels réfractaires ; l’UEFA a transformé la France en paradis fiscal pour ses activités au moment même où Facebook et Google sont pourchassés par le fisc ; on va jusqu’en Ukraine s’emparer d’un agité qui ourdirait des attentats contre le vivre-ensemble. Seul contre tous et à mille kilomètres de distance, cet inquiétant personnage d’essssstrême-droite aurait dirigé sa balistique contre le footballistique. Brr … c’est à trembler !

Pourtant, il en est du ballon rond comme de la distribution de la cagnotte budgétaire. Ni l’un ni l’autre n’avaient été de quelconque utilité à Jospin pour son élection ; aucun ne permettra à notre chef de circonstance de redorer son blason. Rouerie et naïveté sont les deux faces d’une même pièce politique lancée pour 330 jours encore.

 

3 – Le FN décrypté

Décidément, le FN philippotisé a du mal à comprendre l’économie contemporaine. Alors que les crypto-monnaies sont un moyen prometteur d’éviter la captation de l’épargne par les états et les banques centrales, voilà soudain les frontistes partis en guerre contre le Bitcoin. Autant proposer l’interdiction d’Internet. Il faut dire que la Russie poutinienne leur a ouvert la voie : prison ferme et travaux forcés sont brandis devant les utilisateurs de crypto-monnaies. De toutes parts, la France frileuse, fiscalisante et administrée tente en ce moment de se dresser contre ce qui innove, libère et fluidifie : Uber, Airnbnb, Booking, etc.

Sur cette affaire, le FN rejoint l’establishment qu’il prétend combattre. C’est plutôt à l’adoption d’une monnaie gérée par une blockchain que la Banque de France devrait d’ores et déjà réfléchir pour l’après-euro.

Tout comme le développement de la voiture autonome aurait dû depuis belle lurette nous conduire - c’est le cas de le dire - à cesser d’investir prioritairement dans les transports en commun, fausse solution en matière de déplacements et vraie formule ringarde. Les modèles centralisés et autoritaires sont en panne.

 

4 - Marchés et camés

Ouf ! A nouveau Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine, a fourni aux marchés et aux monétaro-junkies qui les peuplent de quoi dessiner fébrilement de magnifiques courbes sur leurs écrans d’ordinateur. La bourse doutait, elle a rebondit. Mais la guerre des monnaies va se poursuivre et le doute reviendra.

Les banquiers centraux des Etats-Unis, d’Europe, de Chine et du Japon sont maîtres et esclaves à la fois. Ils portent à bout de bras leurs semblables mais sont prisonniers de la nécessité de maintenir les taux d’intérêt réels à quasiment rien. Le dealeur a le nez dans la came. Bonne nouvelle : les Chinois en ont assez des manipulations de la Banque de Chine et se tournent de plus en plus vers le Bitcoin, encore lui.

A quand l’utilisation d’une blockchain pour le partage des informations et l’élaboration des décisions politiques ?

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Commentaires (6)
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Fondation pour l'innovation politique
- 09/06/2016 - 12:16
Brexit ou l’Europe du désengagement
Promesse d'une Europe à la carte ou d'un sauvetage national, le Brexit pourrait sonner le glas de l'UE. Pour mieux comprendre les enjeux de ce vote lisez l'article "Brexit ou l’Europe du désengagement" sur Trop Libre ( http://goo.gl/1xVXu8 )
sapiensse
- 09/06/2016 - 05:56
Pourquoi tant de haine ?
Depuis le début de leur présence eu sein de la communauté européenne, les Anglais n'ont d'autre but que de soutenir une zone de libre échange. La logique n'est pas stupide mais cela n'a rien à voir avec une véritable Europe unie politiquement et économiquement. Durant le peu de temps que j'ai travaillé à la Commission, j'ai toujours ressenti ce malaise avec les Anglais. Il faut en fait créer une Europe à deux niveaux : une zone économique, une zone politique. Pour la zone économique, pas besoins de grandes institutions dévorantes. Pour l'union politique, il faut mieux continuer sans les Anglais, les choses vont s'éclaircir. Quant à cette haine de l'Euro, je ne comprends vraiment pas ! C'est tellement naïf de croire qu'une bonne partie de nos problèmes vient de là ... On oublie juste que l'Euro est devenue une grande monnaie de réserve internationale et que l'on peut commencer à payer maintenant à peu près partout dans le monde sans passer par le dollar. C'est une force de négociation immense dont personne ne parle. Sans l'Euro, le dollar et bientôt le yuan feront la loi selon les intérêts américains et chinois.Quant à croire qu'avec l'Euro les prix ont monté, c'est tellement idiot
vangog
- 08/06/2016 - 22:12
Ils ont tout compris, les Anglais!
Ils ont réussi à éviter l'Euro, tout en continuant à jouer le match des économies (et en dévaluant de 20%, c'est plus facile..), en gagnant en attaque et en défense. Mais les technocrates europeistes ont fini par tellement les faire chier avec leur droidelhommisme, leur immigrationnisme débile, leur écologie de régression et leurs normes à la con, qu'ils se sont dit que le temps était venu de filer à l'anglaise...Et ils ont compris, par dessus tout, que pour conserver le contrôle de leur pound, il fallait éviter le développement du Bitcoin, cette fausse monnaie qui permet aux gangsters d'échapper aux lois et aux taxes. Quand on voit ce que les europeistes ont fait de l'Euro, on se dit que le monde n'est vraiment pas mur pour le Bitcoin...