En direct
Best of
Best of du 13 au 19 juillet
En direct
© Reuters
Selon le sondage PollingVox pour Valeurs actuelles, 61% des sympathisants UMP souhaitent que Sarkozy adopte un discours "nettement à droite".
A droite, toute !

Ils en attendent "un discours nettement à droite" : mais que mettent exactement derrière le mot droite les électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy ?

Publié le 12 décembre 2013
Selon un sondage paru dans "Valeurs Actuelles", presque deux tiers des électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy attendent que ce dernier présente un discours plus marqué à droite pour son retour en politique. Tour d'horizon au cas par cas de la signification de ce positionnement.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.Guillaume Peltier est vice-président de l'UMP et co-fondateur de "la Droite forte".
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet et Guillaume Peltier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.Guillaume Peltier est vice-président de l'UMP et co-fondateur de "la Droite forte".
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Selon un sondage paru dans "Valeurs Actuelles", presque deux tiers des électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy attendent que ce dernier présente un discours plus marqué à droite pour son retour en politique. Tour d'horizon au cas par cas de la signification de ce positionnement.

Atlantico : Selon le sondage PollingVox pour Valeurs actuelles, 61% des sympathisants UMP (55% au premier tour) souhaitent que Sarkozy, pour son retour, adopte un discours "nettement à droite". Concrètement, qu'est-ce que recouvre cette expression ? Qu'est-ce que PollingVox entend par "nettement à droite" ?

Guillaume Peltier : "Nettement à droite" s’entend par opposition à "modérément à droite" qui était l’autre possibilité de réponse proposée par PollingVox, choisie par 39% des sympathisants de droite. C’est, il me semble, l’idée très simple d’une droite qui s’assume de droite, qui ne s’excuse pas de ne pas être de gauche. Plus largement l’idée de "nettement" renvoie à l’idée de courage c’est-à-dire de la capacité à porter des idées nouvelles et audacieuses. 

Jérôme Fourquet : Nous avons réalisé un sondage identique pour Le Figaro Magazine où 24% des sympathisants UMP souhaitent qu'en cas de retour au pouvoir, Nicolas Sarkozy mette en œuvre une politique "de droite modérée", 55% "de droite" et 8% "très à droite". En résumé, 2/3 des sympathisants UMP veulent que Sarkozy mène une politique de droite, mais pas forcément très à droite. Le reste est sur un positionnement plus centriste. Ce résultat se retrouve d'ailleurs ans le classement des personnalités UMP préférées de sympathisants : Nicolas Sarkozy, François Fillon et Alain Juppé.

Au sein de l'électorat UMP, 6 électeurs sur 10 sont les tenants d'une ligne à droite, une droite assumée, décomplexée, mais qui n'est pas pour eux l'extrême droite. Cet électorat ne se voit pas comme un électorat extrême mais comme un électorat qui veut afficher ses valeurs. Cela nous place clairement dans la continuité du quinquennat de Nicolas Sarkozy et surtout de la deuxième moitié de sa campagne en 2012.

Comment aurait-il fallu procéder pour mettre des éléments objectifs derrière cette expression ?

Guillaume Peltier : Tester des mesures concrètes plutôt qu’un positionnement général ! La grille de lecture très à gauche, un peu à gauche, un peu à droite ou très à droite me paraît, si ce n’est périmée, du moins peu pertinente. Parce que les Français ne croient plus en la crédibilité de la parole publique et sont défiants vis-à-vis des partis politiques. Le siècle des idéologies est dépassé. Nous sommes dans celui du pragmatisme. C’est pourquoi il est toujours intéressant de tester des idées : l’alignement public/privé des régimes de retraite, le rétablissement du jour de carence pour les fonctionnaires, la suppression des régimes spéciaux, la réforme du droit du sol, le rétablissement du ticket modérateur pour l’AME… 

Quels thèmes sont caractéristiques d'un positionnement clairement à droite ? Comment a évolué l'opinion des sympathisants UMP et des électeurs de Nicolas Sarkozy sur ces thèmes ?

Guillaume Peltier : Le champ du régalien bien entendu, mais pas seulement. C’est aussi l’idée de la protection face à la mondialisation, de la liberté et de la souplesse dans le monde du travail parce qu’avant de redistribuer la richesse, encore faut-il la créer… Et surtout l’idée centrale du mérite qui permet d’offrir une nouvelle grille de lecture à la société fondée sur l’ascension sociale. Je ne suis pas certain que le clivage droite/gauche fonctionne à plein ; à mon sens, depuis Maastricht, à ce clivage horizontal s’est substitué un clivage vertical entre les élites et le peuple. C’était le sens de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy : une campagne au peuple. Je crois que les Français ne nous ont pas reprochés une campagne trop à droite (réflexe de Pavlov des commentateurs politiques) mais de ne pas être aller assez loin dans nos réformes pendant le quinquennat. 

