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Croissance frêle voire récession en 2014 : combien de temps les filets de protection publics et privés français pourront-ils encore tenir ?

Publié le 06 décembre 2013
Avec
Les prévisions de croissance pour 2014 en France sont légèrement inférieures à 1%. Mais si une légère reprise est attendue par les prévisionnistes, l'hypothèse d'un retour de la récession n'est pas à exclure. Dans un éditorial paru dans le Point.fr, l'économiste Patrick Artus anticipe une croissance négative liée notamment à l'extrême pessimisme des entreprises.
Gérard Thoris est maître de conférence à Sciences Po. il a notamment rédigé une Analyse économique des systèmes (Paris, Armand Colin, 1997), contribue au Rapport Antheios et publie régulièrement des articles en matière de politique économique et sociale...
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Les prévisions de croissance pour 2014 en France sont légèrement inférieures à 1%. Mais si une légère reprise est attendue par les prévisionnistes, l'hypothèse d'un retour de la récession n'est pas à exclure. Dans un éditorial paru dans le Point.fr, l'économiste Patrick Artus anticipe une croissance négative liée notamment à l'extrême pessimisme des entreprises.
Avec

Atlantico : Selon l'indice PMI, l'activité du secteur privé français est tombée en novembre à son plus bas niveau depuis cinq mois, faisant craindre une nouvelle récession. Pour l'économiste Patrick Artus, l'hypothèse d'une contraction de l'économie est plausible. Si ce scénario se concrétisait, combien de temps les amortisseurs sociaux peuvent-ils tenir ?

Gérard Thoris : Les amortisseurs sociaux sont de plusieurs ordres. Le tout premier concerne les allocations chômage. On s’est bien habitué, et c’est heureux, au fait qu’une personne qui perd son emploi ne perde pas son revenu. Le financement de ce système a d’abord reposé sur l’idée d’un chômage saisonnier, avant d’être étendu au chômage conjoncturel. En toute logique, la notion d’amortisseur suppose que l’on constitue des réserves en cas de haute conjoncture pour les utiliser en basse conjoncture. Il y a bien longtemps que ce n’est plus le cas en France et cela n’a rien à voir avec la crise qui a commencé en 2008. L’endettement net bancaire de l’UNEDIC a commencé à croître à partir de 2002 pour atteindre 14 milliards d'euros en 2005. Il a été ramené à 5 milliards en 2008. Depuis, le spectre de la crise a paralysé l’action politique et les partenaires sociaux ne s’en sont pas effrayés. L’endettement net cumulé est projeté à 22 milliards d'euros à l’horizon 2014. Cela représente 1344€ pour chacun des 16 368 800 emplois affiliés.

L’ensemble des dépenses de protection sociale financées par des cotisations obéit à la même logique, avec le même laisser-aller face à l’idée que des comptes, même publics, puissent être équilibrés. Dès lors, il devient clair que les amortisseurs sociaux pourront tenir aussi longtemps que la dette pourra s’accroître. Cela renvoie d’abord à la croissance nominale, dont le rythme en 2014 sera de toute façon trop faible pour infléchir les bilans. Cela renvoie à la poursuite du contrôle du circuit de l’épargne qui oblige, d’une manière ou d’une autre, les gestionnaires de fond à privilégier les obligations publiques (et nationales). Cela renvoie à la répression financière, c’est-à-dire au maintien de faibles taux d’intérêt nominaux.

Philippe Crevel : L’économie française n’est pas sortie, loin de là, de la zone de basse pression dans laquelle elle est tombée en 2012. Le rebond du PIB de 0,5% enregistré au deuxième trimestre était purement technique. En effet, la croissance reposait sur un surcroit de dépenses en chauffage lié à un hiver plus long que les précédents et sur une reconstitution de stocks. En revanche, ces facteurs ont disparu au troisième trimestre. Le PIB a reculé de 0,1% avec comme points préoccupants, la diminution des exportations et la baisse de l’investissement, n’augurant rien de bon pour la fin de l’année. Les premiers résultats du quatrième trimestre sont assez inquiétants avec une consommation atone et un moral en recul tant au niveau des entrepreneurs qu’au niveau des ménages. Cette aphasie de la croissance française trouve ses sources dans l’augmentation des impôts qui freine la consommation, dans l’augmentation des charges qui gèle l’investissement des entreprises et dans un climat général peu propice à la prise de risques. La dégradation de la compétitivité qui se mesure par la multiplication des faillites, par les pertes de marché à l’extérieur et par le taux marge en berne des entreprises empêche, pour le moment, tout rebond tangible. Certes, la France a jusqu’à maintenant réussi à limiter l’impact des crises et d’en diminuer l’ampleur. Les dépenses de protection sociale représentent 33% du PIB ce qui constitue un record au sein des pays de l’OCDE. Face à la montée du chômage qui touche jusqu’à 5 millions de personnes en prenant en compte tous ceux qui sont sans emploi ou qui occupent, de manière contrainte, un emploi à temps réduit, le système de protection social constitue un filet de sécurité maintenant à flot la consommation. Si la France retombait en récession, la situation pourrait se tendre tant sur un plan social que sur un plan budgétaire. Une contraction du PIB entraînerait un manque à gagner fiscal générant un surcroît de déficit public. Le budget a été construit avec un taux de croissance prévisionnel de 0,9%. Si ce taux est de 0%, le déficit public pourrait augmenter de 10 milliards d’euros. Le gouvernement aurait alors deux solutions, soit de laisser filer et de négocier le dépassement avec l’Europe, soit de relever les impôts au risque d’avoir un scénario à la Grecque avec l’auto-alimentation de la récession et avec l’augmentation des fuites devant l’impôt…

