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Pourquoi le salaire minimum à la française est un redoutable producteur de chômage et de précarité

Publié le 16 décembre 2013
Le gouvernement a annoncé vendredi une hausse de 1,1 % du SMIC au 1er janvier 2014. Alors que le débat sur le salaire minimum fait rage en Allemagne et aux États-Unis, le gouvernement français, lui, donne tous les signes de celui qui veut s'y soustraire.
Gérard Thoris est maître de conférence à Sciences Po. il a notamment rédigé une Analyse économique des systèmes (Paris, Armand Colin, 1997), contribue au Rapport Antheios et publie régulièrement des articles en matière de politique économique et sociale...
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Gérard Thoris et Éric Verhaeghe
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Gérard Thoris est maître de conférence à Sciences Po. il a notamment rédigé une Analyse économique des systèmes (Paris, Armand Colin, 1997), contribue au Rapport Antheios et publie régulièrement des articles en matière de politique économique et sociale...
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Le gouvernement a annoncé vendredi une hausse de 1,1 % du SMIC au 1er janvier 2014. Alors que le débat sur le salaire minimum fait rage en Allemagne et aux États-Unis, le gouvernement français, lui, donne tous les signes de celui qui veut s'y soustraire.

Atlantico : Le gouvernement a annoncé vendredi une augmentation de 1,1 % du Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) à compter du 1er janvier 2014. Au même moment, en Allemagne et aux États-Unis, le débat fait rage quant à l'efficacité du salaire minimum. Depuis l'instauration du Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) en 1950 en France, le bilan du salaire minimum est-il bon d'une manière générale ?

Gérard Thoris : L’existence d’un salaire minimum ne relève pas d’une catégorie morale. Il n’a pas à être dit bon ou mauvais. La question est de savoir à quoi sert un salaire minimum et si c’est un instrument efficace pour atteindre l’objectif que l’on se donne à travers cet instrument de politique économique et sociale.

L’objectif du salaire minimum est de permettre aux salariés dont la productivité n’augmente pas de bénéficier quand même d’une augmentation de salaire. Cela veut dire que l’augmentation de leur niveau de vie ne provient pas seulement de leur contribution à l’activité économique. Elle intègre dès le départ une forme de don de la part des salariés dont la productivité s’est accrue. En d’autres termes, le SMIC comporte dans son principe une opération de redistribution. Bien entendu, la question fondamentale est de savoir quels sont ces autres salariés qui, concrètement, contribuent à l’augmentation du niveau de vie des smicards. On aime à penser que ce sont les salariés les mieux payés. Mais quand on regarde le tassement de la hiérarchie des salaires autour du niveau du Smic, on se dit que, en fait, ce sont les bas salaires qui contribuent le plus à l’augmentation des très bas salaires.

Ce raisonnement permet aussi de comprendre que le Smic ne permet pas d’augmenter la demande. Ce que les très bas salaires gagnent en plus grâce au Smic, les bas salaires le perdent. Comme on l’a dit, il s’agit simplement d’un transfert de pouvoir d’achat. Pour que le Smic augmente la demande, il faut qu’il entraîne une diminution de l’épargne des catégories de population dont le salaire a été contraint par leur contribution au Smic. Il faut avouer que c’est hautement improbable.

Eric Verhaeghe : Tout dépend des époques. Le Smig en tant que tel ne fonctionnait pas parce qu'il était indexé sur l'inflation mais pas sur la croissance. La preuve: les accords de Grenelle en 1968 ont dû fortement corriger la politique salariale, trop paupériste, menée par les grandes entreprises françaises. L'invention du Smic visait à forcer les entreprises à lier les salaires à la croissance économique globale. Ce glissement s'est fait en 70, probablement au pire moment pour l'économie du secteur privé: à la fin des Trente Glorieuses, quand la croissance s'est essoufflée, et quand la compétitivité a baissé. Au fond, le Smic est intervenu à contretemps. Il pose évidemment plusieurs problèmes: un problème sur la notion même de salaire interprofessionnel, un problème sur la notion de salaire minimum non négocié dans l'entreprise ou la branche, un problème sur le principe du coup de pouce.

