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Jérusalem, entre Histoire et histoires
Publié le 23 mai 2015
C’est la première étape d’une immersion totale en Israël. Descendre le mont des Oliviers comme on dévale son histoire, avant de s’enfoncer dans Jérusalem.
Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des...
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Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des...
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C’est la première étape d’une immersion totale en Israël. Descendre le mont des Oliviers comme on dévale son histoire, avant de s’enfoncer dans Jérusalem.

Pour en savoir plus sur Israël, rendez-vous sur le site de Peplum

Du haut du mont des Oliviers, le temps semble s'être arrêté. On oublie la politique, un instant, pour admirer le panorama spectaculaire qui s'offre sur Jérusalem. Tout de suite en contrebas, l'un des plus grands cimetières juifs au monde. Sur chacune de ses 280 000 tombes, des tas de pierres, remplacés par des bouquets de fleurs dans la religion chrétienne. Juste au-dessus, un cimetière musulman. Par delà, se dessine enfin le mont du Temple, à cheval entre les quartiers juif et musulman, au nord de la ville. C'est là que subsiste le Mur des Lamentations, vestige d'un temple élargi par Hérode, au Ier siècle avant J.-C.. Derrière ce mur se cache le Saint des Saints, le fameux rocher où Abraham a failli immoler son fils Isaac. À gauche, la Cité de David et le mont Sion, deux autres sites qu'il sera question de visiter en compagnie d'un spécialiste de l'histoire des religions. Immersion totale et privée. 

Entre réalité et fiction, il va falloir faire des concessions. Le chemin où l'on s'engage, sur le flanc ouest du mont des Oliviers, est celui qu'aurait emprunté plusieurs fois le Christ, une semaine avant sa mort. Cette semaine, c'est la semaine sainte, commémorée à travers plusieurs étapes. La pente est raide jusqu'à l'église Dominus flevit (l'homme qui pleure, en latin), qui doit son nom aux larmes versées par Jésus à la suite d'un rêve annonçant la destruction de Jérusalem. Un rêve devenu réalité, quand 40 ans plus tard, Titus mit la ville à sac. Une messe catholique se prépare. Sur l'autel figure un coq couvant ses poussins, symbole de l'église protégeant ses fidèles. Ce modeste intérieur est l'œuvre de l'architecte franciscain Antonio Barluzzi, un nom qui revient fréquemment au cours de la visite. On reprend la descente. À gauche, le pilier où Judas aurait embrassé Jésus, dévoilant ainsi son identité. Au même niveau, à droite, un couvent russe orthodoxe. Plus bas, sur un trottoir naissant, se dresse la basilique de l'Agonie.


Sur la façade, le Christ, que l'on reconnaît à son vêtement rouge (couleur divine), a l'air désespéré. En effet, comment annoncer au peuple juif (l'aristocratie, à gauche ; les indigents, à droite) la future destruction de Jérusalem ? En réalité, l'Agonie renvoie à un épisode où, refusant par trois fois de boire dans la coupe d'un ange, Jésus affiche son humanité, soit son refus de mourir. Ce monument auquel Barluzzi contribua au XIXe siècle, se nomme également l'église de Toutes-les-Nations, en référence aux douze pays ayant financé sa construction. Un grand panneau vert force le « silence ». Au bout repose le rocher au pied duquel Jésus aurait prié avant de se voir condamné à mort. En toile de fond se déploie une mosaïque tripartite évoquant les événements susmentionnés. Attenant à la basilique, le jardin de Gethsémani abrite des oliviers qui auraient assisté à l'arrestation du Christ. On veut y croire.

La théologie cède la place à l'Histoire, dans la Cité de David. On n'en finit jamais de descendre ! Dans une structure à échafaudages offrant une vue imprenable sur le district de Silwan (Siloé, en français), ancien cimetière où s'étire aujourd'hui un quartier arabe. Encore quelques marches, et l'on renoue avec le grand air. L'imposant mur de pierres qui s'élève droit devant désigne l'emplacement d'une maison royale, bâtie à la manière des Cananéens (population antique pré-israélienne), c'est-à-dire sur deux niveaux avec une cour entourée de quatre chambres.


Pourquoi David a-t-il conquis Jérusalem, en 1 004 av. J.-C. ? Notamment parce que son territoire abritait (et abrite toujours) le mont du Temple. Sans compter sa proximité à une source, la source du Gihon. Nouvelle cage d'escaliers débouchant sur le portrait d'un homme à moustaches. Voici Thomas Warren, à qui l'on doit la découverte d'un conduit d'eau relié à Jérusalem. Plus on s'enfonce dans les profondeurs abyssales du site, plus il fait frais. On arrive à une intersection. À gauche, la percée cananéenne, sèche et éclairée : à droite, le conduit israélien, postérieur, donc humide et obscur. Pas de lumière pour éviter les courts-circuits. Des cris et des éternuements retentissent en aval. On opte pour l'itinéraire le moins glissant, bien qu'étroit. De retour à l'extérieur, on bifurque à droite, monte jusqu'à une espèce de balcon filant menant à une surface cabossée de roches. À gauche, au bord de ce plateau, une terrasse fleurie et aménagée. Le site serait-il habité ? Depuis le XIXe siècle. Les Meyuhas sont la première famille à y avoir élu résidence. Ce long parcours débouche sur un terrain détenu par l'église orthodoxe, la piscine de Silwan. C'est là que Jésus aurait redonné la vue à un aveugle. Chassez l'hypothétique, il revient au galop !


Dernière étape : le mont Sion, partagé entre l'église de la Dormition, où gît une statue de la Vierge en bois d'olivier ; le Cénacle, théâtre de la Cène (dernier repas du Christ avec ses apôtres) ; et le tombeau de David, sujet à controverse. En effet, pourquoi et comment le roi aurait-il pu être enterré sur le mont Sion, alors que celui-ci se trouvait inhabité au Xe siècle av. J.-C. ? D'après l'Ancien Testament, qui plus est, sa dépouille repose bien dans la vallée voisine. De ce site fascinant, on pénètre dans le quartier arménien délimité par deux remparts. Le premier date du XIIIe siècle, quand les conquérants mamelouks ont autorisé ladite communauté à s'isoler. Les seconds sont dus à Soliman le Magnifique, dixième sultan de la dynastie ottomane, au XVIe siècle. La Porte de Jaffa émerge au loin. Ainsi on entre de plain-pied dans le quartier juif. À découvrirla semaine prochaine : le mur des Lamentations et son tunnel, la Via Dolorosa jusqu'au Saint-Sépulcre, et le musée d'Israël qui fête ses cinquante ans, cette année.

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