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Depuis une décennie, Alcatel totalise une perte annuelle de plus de 800 millions d’euros.
Descente aux enfers

Comment Alcatel en est arrivé là

Publié le 09 octobre 2013
En annonçant son plan social de la dernière chance, le PDG d'Alcatel compte mettre un terme à une décennie de pertes considérables et d'échecs stratégiques pour l'entreprise.
David Thesmar est un économiste.Il est Administrateur de l'INSEE et Professeur associé au sein du département finance et économie d'HEC Paris.
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En annonçant son plan social de la dernière chance, le PDG d'Alcatel compte mettre un terme à une décennie de pertes considérables et d'échecs stratégiques pour l'entreprise.

Atlantico : Depuis une décennie, Alcatel totalise une perte annuelle de plus de 800 millions d’euros, et cumule les plans sociaux. Comment l'équipementier télécom est-il parvenu à un tel déclin ?

David Thesmar : Tout d’abord,  peu nombreux sont les acteurs qui se portent bien à l’exception des groupes chinois ZTE et Huawei. Beaucoup de concurrents d’Alcatel ont souffert comme le montrent les cas de Nortel, Motorola, ou de Nokia. Les pertes d’Alcatel  s’expliquent par la pression exercée par la concurrence chinoise sur leur cœur de métier, ce qui n’était pas le cas au début des années 2000.
 
Ceci n’est ni le fait de la conjoncture du marché, ni le fait d’une incompétence particulière d’Alcatel. Tous les concurrents étant dans la même situation,  ce qui a certainement manqué à l’entreprise est un Steve Jobs.
 

Les fermetures des sites de Rennes et Toulouse ne symbolisent-t-elles pas l'échec de la politique d’innovation d’Alcatel ?

La question est de savoir si cette recherche s'effectue bien au sein de ces très grosses structures dont fait partie Alcatel. Le problème de ce type d’organisations est qu’elles ont du mal à valoriser la recherche car elles n’arrivent pas à donner à leurs employés les incitations suffisantes pour développer des produits à partir des brevets qu’elles déposent. Alcatel a eu le tort de s’asseoir sur un nombre de brevets conséquent, et n'a donc pu transformer toutes ces innovations en produits. Selon moi, le problème majeur d’Alcatel est dans la concrétisation commerciale de ses inventions.

D’autre part, il est assez frappant de voir qu’un site de recherche a été ouvert en Israël. Cela donne le sentiment qu’en dépit des chercheurs brillants que nous avons en France, les grandes entreprises préfèrent développer ce type de structures très volumineuses à l’extérieur du pays.

Cela peut être considéré comme une opportunité de rebondir. Comme l’a montré l’invention de l’ADSL, Alcatel est une entreprise où la recherche et le développement font partie de son ADN. Les solutions de développement évoquées par le groupe apparaissent clairement comme des vecteurs de croissance car ils misent sur l’innovation.

En quoi le "plan shift" proposé par la direction d'Alcatel est-il le plan de la dernière chance ?

Alcatel comptabilise quasiment un milliard d’euros de pertes depuis 2006, sans oublier les sommes considérables dépensées dans la tentative de restructuration de l’entreprise. Son bilan représente 20 milliards d’actifs dont 2 milliards de capitaux propres : on est donc en face d’une situation où le taux d’endettement considérable qui avoisine les 90% alors que la moyenne pour une entreprise se situe autour de 30%.
 
Dans la mesure où il ne reste qu’une année de pertes en capitaux propres, Alcatel ne pourra plus exister si elle dépasse ce seuil car l’entreprise tombera en surendettement, c’est-à-dire qu’elle aura plus de dettes que d’actifs. En ce sens, on peut effectivement comprendre  qu’il s’agisse d’un plan de la dernière chance.

 

Propos recueillis par @Sacha CONRARD

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (5)
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DES VESSIES POUR DES LANTERNES
- 09/10/2013 - 21:43
demandez aux dirigeants d'alcatel
avec leurs retraites chapeaux ,,parachutes dorés ;retraites multiples dans divers pays , mondialisation délocalisation et oualou !
Ya même un tchuruk qui revait d'un alcatel sans usine !!! il va l'avoir bientot sans employés ! çà c'était un vrai incapable pourtant médaillé, friqué ,gavé
un_lecteur
- 09/10/2013 - 19:37
Le vrai problème
Il est normal que des entreprises doivent cesser leur activité.
Dans le cas de l'automobile, par exemple, il y a eu en France des centaines de constructeurs : il nous en reste deux. Plus récemment, dans la microinformatique, on a vu disparaître une quantité de constructeurs...
Le problème que nous avons en France, c'est le non renouvellement des entreprises de grande taille. Ce qui fait que si Renault, psa, Alstom, alcatel...ferment c'est une catastrophe.
Ou sont nos Microsoft, nos Apple, nos Google ?
Bill Gates aurait-il pu développer Microsoft en France ?
À voir les emmerdes de free, on peut en douter.
Lennart
- 09/10/2013 - 16:23
En fait la descente aux enfers
a commencé juste après l'éviction de Pierre Suard.