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EXCLU - Ce que révèle l’étude du poids démographique et du comportement électoral des Juifs de France

Publié le 05 septembre 2014
Différents travaux de recherche ont montré le soutien marqué de l’électorat juif pour la gauche à la fin des années 1970 et lors de la présidentielle de 1981. Depuis, un déplacement progressif s’est opéré vers la droite. En 2007 puis en 2012, la droite a bénéficié d’une large assise, même si toutes les familles politiques étaient représentées au sein de cet électorat.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
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Différents travaux de recherche ont montré le soutien marqué de l’électorat juif pour la gauche à la fin des années 1970 et lors de la présidentielle de 1981. Depuis, un déplacement progressif s’est opéré vers la droite. En 2007 puis en 2012, la droite a bénéficié d’une large assise, même si toutes les familles politiques étaient représentées au sein de cet électorat.

L'étude réalisée ici par l'Ifop met en évidence quelques points importants : 

  • Que se soit lors du 1er tour des présidentielles de 2007 et de 2012, Nicolas Sarkozy enregistre près de 50% des voix auprès de l'électorat juif ; 
  • A l'heure actuelle, le survote en faveur de la droite parlementaire constitue une vraie singularité de l'électorat juif, quelque soit la catégorie sociale considérée au sein de cet électorat. Une situation bien différente de celle de la fin des années 1970 et des années 1980 au cours desquelles l'électorat juif soutenait significativement la gauche ; 
  • Entre les élections présidentielles de 2007 et de 2012, la gauche stagne auprès de l'électorat juif, représentant environ 1/3 de ce dernier, alors qu'elle progresse sensiblement à l'échelle nationale ; 
  • Ce déplacement du centre de gravité politique de la population juive au profit de la droite peut s'expliquer par un regain de l'antisémitisme en France après le déclenchement de la Seconde Intifada ;
  • L'élection présidentielle de 2012 marque en revanche une rupture très nette dans cet électoral avec la progression du FN : en effet, 13,5% des électeurs se déclarant de confession juive affirment avoir voté pour Marine Le Pen, contre à peine 4% pour son père en 2007 ;
  • La progression du vote FN au sein de l'électorat juif s'explique par la stratégie de dédiabolisation menée par le parti, l'absence de références douteuses relatives à la Shoah dans les discours de Marine Le Pen, et surtout l'inquiétude grandissante d'une partie de la communauté juive face à la montée de l' "antisémitisme islamique", vis-à-vis duquel le FN se présente comme un rempart. 

 

A lire également sur le sujet : Pourquoi la surreprésentation du vote de droite chez les juifs en France est logique

Alors qu’il existe de nombreux fantasmes à propos du « vote juif », il n’est pas inutile de poser le sujet en des termes dépassionnés et sur la base de données chiffrées et objectives. La part de la population se déclarant juive étant statistiquement très faible, la première partie de cette analyse a été menée à partir d’une agrégation à grande échelle d’enquêtes effectuées par l’Ifop auprès d’échantillons nationaux représentatifs sur une période de 10 ans (de 2002 à 2012) et au sein desquelles la question de l’appartenance religieuse était posée. Une fois ce cumul effectué, on dispose d’un échantillon global de pas moins de 173.000 interviewés. Ce volume, plus que conséquent, a permis d’évaluer d’une part le poids et le profil de la population se déclarant juive et d’autre part d’observer son comportement électoral sur les dernières élections.

 

1- Les juifs représentent moins d’un 1% de la population

Premier enseignement de cette analyse, à la question : " Etes-vous catholique, protestant, musulman, juif, d’une autre religion ou sans religion ? ", 0,6% des personnes interrogées répondent " juif ". Cela correspond à 1.095 individus dans l’échantillon cumulé et, ramené à un corps électoral de 43 millions de personnes, cela représente 260.000 électeurs. Même en postulant que l’appartenance à la religion juive (mesurée et appréhendée à l’aune de notre question assez basique et qui n’opère pas de distinguo entre les personnes juives pratiquantes et celles qui sont nées dans des familles de culture et de traditions juives sans pour autant pratiquer aujourd’hui) est peut-être un peu sous-déclarée aux enquêteurs, il apparaît que le poids statistique de la population juive dans le corps électoral est tout à fait minime et n’a guère varié depuis 20 ou 30 ans.

