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Que ce soit dans la musique ou dans le cinéma, la production française est perçue comme qualitative, originale et particulière.
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Que ce soit dans la musique ou dans le cinéma, la production française est perçue comme qualitative, originale et particulière.
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Daft Punk, Guetta, The Artist : pourquoi la culture française qui s’exporte est loin de représenter l’exception culturelle française

Publié le 27 mai 2013
Alors que le Festival de Cannes a récompensé le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche dimanche, les musiciens mais surtout les cinéastes français qui cartonnent à l'étranger ne sont pas forcément représentatifs de notre "exception culturelle" soutenue par les pouvoirs publics.
Rafik Djoumi est l’auteur du livre George Lucas, l’homme derrière le mythe (Absolum – 2004). Il a été rédacteur aux mensuels Le Cinéphage , Cinemag , Videotheque , DVDvision , Impact, Mad Movies et collaborateur à Plus, PCFun, Libération, Excessif,...
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Alors que le Festival de Cannes a récompensé le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche dimanche, les musiciens mais surtout les cinéastes français qui cartonnent à l'étranger ne sont pas forcément représentatifs de notre "exception culturelle" soutenue par les pouvoirs publics.

Atlantico : Une partie de la production musicale et cinématographique française, loin de représenter "l'exception culturelle française", rencontre un franc succès à l'étranger. Pourquoi est-ce cette production, peu valorisée par les pouvoirs publics, décriée même, qui parvient à s'imposer ?

Xavier Paufichet : La production musicale française, notamment en matière de musique électronique, a en effet toujours trouvé sa place à l’international, que ce soit en matière de ventes (physiques et numériques) ou de spectacle vivant (live). On retrouve d’ailleurs dans le top 10 du classement des certifications export 2012 David Guetta, M83, et AIR.

Le cas de M83, groupe formé à la fin des années 1990, est particulièrement intéressant, et ce à plusieurs niveaux : en 2012, deux albums du groupe reçoivent une certification platine à l’export, soit plus de 100 000 ventes enregistrées pour Saturdays=Youth et Hurry Up, We’re Dreaming, albums sortis respectivement en 2008 et 2011.

Ce dernier album de M83 s’est classé à la 38ème place des meilleures ventes sur le territoire français, tandis qu’il a atteint la 15ème place aux Etats-Unis.

On observe donc que la nouveauté ainsi que le succès local ne représentent pas des conditions nécessaires de réussite en dehors des frontières françaises.

Vous évoquez Daft Punk, il est important de signaler que, malgré la nationalité française de ses membres Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, Random Access Memories, leur dernier album, n’est pas une production française : le groupe est signé chez Columbia, maison de disques américaine détenue par Sony Music Entertainment. 

Cependant, si la musique électronique parvient à s’imposer dans le monde entier, c’est sans doute car elle n’a pas besoin de l’exception culturelle à la française, défendue par Aurélie Filippetti. Il faut en effet prendre en considération que la barrière de la langue, qui peut se révéler un obstacle majeur, s’efface dans ce cas. La plupart des morceaux contiennent des paroles en anglais, ou en sont totalement dépourvues. L’identification de l’origine de l’artiste est alors moins aisée, et de fait moins essentielle aux oreilles du public.

Dans un autre registre, des artistes comme Zaz émergent sur la scène internationale. Son premier succès intitulé Je Veux sorti en 2010 s’écoulait encore à l’export en 2012 à plus de 288 000 exemplaires et les médias étrangers n’hésitaient pas à proclamer la jeune chanteuse "la nouvelle Edith Piaf". On peut y voir sans doute ici une certaine forme de nostalgie de la chanson française tant appréciée par nos voisins. 

Rafik Djoumi : Ces productions rencontrent un franc succès car ce sont des produits populaires qui ont été conçus avec des soucis autres que celui de plaire à des instances dirigeantes de la culture française d'État subventionnée. Forcément toute culture subventionnée crée son propre système de licence puisque pour toucher des fonds publics, il ne suffit pas simplement de plaire à un public donné, mais à des instances culturelles. Le domaine où cette situation est une évidence c'est le cinéma. Dans ce secteur, il y a un certain nombre de films produits en France, qui n'ont pas du tout vocation à plaire, même à un public de niche. Ils ne servent qu'à justifier la production de projets futurs auprès du Centre national du cinéma (CNC) ou du ministère de la Culture.

