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Harcèlement dans les transports ou ailleurs : s’interposer, oui, mais comment ?
Publié le 26 avril 2016
Le témoignage d'un homme venant au secours d'une femme harcelée dans les transports provoque une énorme discussion entre internautes sur tous les réseaux sociaux. Pourquoi n'intervenons-nous pas dans de telles situations et que faudrait-il faire ?
Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et...
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Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et...
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Le témoignage d'un homme venant au secours d'une femme harcelée dans les transports provoque une énorme discussion entre internautes sur tous les réseaux sociaux. Pourquoi n'intervenons-nous pas dans de telles situations et que faudrait-il faire ?

Le témoignage de Vincent Lahouze, "Toi, j'vais te baiser'', qu'il publie sur le blog 'Artiste comptant pour rien', et sur une page Facebook, provoque actuellement une avalanche de commentaires sur un incident de harcèlement, désamorcé écrit-il par son intervention pacifiste.  De loin, il voit un couple engagé dans une discussion. De près, en écoutant, il comprend que c'est un harceleur, et une proie tétanisée, qui ne bouge pas, qui ne dit rien.

"Que faire, détourner le regard, (réagis) se persuader qu’ils sont en couple, (réagis), que ce ne sont pas mes histoires, partir, prendre le métro suivant, (réagis) après tout, je ne suis pas à quelques minutes près, (oui mais la jeune femme ne semble pas bien aller du tout) je vais descendre, je ne vais pas m’en mêler, (RÉAGIS PUTAIN). C’est fou comme la peur nous paralyse dans ces moments-là, vraiment."

Finalement, l'observateur se décide et intervient, se faisant passer pour un copain. Et cela suffit pour mettre fin au huis-clos mortifère dans la foule. Vincent Lahouze, auteur de e-books, Toulousain, et qui a déjà décrit d'autres expériences 'sociétales'  (aller au bureau en short, ouvrir un compte Facebook au nom d'une femme) ne semble pas travailler en sous-main pour les différentes campagnes officielles ou non (Le projet Crocodile, Paye Ta Shnek) contre le harcèlement dans les transports, même si son témoignage sonne presque trop parfait. Mais les 280 commentaires sur son blog, les plus de 21 000 partages sur Facebook, livrent non seulement des torrents de remerciements, de témoignages, mais aussi l'angoissante question : pourquoi ne fait-on rien, dans ces cas-là, ou si rarement ? Pourquoi, selon un sondage Thomson Reuters, 85% des femmes à Paris pensent que personne ne les aidera dans de tels cas ?

Ce 'syndrome du spectateur' revient à presque chaque témoignage.

Mélanie : 'Bravo ! combattons ce que vous décrivez très bien & qui s’appelle le « syndrome du spectateur », qui tétanise les témoins … à partir du moment où une personne bouge, les autres suivent, soyons cette personne …'.

Teillay : J"’en ai subi du pervers qui se masturbe face à moi, véridique, dans un wagon plein à craquer, sous les yeux de gens muets et aveugles. Alors quoi ! Réagissez !'.

Un homme confie qu'il y a parfois ce doute : "Je me souviens d’avoir été témoin d’une scène similaire il y a tout juste deux mois de ça. L’homme prenait les joues de la femme fermement en lui disant des mots du même genre, j’ai hésité à intervenir mais j’avais peur qu’ils se connaissent, ou que tout soit voulu. Au moment où je me suis levé je les ai vus se faire un baiser, mais j’avais toujours la conviction que l’homme forçait. Malheureusement j’ai préféré ne pas intervenir, et je ne sais toujours pas ce que j’aurais du faire, si j’ai bien fait."

Il y a aussi ceux qui s'interrogent sur la passivité de la femme harcelée :

Manohowhigh "Perso je suis une meuf y'a un mec qui s'approche et qui me dit ca je le dégage direct, allo on est dans un metro, d'accord y'a personne qui bouge mais si je gueule ma race en disant dégage de là sale violeur, crois-moi que le mec va partir. Donc oui bravooo wahou il a fait une geste juste et droit comme n'importe qui devrai faire, mais la prochaine fois si vous êtes la fille en question, attendez pas que quelqu'un vienne vous aider".