L’avantage de travailler à partir de gros échantillons est qu’il est possible de disposer de bases statistiques suffisamment solides même pour les segments les plus étroits de la population française comme c’est le cas ici. Avec un sous-échantillon de 1 095 individus se déclarant de confession juive, il a été possible de dresser un portrait sociodémographique de cette population. Même si les cadres supérieurs, les professions libérales, les commerçants, artisans et chefs d’entreprise sont surreprésentés (19% contre 11% dans la population totale), la communauté juive apparaît sociologiquement assez diverse, ce qui vient démentir bon nombre de clichés et de préjugés. On compte ainsi 24% d’ouvriers et d’employés (contre 31% dans l’ensemble de la population) et 12% de professions intermédiaires (contre 14%). Si cette population n’est donc pas sociologiquement très typée, son implantation sur le territoire est en revanche très spécifique. 50% des personnes se déclarant juives résident en effet dans l’agglomération parisienne alors que ce territoire n’abrite que 16% de la population totale. Cette surreprésentation de la région parisienne dans la population juive s’accompagne également d’une implantation un peu plus marquée dans l’ensemble PACA / Languedoc-Roussillon (17% contre 12% dans l’ensemble de la population française) au détriment des régions du grand ouest (3% des juifs y habitant contre 14% de la population totale) et de manière plus générale des zones rurales (5% contre 25% en moyenne). On notera que même en Ile-de-France, région où la population juive est la plus nombreuse, le poids de cette communauté ne représente que 2% de la population locale.

 

2- De 2002 à 2007 : des votes juifs assez divers mais une forte prime pour la droite traditionnelle

Certains commentateurs ou acteurs politiques évoquent parfois un " vote juif ". Les premières conclusions de l’analyse réalisée permettent déjà de relativiser fortement son importance dans la mesure où il ne représenterait que 0,6% du corps électoral. De surcroît, parler d’un " vote juif " sous-entend que le comportement électoral de cette population serait très homogène et monocolore. Or, les données dont on dispose montrent que si la droite bénéficie d’une large assise dans cet électorat, les autres familles politiques y sont également représentées, le " vote juif " n’est donc pas univoque, loin s’en faut, comme le montre le tableau suivant par exemple :

 

 

   

 

 

 

 

 

 

Au premier tour de l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy " rafle la mise " dans la communauté juive puisqu’il rate de peu la barre des 50%. Cet attrait très puissant pour Nicolas Sarkozy ne s’accompagne pas pour autant d’un rejet de la gauche dans cette partie de l’électorat. En effet, si l’audience des candidats d’extrême-gauche y est inférieure à la moyenne (peut-être en raison des positions pro-palestiniennes de ces formations politiques mais aussi d’une certaine distance vis-à-vis des formations extrémistes déjà constatée dans les travaux de Mme Benayoun par exemple), Ségolène Royal recueille 28,8% des voix des personnes se déclarant juives, soit 3 points de plus que son score national. Le sur-vote en faveur de Nicolas Sarkozy se traduisit en revanche par une contre-performance de François Bayrou (13,9% contre 18,6% en moyenne) et surtout de Jean-Marie Le Pen (4,3% contre 10,6%), la communauté juive demeurant en 2007 ultra-majoritairement réfractaire au vote frontiste.

L’analyse du vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 fait ressortir des constats relativement similaires. Comme le montre le tableau suivant, le vote des personnes de confession juive se caractérisa à l’époque également par :

  • une surreprésentation très nette de la droite parlementaire,
  • un léger sur-vote en faveur du candidat socialiste, ceci s’accompagnant d’une moindre audience de l’extrême-gauche,
  • un très faible écho du tandem Le Pen / Mégret.

 

 

Dans le détail, on notera qu’à droite, c’est Alain Madelin qui bénéficia en 2002 d’une très forte présence dans cet électorat (plus de 21% contre à peine 4% en moyenne). Les valeurs portées par le candidat de Démocratie Libérale, sa défense constante et revendiquée d’Israël et des USA peuvent expliquer cette audience spectaculaire quand Jacques Chirac, réputé plus pro-arabe, bénéficia d’un moindre soutien. Ce dernier déclarait notamment le 26 janvier 2002, " il n’y a pas de poussée d'antisémitisme en France " alors que le nombre d’actes antisémites avait connu une très forte croissance entre 1999 et 2000 (selon la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) puis un tassement en 2001 tout en restant nettement supérieur à 1999.