Une course de vitesse s’engage donc afin de retrouver la croissance faute de quoi, à terme, l’édifice social pourrait se lézarder. L’autre risque d’un retour de la récession serait de mettre la France en état de fragilité vis-à-vis des investisseurs qui pourraient réclamer des taux d’intérêt plus élevés. Or, un point de taux en plus, c’est également 10 milliards d’euros à sortir en plus chaque année au titre du service de la dette. En cumulant récession et hausse des taux, la facture atteint 20 milliards d’euros…

Quel est l'impact concret du chômage de masse sur les comptes de la sécurité sociale et  de retraites ? Si la crise se poursuit, voire se durcit, notre modèle social risque-t-il tout simplement d'imploser plus tôt que prévu ? Avec quelles conséquences ? 

Gérard Thoris : Il n’est pas prévu que l’État-Providence licencie le père Noël ; il continuera à sortir de sa hotte la prime de 152,45€ pour les bénéficiaires des minima sociaux. Il n’est pas prévu que l’État-assurantiel vise l’équilibre des régimes de retraite avant 2020. Il n’est pas prévu que l’État-stratège abandonne la filière volaille en Bretagne ; elle bénéficiera de 1 Mrd€. Toute la technique du gouvernement, comme de ceux qui l’ont précédé, consiste à étouffer le feu qui couve avec de l’argent public. Il n’y aucune préparation de l’opinion publique à l’idée que l’État-Providence est une merveilleuse invention des temps moderne et que la meilleure façon d’en profiter à l’avenir consiste à en ajuster la voilure pour passer l’obstacle de la crise conjoncturelle et à le faire passer en cale sèche pour en réviser la structure.

Ainsi, pour reprendre l’exemple de la prime de Noël, on ne sait rien de son caractère juste ou injuste lorsqu’on compare un ménage bénéficiaire de minima sociaux et un ménage actif aux revenus faibles dont une partie est consacrée aux dépenses liées à l’activité professionnelle. Pour reprendre l’exemple des retraites, on n’a pas fait un pas dans l’égalisation des situations et les régimes spéciaux continuent de segmenter la population française. Pour reprendre l’exemple de la Bretagne, le mouvement a commencé par une contestation de l’impôt et la réponse consiste en davantage de dépenses publiques.

Les pouvoirs publics s’attardent sur les inégalités aux extrêmes du spectre des revenus et des niveaux de vie alors que ce sont les inégalités sensibles au quotidien qui forgent le sentiment d’injustice de l’opinion publique. C’est donc là que la contestation de notre modèle social peut prendre racine.

La question de savoir si ce ressenti peut déboucher sur une crise majeure du système est difficile à explorer. En fait, les revendications présentes ne sont pas portées par les institutions traditionnelles que sont les syndicats. Ceux-ci ont la partie trop liée avec les sphères politiques pour relayer un mouvement de contestation de l’Etat-Providence dont elles assurent peu ou prou la cogestion. Or, on l’a vu au printemps avec le mouvement des pigeons, on ne s’improvise pas expert en mayonnaise de la contestation. Il faut du temps, des hommes et des structures.

