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Avant la génération Y, connaissez-vous la génération X, ces "jeunes seniors" pour qui la pilule est amère ?

Publié le 08 décembre 2013
Dans notre société, le jeunisme est de mise. Passé 45 ans, on est "vieux" et soupçonné de graves maux : rigidité, lenteur, ancrage dans le passé, négativisme, manque d’inventivité, ignorance des outils numériques, etc. Cet ouvrage vise à valoriser la place des séniors dans la société comme dans leur entreprise. Extrait de "Senior, bats-toi !" (2/2).
Alexandre Ginoyer est un jeune soixantenaire au cœur de l’action et de la ré-flexion. Consultant-coach indépendant, il accompagne les entreprises dans des projets de changement pour lesquels l’optimisation des ressources humaines prend une part de plus...
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Dans notre société, le jeunisme est de mise. Passé 45 ans, on est "vieux" et soupçonné de graves maux : rigidité, lenteur, ancrage dans le passé, négativisme, manque d’inventivité, ignorance des outils numériques, etc. Cet ouvrage vise à valoriser la place des séniors dans la société comme dans leur entreprise. Extrait de "Senior, bats-toi !" (2/2).

Selon nos sociologues, cette génération aurait notamment été influencée par :

°° la succession de crises économiques et politiques,

°° les débuts de l’Internet,

°° la fin de la guerre froide.

Ce qui la caractérise :

°° un manque de confiance dans les leaders, les gouvernants, les institutions,

°° l’augmentation du nombre de divorces,

°° l’accroissement du nombre de femmes sur le marché du travail,

°° la disponibilité de la pilule contraceptive.

En fait, cette génération a dû faire face à des conditions beaucoup plus difficiles que celle de ses parents : difficulté pour obtenir un diplôme, pour entrer dans la vie active, percevoir un bon salaire, évoluer dans sa carrière. Le chômage de masse des jeunes s’est accru : de 6 % en sortie d’études en 1973, il est passé à 36 % en 1985, puis stagne à présent au-dessus de 20 %. Souvent, des promesses de progression à l’ancienneté lors des embauches n’ont pas été tenues. Cette génération a dû se battre pour faire sa place.

Pour les « jeunes seniors », la « pilule » est amère : ils assistent au démembrement de droits pour lesquels ils avaient pourtant cotisé toute leur vie.

Le X travaille dur, est très exigeant avec lui-même, ne s’accorde pas le droit à l’erreur. Il est en rupture avec le côté « baba cool » de ses parents. Ayant dû se battre pour la sécurisation de sa vie d’adulte, il aurait développé : °° l’individualisme, °° la compétition, °° la recherche d’un maximum de sécurité par l’argent, le diplôme, la carrière, la place…

Le collectif, chez les X, est conçu à travers des règles précises et des structures dans lesquelles chacun a sa place. Les relations humaines sont tendues. Ils ont peu d’amis dans l’entreprise, et souvent font une séparation très nette entre leur vie au travail et leur vie privée.

Dans ce portrait (caricaturé, mais intéressant tout de même), l’X représentatif ne se préoccupe généralement pas de ce qu’il consomme, ni de ce qu’il laisse aux autres (déchets). Il est dans le « toujours plus », et non dans le partage, si ce n’est avec ses très proches. Il préfère jouer la fourmi que la cigale. Il n’est d’ailleurs pas rare que l’X prenne le rôle du parent de ses parents !

En tant que grand-parent, l’X est très différent du PB : il estime ne pas avoir à jouer les nounous. Il ne voudra pas modifier son emploi du temps prévu. Ses petits-enfants l’intéressent à partir du moment où il peut avoir des activités avec eux.

La cinquantaine : démon de midi, virage ?

