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L'autre facture de la crise : quel espoir à moyen terme pour les petits emplois BAC +12 ?

Publié le 20 janvier 2014
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Le chômage n'est pas le seul problème qui affecte le marché du travail en période de crise. Le sous-emploi, soit le fait d'occuper un emploi très en-deçà de son niveau de formation, déprime aussi une partie de la population active qui subit alors un fort sentiment de déclassement.
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Jean-Charles Simon est économiste et entrepreneur. Il a été Chef économiste et Directeur des affaires publiques et de la communication de Scor de 2010 à 2013. Auparavant, il a été successivement trader de produits dérivés, directeur des études du RPR et...
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Le chômage n'est pas le seul problème qui affecte le marché du travail en période de crise. Le sous-emploi, soit le fait d'occuper un emploi très en-deçà de son niveau de formation, déprime aussi une partie de la population active qui subit alors un fort sentiment de déclassement.
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Atlantico : De plus en plus d'actifs, souvent des jeunes diplômés, sont sur le marché du travail en étant "sous-employés" c'est-à-dire à un niveau d'exigences professionnelles en décalage avec leur niveau d'études. Ils seraient ainsi 44% aux Etats-Unis selon une étude américaine. Selon vous, que représente le phénomène en France ? S'est-il accentué avec la crise ?

Jean-Charles Simon : Oui, ce phénomène existe dans de nombreux pays développés, sous l’effet de deux tendances fortes. La durée moyenne des études s’est fortement allongée, et donc la proportion des jeunes diplômés du supérieur également. Elle est désormais bien supérieure à 40% d’une classe d’âge en France, tandis qu’elle était d’environ 15% en 1985. Mais parallèlement, l’évolution de l’emploi ne suit pas l’élévation des niveaux de formation. Car les nouvelles technologies, l’automatisation et la tertiarisation ont certes rétréci des pans entiers d’activités peu qualifiées, mais elles en ont aussi généré de nouvelles. L’écart qualitatif entre offre et demande de travail peut donc avoir tendance à se renforcer, comme en témoignent les fameuses « offres d’emploi non satisfaites », le plus souvent concentrées sur des métiers n’exigeant pas un niveau élevé de formation.

La crise renforce globalement la sous-activité, et elle est particulièrement défavorable aux nouveaux entrants, au premier chef les jeunes achevant leurs études. Elle conduit donc à s’interroger sur l’intérêt de l’effort de formation. Aux Etats-Unis, où les études coûtent souvent très cher, le « rendement » des formations supérieures est remis en cause sous l’effet de l’explosion de la dette des étudiants (dont l’encours serait de l’ordre de 1000 milliards de dollars) et d’un niveau élevé de défaillances sur ces prêts, avec la crise et la difficulté de trouver l’emploi attendu.

En France, notre problème est de favoriser une spécialisation sur les activités à bas salaires, souvent les moins qualifiées. Est ici en cause notre mécanisme de charges sociales patronales, très progressif avec les allégements bas salaires et maintenant le CICE, et dont le niveau à « taux plein » est inconnu ailleurs. Où souvent le taux de cotisation effectif est au contraire rapidement dégressif en fonction de la rémunération, comme en Allemagne. Et donc bien inférieur pour des métiers assez ou très qualifiés. Combinée à la fixation d’un Smic revalorisé mécaniquement et longtemps objet de « coups de pouce », cette particularité crée un effet de trappe à bas salaires, avec un salaire médian trop proche du minimum et très inférieur à ce qu’il peut être dans des pays comparables. Voilà qui ne favorise pas les activités employant beaucoup de personnel qualifié, qui d’une certaine façon sont lourdement ponctionnées pour financer les autres. Espérons que les évolutions annoncées fassent évoluer cette situation !

Olivier Cousin : Il y a évidemment des données qui existent qui soulignent, depuis longtemps même, un phénomène qui est celui de la difficulté d'accéder à un emploi conforme à son niveau, et notamment dans le cas des premiers emplois qui sont souvent conditionnés par des questions de nécessité.