Le succès rencontré par Nicolas Sarkozy en 2007 dans cette population tient sans doute au fait, qu’hormis des liens tissés de longue date avec cette communauté, notamment en Ile-de-France, il ait su tenir un message s’inspirant davantage de la tradition et de l’héritage atlantiste et pro-Israël du Parti Républicain et de Démocratie Libérale que de la filiation gaulliste chiraquienne moins efficace, on l’a vue dans ce milieu.

Quoiqu’il en soit des différences de sensibilités politiques, le sur-vote en faveur de la droite parlementaire apparaît donc comme une vraie singularité de l’électorat juif même si une part significative de cette catégorie de la population se reconnaît dans la gauche et principalement dans le PS.

Ce fort tropisme droitier s’expliquerait-il par la composition sociologique de cet électorat, où les CSP réputées plus favorables à la droite sont surreprésentées ? L’analyse invalide cette hypothèse puisqu’une fois l’effet CSP neutralisé, on constate en effet une forte prime pour la droite UMP de l’ordre de 15 points parmi les cadres supérieurs et les professions libérales de confession juive par rapport à leurs homologues non juifs et de 14 points parmi les ouvriers/employés de confession juive versus les catégories populaires non juives.

Alors que différents travaux de recherche avaient montré un soutien assez marqué de l’électorat juif envers la gauche à la fin des années 70 et lors de l’élection de François Mitterrand en 1981 et 1988, un déplacement du centre de gravité politique de la population juive au profit de la droite semble s’être produit depuis. Sans qu’il soit facile de le dater précisément, on peut émettre l’hypothèse que cette droitisation d’une partie de cette communauté soit consécutive au déclenchement de la seconde intifada qui s’est accompagnée en France d’un regain d’antisémitisme. Certains observateurs ont également évoqué le fort impact de certaines agressions dont ont été victimes des membres de la communauté juive en Ile-de-France notamment. Dans ce contexte, le ferme discours du Ministre de l’Intérieur de l’époque a sans doute rencontré un écho, Nicolas Sarkozy ne manquant jamais l’occasion, de surcroît, d’afficher sa proximité à Israël et à la communauté juive.

Comme le montre le tableau suivant, ce lien particulier à Nicolas Sarkozy semble avoir perduré après l’élection de 2007.

 

 

Durant la première partie de son mandat (jusqu’aux élections européennes de 2009), le Président bénéficia dans cette catégorie d’un niveau de popularité quasi identique à celui observé parmi les catholiques pratiquants – soutiens traditionnels et constants de la droite – et l’écart de popularité était de 16 points avec la moyenne nationale. Mais si la communauté juive demeura, derrière les catholiques pratiquants, la seconde catégorie la plus en soutien de Nicolas Sarkozy durant la seconde partie de son mandat, c’est parmi les juifs que sa popularité recula le plus : -19 points (contre -14 points en moyenne et parmi les catholiques pratiquants). A la veille de l’élection présidentielle de 2012 une majorité de personnes se déclarant de confession juive se disait donc a priori mécontente de Nicolas Sarkozy, rendant le jeu électoral plus ouvert qu’en 2007 dans cette catégorie de la population.

3 - Présidentielle de 2012 : permanence du tropisme sarkozyste et progression du vote FN

En dépit de ce mécontentement survenu dans la seconde partie de son mandat, l’électorat juif est resté fidèle à Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012. Sur la base d’un cumul de 85 000 interviews réalisées entre 2012 et 2014 et pour lesquelles les questions du vote à la présidentielle et de la religion avaient été posées (510 interviewés ayant indiqué être de confession juive), il ressort en effet, comme le montre le tableau suivant, que Nicolas Sarkozy a maintenu ses positions et sa très large domination de 2007 en 2012 dans cet électorat, puisque près d’un électeur se déclarant juif sur deux (45%) a voté pour lui dès le premier tour. Alors qu’il cédait environ 4 points dans l’ensemble de l’électorat, il reculait de moins d’1 point dans cette catégorie.