Quel est son bilan d'un point de vue économique ? A-t-il permis une hausse de la consommation ? A-t-il fortement pesé sur les entreprises ?

Gérard Thoris : Le salaire minimum a effectivement contribué à une diminution des inégalités salariales. Il suffit d’imaginer que le Smig créé en 1950 ait été réévalué seulement au rythme de l’inflation. Il vaudrait aujourd’hui un peu plus de 2 euros. C’est donc une excellente chose qu’il ait permis aux populations les moins productives de bénéficier de l’enrichissement collectif. Mais la question ne se limite pas à son existence. Elle porte évidemment sur son niveau. La France est, à ce sujet, un pays extrêmement intéressant à observer.

En premier lieu, elle a choisi à plusieurs reprises d’augmenter le salaire minimum de manière substantielle. En 1956, en 1968 ou en 1981 pour se limiter à trois exemples. Dans les trois cas, cette opération a été suivie d’une dévaluation : 1957, 1969, 1981-1982-1983. Bref, ce que l’on avait donné d’une main avec force communication politique, on l’avait partiellement repris de l’autre, par le biais de l’augmentation du prix des produits importés.

La dernière fois qu'une telle augmentation a eu lieu, c’est lors de l’opération d’alignement des garanties mensuelle de rémunération (GRM). Comme le Smic est un salaire horaire, le passage aux 35 heures aurait abouti à une diminution de la rémunération mensuelle. Pour l’éviter, Mme Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité, a imaginé que les entreprises qui accélèreraient le passage aux 35 heures bénéficieraient d’allègements de cotisations sociales renforcées. Au total, il y eut cinq GRM qui constituaient, d’une certaine façon, autant de Smics ! En 2002, le ministre du travail François Fillon a essayé de revenir à un seul Smic. Il l’a fait en alignant toutes les GRM vers le haut. Selon les sources, on considère que cela a correspondu à une augmentation du Smic comprise entre 17 % (Ministère de l’économie) et 22 % (MEDEF). Seulement, derrière cet ultime coup de pouce au Smic, il n’y avait plus de possibilité de dévaluer la monnaie puisque nous étions entrés dans la zone euro. Depuis cette date, la désindustrialisation de l’économie française s’est accélérée.

Le second point est que, en France, le Smic est tellement élevé que plus personne ne peut l’atteindre. De fait, comme on l’a vu avec les GRM, depuis 1991, c’est l’État qui prend en charge une partie du coût du Smic. Certes, sa contribution ne concerne que ce que l’on appelle le salaire indirect, c’est-à-dire les cotisations sociales versées par les employeurs. Mais cela ne change rien au fait que, pour les très bas salaires, une partie de leur niveau de vie est payé par l’ensemble de la collectivité puisque l’État, donc l’ensemble des contribuables, se substitue à eux pour leurs contributions à la Sécurité sociale. Le fait qu’il s’agit de la part patronale ne change rigoureusement rien à la nature du phénomène.

Eric Verhaeghe : En fait, le Smic est, à certains égards, une "arnaque". Il place mécaniquement les Français dans le 2è ou 3è décile de revenus, c'est-à-dire entre les exclus et les classes moyennes. C'est une position plutôt peu valorisante pour ceux qui en bénéficient. Comme le salaire minimum en France est assez élevé, il s'est traduit par des baisses de charges pour les entreprises, qui coûtent très cher - entre 25 et 30 milliards perdus pour les caisses de l'Etat. Ces baisses de charges servent à alléger le coût du travail, fortement affecté par les "coups de pouce" successifs donnés au Smic. Concrètement, ce sont donc les classes moyennes qui payent le Smic aujourd'hui. Voilà une mesure qui ne satisfait personne: le Smic n'est pas valorisant pour ceux qui le perçoivent, et il est désespérant pour eux, parce que toute augmentation de revenus fait l'objet d'une taxation déguisée, qui n'encourage pas à la promotion sociale. En ce sens, il constitue bien une trappe...

Le salaire minimum est-il vraiment un frein à l'embauche, comme le font valoir certains de ses détracteurs ? Cette mesure de protection sociale est-elle créatrice de chômage ?

