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L'Afrique est un géant énergétique

Publié le 21 avril 2011
La France et le Kenya organisent à Paris ce jeudi 21 avril, une conférence sur « l’Initiative climat Paris-Nairobi » ayant pour thème l’accès aux énergies propres en Afrique. L'occasion pour Christine Heuraux, directrice du Pôle Accès à l'Énergie chez EDF, d'esquisser les perspectives d'avenir de l'électricité sur le continent.
Christine Heuraux est directrice du Pôle accès à l'Energie chez EDF.Elle est l'auteur du livre L'électricité au coeur des défis africains (éditions Karthala, 2010) 
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La France et le Kenya organisent à Paris ce jeudi 21 avril, une conférence sur « l’Initiative climat Paris-Nairobi » ayant pour thème l’accès aux énergies propres en Afrique. L'occasion pour Christine Heuraux, directrice du Pôle Accès à l'Énergie chez EDF, d'esquisser les perspectives d'avenir de l'électricité sur le continent.

Atlantico : Pourquoi l’électrification de l’Afrique est-elle un sujet majeur pour le développement du continent ?

Christine Heuraux : Quand on regarde les statistiques, les chiffres parlent d’eux-mêmes : un peu moins de 40 % des Africains en moyenne ont accès à l’électricité aujourd’hui sur l’ensemble du continent. En milieu rural c’est à peine 12 %. L’explication est assez simple : pour donner un ordre de grandeur, la capacité de production de l’électricité de l’ensemble de l’Afrique subsaharienne est équivalente à celle de l’Espagne. Il y a donc un très gros déficit à combler qui se traduit par un manque d’électricité à la fois dans la vie quotidienne des Africains et pour faire tourner l’industrie et l’activité économique. 
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L'électrification de l'Afrique est un sujet majeur pour le confort de vie et le progrès social de l’ensemble de la population. Concernant l'agriculture en milieu rural, vous pouvez, grâce à l'électricité, mettre en place des pompes a eau permettant une adduction d’eau qui évite les longs trajets et le travail manuel. L'électricité permet également de maintenir la chaîne du froid, donc de conserver et valoriser les produits agricoles et de les acheminer vers les centres urbains.

Dans les villages, les centres de santé sans électricité ne peuvent pas conserver les vaccins ou effectuer des opérations de nuit lorsqu’il y a des urgences comme des accouchements. 

Concernant l’éducation, les écoles sans électricité ne peuvent pas fonctionner le soir et les enfants ne peuvent pas faire leurs devoirs à la maison. Mais c’est aussi l’absence d’ordinateurs et de moyens de communication et d’enseignement modernes pour se connecter au monde.
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Enfin, cela permet de retenir les jeunes dans les milieux ruraux, car actuellement par défaut d'électricité, de confort de vie et d’outils de communication avec l’extérieur, les jeunes ne peuvent pas développer leurs petites entreprises (artisanat, etc.) et choisissent de rejoindre la ville pour y trouver un emploi. Il y a donc urgence.

On évalue à environ 2,5 points de croissance les pertes chaque année que subit l’Afrique du fait de ces déficiences en électricité. En moyenne, il y a 56 jours de coupure d'électricité par an, on ne peut donc pas faire tourner de façon fiable et régulière une industrie quelle qu’elle soit.

Cela dissuade énormément d’investisseurs de venir exercer une activité en Afrique sauf à s’équiper eux même de petits centres de production d'électricité mais cela reste coûteux. C'est donc très pénalisant.
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Comment électrifie-t-on en pratique l’Afrique ?

L’Afrique a un énorme avantage car elle est un réservoir de tous les types de matières premières utiles pour fabriquer de l’électricité. C’est un des premiers continent au monde en réserves pour l’hydroélectricté. Les possibilités de barrages hydrauliques y sont formidables. L’Afrique est également un grand réservoir de gaz, de pétrole et de charbon notamment en Afrique australe et au Nigéria.

Je pense également au soleil surtout en milieu rural. Tout dépend des usages. Il faudra recourir à de puissants moyens et de grosses capacités de production pour alimenter les grands centres urbains, l’industrie, et le secteur tertiaire. Pour l'habitat, le solaire ne sera qu'un appoint. En revanche, en milieu rural, il suffit de moyens plus souples et individualisés comme de petites centrales, de l'éolien ou de la biomasse (déchets de l’agriculture).

Dans nos pays du nord, nous avons un grand travers en pensant qu’il suffit d’installer des panneaux solaires partout en Afrique pour résoudre le manque d’électricité. Le problème est bien plus complexe que cela car ces panneaux restent une énergie coûteuse et importée. Par ailleurs, cette technologie fournit une puissance relativement faible et avec laquelle on ne peut pas développer une activité économique.

Il faut donc développer toutes les formes d’énergie au cas par cas et lorsqu’un pays ne dispose pas de beaucoup de ressources, jouer à l’échelle régionale.

L’Afrique du Sud est le poumon électrique de l’Afrique Australe : elle est un gros exportateur vers ses voisins même si elle a encore des difficultés car elle doit aussi répondre à ses propres besoins.

Le continent africain est un géant grâce à ses ressources énergétiques mais reste un nain au regard de ce qu’elle produit actuellement et cela doit absolument changer car dans certains pays, les déficiences en électricité agacent les populations, créent de l’insécurité du mécontentement social et des inégalités. Les gouvernements en ont tout a fait conscience.


Qui finance ou financera ces investissements ?

Les Etats locaux surtout à travers leurs compagnies d’électricité le plus souvent nationalisées. La seconde solution réside dans les investisseurs étrangers mais qui ne viendront investir des milliards d’euros que si le climat politique, économique et sécuritaire est solide à long terme.


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