 

 

Si les différentes sensibilités de gauche continuent d’y être présentes, elles sont, contrairement à 2007, sous-représentées. C’est le cas principalement de François Hollande qui avec 22.5% des voix se situe à 5.5 points en-dessous de sa moyenne (quand pour Ségolène Royal l’écart était de +3 points) et dans une moindre mesure de Jean-Luc Mélenchon : 8.5% contre 11.5% au plan national. L’ensemble de la gauche est néanmoins assez stable par rapport à 2007, (représentant environ un tiers de l’électorat juif) mais cette stabilité s’inscrit dans un contexte général de poussée de la gauche. François Bayrou est lui aussi sous-représenté (4.5% au lieu de 9%) et baisse sensiblement par rapport à 2007.

Ces différents éléments : stabilité de la gauche dans une configuration nationale de progression de ce camp, reflux du candidat centriste et stabilité à un haut niveau du président sortant plaident pour une droitisation de l’électorat juif. Cette tendance est confirmée par la progression frontiste, qui sans être exceptionnelle, constitue une vraie rupture. Alors que son père n’avait obtenu qu’à peine 4% en 2007 dans cet électorat (et 6% avec Bruno Mégret en 2002 après le déclenchement de la seconde intifada) Marine Le Pen y a atteint 13.5% soit une progression de 9 points. Même si ce score est nettement inférieur à la moyenne nationale (18%), la stratégie de la dédiabolisation, l’absence de références douteuses dans les discours de Marine Le Pen, mais aussi l’inquiétude grandissante d’une partie de la communauté juive face à la montée de la menace islamiste (symbolisée par l’attaque de l’école juive de Toulouse par Mohamed Merah à quelques semaines du premier tour) a donc permis au FN de progresser significativement dans cet électorat. Le mécontentement (observé plus haut) d’une partie de cet électorat vis-à-vis de Nicolas Sarkozy est susceptible d’avoir alimenté cette dynamique, basculement qui n’aurait pas pu se produire du temps de Jean-Marie Le Pen.

Parallèlement à cette absence de propos ou de références douteuses renvoyant à la Shoah, Marine Le Pen a par ailleurs essayé, depuis son accession à la tête du FN, de se rapprocher de cet électorat. Elle a notamment pris plusieurs fois position contre " l’antisémitisme islamique " et présenté le FN comme un rempart destiné à protéger cette population des agressions et des tensions communautaires  à laquelle elle est exposée dans certains quartiers.

Ce ton relativement nouveau pour le FN a visiblement rencontré un certain écho dans la frange la plus inquiète de l’ " électorat juif " ne s’estimant pas assez défendue par les pouvoirs publics et les organisations juives face à " la menace islamique ". Cette tentative de pénétration électorale n’a pas été mise en veilleuse depuis la présidentielle bien au contraire. Sur fond de tensions ravivées par le conflit à Gaza et les violences aux abords des synagogues de la rue de la Roquette à Paris (le dimanche 13 juillet) et de Sarcelles (le dimanche 20 juillet), les récents propos de Marine Le Pen estimant que si la Ligue de Défense Juive existait c’était " parce qu’un grand nombre de juifs se sentent menacés ", s’inscrivent dans la même stratégie.  

Si une partie de l’électorat juif, inquiète et radicalisée, a voté pour le Front National au premier tour de la présidentielle, elle s’est ensuite vraisemblablement très majoritairement reportée sur Nicolas Sarkozy. La domination de ce dernier dans cette catégorie de la population est en effet encore plus nette au second tour puisqu’il atteint 63% des voix contre 48,5% en moyenne. 

 

 

Si l’on compare avec les rapports de force issus du premier tour, on constate que la totalité des voix du centre et de la droite de la droite s’est reportée sur le président sortant dans cette partie de la population, ce qui n’a pas été le cas dans l’ensemble du corps électoral. La qualité de ces reports à droite constitue un signe supplémentaire de la droitisation de cette population, mais qui, encore une fois, n’est pas monolithique, 37% des électeurs se déclarant de confession juive ayant voté pour François Hollande.   

 

4- Sarcelles : un effet-loupe amplifiant des comportements électoraux de la communauté juive.