Pour bien comprendre la situation, il faut faire un petit point historique. Il y a eu l'arrivée de la Nouvelle Vague dans les années 1960 : il s'agissait d'un phénomène de contre-offensive contre un cinéma français bien installé. La Nouvelle Vague permettait de faire des films avec des budgets dérisoires et des conditions proches de l'amateurisme. Ces films ont surpris le monde entier et ont généré une manne financière. Ils ont été rentables. Certains producteurs ont compris que des films réalisés par de jeunes amateurs sous-payés pouvaient être vendus dans un maximum de pays. Il y a donc eu une continuité impulsée par les producteurs de cette tendance Nouvelle Vague, qui, petit à petit, a fini par définir l'identité du cinéma français. On est dont arrivé à une situation absurde où le système a intégré cette donne, et l'establishment s'est mis à produire des films dont l'identité était justement de rejeter l'establishementQuand il a fallu protéger le cinéma français des "agressions étrangères" en le subventionnant en masse, on a choisi de privilégier les films dits "fragiles" c'est à dire d'"'art et essai", qui n'auraient aucune chance d'être produits dans des conditions totalement "capitalistes." Personne ne sait d'ailleurs ce que recouvre la notion "d'art et essai", ce sont des commissions qui décident... Tout ce système a fini par générer une seule formule de film, contemplatif, toujours autour des mêmes préoccupation, comme l'identité sexuelle, mais terriblement conformiste.

C'est très spécifique au cinéma. La chanson française est moins tributaire des soubresauts d'instances culturelles. Si vous voulez faire de la chanson française, vous n'êtes pas forcé d'être en bons termes avec le ministère de la Culture. Il y a dans ce domaine, plutôt des contraintes de diffusion, les radios étant obligées de diffuser un certain pourcentage de programmes en langue française.

Pourquoi cette production contrôlée par les grandes instances du cinéma français est-elle quasiment inexportable si la Nouvelle Vague a tant marché ?

Rafik Djoumi : Mais qui peut bien être intéressé en dehors de nos frontières par, par exemple, un sujet comme "les angoisses d'un jeune bourgeois étudiant à la Sorbonne" ? Ce qui avait frappé à l'étranger avec la Nouvelle Vague c'était le côté "on casse toutes les règles connues" et il y a avait un exotisme à voir des films tournés dans des conditions qui étaient jusque là inconnues. Au moment où cette vague a existé, elle proposait quelque chose de nouveau. Cinquante après, ce n'est plus le cas, et ce cinéma d'art et essai n'a en général plus rien d'expérimental.

Pour ceux qui ont une bonne connaissance à l'étranger de la production culturelle française, comment cela est-il perçu ? Quelle image ce système renvoie-t-il de la France ? 

Rafik Djoumi : Ces films ont quand même un public à l'étranger, que je qualifierai simplement de "snob". Si vous habitez New York, c'est toujours bien de dire que vous avez vu un film français que personne ne connaît. Ces œuvres ressortent d'ailleurs assez régulièrement dans un réseau de salles spécialisées, mais ces films remplissent là-bas plutôt une fonction sociologique qu'artistique en permettant à une population de se distinguer des autres.

En dehors de ça, quand vous parlez à un grand réalisateur américain qui va prétendre "aimer le cinéma français", on s'apercevra que tous les films qu'il va citer ont plus de quarante ans...

Xavier Paufichet : La France gardera toujours une aura de culture à part aux yeux du reste du monde : que ce soit dans la musique ou dans le cinéma, la production française est perçue comme qualitative, originale et particulière. C’est sans doute là où se trouve le danger de l’exception culturelle : à trop vouloir communiquer autour du besoin d’exception, on avoue une faiblesse et un manque de savoir-faire, ce dont la France ne souffre pas.

Les barrières à l’entrée ne suffiront pas, la production culturelle française a besoin d’être valorisée en interne, et c’est ainsi qu’elle pourra rivaliser à sa juste valeur sur son propre territoire avec les plus grosses productions internationales. 

Les films français qui marchent à l'étranger malgré tout, sont-ils les mêmes qu'en France ?

Rafik Djoumi : Vous avez bien sûr des réalisateurs comme Luc Besson ou Jean-Pierre Jeunet qui réussissent à l'étranger qui font aussi des millions d'entrées en France. Mais, à l'opposé, il existe une frange de réalisateurs, que les Américains ont appelé la "new French extremity" - un concept qui a été largement théorisé aux États-Unis - et qui sont les auteurs de tous ces thrillers horrifiques réalisés par exemple par Alexandre Aja (Haute Tension), Pascal Laugier (Martyrs) Alexandre Bustillo et Julien Mory (A l'intérieur) et bien d'autres. Ils ont eu un énorme succès à l'étranger. Ces films ont cependant eu un impact proche du néant en France. Les Américains n'arrivent même pas à concevoir que les Français ne connaissent pas ces films-là. Ces réalisateurs ont tous été approchés par les cinéastes hollywoodiens, et certains, comme Alexandre Aja, sont partis aux États-Unis et ne reviendront plus.