Il y a un secteur où cette situation est encore plus flagrante : la fonction publique. En effet, le nombre de postes de cadres n'a pas augmenté avec le nombre de candidats pouvant prétendre à la fonction de cadre, qui a été lui favorisé par l'accroissement du niveau de diplôme. Conséquence : vous avez des gens dans la catégorie C (avec des recrutements sans concours ou avec des concours qui recrutent au niveau CAP/BEP, ndlr) qui ont des niveaux licence voire master, car il n'y a pas eu les créations nécessaires, il n'y a pas eu de rencontre entre offre et demande. Du côté des entreprises, il y a au contraire eu beaucoup plus de créations de postes de cadres permettant à des personnes de niveau licence de faire valoir leur diplôme. Mais les crises successives depuis une vingtaine d'années ont rétréci très fortement ces perspectives.  Cela touche évidemment les plus jeunes car quand vous rentrez sur le marché du travail, comme vous devez accepter de prendre un emploi (pour des questions financières mais aussi pour répondre aux exigences de gagner en expérience professionnelle), vous êtes donc directement contraint par ce phénomène.

Notez cependant que le problème n'est pas qu'une question de faible croissance. En effet, si la France renouait avec une croissance forte, cela ne signifierait pas automatiquement que le marché du travail aurait besoins des personnes les plus qualifiées, du moins pas forcément en proportion des arrivées sur le marché. Une croissance ne résoudrait qu'en partie seulement le problème.

Que coûte pour l'économie française le sous-emploi d'une partie de sa population active ? Peut-on le quantifier ?

Jean-Charles Simon : On peut chiffrer une partie du sujet, comme par exemple le coût des études supérieures effectuées mais qui ne semblent pas renforcer l’employabilité. En considérant par exemple que ceux qui occupent durablement des postes pour lesquels ils sont notoirement sur-qualifiés auraient pu se passer d’une partie de leur formation, notamment dans le supérieur. Formations pour l’essentiel gratuites ou quasiment dans notre pays, et qui pèsent donc sur les dépenses publiques.

Mais ce serait une vision réductrice et même en partie erronée, car ce capital de formation acquis peut s’avérer utile ultérieurement. Surtout, rien ne dit que dans un modèle alternatif les populations concernées n’auraient pas également été confrontées au sous-emploi ou au chômage.

Globalement, il reste évidemment positif et important de faire un effort majeur sur la formation initiale et de donner le maximum d’atouts pour pouvoir, en cours de carrière, disposer de savoirs de référence et plus encore de capacités à apprendre et à s’adapter à l’évolution des connaissances et des besoins. On observe d’ailleurs une bonne adéquation entre prospérité d’un pays et niveau de formation moyen. Mais cela ne signifie pas que toutes les études supérieures soient pertinentes, ni bien calibrées dans leur contenu comme dans le volume d’étudiants formés par discipline.

Pour l’économie française, le coût de cette situation est d’abord celui du gâchis de compétences sous-employées du fait de formations déconnectées du monde économique ou à cause de la subvention indirecte aux activités à bas salaires décrite précédemment.

Olivier Cousin : Il y a évidemment une perte à cause de l'investissement dans les études réalisé par les parents, mais aussi la collectivité via les impôts, en plus de la perte liée au sous-emploi et des compétences qui ne sont pas utilisées et génèrent de la frustration. Cela pèse ensuite sur l'économie française en créant du pessimisme, un domaine dans lequel la France est l'un des champions mondiaux.

Quelles sont les conséquences sur la suite d'une carrière de la commencer en étant sous-employé ? Cela peut-il durablement empêcher le retour à un emploi conforme à son niveau ? Quels sont les risques économiques sur le long terme ?

Jean-Charles Simon : C’est un vrai risque pour les jeunes concernés. S’ils enchaînent à la fin de leurs études des « petits jobs » ou des postes qui ne correspondent pas du tout à leurs aptitudes, ils peuvent avoir de réelles difficultés à accéder ensuite à des postes qui leur conviennent mieux. Mais quand on regarde les évolutions du taux d’emploi par cohortes de générations, il semble que celles dont la fin des études a correspondu à une période de forte crise ne sont que temporairement touchées. Tandis que les phénomènes de surqualification ou d’emploi peu stable sont, eux, plus structurels, leur évolution pesant un peu plus sur chaque nouvelle génération.