Le puissant tropisme sarkozyste révélé par nos données d’enquête au plan national se retrouve également localement mais avec une amplitude plus ou moins forte selon les lieux. Nous avons en effet travaillé sur plusieurs communes abritant une communauté juive importante : Sarcelles, Créteil, le 19ème arrondissement de Paris, certains quartiers de Marseille et Villeurbanne. A partir de l’implantation et de la densité des commerces confessionnels (boucheries, boulangeries/pâtisseries, supermarchés, librairies etc…) et des lieux communautaires (écoles et synagogues), nous avons pu, dans un premier temps, isoler assez précisément dans ces communes les quartiers où résidait la communauté juive et, dans un second temps, identifier les bureaux de vote correspondants. 

Dans le cas de Sarcelles, 5 bureaux de vote sont situés dans ce qu’on appelle parfois la " petite Jérusalem " c’est-à-dire dans le périmètre situé à l’ouest du boulevard Henri Poincaré. Et comme le montre le tableau suivant, ces bureaux se distinguent très clairement du reste de la ville par un sur-vote massif en faveur de Nicolas Sarkozy et ce, dès le premier tour.

 

 

 

Ce vote en faveur de l’ancien président de la République qui se situe entre 25 et 40 points au-dessus de la moyenne municipale (et de la moyenne nationale) montre la très forte assise de ce candidat dans cet électorat, mais aussi le caractère socio-culturellement et électoralement très clivé de Sarcelles puisque dans de nombreux quartiers de cette ville, le candidat de l’UMP n’a pas franchi la barre des 15%.  Bien que la gauche de la gauche et François Hollande obtiennent dans ces bureaux des résultats très en retrait par rapport au reste de la ville, une partie de cette population se reconnait donc dans la gauche, mais peut-être s’agit-il notamment de la composante non juive de la population de ces quartiers, qui ne sont pas, rappelons-le, démographiquement et religieusement homogènes.                                                         

On constate aussi que le vote pour Marine Le Pen est très faible dans ces bureaux et s’y situe en dessous de la moyenne municipale déjà très basse (10%). Bien que les problèmes d’insécurité et de tensions communautaires soient réels à Sarcelles, il semblerait que, dans cette commune, l’électorat juif n’est guère opté pour le vote FN et soit resté massivement fidèle à Nicolas Sarkozy. Les pertes qu’il a enregistrées dans ces bureaux entre 2007 et 2012 sont en effet assez limitées et plus faibles que dans le reste de la ville, tandis que le FN progresse mais de manière modérée. 

 

 

Rappelons qu’en tant que Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait reçu les familles des jeunes juifs qui avaient été agressés en mars 2006, agression qui avait marqué les esprits à l’époque. Il avait également procédé à la dissolution de la Tribu Ka, dont le leader, Kemi Séba, souhaitait  " désioniser " Sarcelles. Tous ces éléments expliquent pourquoi le FN n’a pas opéré de percée dans la " petite Jérusalem " et que Nicolas Sarkozy y a conservé une très solide assise électorale. On remarquera d’ailleurs que plus le vote en sa faveur était élevé dans un bureau de vote et plus le niveau du FN était faible. De la même façon, les bureaux électoralement les plus typés (n°22 et 24) sont ceux qui sont situés au cœur du " quartier juif " de Sarcelles, autour notamment du boulevard Albert Camus et de l’avenue Paul Valéry, le sur-vote en faveur du candidat UMP devenant un peu moins fort (la gauche et le FN progressant concomitamment ) quand on s’éloigne de ce cœur battant. Et c’est également dans le bureau n°27 situé à la périphérie de cette zone (au sud de l’avenue du 8 mai 1945) que le vote en faveur du candidat de l’UMP a le moins bien résisté entre 2007 et 2012.

Au second tour, la domination de Nicolas Sarkozy est encore de mise et l’on constate, à l’instar de ce que l’on a observé à partir de nos données d’enquête, que les reports des voix centristes et frontistes ont été excellents dans ces bureaux, Nicolas Sarkozy obtenant au second tour des résultats correspondant au total des voix s’étant portées sur François Bayrou, Marine Le Pen et lui-même au premier tour.