Tout cela en dit beaucoup, même hors cinéma, sur notre comportement vis-à-vis de notre propre production culturelle. Il y a une analogie à faire avec le film de Patrice Leconte Ridicule (racontant les péripéties d'un noble de campagne à la cour du roi Louis XVI, ndlr) et le système du cinéma français : le provincial qui monte à la capitale pour faire valoir un projet que tout le monde trouve valide, mais que personne ne financera tant qu'il n'aura pas fait son trou dans la "bonne société".

Soutenir, via des aides publiques, la culture et le cinéma français, n'est-ce pas une manière de conserver un peu de diversité dans la production mondiale ? Si tout était libéralisé, n'y aurait-il pas une uniformisation de la production dans le seul but de plaire au niveau international ?

Xavier Paufichet : Pour l’industrie de la musique enregistrée, les aides publiques sont indispensables. Nul n’ignore la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le marché : si les ventes numériques ont effectivement progressé de 13% en 2012 par rapport à 2011, elles ne compensent toujours pas la baisse enregistrée par les ventes physiques (- 11,9%).

La demande extérieure existe et il faut la soutenir, à la fois par des actions en vue d'un développement national comme international.

Le secteur du cinéma français est largement aidé par le CNC, tandis que l’industrie musicale, qui s’est battue au début du mandat de François Hollande pour obtenir la mise en œuvre du Centre national de la musique (CNM) voulu sous Nicolas Sarkozy, s’est vue retirer le projet dès l’arrivée d’Aurélie Filippetti rue de Valois.

Il ne s’agit pas seulement de proposer au public de la diversité, il s’agit d’éviter qu’une industrie, qu’une culture et qu’une économie ne meurent. C’était d’ailleurs sans doute l’un des objectifs sous-jacents du Rapport Lescure, rendu le 13 mai : rassurer les acteurs de la production musicale.

Par ailleurs, l'exception culturelle ambitionne de créer des marchés qui n'existent pas ou peu pour des esthétiques telles que la chanson française ou la musique dite "world". Or, ces styles musicaux qui fonctionnent en France ne sont pas forcément représentés au niveau des productions locales de certains territoires, donc est-ce vraiment à la France de créer ces marchés et d’imposer sa culture, comme nous le reprochons aux Etats-Unis ? 

Rafik Djoumi : Le système de protection qui a été mis en place a eu une utilité évidente : il a permis la survie du cinéma français lors du tournant des années 1970-1980. Si cela n'avait pas existé, il serait arrivé la même chose qu'en Italie : en quelques années le cinéma français aurait été rayé de la carte, face à la concurrence américaine, contre laquelle les films français de l'époque avaient vingt ans de retard en termes d’esthétique ou de thèmes traités.

Ce système a donc permis de continuer de produire des films, mais à quel prix ? Et surtout pourquoi s'acharner encore aujourd'hui à en produire, si au fond ils n'intéressent presque personne dans leur immense majorité ? Je veux bien reconnaître que tous les ans il y ait deux ou trois films français qui soient surprenants, mais on en produit chaque année pratiquement 400. A quoi servent encore les autres ?

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Edorsay
- 27/05/2013 - 23:12
Même sur le cinéma
Vous arrivez à faire des commentaires haineux avec des clichés racistes et douteux sur un theme pareil, je n'arrive vraiment pas à comprendre votre motivation.
L'exception française, ce n'est pas que des films d'auteurs qui ne s'exportent pas, c'est aussi des comédies avec des marqueurs France profonde qui se vautrent lamentablement dans leur propre pays comme Turf cette année et qui sont inexportables.
Du coup, pourquoi continuer de croire à la rentabilité d'une culture française ?
Tu crées une œuvre ésotérique ou mainstream et si tu rencontres ton public tant mieux et peu importe ta nationalité ou celle de ceux qui t'apprécient.
Sophile
- 27/05/2013 - 19:53
Quelle culture française ??
,,
Duffy
- 27/05/2013 - 12:32
@laurentso
Oui il y a une uniformisation de l'offre culturelle, un formatage idéologique, une production de zombies décérébrés, de trolls des cavernes à poil rugueux, dont tu es l'exemple atristant.