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Victoires et combats posthumes de Steve Jobs
Publié le 21 novembre 2011
Après la guerre du HTML5 vs Flash, c'est dans la collecte des données que se joue le prochain combat d'Apple. Avec Siri, Steve Jobs continue de s'en prendre à Google.
Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des...
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Après la guerre du HTML5 vs Flash, c'est dans la collecte des données que se joue le prochain combat d'Apple. Avec Siri, Steve Jobs continue de s'en prendre à Google.

Adobe renonce à actualiser les lecteurs Flash pour les supports mobiles tels que les smartphones et les tablettes électroniques. Exactement ce qu’exigeait Steve Jobs, le défunt patron d’Apple, dans son violent réquisitoire d’avril 2010. D’autres combats posthumes commencent.

L’homme de Cuppertino formulait cinq  griefs à l’encontre du langage le plus répandu de traitement des images animées : ce n’est pas un système ouvert, il provoque des crashes sur les ordinateurs Mac, il laisse passer trop de contenus nocifs, il consomme trop d’énergie, il ne convient pas aux écrans tactiles. Les deux derniers reproches concernent directement les performances des iPhone et Ipad. Apple a donc opté pour le HTML5, principal langage concurrent de Flash, et pas seulement sur les appareils nomades.

Flash va conduire vers le HTML5

C’est ce que vient de faire Adobe, un an et demi après la prophétie de Steve Jobs et quelques semaines après son trépas. Danny Winnokur, vice-président d’Adobe reprend presque mot à mot les arguments du contempteur de Flash et le communiqué officiel est un ralliement complet à HTML5 pour l’internet mobile.

Adobe ne proposera plus de lecteurs au-delà de la version 11.1 de Flash Player pour Android et Blackberry. Mais les bugs qui surgiraient ultérieurement seront réparés. Les développeurs d’applications mobiles sont d’ores et encouragés à utiliser d’autres environnements comme Adobe AIR qui est compatible avec Javascript, Action Script, Flex et…HTML.

De là à conclure que le standard quasi universel de l’image animée sur le web est condamné à terme, sur tous les écrans y compris ceux des PC, il y a un pas que le communiqué du 9 novembre incite à franchir : "Nous allons implémenter aussi rapidement que possible sur la version 12 de Flash Player des capacités comparables à celles du HTM L5.  A l’avenir, Flash évoluera dans une transition douce vers le HTML5. Les concepteurs d’applications peuvent donc continuer à faire confiance à Flash." De fait, Flash les conduira vers le HTML5. Les commentaires qui suivent le communiqué montrent le désarroi des développeurs face à ce qui apparaît comme un tournant majeur dans les annales technologiques et créatives du web.

Et voici la « Google killer »

Par le truchement de son successeur Tim Cooke, Steve Jobs vient de déclencher une autre bataille posthume contre son rival abhorré : Google. L’arme, que certains considèrent comme fatale pour Google, s’appelle Siri. C’est une technologie de reconnaissance vocale achetée il y a à peine un an - du vivant de Jobs – par Apple. Si Apple n’a pas développé un système concurrent, c’est en raison de l’extrême sophistication et de l’énorme potentiel de Siri : reconnaissance vocale + intelligence artificielle.

Installée sur l’iPhone 4S, Siri est encore considérée comme un gadget parce qu’à certaines questions, elle répond de manière délibérément loufoque. Deux exemples :

L’utilisateur : Quel est le meilleur téléphone ?

Siri sur Iphone 4S : Il y a d’autres téléphones ?

L’utilisateur : Qui est ton papa ?

Siri : C’est toi. On peut retourner au boulot, maintenant ?

Fignolées dans l’esprit du non sense qui a inspiré Ambrose Bierce et Woody Allen, notamment, ces réponses relèvent d’un marketing diabolique. Elles ont été enregistrées à l’avance par les gens d’Apple pour créer une véritable addiction à Siri. De fait, les réseaux sociaux se remplissent de Siri’s jokes, vraies ou fausses peu importe. Ce qui compte, c’est que les adolescents et les jeunes adultes deviennent accrocs. Et ils le deviennent.

Au-delà du gadget à faire du buzz, c’est l’intelligence artificielle qui fait de Siri, la killer application. Car, tout en amusant l’utilisateur et en lui rendant aussi de plus en plus de services pratiques avec des réponses très utiles, la reconnaissance vocale collecte des données comportementales. Et çà, c’est le business de Google. Des milliards de données sur les habitudes des propriétaires d’iPhones 4S sont stockées et traitées dans un data center d’Apple en Caroline du Nord. "C’est clairement une agression contre nous", vient de déclarer Eric Schmidt, un des trois patrons emblématiques de Google.

L’attaque posthume va s’amplifier. Une alliance est en gestation entre Siri d’Apple et le moteur de recherche Bing, de Microsoft, principal concurrent du moteur de Google. La recherche par reconnaissance vocale ne peut que s’améliorer en volumes de réponses et en pertinence. Certains analystes voient en Siri une Google killer. La question lui a été posée :

Utilisateur de l’iPhone : Siri, es-tu une tueuse de Google ?

Siri : J’essaie de me contenter de ce que j’ai.

Pas vraiment rassurant pour la firme de Mountainview. Et il y a pire. Larry Page, inventeur des algorithmes qui ont fait la puissance de Google, est revenu aux commandes du secteur technologique. Il a cassé le moral de pas mal d’ingénieurs "maison" et désorienté les internautes amateurs d’applications à tester, en supprimant brutalement toutes les petites merveilles expérimentales des Google Labs. C’était la culture innovante Google, basée sur un principe issu de la mentalité nerd : "Consacrez 20% de votre temps à imaginer quelque chose de surprenant." "Terminé, a dit Larry Page, je ne veux plus voir ces petites applications improbables qui ne rapportent rien". D’après le New York Times, autoritaire et cassant, il se prend de plus en plus pour le nouveau Steve Jobs.

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wykaaa
- 21/11/2011 - 10:11
Le tort de Steve Jobs
Le tort de Steve Jobs est qu'il a eu souvent raison trop tôt. Pour avoir, à mon humble niveau en tant que consultant/formateur, défendu dès le début (au milieu des années 80) la conception objet comme principe majeur de l'architecture logicielle, j'en sais quelque chose...