 

Ces bureaux de " la petite Jérusalem " fonctionnent donc comme une loupe grossissante permettant de mesurer le comportement électoral des juifs même si, du fait du contexte particulier de Sarcelles (densité élevée de population juive au sein d’une ville de banlieue cosmopolite, engendrant un sentiment communautaire très développé), cette loupe amplifie parfois les tendances à l’œuvre, l’électorat juif sarcellois sur-réagissant par rapport à celui installé sur d’autres territoires. On le voit par exemple pour le cas de la présidentielle de 2002, pour laquelle nos données d’enquête indiquaient un vote anormalement élevé pour Alain Madelin dans la communauté juive (21,5% contre 3,9% au plan national). Or dans nos bureaux sarcellois, le candidat de Démocratie Libérale atteignit à l’époque des scores spectaculaires compris entre 30 et 44% !  

 

 

Ces résultats très élevés dans ces bureaux " dopèrent " son score sur l’ensemble de la ville tant et si bien que la très populaire Sarcelles vota à 11,9% pour le candidat de la droite libérale, soit quasiment le score atteint à Neuilly (12,1%) et davantage que ce qu’Alain Madelin obtint dans sa ville de Redon (9,1%).

Ce vote pro-Madelin de l’électorat juif que l’on retrouve, de manière moins marquée mais néanmoins réelle, dans d’autres quartiers à forte présence juive[1] s’explique par le fait que ce candidat avait envoyé de nombreux signaux à cet électorat dans une période marquée en France par la multiplication des actes antisémites et en Israël par une campagne d’attentats-suicides particulièrement sanglante. Alain Madelin fut ainsi l’un des seuls hommes politiques (avec François Bayrou et Corinne Lepage) à participer à la grande manifestation qui réunit à Paris 100 000 personnes derrière le slogan " contre les actes antisémites et pour la sécurité d’Israël " le 7 avril 2002[2]. Il se rendit également le 13 avril 2002, soit à quelques jours du premier tour, à la synagogue Beth Gabriel de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) pour témoigner de "sa solidarité vis-à-vis de la communauté juive, après les différents actes antisémites perpétrés en France".  

A Sarcelles, cet attrait pour Alain Madelin se traduisit dans ces bureaux de vote par un score minoré pour Jacques Chirac, le candidat du RPR y obtenant des scores plus faibles que dans le reste de la ville, où la concurrence du candidat de Démocratie Libérale fut moins puissante. Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen enregistrèrent eux-aussi des scores inférieurs à la moyenne municipale dans la " petite Jérusalem ", à l’instar de ce que nos données d’enquête indiquaient.

Le tropisme madeliniste en 2002, puis sarkozyste en 2007 et en 2012 de la " petite Jérusalem " laisse à penser que cet électorat serait puissamment et solidement ancré à droite. Mais les résultats des dernières élections municipales montrent que si la fidélité à la droite est indéfectible lors de la présidentielle, elle s’accompagne d’un soutien tout aussi massif de ce quartier à François Pupponi, le maire socialiste de la ville.

 

 

La comparaison des résultats est assez frappante dans la mesure où, à deux ans d’écart seulement, le candidat de gauche est plébiscité dans les mêmes proportions que Nicolas Sarkozy dans les mêmes bureaux de vote… On sait que dans les élections locales, la personnalité du maire joue beaucoup et brouille souvent les clivages, mais les chiffres sont encore une fois très impressionnants. Ils illustrent, selon nous, d’une part, que François Pupponi bénéficie de très bons rapports et de relais efficaces dans cette population et que, d’autre part, la logique communautaire est très forte dans ce quartier puisque l’électorat y vote littéralement " en bloc " pour le maire sortant socialiste comme pour le candidat de droite lors de la présidentielle.  

Sur un temps long, toujours à Sarcelles, nous pouvons tenter de préciser la chronologie du basculement à droite du vote juif. 