Philippe Crevel : Tous les scénarii concernant les régimes sociaux et en particulier pour la retraite prévoient un retour assez rapide à bonne fortune. Le rapport Moreau sur les retraites retient l’idée d’un chômage compris, à moyen terme, entre 4,5 et 6,5% et un taux de croissance revenant autour de 2%. La Cour des comptes a déjà souligné le caractère irréaliste de ces prévisions et a mentionné que l’écart pour les compte d’ici 2017 pourrait pour le seul régime vieillesse atteindre une dizaine de milliards d’euros. La France n’a pas réussi à effacer l’impact de la crise de 2009, son PIB n’ayant pas retrouvé le niveau d’alors. L’accumulation de mauvaises années peut non pas provoquer l’implosion du système social mais obliger le gouvernement à prendre des mesures plus contraignantes pour réduire la dérive des comptes. Ainsi, parmi les mesures qui pourraient être prises assez rapidement, il y a la désindexation complète de toutes les prestations sociales y compris les pensions et les minimas sociaux. L’économie se chiffrerait à plusieurs milliards d’euros. Le gouvernement serait évidemment tenté de multiplier les recettes de poche et de transférer des dépenses sur « les complémentaires santé » ou sur les collectivités locales pour sauver les apparences. Évidemment, la succession de mauvaises années pourrait à terme obligé à revoir plus profondément le système d’État-providence. Mais il ne faut pas oublier que nos dirigeants sont fortement influencés par les thèses néo-keynésiennes. Ils considèrent que la France est en bas de cycle et qu’un rebond favorisé par la sortie de la récession des autres États devrait lui permettre d’échapper au pire.

La crise est supportée en partie par la solidarité publique, mais aussi par la solidarité privée. A termes, cette dernière n'est-elle pas également menacée ? Certaines personnes qui jusqu'ici étaient aidées par leur famille peuvent-elle sombrer dans le déclassement ?

Gérard Thoris : La famille est certainement le rempart ultime avant le déclassement. En même temps, tout a été fait pour en fragiliser les bases. Pour ne prendre qu’un exemple, de nature financière, on limite d’un côté les donations intra-familiales à 2 655 € par an pendant 15 ans, de l’autre, on s’interroge, ministre déléguée aux Personnes âgées en tête, sur la manière dont on pourrait accroître la dépense des personnes âgées !Bref, dépenser pour soi coûte moins cher en impôts que dépenser pour sa propre famille !

Cependant, il faut se souvenir que l’amortisseur privé principal consiste en la possession de biens durables. En d’autres termes, la baisse du revenu ne se traduit pas immédiatement en baisse du niveau de vie. C’est particulièrement vrai lorsqu’on possède son logement et qu’il est intégralement remboursé. C’est tout aussi vrai si l’on possède sa voiture et toute la série des serviteurs domestiques que sont les biens durables. Si les fins de mois sont plus difficiles, il est facile de remplacer une sortie au restaurant par un repas fait maison et un spectacle en ville par une soirée TV ! La durée de résistance des ménages à une baisse de revenu est donc corrélée avec la durée de vie des biens durables, hors obsolescence. Toute idée de taxation de la détention de ces biens devient une forme d’impôt sur le patrimoine et se traduit immédiatement par une baisse du niveau de vie. Or, c’est bien ce qui se prépare avec l’idée d’une taxation du loyer fictif dont les ménages propriétaires devraient s’acquitter !

Philippe Crevel : La solidarité privée se manifeste fréquemment à travers l’aide des grands parents à destinant de leurs petits-enfants. Ces transferts ont été rendus possibles par l’amélioration de la situation des retraités dont le pouvoir d’achat à cru ces trente dernières années. Le taux de pauvreté des plus de 65 ans est inférieur de deux points à celui de l’ensemble de la population. En étant propriétaires à 77% de leur résidence principale, les retraités sont moins exposés à la crise actuelle du logement. Cette situation peut évoluer dans les prochaines années. En effet, les pensions ont tendance depuis trois ans à évoluer moins vite que les prix et les salaires ; en outre, les retraités supportent une montée de leurs prélèvements qui devrait se poursuivre. Enfin, les réformes engagées depuis 1993, en matière de retraite, commencent à peser sur le montant des pensions. Néanmoins, il faut mentionner que la solidarité ne s’exprime pas que de manière monétaire. Au sein des familles, l’entre-aide prend la forme de garde des enfants, d’aide pour le bricolage ou le dépannage… La crise ne la remet pas en cause, bien au contraire. En revanche, le risque de déclassement est plus élevé pour les personnes seules, pour les familles monoparentales…

 

La crise va-t-elle nous obliger à repenser totalement notre modèle social ? Quelles sont les pistes qui doivent être explorées ?