La cinquantaine, c’est souvent l’accès à une bonne aisance financière : la maison est payée ou presque, les enfants sont installés. Mais c’est aussi parfois la période des crises : le couple se retrouve en tête-à-tête et, dans 18 % des cas, cela ne marche pas. En dix ans, séparations et divorces ont augmenté de plus d’un tiers. L’enquête SHARE (Survey on Health Ageing and Retirement in Europe), menée depuis 2002 auprès de 12 000 ménages dans dix pays d’Europe sur la santé et la retraite, montre que la France, si elle est le pays d’Europe où on vit le plus vieux, détient le record des quinquas (presque un sur trois) qui présentent au moins trois symptômes évocateurs de dépression : sentiment dépressif, pessimisme, idées suicidaires, sentiment de culpabilité, difficultés de sommeil.

Signe qu’ils sont bien la génération martyre, coincée entre des jeunes retraités sexagénaires au destin plus enviable, des jeunes qui veulent leur place et des employeurs qui les considèrent comme des employés en fin de parcours..

En famille aussi, ils sont coincés au carrefour des jeunes et anciennes générations : ils en sont le pivot. Les quinquas représentent aujourd’hui la clé de voûte économique du pays : avec 31 000 euros en moyenne par ménage et par an, il sont au sommet des dépenses de consommation en matière de transports, restauration, communication, habillement, loisirs…

Relations entre les papy-boomers et les X dans les entreprises

Les PB ont souvent une mauvaise image des X : ils trouvent que « leurs dents rayent le parquet », qu’ils sont trop dans la compétition, sont très durs, trop rationnels.

Les X qui ont des collaborateurs PB les trouvent souvent mous, lents, trop résistants aux changements, « fonctionnarisés », trop affectifs.

Il y a ici un exemple évident de « fracture générationnelle » entre les papy-boomers qui ont connu une situation enviable et les X qui ont eu la vie moins facile et ont dû lutter pour arriver à leurs fins.

Extrait de "Senior, bats-toi !", Alexandre Ginoyer, (Ixelles édition), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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coucou.cmoi35
- 09/12/2013 - 02:24
Plus sérieusement,
L'âge est relatif. L'espérance de vie augmente et l'âge médian de la population a pris 10 ans depuis 40 ans. Etant moi-même arrivé dans ce monde au début des années 60 j'ai vu une société jeune et dynamique se rabougrir et vieillir. Il est beaucoup plus facile d'avoir 50 ans aujourd'hui qu'en 1963.
On a le commentaire amèr aujourd'hui d'un bob qui ne resitue pas le contexte des années 60. Le besoin de faire table rase de la crasse noire des années Edith Piaf. Cette dépression nerveuse a coups de gros rouge qui tâche dans des estaminets enfumés où les clients s'emmerdent. On ne peut pas juger le passé si on n'y était pas, où alors il faut être très très informé. L'Histoire ça ne se tweete pas. ça se respire, ça se renifle. Il faut regarder dans le fond des yeux des hommes de l'époque et les voir à poil comme ils étaient sinon on raconte n'importe quoi, à l'emporte pièce. Et encore même avec tout cet amour et cette prudence, on aura toujours des visions différentes, de la même façon que 2 hommes aujourd'hui ne ressente pas l'époque de la même manière, 2 historiens ne percevront pas les mêmes signes.
coucou.cmoi35
- 09/12/2013 - 02:11
Les cimetières sont remplis de personnes irremplaçables
Ma chere Saucisse.
DES VESSIES POUR DES LANTERNES
- 08/12/2013 - 23:48
non diplômes qui touchent des retraites élevées !
@bobecler en 1960 il y avait 10 % de bacheliers aujourd'hui 90 % !!!

j'ai mon beauf en retraite de contrôleur des impôts (reçu au concours et pas pistonné pour le job) pendant 42 ans il a 1600 € / mois de pension ,il aurait mieux réussi s'il avait été malhonnête et pas intègre ,pas fonctionnaire et pas épris de justice fiscale .Un vrai beauf !!! Son copain poinçonneur des lilas pistonné a la sncf pour 30 ans de cotiz = 2150 € ; Tu comprends la france toi ???