 

 

L’étude des bureaux de vote du grand ensemble de Sarcelles entre 1988 et 1995 montre :

  • un vote fortement ancré à gauche en 1988 (ce qui était déjà le cas en 1981). En effet, les bureaux 20 et 21, où 46% de juifs ont été recensés, votent à 64.4% pour F. Mitterrand au 2ème tour des élections présidentielles. Ce score est certes inférieur celui des bureaux 8 et 9, où l’on ne retrouve que 24% d’électeurs juifs et qui votent à 75.3% pour F. Mitterrand, mais il est équivalent à l’ensemble de la ville de Sarcelles (65.5%). Ce résultat est nettement supérieur au vote national (54% pour F. Mitterrand).
  • un basculement vers J. Chirac entre 1988 et 1995. Ce basculement est une tendance générale puisque J. Chirac améliore ses scores tant au niveau local (dans les bureaux de vote sélectionnés comme dans l’ensemble de la ville) qu’au niveau national. Cette tendance est nettement accentuée dans les bureaux où la proportion de juifs est la plus importante avec un bonus de 21.5 points à J. Chirac qui dépasse les 50% dans les bureaux 21, 22 et 24 (anciennement bureaux 20 et 21), contre 16.2 points dans les bureaux 14 et 15 (anciennement 8 et 9) et seulement 13.9 points sur l’ensemble de la ville.

Si l’on considère les élections présidentielles de 1988 à 2012, on constate que ce basculement entamé en 1995 se confirme sur l’ensemble de la période. En effet, de 1995 à 2012, les bureaux du cœur du quartier juif votent plus à droite que la France entière qui elle-même vote plus à droite que la ville de Sarcelles.

 

 

Toutefois, l’élection de 2002 marque un tournant. D’abord parce qu’elle achève d’inverser le rapport de force entre la gauche et la droite (2/3-1/3 à l’avantage de la gauche en 1988 contre un rapport de 2/3-1/3 à l’avantage de la droite en 2002). Ensuite parce que pour la première fois, le vote juif se distingue du vote de l’ensemble de la population française et sarcelloise. Alain Madelin, candidat au score relativement marginal au niveau national (il n’obtient que 3,9 % des suffrages nationaux) recueil une part extrêmement conséquente des voix de la communauté juive (21,5%). Cette caractéristique est encore accentuée à Sarcelles. En effet, alors qu’Alain Madelin n’obtient que 6.5% des suffrages à Sarcelles si l’on exclut les 5 bureaux du quartier juif (21, 22, 24, 25 et 27) contre 37.5% dans ces mêmes bureaux et 39.9% des suffrages dans le cœur du quartier juif de Sarcelles (bureaux 21, 22 et 24).

5- Un effet plus estompé mais bien réel dans plusieurs autres villes

A l’instar de ce que l’on observe à Sarcelles, on constate aussi qu’à Marseille dans un quartier situé dans le 8ème arrondissement (entre l’avenue du Prado et l’avenue du Paradis), où réside une communauté juive significative, le vote en faveur de Nicolas Sarkozy est très supérieur (de l’ordre de 15 à 20 points) à la moyenne de l’arrondissement, pourtant déjà très élevée. 

 

 

Ce très puissant sur-vote UMP s’accompagne d’une minoration du vote frontiste dans ce quartier par rapport à la moyenne de l’arrondissement. Même si comme on l’a vu dans nos données d’enquête, le vote FN a progressé dans la communauté juive, la concurrence de Marine Le Pen sur l’électorat de droite radicalisé s’est moins fait sentir dans les bureaux de vote à forte proportion d’électeurs de confession juive que dans les bureaux avoisinants. L’exemple du bureau n°1305 dans le 13ème arrondissement (bureau couvrant la zone comprise entre le boulevard Barry, le boulevard des tilleuls et le boulevard Alphonse Moutte) confirme cette tendance. Nicolas Sarkozy y obtient au premier tour 35,3% des voix (soit 12,2 points de plus que sur l’ensemble de l’arrondissement) quand le score de Marine Le Pen est en retrait par rapport à sa moyenne : 22,6% au lieu 26,1%.

Créteil constitue, avec Sarcelles, une des communes abritant la plus importante communauté juive en France. Cette dernière réside principalement dans les quartiers situés à proximité du lac (quartiers du Port et de la Source). Mais contrairement à Sarcelles, la densité de la population de confession israélite, bien que réelle, semble moins forte dans ces quartiers et en dépit de faits divers récents, le climat d’insécurité et les tensions communautaires apparaissent moins prégnants que dans la sous-préfecture du Val d’Oise. Dans ce contexte, si les bureaux de vote correspondant aux quartiers où réside principalement la communauté juive cristolienne se distinguent assez nettement du reste de la ville par un vote Sarkozy supérieur à la moyenne, les niveaux atteints ne sont pas comparables avec ceux observés à Sarcelles.  

