En direct
Best of
Best of du 6 au 12 avril 2019
En direct
© Reuters
Réveil douloureux
L'agriculture française est-elle nulle ?
Publié le 26 juillet 2015
Dans le temps, les Allemands étaient forts en grosses bagnoles et nous en pommes de terre. Les vaches étaient bien gardées, quoi... Mais que s'est-il donc passé ?
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans le temps, les Allemands étaient forts en grosses bagnoles et nous en pommes de terre. Les vaches étaient bien gardées, quoi... Mais que s'est-il donc passé ?

Me poser la question ne me fait pas plaisir, croyez-moi. Je suis chauvin comme c'est pas permis et j'adore rabattre le caquet des étrangers de tout poil en dressant la liste de la tripotée de machins qui sont mieux chez nous qu'ailleurs : le fromage, le pinard, le parfum, le TGV et le papier-toilette triple épaisseur disponible en dix-huit couleurs.

 

Mais bon, je me la pose tout de même parce que je suis courageux et que j'affronte l'adversité avec fortitude, comme le dernier légionnaire encore debout à Cameron : l'agriculture française est-elle naze ?

 

Oui, je sais, les agriculteurs de notre douce Gaule se lèvent tôt, se couchent tard, travaillent comme des brutes, ne prennent jamais de vacances et roulent en Dacia Sandero. Leur vie est super dure, entre le gel l'hiver, la sécheresse l'été et le changement d'heure qui stresse les laitières deux fois par an. Pour ne rien dire des zadistes qui viennent camper dans leurs parcelles pour les empêcher de creuser des trous pour y mettre de l'eau.

 

Mais tout de même, dans le temps, les choses étaient claires et les vaches bien gardées : les Allemands étaient les meilleurs en Mercedes et nous en pommes de terre. Labourage et pâturages étaient nos mamelles, la terre ne mentait pas, bla bla bla. Et voici que tout est changé, que les Teutons continuent d'être forts en grosses bagnoles, mais qu'ils nous taillent aussi des croupières en saucisson à l'ail et en cuisses de poulets. Même les Hollandais nous font rougir comme des tomates et les Espagnols ramènent leurs fraises.

 

Premier domaine agricole d'Europe, deuxième de la planète, nous produisons moins et moins bien que des pays trois fois plus petits. Premiers bénéficiaires de la manne de la PAC, nos paysans tirent pourtant la langue au SMIC dans leurs bicoques avec murs sans enduit et toitures en tôle ondulée pendant que leurs homologues british jouent les gentlemen-farmers en veste en tweed et en Range Rover dans leur mansions victoriennes avec piscine et courts de tennis.

 

Si encore c'était pour la bonne cause, parce qu'ils étaient vertueux et ne produisaient que du bel et bio... Mais non, point du tout, le minuscule Danemark exporte trois fois plus de bouffe "organique" que nous et nous consommons presque autant de pesticides et d'engrais trafiqués que les vilains Américains !

 

Manquent-ils de relais politiques, de compassion dans les travées des palais nationaux, nos rudes laboureurs ? On peut en douter, à les voir crouler sous les subventions exceptionnelles à chaque fois qu'ils fichent un bordel à faire pâlir d'envie les cailleras les plus dynamiques du 9-3, construisant des montagnes de fumier devant une préfecture ici, cramant un Parlement de Bretagne là...

 

Bon, mais je ne vais pas y répondre, à la question. Je vous laisse le faire en commentaires outragés comme d'hab.

 

Montebourg ouvre désormais le dimanche

 

Passant devant un magasin Habitat, l'autre dimanche, et constatant qu'il était ouvert et rempli de clients, je me suis souvenu que cette chaîne d'ameublement était vice-présidée par Arnaud Montebourg, un type qui a tout de même tenté de faire tomber le gouvernement sur le travail dominical.