Toutefois, chaque situation est un cas particulier. « Temporiser » dans des métiers et/ou des formations complémentaires peut s’avérer une bonne stratégie en attendant le retour d’une conjoncture plus favorable à l’emploi, si l’on est convaincu que sa formation sera recherchée en sortie de crise. C’est aussi le bon moment pour des expatriations au moins temporaires : quitte à devoir se contenter de petits boulots, les faire à l’étranger sera toujours un plus pour la suite. A l’inverse, une surqualification qui s’installe dans la durée signifie certainement qu’il y a un souci quant à la pertinence de la formation suivie, et le cas échéant un sujet plus personnel. Dans ces situations, il faudrait inciter à une réorientation des personnes concernées.

Olivier Cousin : C'est assez difficile de répondre précisément. Le problème c'est surtout le sous-emploi durable qui risque de créer un phénomène "d'étiquetage" qui sera extrêmement fort. Incontestablement, il y a des risques d'enfermement d'accepter certains emplois, alors que malheureusement les personnes concernées peuvent rarement faire autrement. Le monde du travail reste un univers ou de très fortes barrières existent, et passer trop de temps à une certaine fonction générera une situation où vous ne serez plus du tout considéré par votre formation d'origine.

Cette importance du sous-emploi, notamment chez les jeunes, peut-elle générer à plus long terme une génération désabusée par le marché du travail ? Quelles peuvent être les conséquences pour la société ?

Jean-Charles Simon : Les effets d’une surqualification très répandue sont délétères, comme ceux d’un chômage très élevé. Ils peuvent saper les piliers fondamentaux du pacte social de toute démocratie moderne : l’évolution au mérite, le rôle de l’école et de l’université, l’importance du savoir… Et entraîner des comportements de rejet du système, comme quand les plus jeunes des quartiers difficiles n’ont pas le sentiment que leurs aînés les mieux formés bénéficient de l’ascension sociale qu’ils espéraient.

Ce sont des évolutions de longue période, d’ailleurs. Ainsi, l’essor de syndicats radicaux comme SUD a été mis en relation avec le recrutement massif dans certaines entités publiques, à partir des années 80, de personnels bien trop qualifiés pour les postes occupés. Avoir un diplôme de licence voire de master pour des métiers qui recrutaient parfois au niveau du certificat d’études quelques décennies plus tôt, ça ne favorise pas l’épanouissement professionnel…

Mais je crois qu’il y a aussi à l’œuvre aujourd’hui des phénomènes plus lourds, qui touchent l’ensemble du rapport au travail et pas seulement les situations de surqualification. A l’instar de la polémique sur les « bullshit jobs » lancé par l’un des pionniers du mouvement « Occupy Wall Street », David Graeber, la question du sens du travail agite peut-être davantage les plus jeunes générations que les précédentes. L’importance des mutations économiques et technologiques en cours y est évidemment pour beaucoup.

Olivier Cousin : Il faut bien sûr rester prudent, mais je pense que le phénomène explique en partie le sentiment de déclassement, qui ne correspond d'ailleurs pas toujours à la réalité – c'est un débat dans le monde des sciences sociales – mais qui n'en demeure pas moins très fort. Les gens ressentent que les sacrifices qu'ils font pour leurs enfants ne produisent pas la récompense attendue. Tout cela génère un sentiment de défiance vis-à-vis des institutions, et aussi à l'égard du monde du travail. Et régulièrement de grandes enquêtes publiques mettent cela en lumière et, je le répète, la France se singularise dans ce domaine, très nettement même.

Le phénomène est-il seulement issu de la déprime économique ou est-il aussi causé par la nature du contenu des formations universitaires en décalage complet avec le monde du travail ?

Jean-Charles Simon : La question de la conjoncture n’est pas négligeable, mais ce n’est pas le cœur du problème, qui serait sinon temporaire. Il y a plus structurellement un défi majeur de qualité et d’adaptation de notre système éducatif. Le choix français, d’abord de pousser la quasi-totalité d’une génération au niveau du baccalauréat, et ensuite d’ouvrir quasiment sans sélection la plupart des premiers cycles universitaires, a permis une élévation considérable du niveau de formation moyen d’une classe d’âge. Il a multiplié les parcours parfois exigeants d’un point de vue académique mais sans débouchés significatifs. Sans caricaturer des formations régulièrement pointées du doigt comme la sociologie ou la psychologie, le manque d’adaptation au marché du travail de nombreux cursus est patent. La massification, qui avait l’objectif louable de démocratiser l’enseignement secondaire puis supérieur, est une générosité trompeuse. D’abord car les moyens ne sont pas au rendez-vous, dans un système dont les usagers ne paient presque jamais le prix (y compris ceux qui le pourraient !). Et parce que le système a continué à trier, plus insidieusement, entre formations plus sélectives et mieux dotées et celles qui se retrouvent des choix par défaut, et sont souvent paupérisées. Avec une propension peut-être encore plus forte qu’avant à la reproduction des élites.