 

 

De la même  façon, on constate qu’au second tour, Nicolas Sarkozy ne " fait pas le plein " des voix du centre et du FN contrairement à ce qui s’est passé à Sarcelles.

 

 

L’expression du tropisme droitier de cet électorat (entre +8 et +16 points pour N. Sarkozy à Créteil et entre +25 et +36 points à Sarcelles) varie donc selon le contexte local, selon la force du lien communautaire mais aussi selon la densité (ou la dilution c’est selon) de la population de confession juive dans la population locale et partant dans le corps électoral. 

En matière de comportements électoraux, dans les bureaux de vote du 19ème arrondissement de Paris, que nous avons identifiés comme correspondant à des quartiers abritant une communauté juive significative[3, les tendances sont assez similaires à ce qui a été observé sur Créteil. Dans un arrondissement massivement orienté à gauche (François Hollande ayant obtenu 67,6% des voix au second tour), ces bureaux de vote se distinguent au premier comme au second tours par un vote en faveur de Nicolas Sarkozy assez nettement supérieur à la moyenne de l’arrondissement.

 

 

 

Ces 4 bureaux sont même ceux qui ont le plus voté pour le candidat de l’UMP parmi les 67 bureaux que comptent l’arrondissement. Ainsi même dans ce quartier de la capitale, un phénomène assez identique à ce que l’on constate dans les communes de banlieues observées se répète. Même si nous sommes à Paris, un certain nombre d’éléments sont communs : la vie et le sentiment d’appartenance communautaires y sont développés, des tensions avec les populations issues de l’immigration maghrébine ou africaine génèrent un sentiment d’insécurité assez prégnant et il s’agit d’un électorat juif populaire ou de classe moyenne. 

On observe un phénomène moins spectaculaire dans les communes aisées où une communauté juive numériquement non négligeable est implantée dans un quartier. Dans ce cas, on n’assiste pas à une inversion des tendances politiques comme à Sarcelles ou Créteil, mais à un renforcement de la tendance droitière. Ainsi, à Saint-Maur-des-Fossés, dans le quartier de La Varenne-Saint-Hilaire, quartier qui abrite une communauté juive plus bourgeoise que celle résidant dans la ville voisine de Créteil (une partie ayant d’ailleurs quitté Créteil pour venir habiter à La Varenne-Saint-Hilaire), le vote Sarkozy au second tour atteint 65.7% (moyenne des 38 à 49 du canton n°45) contre 59.8% à l’ensemble de la ville, avec des pics à 75,2% et 75% dans les bureaux pavillonnaires n°38 et 41.

C’est donc d’abord dans les communes de classes moyennes ou populaires que la singularité du vote de l’électorat juif apparaît le plus nettement. Le dernier cas étudié, celui de Villeurbanne dans l’agglomération lyonnaise le confirme. Une nouvelle fois, les bureaux de vote correspondant aux quartiers où résident de nombreuses familles de confession juive[4  se sont distingués par un sur-vote en faveur de Nicolas Sarkozy assez net avec une « prime » de l’ordre de +10 à +14 points comme le montre le tableau ci-dessous.

 

 


[1] A Créteil par exemple, 5 bureaux de vote votèrent à plus de 10% (et un à plus de 15%) pour le candidat de Démocratie Libérale ; ce fut également le cas de 13 bureaux situés dans le 19ème arrondissement ou pour deux bureaux de Villeurbanne par exemple.

[2] On notera que François Bayrou (présent à la manifestation du 7 avril 2002), réalise ses 4 meilleurs scores de la ville de Sarcelles dans les bureaux 21, 22, 24 et 25. 

[3 Il s’agit des quartiers situés notamment autour des rues Manin, Crimée, d’Hautpoul, de Meaux ou bien encore des avenues Secrétan et Mathurin Moreau. 

[4 Autour notamment des rues Dedieu, Hippolyte Kahn, Anatole France ou bien encore du cours Emile Zola

 

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