Gérard Thoris : Dès les années 1970, le prix Nobel d’économie Maurice Allais avait montré que le chômage français relevait pour partie d’un salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre. Les autorités politiques ont mis une génération pour en accepter le constat. Jacques Chirac n’aura pas beaucoup insisté dans son idée de lancer un Smic-jeune et la solution retenue fut, finalement, de socialiser une partie du salaire minimum via la prise en charge par l’État d’une partie des cotisations sociales employeurs. Aujourd’hui, nous sommes dans la même logique avec le CICE et, plus généralement, avec le serpent de mer d’une TVA sociale. On comprendra peut-être un jour qu’il s’agit seulement d’une opération de prestidigitation. Le smicard finira par payer sa baguette plus cher tandis que les salariés mieux dotés en termes de capital humain négocieront une augmentation de salaire consécutive à la hausse de la TVA.

Si l’on veut comprendre pourquoi le salaire minimum doit être ajusté au pouvoir d’achat des autres salariés, il suffit de s’interroger : jusqu’à quel prix le client moyen est prêt à payer pour une prestation de service. Si le salaire minimum est trop élevé, il choisira de le faire lui-même ou de faire appel au travail non déclaré. L’exemple basique peut être celui du fast food: à partir de quel prix le consommateur de ces enseignes choisira plutôt de manger un plat qu’il aura lui-même préparé.

Eric Verhaeghe : Comme je viens de le dire, elle est d'abord coûteuse pour le contribuable, qui finance les baisses de cotisations sociales dont bénéficient les emplois payés au Smic. Cette mécanique est redoutable, car elle crée un avantage fiscal au bas salaire. Aujourd'hui, une entreprise a tout intérêt à ne jamais recruter au-dessus de 1,6 Smic, montant plafond des baisses de cotisations. Sous couvert de mener une politique sociale, en réalité, on enferme les salariés dans une logique de bas salaire. En même temps, compte tenu du niveau élevé du Smic et de l'environnement réglementaire, une entreprise réfléchit forcément avant de procéder à un recrutement sur des emplois peu qualifiés: ceux-ci coûtent cher, et sont peu flexibles. Voici comment, au total, on encourage les entreprises à tirer les salaires vers le bas et comment on décourage de recruter.

Contrairement aux autres salaires, le Smic augmente tous les ans. Quels effets cela-t-il eu sur la répartition de la pauvreté en France ?

Gérard Thoris : Pour essayer de dépolitiser le débat, Nicolas Sarkozy avait créé une Commission nationale de la négociation collective par la loi du 3 décembre 2008. Présidée par Paul Champsaur, elle a montré, rapport après rapport, que l’augmentation du Smic n’était plus le moyen adéquat pour faire reculer la pauvreté. Est-ce pour cela que François Hollande en a remplacé tous les membres ?

Ils ne changeront pourtant rien aux faits. Pour ne prendre qu’un exemple, supposons que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault décide de supprimer le quotient conjugal, comme on lui en prête l’intention. Automatiquement, le smicard qui vit en couple avec un seul salaire deviendra imposable. En fait, nos pratiques de lutte contre la pauvreté utilisent une multitude d’instruments sans aucune cohérence d’ensemble. Rien ne fait système, de sorte que l’on ne sait plus rien de la situation effective des gens. Pour cela, il faudrait utiliser une méthode multicritères qui tienne compte de l’ensemble des politiques publiques, critère après critère, situation familiale après situation familiale.

Eric Verhaeghe : Les coups de pouce au Smic sont illusoires: ils servent simplement à fixer l'échelle des salaires vers le bas. Quand une entreprise sait que le Smic augmente automatiquement, elle récupère le coût de cette augmentation sur les salaires moyens. C'est ainsi que le volume global des rémunérations en France se concentre fortement entre 1.000 et 1.500 euros mensuels. C'est un phénomène assez simple à comprendre: la masse salariale n'est pas extensible, et ce qui favorise les plus bas revenus est récupéré sur la couche "du dessus", jusqu'aux emplois intermédiaires.

D'un point de vue social, le SMIC a-t-il permis, comme c'était son objectif à sa création en 1970, de réduire les inégalités ? Ou les a-t-il, au contraire, amplifiées ?