Blog d une rouquine "Cette situation je l’ai vécu à plusieurs reprises. Que ce soit une main aux fesses ou des remarques de ce genre. Sauf que depuis, j’ai appris à me défendre et à ne pas me laisser faire de la sorte. Si bien que le dernier en date, je l’ai frappé. Les gens étaient choqués, le gars en question aussi parce que je cite « je suis censée me laisser faire ». Personne ne fait rien dans ces moments là. Personne ne réagit. Je trouve ça inacceptable."

Zoé ; "pour beaucoup, la panique prend le dessus , elles sont tetanisées , n’arrive plus à faire le moindre mouvement, que l’on ai pris des cours ou non. Personne ne sait comment il réagirait dans une telle situation et je pense que beaucoup sont réellement surprises et étonnées de voir qu elle n’arrive plus à bouger un cil. Vous en feriez même peut etre parti dans l’hypothèse où vous seriez une femme."

Mais parfois, même en réagissant, c'est encore et toujours l'agresseur qui gagne, comme se souvient Ravenet :  "Jeune provinciale, étudiante à Paris, j’ai subi les attouchements d’un homme qui se collait à moi, profitant des remous d’une rame de métro; j’étais tétanisée par cette violence inconnue et lorsque j’ai finalement pris mon courage à deux mains pour me retourner vers lui en lui demandant de cesser ses gestes, il m’a répondu, goguenard: « mais, ma p’tite dame, faut pas prendre tes désirs pour des réalités »!! Autour de moi, les gens m’ont regardé bizarrement et j’ai alors souhaité être engloutie dans un trou de souris!"

Florence est intervenue plusieurs fois pour aider une agressée, et en tire son assurance: "Dans la grande majorité des cas la peur de se faire agresser à son tour est très rarement justifiée. La plupart du temps un agresseur n’est pas quelqu’un de courageux. c’est un lâche qui s’en prend à une personne qu’il estime plus faible et fragile que lui ( ou elle ) du coup une intervention le coupe dans son élan et le fait fuir la plupart du temps. …"

Julien est plus expéditif : "La stratégie, lui péter la machoire et un bras marche aussi. Il s'en tire trop bien là, il recommenera''.

La matière douloureuse et pleine de colère qu'a fait jaillir ce témoignage pousse à se demander si les mesures mises en place cette année seront assez efficaces pour palier à toutes les situations. Certains lecteurs conseillent les cours d'auto-défense disponibles dans les mairies. D'autres se demandent si, à la fin, les wagons réservés aux femmes, à l'étude ou en place dans d'autres pays, comme le Japon, l'Allemagne, et l'Inde, ne seraient pas indiqués. Car le courage, ou le manque de, reste un trop vaste chantier.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (3)
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genbea75018
- 27/04/2016 - 10:12
Harcèlement dans les transports ou ailleurs : s’interposer,.....
oui, mais comment ?" - Lorsque ça m'arrivait, si la main était baladeuse, je la prenais, la levais, en disant haut et fort : à qui cette main qui s'égare, aussitôt les ardeurs du propriétaires de la main étaient calmées. Même chose pour le "frottage", je déclamais haut et fort "faites gaffe, il y en a qui cherche à se contenter" et je lui filais un bon coup de poing bien placé.
ISABLEUE
- 26/04/2016 - 16:21
Un coup de genou bien placé dans les transports
si on vous colle de près...
Ou la batte de base ball....
jurgio
- 26/04/2016 - 14:18
La seule stratégie de la bombe lacrymogène
On pourra toujours s'indigner. Se révolter. Casser. Mutiler. Nous en sommes réduits à combattre les conséquences. La population augmente, trop vite et disproportionnée, et la bonne éducation diminue, ou, pire, n'aura jamais existé (c'est plus vrai, dans une certaine mesure). Autant du côté des hommes que des femmes, d'ailleurs. Il n'est même pas question de remémorer le temps d'il y a seulement quelques décennies, puisque cet ancien mode de vie sociale ne serait pas même compris d'une miette aujourd'hui. Une fois que le respect déserte une société, il ne revient plus avant longtemps. Pleurons.