Gérard Thoris : Il y a bien longtemps que notre modèle social aurait dû être refondé. Quant à être repensé, toutes les pistes ont été étudiées dans des rapports tous aussi officiels les uns que les autres. Un certain nombre de think tank ont apporté leur contribution gracieuse au débat public. Apparemment, rien n’y fait. C’est à désespérer les experts de l’OCDE, qui reproduisent de rapport en rapport les mêmes analyses. On pourra apprécier ou non la série « Politiques meilleures » dans laquelle a été publié le rapport « France : redresser la compétitivité ». C’est à désespérer le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui demande « plus d’ambition » dans les réformes et juge que le niveau de la fiscalité « a atteint un niveau tellement élevé que ça peut nuire aux possibilités de croissance et de lutte contre le chômage ». C’est à désespérer nos amis allemands, qui viennent d’unir leurs forces politiques principales autour d’un programme précis qu’ils mettront en œuvre sans tenir compte de la situation de la France. Voilà la dernière planche de salut : un programme politique de salut public. On se souvient de la tentative de Nicolas Sarkozy d’élargir le choix des ministres au-delà de sa base électorale. On sait que, en retour, le Parti socialiste n’a pas voulu entrer dans le jeu des réformes transpartisanes. On serait curieux d’assister à la même demande en sens inverse ; on serait encore plus curieux de connaître la réponse de son adversaire politique traditionnel.

Philippe Crevel : La crise peut avoir comme conséquence une américanisation de notre système de protection sociale. Les marges de manœuvre sur les cotisations sociales sont nulles. Le gouvernement avec les retraites a chargé la barque plus que de raison. Or, il doit faire face à une série de défis financiers avec l’assurance-maladie, la dépendance voire même et surtout les retraites. Face à cette muraille des dépenses et des déficits, la tentation à gauche est de maintenir un fort volant de solidarité destiné aux plus pauvres et de laisser le soin aux autres de se couvrir par leurs propres moyens. C’est la logique en cours pour la santé ou pour la retraite. Évidemment, dans un tel système, les classes moyennes sont étranglées. Ne bénéficiant pas de la couverture de solidarité, elles ne sont pas assez riches pour s’assurer à un bon niveau auprès du secteur privé. La généralisation des complémentaires santé garantira ainsi un niveau minimal de couverture mais les entreprises auront tendance à se limiter au panier minimum d’autant plus que l’État sera tenté d’y transférer une part croissante des dépenses initialement prises en charge par le régime général. Les assurés face au nivellement par le bas de la couverture santé devront soit débourser plus, soit souscrire une sur-complémentaire. L’autre voie, envisagée et qui aboutit au même résultat, est de lier le niveau de remboursement par les régimes publics au niveau de revenu, plus vous êtes riches, moins vous êtes remboursés. Enfin, pour les pensions, le niveau des prélèvements augmentera d’autant plus que le niveau de pension sera élevé. L’idée de la CSG progressive, fusionnée le cas échéant avec l’impôt sur revenu, rentre dans ce schéma.

 

 

 

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la saucisse intello
- 07/12/2013 - 10:55
Tiens, dans la série...............
Il n'y a pas de petites économies : Jusqu'à ce jour, nous achetions le pain chez le boulanger (baguette : 0,80 cts). Or, chez le LIDL de la rocade, la baguette est à 0,35 cts. Nous les prenons par plusieurs et les mettons au congel. De plus, en les sortant du four juste avant le repas, c'est délicieux ! Economie sur l'année : environ 200 euros. Bon, c'est trés peu, mais ça participe à notre "effort" de ruine des revenus de l'état ! Et si bcp font comme nous, ça va finir par payer. Courage, ce n'est qu'une question de temps.
un_lecteur
- 07/12/2013 - 08:24
Quel filet de protection ?
"L’Union européenne et la Turquie ont convenu de signer un accord en vue de supprimer les visas pour les ressortissants turcs d’ici trois ans."
http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/4379251-bruxelles-assouplit-le-regime-de-visas-pour-les-turcs
Tout cela dans la plus grande discrétion, bien sur.
Les média préférant s'étaler sur la prostate de hollande.
MorpioNimbus
- 07/12/2013 - 07:44
Comprendre la réalité.
Chaque mois la France emprunte 15 à 17 milliards à 2.44% auprès de banque qui ont trouvé cet argent auprès de la B.C.E. qui délivre cet argent au taux de 0.25% : ce qui permet aux banques de s'enrichir pendant que les vilains capitalistes, les coupables actionnaires, les méchants riches paient de plus en plus d'impôts, s'appauvrissent et vont voir ailleurs pour subsister. La France socialiste ne vivant plus qu'à crédit est en train de se ruiner d'autant plus vite qu'elle distribue à tout va l'argent qu'elle n'a pas en multiples aides et subventions à tous ceux qui veulent "détricoter" le tissu social qui a fait la France.