Eric Verhaeghe : La réponse à cette question ne coule pas de source, car elle est très globale, et les inégalités en France ont évolué de façon complexe. En fait, les plus bas salaires ont finalement été protégés par le Smic en pouvoir d'achat. La question est de savoir si certains bénéficiaires actuels du Smic, ou proches du Smic, n'auraient pas gagné plus sans les coups de pouce, tout simplement parce que leur employeur aurait disposé de plus de marges pour les augmenter. Cette question est difficile à résoudre. Toujours est-il que l'effet pervers du Smic porte plutôt sur les classes moyennes: pendant que les plus bas salariés étaient protégés, les salaires moyens ont moins augmenté et certaines années ont même baissé. Autrement dit, l'augmentation du Smic se traduit par un déclassement des emplois intermédiaires, qui sont sacrifié. Si, entre les plus riches et les plus pauvres, les études montrent qu'il n'y a pas eu augmentation de l'éventail, en revanche, entre les plus riches et les moyens, il y a eu décrochage, et ça, c'est un problème.

D'une manière générale, le SMIC est-il trop élevé en France ? Faut-il revoir son mode de calcul ? Faut-il le supprimer ?

Gérard Thoris : Dans la crise où nous sommes, ce n’est pas seulement le Smic qui est trop élevé, mais l’ensemble des salaires. Si nous ne voulons pas nous résoudre à voir le chômage augmenter encore, il faudra bien réajuster le niveau des rémunérations avec ce que les gens veulent ou peuvent payer. Comme les salaires sont rigides à la baisse et que les prix augmentent peu, la seule solution est d’augmenter la durée annuelle du travail. Dans un pays où le chômage dépasse les dix pour cent, ce n’est pas le moindre des paradoxes ! 

Eric Verhaeghe : Le SMIC a été inventé à l'époque où le dialogue social était secondaire, et globalement absent des entreprises. Dans la pratique, il continue à toucher majoritairement les entreprises où il n'y a pas de dialogue social. On peut donc déduire l'idée qu'il y a une corrélation entre bas salaires et absence de dialogue. On peut aussi considérer que le pilotage très politique du Smic constitue un choc de compétitivité défavorable pour les entreprises. Les grands perdants de ce dispositif, outre les classes moyennes, sont les jeunes, qui sont souvent recrutés en stage pendant des durées exorbitantes, parce que cette formule constitue le seul moyen pour les PME et les TPE d'avoir accès à une main-d'oeuvre formée et peu chère.

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ignace
- 17/12/2013 - 10:13
Brondillant ...que l'on m'explique
difficile d'expliquer quoi que ce soit a quelqu’un qui pratique

soit la mauvaise foi volontaire (pour s'adapter au ton du site)
soit , est limité par un QI de crevette et là, il n'y a rien a faire
Anguerrand
- 17/12/2013 - 07:52
Juste un chiffre
En Roumanie le smic est de 139 euros pour 48 heures de travail.
Alors il ne faut pas s'étonner que dans un monde ouvert nos entreprises " rament" avec tous les boulets ( charges, impôts ) qu'elles traînent.
Seule des produits haut de gamme et innovant peuvent nous permettre d'égaler les meilleurs ( Allemagne,Suisse,,Autriche....)
Brondillant
- 17/12/2013 - 07:22
le SMIC
est une horreur.
Malheureusement son existence est dans cette logique absurde de "redistribution".
Que l'on m'explique ? Il y a de plus en plus de SMICARDS en France, est ce parce que nous avons de moins en moins de travailleurs qualifiés? Ou avons nous une échelle des salaires qui stagne ce qui fait que de plus en plus de travailleurs "smicards".
Faut il prendre en pitié la multitude de travailleurs non qualifiés et pénalisés les travailleurs qualifiés en comparant le différentiel des salaires extrêmement bas.
Les fonctionnaires ont mis en place la solution de l'ancienneté, les fameux échelons. Dans le privé rien de tout cela. La référence salariale est le SMIC. Pas la qualification du travail.
En fait dans une entreprise les travailleurs qualifiés payent les smicards, car bien souvent en comptant le salaire plus les charges, toutes les charges, ils ne sont pas rentables.