Jérôme Fourquet : On a d'abord un axe classique et social avec un positionnement clairement à droite et libéral. Concrètement, cela passe par la remise en cause des 35 heures, un programme de réduction massif des dépenses et des déficits publics, un retour à la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, des mesures contre l'assistanat, pour un allègement des charges, de la réforme du code du travail, etc. Ce sont des mesures qui pourraient être prises très rapidement par ordonnance en cas de victoire de la droite en 2017.

Sur la dimension identitaire et sécuritaire, on parle d'une réforme de la justice et d'un débat sur les peines planchers. Surtout, les sympathisants réclament d'avantage de fermeté en matière d'obtention de la nationalité française.

On voit que sur ces différents thèmes, il y a une radicalisation de l'électorat UMP, un durcissement encore plus net sur les thématiques identitaires et sécuritaires. C'est ce qui fait croire à certains qu'il y a une fusion des droites mais je pense que ce n'est pas encore le cas.

Quelle est leur positionnement en matière d'immigration ?

Guillaume Peltier : 9 électeurs de droite sur 10 souhaitent par exemple la remise en cause de l’acquisition automatique de la nationalité française. Ce plébiscite n’est peut-être pas surprenant, mais ce qui est nouveau, c’est que les Français dans leur ensemble y sont très largement favorables (72%) et qu’à gauche, se dégage presque une majorité sur cette idée, à 47%... (sondage BVA/Itélé, octobre 2013)

Jérôme Fourquet : J'ai rédigé, avec Marie Gariazzo, une note pour la fondation Jean-Jaurès sur ce sujet en septembre 2013 et qui montre que, de 2006 à 2013, le positionnement des électeurs UMP en matière d'immigration s'est durci. Ainsi, en septembre 2013, 87% des sympathisants UMP pensaient qu’" il y a trop d’immigrés en France", soit 25 points de plus qu'en avril 2006. Du côté du FN, ils sont 96%, à penser la même chose.

Que pensent les électeurs de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité ? Prônent-ils avant tout une plus grande fermeté ?

Guillaume Peltier : Les Français – sympathisants de gauche comme de droite – sont majoritairement favorables aux mesures dites sécuritaires, comme par exemple la mise en place de caméras de vidéoprotection dans les villes. La gauche a fait sa révolution sémantique sur ce sujet : regardez comme les déclarations d’un Manuel Valls sont aux antipodes du "sentiment" d’insécurité dont parlait Lionel Jospin en 2002. Mais le problème s’est en réalité décalé : si les Français reconnaissent que les policiers font bien leur travail, c’est le laxisme de la justice qui est sévèrement pointé du doigt. Sur ce point, la politique pénale de Madame Taubira (la suppression des peines-planchers par exemple) ne va pas dans le sens d’une réconciliation des Français avec leur justice.

Jérôme Fourquet : Sur ce thème aussi leur positionnement s'est durci. La période est objectivement plus dure avec la crise économique mais l'électorat UMP, ou au moins une partie, a considéré que la politique menée par Nicolas Sarkozy n'était pas à la hauteur des attentes de 2007. Dans la dernière partie de son mandat, il y a eu une prise en compte de ce décalage grandissant pour faire comprendre que ce message était entendu. C'est qui a donné naissance à cette parole décomplexée de la part d'une frange de l'UMP.

En matière de fiscalité ? Sont-ils globalement favorable à une baisse des impôts ? 

Guillaume Peltier : Je ne suis pas certain qu’il existe ne serait-ce qu’un seul Français qui ne soit pas favorable à une baisse des impôts, après le matraquage fiscal imposé par le gouvernement de François Hollande. Sur cette question, le ras-le-bol fiscal s’est mué en explosion sociale. François Hollande aura réussi le "tour de force" de se mettre à dos la France du travail, il aura réussi à réveiller la France laborieuse, habituellement silencieuse. Qu’ils s’appellent, pigeons, poussins, dindons ou bonnets rouges, ce sont les artisans, commerçants, les professions libérales, les agriculteurs, les profs de prépa, qui manifestent leur exaspération fiscale avec un seul mot d’ordre : laissez-nous travailler en paix ! Regardez comme les chiffres sont éloquents à cet égard : février 2011, 27% des Français jugent "excessif" le montant de leurs impôts (51% "assez élevé"). En novembre 2013 ils sont 45%, soit un bond de 18 points ! (43% "assez élevé", selon un sondage Ifop/Le Figaro novembre 2013). Enfin, dans ce contexte, il n’est pas anodin que la fiscalité apparaisse comme le premier enjeu pour les municipales de mars prochain (à 51%) devant la sécurité (32%). Par dela la fiscalité il nous faudra surtout une audace nouvelle dans la baisse des dépenses publiques (réduction du nombre de fonctionnaires, réforme de la Sécurité sociale…) . 

Jérôme Fourquet : L'électorat adhère 5 sur 5 au discours de l'UMP en la matière qui dénonce à l'envi le matraquage fiscal. Leur positionnement s'est radicalisé également sur l'impôt et ils sont globalement  devenus très  sensibles à la question du déficit public. D'une manière générale, ils considèrent qu'il est urgentissime de tailler dans les dépenses. Ils sont en outre favorables à la réforme fiscale proposée par Ayrault.