Redevenir plus sélectif, se doter de moyens plus adéquats grâce à des frais d’inscription plus proche des coûts réels supportés, le tout avec des systèmes de bourses et prêts généreux, et bien sûr se rapprocher fortement des entreprises sont des enjeux majeurs pour notre système éducatif. L’insertion dans le monde du travail doit aussi faire une bien plus grande place à des formules comme l’apprentissage, ainsi qu'à l'entrepreneuriat, le tout en révisant nos penchants excessifs pour les savoirs théoriques et les formations généralistes.

Olivier Cousin : On peut dire les deux, et il est assez complexe de savoir qui cause quoi. Il faut garder en tête qu'être trop adapté au marché du travail vous rend paradoxalement inadaptable parce que l'on vous reprochera votre trop grande spécialisation. On reste constamment dans ces doubles paradoxes où on ne sait pas quoi faire de vous quand vous êtes trop généraliste, mais on vous reprochera aussi de n'être capable de travailler que dans un seul domaine si vous êtes trop spécialisé…

La critique qui est souvent portée par le monde du travail aux formations, c'est qu'elles génèrent des candidats qui ne correspondent pas au profil recherché. Certes, c'est en partie vrai. Mais très souvent, les employeurs sont incapables de définir eux-mêmes ce que serait le profil idéal. Il faut donc rester très prudent sur les reproches à faire aux formations, même si bien sûr des aberrations existent dans ce domaine.

Propos recueillis par Damien Durand

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la saucisse intello
- 21/01/2014 - 10:13
Vous allez rire.................
Au matin de son exécution (28 juilet 1976, un jour de "grands départs" !), on avait réveillé ranucci de bonne heure en lui faisant croire qu'il allait chez le coiffeur (ce qui n'était pas totalement faux !). Comme il était myope comme une taupe et qu'on n'avait pas jugé utile de l'encombrer de ses lunettes (une seule suffisait, celle de "Gilberte" !), il arriva devant "l'abbaye de monte-à-regrets" et il eut cette remarque : "elle est drôle votre échelle, où sont les barreaux ?). Il attend toujours la réponse.
Ni pour-ni contre-bien au contraire ...
- 21/01/2014 - 09:38
Beaucoup de bac +12 en socialie !
Euh... un bac+12, j'en connais beaucoup personnellement, c'est généralement un étudiant de carrière en sociologie, philosophie, histoire, histoire de l'art etc.. militant bobo-ecolo-socialo-communiste, aux ordres du parti, excellant dans le blocage des fac et autres campus comme nervi et finissant généralement conseiller municipal parisien ou président d'une associations en attendant le grand soir ! Vous voulez des noms ?
la saucisse intello
- 21/01/2014 - 03:58
D'ailleurs, du temps de "Gilberte".......
Les bourreaux et leurs aides étaient tous des manuels qui, accessoirement, étaient mis à contribution par la justice. C'est ainsi que ranucci fut raccourci par un ouvrier-typographe. C'est vrai, les taches manuelles ne sont pas sans noblesse. Surtout dans ce cas. Parce que ça n'a l'air de rien mais bourreau, c'est un métier de haute précision : Chacun a une mission bien définie : Couper les cheveux, échancrer la chemise, lier les chevilles, lier les bras dans le dos, porter, présenter, basculer, s'asseoir sur le dos du "colis", tenir la tête du "cycliste" par les oreilles* pendant que le bourreau en chef se contente d'appuyer sur le petit levier qui libère le "rasoir républicain" ! Je parle de ça parce que je viens de livre de Jean Kerr intitulé "les derniers bourreaux". C'est poilant, plein de détails et de portraits de ces travailleurs si attachants !
* : L'aide qui tenait le "colis" par les oreilles s'appellait "le photographe" ! L'argot des bourreaux est l'un des plus désopilants qui soit ! J'ai beaucoup ri !