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Où la Tunisie en est-elle depuis le printemps arabe ?
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Tunisie : 3 ans après la révolution, la situation reste fragile mais l'espoir reste permis
Publié le 09 janvier 2014
Depuis le Printemps arabe en Tunisie, la situation économique s'est aggravée et le contexte politique reste très tendu. Des signes pourtant montrent la voie d'une amélioration où l'Europe a son rôle à jouer.
Alain Destexhe est député belge,  ex sénateur, initiateur de la commission d'enquête du Sénat belge sur le génocide du Rwanda. Il a également été secrétaire général de Médecins Sans Frontières et est l'auteur de Le mouvement flamand expliqué aux...
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Alain Destexhe est député belge,  ex sénateur, initiateur de la commission d'enquête du Sénat belge sur le génocide du Rwanda. Il a également été secrétaire général de Médecins Sans Frontières et est l'auteur de Le mouvement flamand expliqué aux...
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Depuis le Printemps arabe en Tunisie, la situation économique s'est aggravée et le contexte politique reste très tendu. Des signes pourtant montrent la voie d'une amélioration où l'Europe a son rôle à jouer.

La société résiste

Malgré ces aspects décourageants, de nombreux acteurs de la société tunisienne ont manifesté une capacité de résistance incroyable au pouvoir des islamistes. Seul point vraiment positif de la Révolution de 2011, la liberté de la presse est bien réelle même si des journalistes sont accusés ou condamnés par une justice parfois héritière de l’ancien régime, parfois au service du nouveau pouvoir. Le droit de la famille et les acquis en matière de droit de la femme datant du temps de Bourguiba ont jusqu’à présent été préservés.

À titre d’exemple, après une longue lutte, le corps académique de l’Université de la Manouba a réussi à résister aux tentatives d’islamisation de cet établissement réputé. Celles-ci se traduisaient par une volonté de séparer les garçons et les filles lors des cours, d’autoriser les jeunes filles à porter le niqab qui voile le visage, de refuser l’enseignement de Michel-Ange et de Diderot. Sous la conduite du courageux doyen de la faculté des lettres Habib Kazdaghli, la situation est redevenue plus ou moins normale sur le campus, mais le doyen, menacé de mort, vit désormais sous protection policière permanente. Le prix de la résistance est parfois très élevé.

Depuis des mois, la société manifeste contre le gouvernement issu de l’élection de l’assemblée constituante d’octobre 2011 qui avait un mandat d’un an pour écrire une nouvelle constitution. Les pressions de l’opposition ont fait reculer les islamistes. Il y a désormais un quasi-accord sur le texte de la future constitution. Le Gouvernement du Premier ministre Larayedh s’est engagé à démissionner à l’issue du dialogue national qui regroupe toutes les composantes de la société tunisienne. Il devrait être remplacé par  Medhi Jomaa, technocrate peu expérimenté en politique et proche du parti Ennahda.  

Le rôle de l’Europe

Si la situation reste fragile, l’espoir reste permis. Il existe une véritable volonté de changements chez de nombreux représentants de la société civile qui est tout bonnement impressionnante. La France et l’Europe ont un rôle important à jouer dans cette transition délicate. Elles doivent tout d’abord soutenir les acteurs du changement démocratique tunisien : des facultés universitaires, des médias, des associations de femmes et de défense des droits de l’homme. Mais elles doivent aussi soutenir les partis politiques démocratiques non religieux proches  des idéaux libéraux comme peut l’être le principal parti d’opposition actuel, Nidaa Tounes (Appel de la Tunisie) présidé par Béji Caïd Essebsi. Longtemps ministres des affaires étrangères sous Bourguiba, il fut Premier ministre  du gouvernement provisoire jusqu’à l’élection de l’Assemblée Constituante.

Deuxièmement, l’Europe doit veiller à soutenir l’organisation d’élections vraiment libres et transparentes en évitant que les islamistes n’accaparent les moyens de l’État qu’ils contrôlent de plus en plus. Les islamistes reçoivent des soutiens financiers importants du Moyen-Orient, le jeu électoral risque de ne pas être équitable dans un pays sans tradition démocratique. L’Europe doit chercher à imposer des règles de financement transparentes de la campagne électorale et réfléchir à l’aide qu’elle peut apporter aux partis démocratiques qui soutiennent ses valeurs pour faire contrepoids aux islamistes. 

Enfin, il faut annoncer clairement que le soutien de l’Europe, économique et politique, sera conditionné à une lutte efficace contre le terrorisme et à une démocratisation en profondeur de la Tunisie, ce qui inclut la préservation des libertés fondamentales notamment la liberté de la presse et le statut de la femme, unique dans les pays arabes.

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arbat
- 09/01/2014 - 13:41
super !!!!
l espoir est permis !!!!
c est ce que l on dit quand il ne reste plus rien ......c est de l humour je suppose .....l espoir est permis la bonne blague !!!! l espoir est permis !!!!!!!! L ESPOIR EST PERMIS !!!!!!!!!!!!!
Ganesha
- 09/01/2014 - 12:49
Bon Courage !
Sans pétrole et sans tourisme, les délocalisations industrielles sont parties en Ethiopie.
La Tunisie importe une part très importante de sa nourriture de l'extérieur : elle va connaître une ''famine islamique'' pendant quelques années...
Bon courage !