Quelle est leur position sur des sujets plus sociétaux comme le mariage  pour tous ou l'Aide médicale d'État (AME) ? Sont-ils vraiment pour une suppression de ces aides ?

Guillaume Peltier : Les sympathisants de droite étaient très majoritairement opposés au mariage et surtout à l’adoption par les couples de même sexe. Sur l’AME, l’idéologie socialiste l’a emporté sur le bon sens et s’est traduite par la suppression du ticket modérateur. Résultat, l’AME, exclusivement destinée à plus 250 000 sans-papiers, pourrait coûter, selon les prévisions, près de 820 millions d’euros en 2013 contre 700 millions en 2012…  Ce sont ces dérives qui exaspèrent nos compatriotes, de droite comme de gauche… La droite de demain que j’appelle de mes vœux, c’est la droite du courage et du mérite ! 

Jérôme Fourquet : Sur l'AME, ils sont assez remontés. C'est également le cas sur le mariage pour tous même s'ils étaient essentiellement opposés non pas au mariage mais au droit  l'adoption qui en découlait. Sur ces thématiques, on retrouve grosso modo la distinction entre un tiers qui prônent un recentrage des idées et deux tiers qui veulent une droite assumée. Les deux tiers des sympathisants  UMP sont aujourd'hui favorables à la suppression de l'AME et de la loi Taubira.

Propos recueillis par Sylvain Chazot

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Ces raisons pour lesquelles le marché de l’immobilier n’est pas vraiment favorable à ceux qui veulent se loger malgré des taux d’intérêt historiquement bas

02.

Un million de personnes veulent envahir la zone 51 aux Etats-Unis

03.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

04.

Implants cérébraux : se dirige-t-on vers un accroissement des inégalités sans précédent dans l’histoire de l’humanité ?

05.

Dépenses publiques : Emmanuel Macron s’est-il définitivement converti au chiraquo-hollandisme ?

06.

Vous croyez que l'Algérie a gagné par 1:0 ? Erreur : le score final est de 3:0 !

07.

Le chômage est au plus bas au Royaume-Uni depuis 1974. Comment l’expliquer dans un pays empêtré dans le Brexit ?

01.

Ces raisons pour lesquelles le marché de l’immobilier n’est pas vraiment favorable à ceux qui veulent se loger malgré des taux d’intérêt historiquement bas

02.

Camille Combal et Heidi Klum mariés en secret ; Karine Ferri &Nabilla, Kate &Meghan : tout était faux !; Libertinage et infidélités lesbiennes : Stéphane Plaza & Miley Cyrus assument; Brad Pitt & Angelina Jolie se réconcilient par surprise

03.

Les accusations de racisme et de sexisme portées contre Zohra Bitan pour avoir critiqué les tenues et la “coupe de cheveux sans coupe” de Sibeth NDiaye sont-elles justifiées ? Petits éléments de réflexion

04.

Le Sénégal triompha de la Tunisie par 1-0 : les supporters sénégalais se livrèrent alors en France à une orgie de violences

05.

Lignes de fractures : ce que les drapeaux algériens nous révèlent de l’état des Français (et des nouveaux clivages politiques)

06.

Critiquée pour son poids, Miss France réplique : "Moi au moins, j’ai un cerveau"

01.

Matteo Salvini / Carola Rackete : mais qui représente le plus grand risque pour la démocratie et la paix civile ?

02.

Greta Thunberg à l’Assemblée nationale : le révélateur de la faiblesse des écologistes politiques ?

03.

Face au "séparatisme islamiste" qui menace l’unité de la France, la tentation de "l’autonomie relative"...

04.

Intégration sensible : le cas particulier des immigrés d’origine algérienne ou turque

05.

François de Rugy a démissionné

06.

Les trois (fausses) excuses de Macron pour ne pas mettre en œuvre son programme de réduction de dépenses publiques

Commentaires (62)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
kiki08
- 12/12/2013 - 23:47
paroles et blabla
on continue de s'enfoncer ,a ce rythme ,les choses vont se régler
d'elles mêmes , mais dans la douleur.
MARVILLE
- 12/12/2013 - 21:48
On est mal barré!!!
Le discours à droite pour gagner l'élection et l'action politique à gauche pour ne pas déplaire aux censeurs médiatiques, judiciaires et universitaires. Voilà le drame du peuple de droite depuis 40 ans trahi en permanence par ses représentants. Et quels sont les noms évoqués et validés par la presse de gauche et les sondages bidonnés pour 2017: Juppé, Sarkosy, Fillon, Le Maire, Copé, Wauquiez, Bertrand, Bayrou, Borloo...Bref, on est mal barré!!
patricck
- 12/12/2013 - 21:33
droite gauche, peule différences en France
être de droite signifie être libéral, être de gauche signifie être étatiste;
La France st étatiste donc de gauche