 

Montebourg n'en est pas à une contradiction près, c'est sûr, mais celle-ci est tout de même sacrément frappante. Vice-président, c'est tout de même plus ou moins le poste qu'il était censé occuper chez Hollande, où il n'était déjà pas super efficace, mais on pourrait penser qu'il soit plus facile d'imposer sa manière de voir à quelques boutiques de canapés-lits qu'à un pays tout entier.

 

A moins, bien entendu, mais je ne veux pas friser le procès d'intention, que son poste chez Habitat ne soit qu'une mission vaguement honorifique et sans contenu, qui lui serve juste de paravent médiatique en attendant mieux. Ou qu'il ait changé d'avis sur l'ouverture des magasins le dimanche, va savoir...

 

Bah, il en discutera sans doute avec son pote Varoufakis à la prochaine fête de la Rose de Frangy laquelle se tient, justement, hi hi hi, un dimanche.

 

Dieudonné et Soral à la boum d'anniv' de Le Pen

 

Je n'ai pas été invité, et je n'y serai pas allé de toute manière parce que c'était un dimanche et qu'il fallait que j'aille faire des courses chez Habitat pour meubler la fermette rachetée pour une bouchée de pain à un éleveur porcin en faillite, mais j'aurais bien aimé voir à quoi ressemble une boum d'anniversaire chez Jean-Marie Le Pen.

 

Pour ses 87 ans, le vieux leader putsché par sa propre fistonne avait invité ses amis les plus proches, le comique Dieudonné et le philosophe Soral. L'historien Faurisson s'était fait porter pâle, mais je le soupçonne d'avoir lui aussi eu des courses à faire chez Habitat pour aménager son mirador.

 

Les deux vaillants ennemis de la pieuvre sioniste l'ont peut-être aidé à souffler ses bougies (la cacochymie n'aide pas à gonfler suffisamment ses poumons pour en éteindre autant), accompagné à l'accordéon sur "Maréchal nous voilà" (je crois que la Marion du même nom était là aussi), et stimulé dans ses ambitions électorales pour la région PACA.

 

Ah, ça devait être une bien belle fête. Bon anniversaire Jean-Marie, comme on dit sur Facebook aux amis qui n'en sont pas.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Les puissants relais de l'Algérie en France ; Ces amis de Ghosn que tout le monde craignait chez Renault; L'avertissement de Philippe à Castaner; Technip: et un mégagâchis industriel de plus; Notre-Dame partout dans les hebdos, le catholicisme plus rare
03.
Notre Dame brûla et obligea la France à se souvenir qu'elle fut catholique…
04.
Reconstruction de Notre Dame : Emmanuel Macron prend-il le risque du « too much » ?
05.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
06.
Le blues des gendarmes de Matignon ne faiblit pas
07.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
03.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
04.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
03.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
04.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Ganesha
- 26/07/2015 - 23:58
Anouman
J'espère qu'un jour vous vous trouverez face à des gens qui vous traiterons avec autant d'humanité que celle que vous exprimez dans ce commentaire...
Anouman
- 26/07/2015 - 21:02
Erreur
Elle n'est pas nulle, elle est habituée à être subventionnée depuis des années, parce qu'elle élisait nombre de sénateurs. Economiquement elle ne représente rien et ce n'est pas la faillite de quelques agriculteurs (dont les terres seront très vite reprises par leur voisin qui en meurent d'envie) qui va changer la face du monde.
Non elle n'est pas nulle mais complètement inadaptée (pour une partie) et anormalement soutenue par les pouvoirs publics.
Si on laisse le ménage se faire ça ira mieux.
zouk
- 26/07/2015 - 10:16
Agriculture française
Accablée de règlements, interdictions.... inspirées "pour la bonne cause" par tant d'écologistes et tiers-mondistes tous également ignorants du terrain, tout cela multiplié par une administration pléthorique, comment pourrait-elle, non progresser, mais simplement s'adapter? Il s'agit d'hommes et de femmes qui travaillent durement et ont en plus la dignité de vouloir vivre de leur travail, non de subventions. Si nous nous en souvenions parfois?